‹ Traité élémentaire de comptabilité [microform]Chapitre 36 sur 72 · APPLICATIONS DE LA TENUE DES LIVRES. "ÏO · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DE LA TENUE DES LIVRES. "ÏO

vera lors de l’inventaire ou de la vente, pour être portée, avec toutes les autres du même genre, au crédit du compte Profits et Pertes. Mieux vaut, pour la facilité des calculs, porter les produits à leur prix de revient, jusqu à ce qu’ils soient effectivement vendus, de manière à n’avoir à solder, lors de l’inventaire, que les comptes d’existences, comme Récoltes, Bétail, etc.

Mais cette manière commode de passer les écritures présente un inconvénient sérieux, qui est de ne pas montrer le résultat de chacune des grandes opérations. En effet, si j’inscris du fourrage ou des matières premières, des betteraves par exemple, au prix de revient spécial, je confonds les profits de la culture proprernent .dite avec ceux de l’engraissement du bétail ou de la distillerie et j’attribue peut-être à la culture un résultat dû aux opérations qui la suivent, ou an contraire. On évite cet inconvénient en portant les betteraves au prix courant du marché, tant au débit de Récoltes qu’au débit de Bétail ou de Distillerie, et cette manière de passer écriture est plus conforme à la réalité, puisque les récoltes peuvent êti e vendues, sans prendre dans la ferme une forme nouvelle. — La même observatioi? s’applique aux engrais.

Avant d’aller plus avant, tâchons de répondre à quelques

questions.

Comment évaluer des gerbes de blé que produit une terre avant de savoir ce qu’elles rendent en blé et en paille? Si on les évalue d’après le débit du compte de la pièce de terre, au prix coûtant, nulle difficulté. Si, au contraire, on veut les évaluer au prix de marché, il faut entrer dans une évaluation un peu arbi-

triiiFG

Quel compte supportera les frais de battage? Voulez-vous connaître exactement ces frais? Vous aurez un compte intitulé Batteuse ou Battage, qui sera débité des gerbes livrées pour être battues et des frais, puis crédité par Récoltes, ou, si ce compte est subdivisé, par Pailles et par Blés. Ne tenez-vous pas à connaître le montant exact des frais de battage et à séparer sur vos livres les pailles des blés? Vous débiterez le compte Récoltes des frais de battage, et vous le créditerez des pailles, lorsqu’elles passeront aux étables, et des blés, lorsqu ils seront vendus ou livies

à la consommation. j m '

Revenons à l’inventaire. Tous nos comptes d’ordre débités

d objets à évaluer sont des subdivisions du compte Marchandises. On évalue leurs existences; on crédite ces comptes par Bilan de la valeur de ces existences, et on les balance par Profits et Pertes Quant aux comptes d’ordre tels que Terre, Distillerie, etc., qui n ont point d’existences, on les solde par Profits et pertes directement, lorsqu on ne les a pas soldés tout d’abord par l’évaluation au prix de revient des objets dont ils ont été crédités.

Mais les comptes ouverts aux diverses pièces de terre, qui nous présentent très- clairement les frais spéciaux de culture et leur produit, ne nous donnent pas le prix de revient eîfectif des récoltes, puisque les frais généraux ne s’y trouvent pas compris. Ces fiais généraux sont le prix du fermage de la terre, les contributions foncière, personnelle et mobilière, l’intérêt du capital roulant et le salaire personnel du fermier et de sa famille ou, SI 1 on veut, son compte Dépenses de maison. Ces Frais généraux vont, à l’inventaire, se solder au débit de Profits et Pertes.

Cette exposition de la tenue des livres d’un fermier cultivateur montre l’ignorance de ceux qui demandent ou prétendent dire quel est dans un grand pays le prix de revient de l’hectolitre de ble. En effet, ce prix ne peut jamais être fourni directement par la comptabilité. 11 laudrait, pour l’obtenir, relever les quantités de récoltes de chaque espèce produites par la ferme, les évaluer et répartir entre elles, au marc le franc, les frais généraux. Ou obtiendrait par ce moyen un prix de revient un peu arbitraire et fictif, quoique h peu près exact, pour une ferme. Mais comme le fermage varie pour chaque ferme et comme le mode de culture varie aussi, le prix de revient d’une localité n’est le même que celui de l’autre que par exception et par hasard.

Toutefois il importe beaucoup à l’agriculteur de connaître ses frais spéciaux de culture, et des livres bien tenus les lui montrent avec une parlaite exactitude.

Nous avons supposé l’agriculteur fermier. Mais il est souvent propriétaire. En ce cas, il devra ouvrir un compte spécial à la terre ou ferme. Ce compte sera débité de la somme cà laquelle la ferme aura été évaluée et de tous les travaux d’amélioration, tels que drainage, creusement de canaux d’irrigation, etc., qui y auront été faits. On pourra, si l’on veut, le créditer par Frais

généraux d’un fermage d’évaluation, afin d’avoir le compte exact des frais de la culture proprement dite.

A l’inventaire, le compte Ferme resterait débiteur du prix de la terre et serait débité par Profits et Pertes du fermage porté à son crédit. On le solderait par Profits et Perles, si l’on voulait se rendre compte du résultat des travaux d amelioration.

On observera que, dans ce système, le fermage, inscrit d abord au débit de Frais généraux, est porté à 1 inventaire au crédit de Profits et Pertes. On pourrait donc supprimer ce fermage, sans altérer les résultats généraux présentés par les livres; ruais en le supprimant, il ne faudrait pas oublier qu il fait partie des fiais -généraux réels et doit figurer dans l’évaluation du prix de revient effectif des récoltes ou, ce qui revient au même, déduit du produit général de la ferme.

La comptabilité du cultivateur propriétaire ne diffère d’ailleurs en rien de celle du lermier.

V, Établissement, en cours d'exercice, d’une comptabilité.

11 arrive fréquemment, dans les rangs inférieurs du commerce et de l’industrie, qu’une maison qui n’avait pas tenu de livres en forme régulière ou qui avait une comptabilité en partie simple ou mixte, veut améliorer ses écritures et établir une comptabilité exacte. Ce nouvel établissement, opération toujours délicate et minutieuse, exige beaucoup d’attention.

Quant à la marche à suivre, elle est simple et invariable : il faut commencer par un invent lire général et complet de 1 actif et du passif de la maison, sous toutes les forme', et prendre cet inventaire pour point de départ. C’est le seul moyen de s assurer que les comptes qui vont être ouverts comprendront bien tout l’actif et tout le passif.

Si l’inventaire e>t la condition préliminaire indispensable de l’établissement d’une comptabilité régulière ou de la substitution de comptes bien tenus à une comptabilité inlorme, il n est pas nécessaire, lorsqu’il s’agit seulement de modifier une comptabilité bien tenue, par rinlroduction de nouveaux comptes ou de nouveaux livres. Nous avons montré plusieurs fois, dans les

COURCELLE-SENEl'II..

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