‹ Traité élémentaire de comptabilité [microform]Chapitre 32 sur 72 · MANUFACTURES · texte numérisé non relu

MANUFACTURES

Après avoir étudié avec attention l’exposé qui précède de la méthode des parties doubles , le lecteur doit comprendre que cette méthode s’applique facilement à toutes les entreprises commerciales et industrielles, quelle que soit leur variété.

Nous avons choisi un exemple dans le commerce de détail et des métaux. 11 est évident, à première vue, que les formules que nous avons employées peuvent, sauf quelques légères modifications, être adaptées à tous les genres de commerce. Mais on comprend généralement un peu moins comment les parties doubles

applications de la tenue des livres. 75

peuvent être mises au service du manufacturier ou de l’agriculteur pour l’analyse de leurs opérations intérieures et surtout pour la recherche du prix de revient. Quelques explications sur ce point

pourront être utiles. * j r

Prenons pour exemple un manufacturier, soit un maître deior-

"es Ses opérations comme vendeur ou acheteur, comme souscripteur ou preneur de billets et lettres de change ne présentent aucune difficulté, puisfiue ce sont les mêmes que nous avons rencontrées dans la maison de commerce. Comme celle-ci, il aura, s il le veut, son compte Installation, qu'il appellera « Hauts Fourneaux » ou « Laminoirs, Fours à puddler, etc., » s’il veut le subdiviser, et • dont il déterminera de son mieux l’amortissement. Mais il a dans ses opérations quelque chose que l’on ne trouve pas chez le commercant, c’est la transformation des capitaux par fabrication et non plus seulement par échange. C’est celte transformation que

nous allons étudier.

Elle consiste invariablement à consommer des matières premières et des capitaux-monnaie employés à payer du travail en un ou plusieurs produits. Fabriquer du drap, c est transfoi niei en drap des laines et les capitaux qui payent les interets et les salaires au prix desquels on obtient le travail qui transforme la laine en drap. En ce cas, le drap est une marchandise que le labricant acquiert au prix des matières premières, intérêts et salaires

dépensés pour l’obtenir. .

Dans la fabrication, la plus grande partie des salaires et des

intérêts reçoit une affectation spéciale et doit, par conséquent, être portée au débit du produit. Les salaires et intérêts ne peuvent être portés à Frais généraux ou à Profits et Pertes que par les maisons qui ne cherchent pas à se rendre compte de leur

prix de revient. , ,

Supposons un maître de forges qui veuille savoir ce qu il lait

le plus exactement possible et allons à son haut fourneau. Il s’agit de savoir ce que coûte la fonte qui en sort chaque jour.

Pour obtenir cette fonte, il faut consommer du minerai, du charbon, de la castiiie et de la main-d’œuvre. Voilà pour les frais spéciaux. Si l’on veut obtenir une connaissance exacte de ces frais, il faut remonter plus haut et savoir d abord ce que coûtent e charbon, le minerai, lacastine et la maiii-d œuvre.

Ouvrons des comptes spéciaux à Minerais, à Charbons, cà Castine et a Mam-d œuvre ou Salaires.

Il entre dans l’usine une partie de minerais, soit 100 000 tonnes. 11 y a une facture et des frais de transport à payer : facture et frais de transport sont inscrits au débit du compte Minerais. On procédera de même pour Charbons et Castine.

Pour savoir ce que coûte chaque mesure de charbon ou de minci ai ou de castine, il suffit de comparer les sommes inscrites au débit de chacun de ces comptes aux existences entrées et d’en prendie, pai une simple division, le prix moyen.

On portera au débit du compte Salaires toutes les sommes payées à titre de salaires aux ouvriers ou commis employés dans 1 usine. On portera au débit de Minerais, de Charbons ou de Castme et au crédit de Salaires le prix du travail des ouvriers dans

intérieur de 1 usine qui pourra avoir été appliqué à chacune de ces matières premières.

Maintenant, ouvrons un compte spécial au liant Fourneau, et, s il y en a plusieurs, un compte à chacun d’eux avec son numéro d ordre. Ce compte sera débité des mesures de minerai, de charbon et de castine qu’il aura consommées pendant les vingt-quatre heures, chacune de ces mesures étant évaluée d’après la base indiquée ci dessus. Il sera débité également des salaires des ouvriers spécialement occupés à apporter au gueulard les matières premières, à faire écouler les laitiers, à couler la fonte en gueusets et la relever.

Ainsi, nos comptes Minerais, Charbons et Castine se trouveraient soldés comme un compte de Caisse, le jour où toutes ces matières seraient consommées entièrement. Leur solde doit présenter la somme de ces matières qui existent dans l’usine au moment de chaque inventaire.

Le compte Haut Fourneau se trouvant débité de tous les frais faits pour obtenir la fonte, on le créditera par un compte spécial ou\eit à bontés. Les évaluations destinées à servir de base aux articlci de ce crédit pourront être faites, comme celles des matièies piemières, d après les frais spéciaux faits pour produire la maichandise. 11 suffira, pour les obtenir, de diviser la somme dont le Haut Fourneau se trouve débité par le nombre de tonnes ou de quintaux de fonte qui en sont sortis dans un temps donné.

Page 1