PLACE DE L’ÉCOLE-DE-MÉDECINE
PRÉFACE
Le titre de Traité élémentaire de Conchyliologie que je donne à cet ouvrage, paraîtra, sans doute, ambitieux aux yeux des personnes qui savent combien il est difficile de présenter d’une manière claire et précise les élémens d’une science. Je n’ai pas la prétention de croire que j’ai réussi à donner à celle qui fait le sujet de mes travaux depuis bientôt dix-huit ans, un livre exempt de reproches; j’espère néanmoins qu’en le considérant avec moi comme un premier essai, susceptible d’être perfectionné plus tard, on aura pour lui un peu d’indulgence , en faveur de quelques idées nouvelles que j’ai introduites et surtout à cause des efforts que j’ai faits pour rendre faciles les applications de la Conchyliologie à la Géologie. Quoique la science soit en possession de plusieurs ouvrages analogues à celui-ci, l’ayant conçu cependant sur un autre plan, mu par l’espoir d’imprimer à la conchyliologie une nouvelle direction, j’ai pensé qu’il ne serait point inutile, et c’est ce qui me détermine à le soumettre actuellement à la critique des naturalistes.
Depuis que la Géologie commence à sortir du domaine des hypothèses et que se fortifiant de tout ce que les sciences d’observation ont de plus positif,
PREFACE
elle s’est élevée en peu de temps au rang de toutes les autres, il n est presque aucune partie de la zoologie qui ne lui soit particulièrement utile à cause des débris d’animaux fossiles, dont elle fait connaître la structure et la distribution dans les couches de la terre. Parmi ces diverses branches de l’histoire naturelle des animaux il en est quelques-unes qui ont pour la Géologie un plus grand intérêt que les autres, et personne, à cet égard, ne conteste la prééminence de la Conchyliologie.
Les coquilles, en effet , peuplent toutes les mers, sont répandues dans les eaux douces, et sur les continens , et on les trouve non moins abondamment à l’état fossile, dans toutes les couches de la terre ; elles sont donc dans les conditions les plus favorables pour être comparées , et , comme selon leur manière de vivre elles ont des caractères particuliers , il est toujours assez facile , lorsqu’elles sont fossiles, de reconnaître dans quel milieu et dans quelles circonstances elles ont vécu. L’étude des coquilles fossiles est, comme on le voit, d’une grande utilité à la Géologie et elle doit lui devenir d’un usage indispensable, lorsqu’elle aura été mise en relation avec celle des espèces vivantes et des animaux qui les produisent ; elle deviendra plus indispensable encore, à mesure que l’on déterminera plus rigoureusement la distribution des espèces dans les couches terrestres, et que l’on pourra signaler avec toute certitude celles qui sont caractéristiques.
C’est pour satisfaire le mieux qu’il m’a été possible, aux nouveaux besoins de la science, que je
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