‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 2)Chapitre 9 sur 52 · HEURES · texte numérisé non relu

HEURES

I Chitou.

Lepas.

Pholas.

Mya.

Soleil.

Tellina.

Cardium.

Mactra.

Donax.

Tenus.

Spondylns.

Chama.

Area.

Ostrea.

Auomia.

Mytilus.

Pinoa.

Argonauta. Nautilus.

Conus.

Cypræa.

Bu Ha.

Voluta.

Bucciniim.

Strombus.

Murex.

Trochus.

Turbo.

Hélix.

Nerita.

Haliotis.

Patella.

Dentalium.

Serpula.

j Teredo.

[ Sabella.

Entraîné à rapprocher dans cette classe des mollusques , les animaux d’après leur mollesse et leur nudité, plutôt que d’après leur structure, Linné dut faire et fit en effet plusieurs faux rupprochemens, et jeta parmi eux une confusion qui ne cessa qu’au moment où d’habiles anatomistes dévoilèrent l’organisation intime de la plupart d’entre eux. 11 nous semble cependant, qu’en faisant uniquement usage de ce qui était connu de son temps sur l’anatomie des mollusques, Linné aurait pu facilement mettre plus d’ordre clans cette classe.

a BivaUna.

Testacea molhisca simplicia obtecta testa .

câlcarea.

Spira regulari.

3 Univalvia.

Absque spira regulari.

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

CS

Il ne pouvait ignorer les travaux de Willis, de Harder, de Monr.o, de Lister, de Swaminerdarn, de Bohadsch, etc., et il savait par conséquent que le genre Sépia s’éloigne considérablement des clios, des lernées, etc. , et il savait aussi que les aplysies, les limaces, les doris, etc., ne ressemblent en aucune manière aux holothuries, aux ascidies, aux méduses, et il suffisait enfin de voir seulement une astérië et un oursin pour être convaincu que ces animaux n’ont presque aucuns rapports d’organisation avec les vrais mollusques et les autres êtres rassemblés sous cette dénomination de mollusca. Nous verrons bientôt que ce nom de mollusque, ne s’appliquant pasàdesanimauxrationnellement rassemblés, a changé plus tard de valeur.

La classe des testacés ne présente pas autant de confusion; on peut même dire que l’arrangement simple et méthodique des animaux de cette classe , était bien supérieur à tout ce qui existait jusqu’alors, en exceptant cependant la classification d’Adanson qui peut rivaliser avec celle-ci, et qui selon nous est plus parfaite que celle de Linné. Mais Linné, par l’ensemble de ses travaux sur les sciences naturelles, leur avait donné une si grande impulsion, les esprits sages sentaient si bien tout le succès que ces méthodes simples et logiques devaient avoir, et leur influence sur les progrès futurs de ces sciences, qu’il était permis d’oublier, en quelque sorte , des ouvrages spéciaux pour admirer uniquement et honorer, pour ainsi dire d’un culte, l’ensemble des vastes conceptions du génie incommensurable de Linné.

Nous n’examinerons pas ici chacun des genres de Linné , comine tous ont été religieusement conservés dans toutes les méthodes, nous mentionnerons à chacun d’eux les modifications fort grandes quelquefois qu’ils ont eu à subir jusqu’à présent.

INTRODUCTION

Linné fut le chef d’une école qui mérita de porter son nom : c’est d’elle que sortirent un grand nombre de savans dont les excellens travaux répandirent en Allemagne d’abord, et ensuite dans toute l’Europe, les saines doctrines dont ils étaient pénétrés. Les disciples du grand homme auraient pu compromettre les progrès des sciences naturelles, en s’attachant trop à la lettre de Linné, au lieu d’en suivre l’esprit; les observations étaient trop multipliées pour qu’il fut long-temps possible de tout encadrer dans sa méthode; mais cette méthode contenait en elle-même le germe de son extension, de son perfectionnement, et rien ne pouvait s’opposer à son développement.

Les travaux des Fabricius, des Millier, desSpengler, des Schroter, et de tant d’autres, avaient placé l’Allemagne la première des nations savantes de l’Europe. U appartenait aux savans qui ont illustré la France depuis la fin du dernier siècle, de ravir à l’Allemagne le sceptre, et de le transporter dans leur patrie. Honneur aux efforts des Buffon, des Daubenton, des Cuvier, des Lamarck, etc., puisqu’ils ont porté si liant la prééminence de la France dans l’étude des sciences naturelles. Avant d’exposer ce qui a rapport aux mollusques dansles travaux de ces hommes illustres, il convient d’examiner plusieurs ouvrages importans publiés dans l’espace de temps qui s’écoula depuis Linné et le commencement de ce siècle.

Klein fut toujours en opposition avec Linné : il combattit ses arrangemens méthodiques, et en proposa d’autres pour presque toutes les parties de la zoologie. En étudiant les ouvrages de Klein , il est facile de s’apercevoir qu’il se laisse entraîner par quelques idées trop systématiques pour être toujours d’une heureuse application, cela se remarque surtout dans son tenlamen methodi osCreologicæ, p u bl i é en i y 53. Au lieu de chercher à reconnaître avec plus d’exactitude les

caractères essentiels des coquilles , caractères qui résultent habituellement de modifications plus ou moins considérables dans l’organisation des mollusques. Klein, pour former un grand nombre de genres nouveaux, s’est uniquement attaché à rassembler les coquilles d’après la forme extérieure ou de très petits accidens de leur surface : aussi sa méthode conchyliologique est-elle l’exemple le plus remarquable de la confusion, résultat nécessaire de l’absence de bons principes. Cette confusion est telle, que l’on peut affirmer que c’est au hasard seul qu’est dû la création de deux ou trois genres passables, mais mal caractérisés.

Il est à présumer que les premières observations faites sur les mollusques ont eu pour sujet ceux de ces animaux qui vivent à la surface de la terre; ils sont partout sous nos pas, et il était plus facile d’étudier leurs mœurs que celles des mollusques aquatiques. Cependant les liabitans des eaux douces peuvent être plus facilement observés que ceux qui vivent dans la mer. C’est sans doute cette circonstance, favorable à la connaissance plus approfondie des mollusques terrestres qui a déterminé Aristote et d’autres auteurs de l’antiquité à partager les mollusques en terrestres, fluviatiles et marins.

Quoique cette division soit entièrement artificielle, elle a été conservée en quelque sortejusquedansces derniers temps, par ce seul fait qu’un certain nombre d’auteurs se sont spécialement occupés des mollusques terrestres et fluviatiles. Nous pourrions citer parmi eux J. S. Schrœter, auquel on doit trois ouvrages sur cette matière; Lister qui fit un traité des animaux d’Angleterre; Chiracs, etc. ; mais nous nous arrêterons surtout à l’excellent petit traité des coquilles des environs de Paris dont on est redevable au savant Geoffroy.

Juste appréciateur des travaux d’Adanson et de Guettard,

GG

INTRODUCTION

il voulut-, à leur exemple, tirer les caractères essentiels des genres de la structure des animaux, mise en rapport avec la forme et les divers accidens de la coquille. 11 partage les coquilles terrestres et fluviatiles en deux classes : les univalves et les bivalves; il propose cinq genres dans la première et deux dans la seconde, dans l’ordre suivant :

i re Ci.asse. UNIVALVES.

i° Le Limas (Genres Hélix, Pupa, Clausilia Bulimus , Acliatina , Succinœa , des méthodes nouvelles).

Quatre tentacules, deux oculés au sommet.

2 ° Le Buccin. (Genre Limnœa , Lamk.)

Deux tentacules plats triangulaires, les yeux à leur base interne.

3° Le Planorbc. (Genres Planorbis et Physa des auteurs.)

Deux tentacules filiformes, oculés à la partie interne de la base.

4° La Hérite. (Genres Cyclostoma , Paludina, Valvata , Neritina , Lamk.)

Deux tentacules oculés extérieurement à la base, un opercule.

5° L’Ancyle. (Genre Ancylus conservé depuis.)

Deux tentacules tronqués oculcs à la base du côté interne.

Classe. BIVALVES.

6° La Came. (Genres Cyclas , Lamk.)

Deux siphons simples et allongés.

7 ° La Moule. (Genres Unio , Anodonta , Lamk.)

Deux siphons très courts et frangés.

Les caractères des animaux prédominent comme on le voit, et sont pour la plupart appréciés à unejuste valeur. Nous remarquerons que ceux des coquilles sont peut-être trop négligés, puisque cela conduit à la confusion dans le grand type des Hélices et surtout dans le genre Nérite dans lequel on trouve à-la-fois des mollusques terrestres et d’autres aquatiques et parmi ceux-ci des animaux à opercule corné et d’autres à opercule calcaire , les uns ayant cette partie contourée en spirale, les aut res munis d’une apophyse latérale, et les autres enfin formés de lames concentriques non spirales. Geoffroy

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

n’osa pas mettre parmi les cocjuilles terrestres les limaces qui sont nues, et qui n’ont qu’un rudiment testacé caché dans l’épaisseur delà peau. D’Argueville, dans son ouvrage du reste très médiocre, a eu le mérite de faire ce rapprochement si naturel; il est surprenant que Linné et ses imitateurs quoiqu’ils connussent la ressemblance dans l’organisation des limaces et des hélices aient éloignés ces deux genres au point de les mettre dans deux classes.

Muller auquel nous ne ferons pas l’injustice de comparer ses travaux avec ceux de Klein et même de plusieurs auteurs ses contemporains, publia en 1774 un traité des vers terrestres et fluviatiles, et en 1776 la zoologie danoise. Ce second ouvrage, plus important que le premier, fait voir que Muller, observateur conciencieux et digne élève de Linné, s’était beaucoup occupé de la classe des vers , pour lesquels il présente un arrangement méthodique conçu dans l’esprit de son maître et qui offre plusieurs améliorations remarquables. Le tableau suivant extrait du zoologiœ Danicœ prodromus en est la preuve,

OEHRES.

Mammaria.

Ascidia.

/ Ore supero.

Sepia.

Pedicellaria.

PlaDaria.

Fasciola.

Holothuria.

Lernæa.

Clio.

Lobaria.

Doris.

Mixine.

Iimax.

Ore infero,

Lucernaria.

INTRODUCTION'

Testacea

Univalvia. . .

1° Testa pervia.

»° Testa patula.

3° Testa opereulata.

GEMRES.

Echinus.

Spatangus.

Dentalium.

( Akera.

Argonauta.

Eulla.

Buccinum.

Carychium.

Vertigo.

Î Turbo.

Hélix.

Planorbis.

Ancylus.

Patella.

Haliotis.

Î Tritonium.

Troclius. Nerita..

Valvata.

Serpula.

Bivalvia. .

i° Cardine dentato. .

2 “ Cardine edentulo. .

I Mya.

Solen.

Tellina.

Cardium.

Venus.

Màctra.

Douax.

Area.

Terebratula.

Anomia.

Ostrea.

Pecten.

Mytilus.

Multivalvia,

Chiton.

Lepas.

Pholas.

Nous ferons observer que la série des* genres n’est pas complète, parce que cette méthode s’applique nuiquement aux animaux observés en Danemark ; mais en la comparant à celle de Linné , on reconnaît facilement où doivent être intercalés les genres qui manquent. On remarque facilement aussi, que tout en adoptant pour la classe des mollusques, les trois divisions principales de Linné d’après la

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

position de la bouche, les genres ne sont pas groupés de la même manière, cela prouve l’incertitude où étaient encore les zoologistes sur l’organisation de ces animaux, puisqu’ils laissaient dans cette classe tous ceux qui ne pouvaient entrer convenablement dans les autres. Il faudrait examiner chacun des genres de mollusques de Linné et de Muller pour se faire une juste idée de la confusion qui existait parmi eux. Nous aurons plus tard occasion d’en fournir la preuve ; nous ajouterons seulement ici que Muller a séparé de la dernière section le genre Echinus, auquel il a joint sou genre Sputangus et les Dentalium , pour en faire la première section des testacées , rompant ainsi les rapports des Echinus avec les astéries, pour satisfaire à des caractères de très peu d’importance. La division des testacésen trois groupes établie par Linné a été conservée. La première section des univalves renferme deux genres d’animaux rayonnés, associés assez bizarre ment au genre dentale j les deux autres sections sont meilleures, puisqu’elles reposent sur l’absence ou la présence de l’opercule. Nous savons déjà qu’Adanson avait utilement employé ce caractère. Quant aux bivalves, l’amélioration est encore plus sensible, car elle est fondée sur l’appréciation toute nouvelle d’un -caractère important que les conchyliologues avaient négligé jusqu’alors, nous voulons parler delà réunion des valves, qui a lieu tantôt par une charnière articulée, tantôt par une charnière simple. Ce caractère, introduit ici pour la première fois, et d’une manière imparfaite, devint dans les mains de Bouguière , mais surtout de Lamarck, un excellent moyen de débrouiller le chaos dans lequel la classe des bivalves se trouvait avant eux. Nous n’examinerons pas chacun des genres en particulier, parce que plus tard nous les retrouverons, non-seulement dans les méthodes des auteurs les plus nouveaux, mais aussi dans

INTRODUCTION

celle que nous avons préférée , ce qui nous donnera occasion de connaître leur composition; mais nous ferons remarquer que les genres Akera, Carychium , Veitigo , Falcata , Terebratula, Pectcn , sont utilement introduits pour la première fois; le genre Valvata avait été indiqué antérieurement par Swammerd'am dans la Biblia naturœ, mais incomplètement caractérisé. Le genre Terebratula avait été confondu par Linné avec les Anomies , quoique plusieurs oryclhographes l’eussent mentionné d une manière particulière depuis fort long-temps. Ce fut Muller le premier qui, e mettant dans des rapports assez naturels , le caractérisa d’une manière suffisante et rationnelle.

La méthode que Muller a proposée pour les mollusques terrestres et fluviatiles a des rapports avec celle de Geoffroy, mais elle est plus parfaite, il s’affanchit de l’exemple de Linné, qui mettait les Limaces loin des Hélices. Muller les en rapproche, et cela lui donne le moyen de diviser ces mollusques en trois sections, de la manière suivante:

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