‹ Traité élémentaire de comptabilité [microform]Chapitre 47 sur 72 · II · texte numérisé non relu

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158 TRAITÉ ÉLÉME.NTAIRE DE COMPTAÜILITÉ.

Du reste, si l’intérêt court au même taux pour et contre A et B, le résultat est le même, ainsi qu’il est facile de s’en convaincre. Prenons les livres de B et établissons le compte, d’abord par l’un, puis par l’autre système. Nous aurons par le premier :

Du 1", 2 000x50 Du 15, 6 000x15 Du 25, 5 000x5 Solde . . .

DOIT

AVOIR

La différence ou balance des intérêts est, en nombres^ de 5 000 au profit de A.

Par l’autre système, nous disons :

Du 1" au 15, 2 000x 15 Du 15 au 25, 4 000x10 Du 25 au 50, 1 000 X 5 Solde ....

DOIT

AVOIR

On voit que, par l’iin et par l’autre système, le solde, c’est-àdire le résultat linal, est le même.

Mais, dans le premier système, les 2 000 fr. du l®*" novembre portent fictivement intérêt du 15 au 50, bien qu’ils aient élé soldés le 15, et de même les 6 000 fr. versés le 15, bien que 4 000 fr. seulement soient dus jusqu’au 25, et qu’à dater du 25 ils soient soldés. Ces fictions seraient une cause d’erreur, si l’intérêt courait à des taux différents pour A et pour B.

On peut désigner le premier système par le nom de système de compensation, et le second, par celui de système des soldes.

Système de compexsatiox. — H y a deux manières de tenir les comptes courants dans ce système. La première, qu’on appelle ancienne ou directe et qui est encore très-usitée, prend jiour époque du calcul des intérêts le jour où le compte est arrêté, la

fin du trimestre, du semestre ou de l’année, par exemple. La seconde, que l’on appelle rétrograde ou nouvelle, bien qu’elle date de près de cent ans, prend ordinairement pour époque le jour de l’ouverture du compte ou du premier article qui y figure. Nous

allons les exposer l’une et l’autre.

1« Méthode ancienne ou directe. — C’est celle que nous avons suivie dans l’exemple au moyen duquel nous avons comparé les deux systèmes. Nous allons le reprendre et l’établir sur un autre livre dont nous expliquerons la réglure au moyen de titres de colonnes que les commerçants n’emploient jamais. (F. Tableau D.)

D’après cette méthode, les intérêts relevés au débit du compte s'ajoutent aux sommes du débit et ceux relevés au crédit s’ajoutent aux sommes du crédit.

Mais il peut arriver, et il arrive fréquemment en banque, que l’ayant compte remette des valeurs dont l’échéance soit postérieure à V époque^ et, dans notre exemple, au 50 no^embre. Supposons que A ait remis le 25 novembre un effet de commerce de 3 000 fr. échéant au 15 décembre. Pour faire entrer cet effet en compte, c’est-à-dire en valeur au 50 novembre, il faudra l’escompter à cette date, c’est-à-dire déduire de son montant 15 jours d’intérêt. Après avoir relevé le nombre 5 000 X 15 nécessaire au calcul de l’intérêt des 15 jours, il convient d’additionner ce nombre avec ceux qui représentent les intérêts courus au profit de B, si l’on veut porter au compte le montant intégral de l’effet de 5 000 fr. C’est ce que l’on fait; mais pour ne pas altérer la symétrie du compte, on écrit ce nombre à la colonne de ceux qui expriment les intérêts dus à A, mais à l’encre rouge, pour le distinguer des autres avec lesquels il ne doit pas être additionné. Les praticiens lui donnent le nom de nombre rouge; ils établissent et règlent le compte comme on peut le voir ci-contre. (Voy. tableau E.)

On comprend que l’emploi des nombres rouges soit incommode à cause des erreurs fréquentes qu’ils occasionnent. C’est pour obvier à cet inconvénient et à quelques autres moindres que l’on a imaginé la méthode dite nouvelle que nous allons étudier.

2® Méthode rétrograde ou nouvelle. — Dans cette méthode, un prend pour époque le jour de l’ouverture du compte ou de la première remise et ou met en valeur a ce jour, par un escompte,

A, de Strasbourg,

SOMMES

LIBELLÉ

ÉCHÉANCES

JOURS

nombres.

Solde de compte. . . .

/J er

novembre.

coo

S/ reçu

Bal/ des nombres. .

Solde à nouveau.

A, de Strasbourg,

1 SOMMES

LIBELLÉ

ÉCHÉANCES

JOURS

NOMBRES

Solde de compte. . . .

'J er

novembre.

cco

s/ reçu

Nombre rouço.

Intérêts à 6 p. 100.

ÙO

Balance des capitaux.

tant en crédit qu’en débit, chacun des articles inscrits au compte courant, ainsi que le solde des capitaux, au jour où le compte est ariêté. Mais comme on écrit les nombres de la même manière que dans 1 ancienne méthode, il faut se rappeler que les intérêts indiqués par ces nombres doivent être déduits des capitaux qui y ont donné lieu. C’est ce qu’on fait en portant les nombres du crédit au profit du débit et ceux du débit au profit du crédit, ou plutôt en attribuant au crédit les intérêts représentés par un solde débiteur et au débit les intérêts présentés par un solde créditeur, comme on peut le voir au tableau G.

Les comptables habitués aux comptes courants aiment mieux calculer les intérêts directement par la méthode des parties ali-

ruarai 'm;-

son compte courant.

SOMMES

LIGELUi:

s/ remise espèces. Intérêts à G p. 100.

S/ débiteur au 50 nov.

ECUliAXCES.

novembre,

jour. s.

NOMOnES,

son compte courant.

SOMMES

LIBELLÉ

ÉCHÉANCES

JOURS

NOMBRES. 1

S/ remise espèces. . .

novembre.

B/ Dupont, Paris, . . .

décembre.

Balance des nombres. .

S/ créditeur au 50 nov.

quotes, que relever et additionner nombres. Ils inscrivent, au lieu du nombre, l’intérêt produit par chaque somme pendant le nombre de jours indiqués et balancent la somme des intérêts au lieu de balancer la somme des nombres. Le résultat d’ailleurs demeure exactement le même, comme on peut s’en convaincre par l’inspection du tableau II, où notre compte courant se trouve établi de cette manière.

Nous croyons inutile de multiplier et compliquer les exemples, comme aussi d’y porter des commissions, changes, etc., qu’on introduit fréquemment dans la pratique des comptes courants, parce que tantôt ces articles portent intérêt et entrent au compte en la forme ordinaire, tantôt ne portent intérêt qu’après le règle-

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