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publie ce traité élémentaire ; pour parvenir au but que je me suis proposé, voici le plan que j’ai suivi :
La Conchyliologie dans son ensemble doit être traitée comme toutes les autres parties de la Zoologie. J’examinerai d’abord quelle place les mollusques doivent occuper dans la série des animaux ; s’ils sont vertébrés, comme le pensent certains zoologistes , ou s’ils constituent un type particulier d’organisation.
J’examinerai ensuite, et d’une manière générale, l’organisation des mollusques, les traces que cette organisation laisse sur les coquilles , et jusqu’à quel point on peut se fier à ces divers caractères pour en conclure l’organisation des animaux qui les ont produites. C’est en appréciant à leur juste valeur ces caractères des coquilles, dont les animaux sont connus, que l’on peut, par induction et par analogie obtenir des conclusions fort justes en appliquant ces connaissances à l’étude rationnelle des coquilles fossiles.
Des études préliminaires anatomiques et conchyliologiques , précédemment indiquées , on peut déduire des principes généraux propres à servir de base à une bonne classification. Celle que je présente ici est conçue, plutôt dans l’esprit méthodique de notre célèbre Lamarck, que dans celui de tout autre zoologiste; je dois ajouter que partout où j’ai trouvé du bon , je l’ai pris, non sur la seule autorité du nom de l’auteur, mais après m’être assuré, par tous les moyens possibles que des observations exactes ont servi de base à l’opinion que j’adoptais.
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PREFACE
J’ai toujours cru qu’il est indispensable de connaître l’histoire d’une science pour en assurer les progrès, etlui donner une bonne direction; car, rien n’apprend mieux ce qui lui est définitivement acquis et ne met plus en évidence les lacunes que l’observation doit encore remplir. Mais comme l’histoire minutieuse de la Conchyliologie occuperait trop de place dans un ouvrage comme celui-ci ; je me contenterai de la présenter succinctement, pour faire sentir quelle direction lui a été imprimée par les ouvrages les plus importans sur cette partie de la Zoologie.
Après avoir épuisé ces généralités , j’arriverai à l’exposition des genres et des familles dans l’ordre méthodique. J’ai cherché, autant que possible, à donner une égale valeur aux coupes des divers degrés et à les rendre comparables ; mais, ce à quoi je me suis particulièrement attaché, c’est à réduire le nombre des genres et à n’admettre définitivement que ceux qui sont fondés sur de bons caractères.
Comme dans chaque genre je devrai mentionner quelques espèces pour servir d’exemples , je choisirai celles qui ont un intérêt particulier, surtout si elles caractérisent les terrains ; parmi ces dernières , je ferai représenter dans l’atlas celles qu’il est indispensable aux géologues de bien connaître comme plus caractéristiques ; en y joignant des renseignera eus sur la distribution remarquable de certains genres et de quelques familles dans les couches de la terre.
A ces applications partielles de la Conchyliologie
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j’ajouterai, à la fin de l’ouvrage, les tableaux comparatifs des espèces fossiles dans les divers terrains , et actuellement vivantes. Ces tableaux destinés , les uns aux terrains tertiaires, les autres aux terrains secondaires, seront précédés de considérations générales sur la distribution des coquilles fossiles, ainsi que des résultats numériques auxquels ils donnent lieu.
J’ai dit précédemment que je n’adopterais aucune opinion sans l’avoir préalablement examinée et sans m’être assuré quelle est fondée sur de bonnes observations. Cet examen n’est autre chose, en définitive, que la critique d’une science. Comme je la ci'ois indispensable, lorsqu’elle est consciencieuse pour en assurer les progrès, et pour élaguer tout ce quelle contient de travaux légèrement faits, comme je crois en même temps qu’il est très difficile de la faire sans blesser l’amour-propre de quelques auteurs, j’ai cru nécessaire de faire ici ma profession de foi.
Une critique doit être liée à l’histoire de la science, et l’on ne parvient à la rendre utile qu’en soumettant aux règles sévères de la logique les faits observés et les inductions que chaque auteur en a tiré à sa manière.
Ce qui doit surtout dominer dans une critique, c’est l’amour de la vérité : à l’égard des auteurs qui n’existent plus il est toujours assez facile de remplir le rôle de critique et d’historien ; on peut dire sur leurs ouvrages tout ce que nous inspire une profonde conviction. Il n’en est pas de même des travaux des auteurs vivans: la tâche est beau-
PRÉFACE
coup plus difficile , sans doute, si l’on veut tenir compte de la position sociale de ceux que l’on critique, et se demander s’ils deviendront des amis utiles ou des ennemis nuisibles, selon le jugement que l’on aura porté de leurs ouvrages. Ici chacun sentira qu’il faut avoir une grande indépendance pour n’écouter que l’amour de la science et de la vérité.
J’ai été assez heureux, jusqu’à présent, pour conserver cette indépendance nécessaire à la manifestation de l’opinion que je me suis faite. Un examen aussi attentif que minutieux des principaux travaux , dont la science a été dotée par les hommes les plus distingués de notre siècle, a toujours commandé cette opinion. Jamais , je puis le dire, je n’ai été arrêté dans l’expression de ce que je crois la vérité par aucune considération personnelle; on conçoit, en effet, que l’homme le plus respectable par son caractère, par ses qualités, a pu , dans un excès de zèle, introduire dans son ouvrage des observations incomplètes. Il finit donc séparer l’homme de son livre, parler de l’un avec le respect qu’il mérite , et de l’autre avec une entière sincérité. Plein de l’idée qu’ils appartiennent à l’histoire depuis plus d’un siècle, c’est alors que je parle des uns et des autres avec une entière liberté. Si une sage critique est un des moyens les plus puissans pour assurer les progrès de la science, elle ne doit jamais s’abaisser à la personnalité; elle avilit lorsqu’elle dégénère en injures. J’ose espérer que mes observations sur les ouvrages des auteurs vivans, seront prises en bonne part par ceux même
TRÉFACE.
quelles touchent, et je proteste d’avanee que dans aucune circonstance je n’ai eu l’intention de blesser personne ; j’exprimerai en outre le vif désir que des observations semblables soient faites sur mes propres travaux , et je m’empresserai alors de changer mes opinions sur ce qu’elles peuvent avoir d’erroné. Comment savoir, en effet, que l’on a atteint le but proposé, si personne ne nous avertit que nous avons dévié?
L’ouvrage général que je donne aujourd’hui sur la Conchyliologie, ne sera réellement complet que lorsque j’y aurai ajouté un travail non moins important et qui sera pour cette science ce que le Species Plantarum de M. de Candolle est pour la Botanique.
Les personnes qui s’occupent de la recherche des coquilles vivantes et fossiles , et qui veulent en distinguer les nombreuses espèces, sont arrêtées à chaque instant par le manque d’un ouvrage assez complet, dans lequel elles trouveraient toutes celles actuellement connues , réparties d’une manière exacte dans leurs genres. On conçoit que ce qui donnerait à ce travail une grande utilité, ce serait surtout une synonymie faite avec tout le soin nécessaire, et c’est là précisément la tâche la plus difficile; car la confusion n’est que trop sensible dans la plupart des auteurs, où elle se fait remarquer principalement pour les espèces vivantes qui ont leurs analogues fossiles. On trouve le type vivant sous un nom , et son représentant fossile sous un autre ; quelquefois quand la même espèce a été observée à différens âges ou qu’elles provient de
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divers bassins, elle a reçu des noms différons , les auteurs l’ayant observée que dans une seule de ces circonstances. Il est donc très difficile d’établir une bonne concordance synonymique, et je me serais peut-être abstenu des recherches de cette nature, si, pour parvenir à composer les tableaux qui sont à la fin de cet ouvrage , je n’avais été forcé d’examiner, sous ce rapport, un très grand nombre des espèces mentionnées dans les livres ou renfermées dans la plupart des collections. Il ne me reste plus maintenant, pour terminer ce grand travail, que de continuer pour les espèces des terrains anciens , ce que j’ai fait pour celles des terrains tertiaires, en conservant l’espérance de pouvoir rassembler plus tard tous les matériaux nécessaires à un Species Conchyliorum.
INTRODUCTION
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