III. TESTA BIVALVE
Siphone duplici.
3° nullo.
i° brevi. .
1 ° eloagalo.
Mytilus.
Tellina.
Mya.
Ici , comme dans la méthode de Geoffroy, les caractères des animaux sont considérés comme de première valeur : les Limaces sont rapprochées des Hélices, lesVertigos sont démembrés des Hélie s allongés ( clausi/ia et pupa, Lamk.), parce que , dans ces animaux, extrêmement petits, la paire inférieure des tentacules disparaît complètement. Le genre Nérite reste encore peu naturel, cependant les Valvées en ont été séparées. Linné ayant confondu parmi les Myes les coquilles du genre Unio, et ayant mis les Anodoutes avec les Mytilus, Muller, qui a adopté cette nomenclature, fut entraîné à laisser subsister cette confusion fâcheuse. Les Mulettes et les Anodontes n’ayant avec les Mytilus et les vraies Myes que des rapports fort éloignés, méritaient bien de former des genres qui ne furent définitivement institués que par Lamarck et Draparnaud. Le genre Tellina correspond exactement à celui nommé Cyclas par les mêmes auteurs.
Un ouvrage dont nous devons faire une mention particulière , ouvrage immense et le plus considérable que possède encore aujourd’hui la conchyliologie, est celui de Martini et Chemnitz, connu sous le titre de Conchylien cabinet. Martini le commença en 176g; la mort l’interrompit dans ce vaste travail lorsqu’il venait d’achever, en 1777, le troisième volume. Chemnitz le continua et il le termina en 1 788. La même année Schrœter y ajoutait des tables synoptiques ; en 1 795, Chemnitz publia un supplément qui forme le tome onzième; et enfin , en 1 829, MM. Schubert et Wagner donnèrent un dernier supplément, de sorte que cet ouvrage,
INTRODUCTION
pour être complet, doit être composé de douze volumes grand in-4°, et de i/jo planches du même format, contenant en tout 6170 figures. Ce grand travail est d’une indispensable nécessité à quiconque veut connaître la pins grande partie des espèces inscrites dans la treizième édition du Systema naturœ, ainsi que presque toutes celles que Lamarck a mentionnées dans son dernier ouvrage (les animaux sans vertèbres). Les figures sont généralement bonnes, mais elles sont mal coloriées, surtout celles des quatre premiers volumes; cependant on peut bien reconnaître l'espèce. Ce qui rend encore cet ouvrage d’une grande utilité, c’est que la synonymie en est complète et généralement fort exacte. Relativement à la classification, elle n’offre rien de bien remarquable : l’auteur a adopté celle de Linné, et ce n’est qu’à la fin de l’ouvrage que l’on remarque quelques modifications de peu d’importance. Pour rendre les explications sur chaque genre plus faciles à comprendre, les auteurs ont fait placer dans le texte des vignettes gravées, dans lesquelles les animaux mollusques sont représentés, et les coquilles diversement coupées, pour en faire voir la structure intérieure.
A-peu-près dans le même temps, Bornn publiait sonexcellent ouvrage ( Musei Cæsarei Vindohonensis tcstacea, \ 780), dans lequel, avec des figures très bien faites, on trouve une très bonne synonymie parfaitement rectifiée; cela fait regretter que Bornn n’ait pas eu à décrire une collection plus complète. L’auteur a suivi rigoureusement la méthode linnéenne, et a fait souvent de fort bonnes observations sur les genres et les espèces. Cet ouvrage et trop supérieur à celui de Knorr pour que nous en établissions la comparaison. Knorr s’est en effet contenté de faire représenter sans aucun ordre un grand nombre de coquilles, donnant toujours la préférence à celles d’une riche coloration ou d’une forme singulière.
HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE
Un autre ouvrage, auquel Knorr travailla en commun avec Walche, est aussi important pour l’étude des corps organisés fossiles que celui de Martini et Chemnitz pour celle des coquilles vivantes. Ce traité des pétrifications est jusqu’à présent le plus complet, et quoique les matières y soient traitées avec peu d’ordre, on remarque plusieurs dissertations de Walche, qui prouvent combien ce savant avait de connaissances approfondies, il a donné entre autres une histoire complète pour son temps du genre bélemnite, dans laquelle il a su développer une grande érudition. Nous reviendrons plus tard sur cet ouvrage, et nous chercherons à faire apprécier quelle influence il a pu exercer sur les progrès de la paléoutbologie.
Pendant que l’Allemagne, sous l’influence de Linné, et dirigée par sa toute puissante impulsion, donnait à l’Europe savante un grand nombre d’excellens ouvrages sur presque toutes les parties des sciences naturelles, l’Italie non affranchie de la domination monacale, soumise de plus en plus à ce système qui conduit à l’asservissement des peuples par leur ignorance, osant à peine se livrer aux sciences d’observations, perdait peu-à-peu ce brillant éclat qui avait fait sa gloire pendant le quinzième et une partie du seizième siècle. Cette nation si élevée dans les beaux-arts, ne pouvait rester entièrement stérile pour les sciences, et si elle n’a pas produit de grands travaux, on lui doit du moins quelques bons ouvrages spéciaux, parmi lesquels nous citerons avec admiration cette œuvre si peu encouragée et si digne de l’être, d’une patience étonnante, infatigable, à laquelle Soldani a voué sa vie tout entière pour doter la science du Traité des Coquilles microscopiques. Grâce à Soldani, on a pu connaître et comparer ces myriades de petits corps , les rapprocher à cause de leur structure, des coquilles des
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mollusques céphalopodes, et l’on a reconnu avec élonnement que c’était à cette classe d’êtres organisés d’une extrême petitesse, que l’on devait la formation de certaines couches puissantes et d’une grande étendue de certains bassins , et que l’on a pu dire avec vérité que Paris est bâti de coquilles , car presque sans exception , chaque grain pierreux est un fragment de coquille ou une coquille microscopique.
A coté de ce grand ouvrage de Soldani, nous devons mentionner celui d’Allioni ( Oriltographia pedemonlana)] celui si estimé de Ginanni sur les coquilles de la mer Adriatique, et celles du territoire de Ravenne; celui de Scylla dont nous avons déjà parlé; mais l’Italie devait être bientôt vengée aux yeux des autres nations par le beau, le magnifique ouvrage de Poli, dont nous aurons incessamment à nous occuper.
La France ne demeura pas indifférente au grand mouvement scientifique donné par Linné , mais elle se trouva retenue dans son élan, car elle avait alors son Buffon, son Daubenton, qui étaient bien dignes d’attirer toute l’admiration de leurs compatriotes et de leurs contemporains : l’un avec sa puissance d’éloquence et sa grandeur de génie se met à la place du créateur, détache du soleil et lance dans l’espace le globule terrestre incandescent, et nous le montre ensuite partout altéré par le feu , et actuellement couvert d’une croûte oxidée. Comme Aristote, comme Pline, il décrit les mœurs des animaux , et sait embellir ses récits de toute la richesse de son éloquence, il se trouve rebelle, et ne saurait s’astreindre à cette méthode sévère de Linné qui caractérise chaque être par une courte phrase latine, et le met ensuite à sa place dans la grande série des créations. Daubenton plus modeste que Buffon a été peut-être plus utile que lui pour la science en elle-même, car il a préparé
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parses descriptions anatomiques faites avec la même patience, avec la même persévérance sur un très grand nombre d’animaux, les matériaux nécessaires à une science qui fut une des plus grandes et des plus heureuses conceptions de l’homme dont la France s’honore comme de l’un de ses plus grands zoologistes.
Une grande entreprise qu’un gouvernement sage et libre aurait encouragée , et qui ne trouva d'abord que persécution, l’Encyclopédie, destinée à présenter le vaste tableau des connaissances humaines , était faite pour donner un ébranlement général à toutes les sciences , mais le retentissement qu’elle eut en Europe se manifesta plus dans les sciences morales et la littérature que dans celles qui sont d’observations. Ce ne fut que lois de la publication d’une nouvelle édition sous le titre d’Encyclopédie méthodique que les sciences naturelles tinrent dans l’ouvrage un rang distingué grâce aux travaux de plusieurs hommes capables de les illustrer.
La partie des vers de l’Encyclopédie méthodique fut confiée aux soins et aux talens de Bruguière, nous n’avons à nous occuper que de cette seule section delà zoologie pour laquelle Bruguière avait fait des travaux considérables qu’une mort prématurée l’empêcha de terminer. Les ouvrages de Buffon avaient empêché pendant quelque temps les observateurs français de suivre la route tracée par Linné. Bruguière eut la sagesse de se soustraire à cette influence, et les classifications qu’il plaça au commencement du premier volume des vers de l’Encyclopédie, sont celles de Linné, légèrement modifiées; ces tableaux méthodiques dans lesquels on remarque des améliorations comparables à celles de Muller, furent bientôt au-dessous des changemens qu’il fit particulièrement dans la conchyliologie proprement dite,
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changemens dont on ne peut se faire une bonne idée que par l’examen des planches de l’ouvrage. Comme ces planches furent préparées après l’impression des tableaux, elles offrent la désignation de plusieurs nouveaux genres qui ne sont pas mentionnés dans ceux-ci. Bruguière propose six ordres dans la classe des vers. Linné n’en avait établi que cinq : c’est avec les genres Eehinus et Asterias compris à la fin des Mollusca de Linné que Bruguière fait ce qu’il nomme très convenablement les vers Ecbinodermes; il les met entre les mollusques et les testacés. Au moyen du tableau suivant, on pourra se faire une bonne idée des changemens partiels que Bruguière a apportés à la méthode linéenne.