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TABLEAUX MÉTHODIQUES DES CÉPHALOPODES

(tNTROD. )). 202.)

DE M. S'OBBIGNT.

Quelquefois un test monolhalamc ou un rudiment teslacé interne , mais jamais de coquille polytbalamc.

Quatre ou cinq paires d’appendices teulaculifoimes à la tête et entourant la bouche.

1 er Ordre.

Les CRYPTODI BRANCHES , Blainv.

A. Uuit bras sessiles , munis de ventouses.

i rc Famille. — Le* OCTOPODES, Léach, Féruss.

Octoceres, Blainville.

I B- nuit bras sessiles et deux bras pédoncules, ordinairement repliés dans le sac , tous munis de ventouses.

2 e Famille. — Les DÉCAPODES, Léaeh, Féruss.

Décacères, Blainville.

A. Huit bras sessiles, deux bras pédoncules , garnis de ventouses et ce repliant dans le sac ; test simple , spiral - cavité supérieure à la dernière cloison presque nulle; cloisons unies j siphon au bord antérieur. r

i re Famille. — Les SPIRÜLÉES.

GENRES

1 Argonaute.

?. Bellerophe.

3 Poulpe.

4 Eledon.

5 Cafmaiet.

1 Crancliie.

2 Sépiole.

3 Onycoteuthe.

4 Calmar.

5 Sépioteuihe C Sèche.

i Spirule.

Un test polylhalame interne ou partiellement recouvert par l’animal qui peut alors rentrer à volonté, en tout ou en partie, dans une loge .supérieure à la dernière cloison. Siphon toujours continu d’une loge à l’autre. Dix appendices tontaculaires ou plus entourant la bouche.

2e Ordre.

Les SIPHONIFÈRESr D’Orbigny.

ï. Une série très nombreuse de bras sessiles dans les animaux connus et entourant la bouche ; veutouses? test simple spiral ou droit; cloisons unies , cavité supérieure à la dernière cloison, grande et engainante; siphon central ou situé au bord antérieur.

2 e Famille. — Les NAUTILACÉES, D’Orbigny.

C . Bras? ventouses? test simple, spiral ou droit ; cloisons découpées; cavité supérieure à la dernière cloison "rande et engainante ; siphon marginal (dorsal sur la carène).

3 e Famille. — Les AMMONÉES, Lamk.

1 Nautile.

2 Lituite.

3 Orlhocératiic.

1 Baculite.

2 llamite.

3 Scaphite.

4 Ammonite.

5 Turrilitf.

). Bras? ventouses? test présume tout interne, composé d’un noyau divisé en loges et d’une enveloppe souvent épaisse : formée par un réseau présumé analogue à celui du rudiment testacè des sèches ; cloisons unies; cavités nèare ù la dernière cloison peu profonde; siphon communément marginal.

/, e Famille. — Les PËRISTELLÉES , D’Orbigny.

très

cavité supé-

1 Ichthyosarcolite.

2 Bélcmnite.

Un lest polythalame totalement interne ; dernière cloison terminale ; point de siphon , mais seulement une ou plusieurs ouvertures donnant communication d’une loge à l’autre.

U u grand nombre de bras.

3 e Ordre.

Les FORAMINIFÈRES, D’Orb.

g Une seule cavité par loge (Aplostigues'.

A. Loges empilées ou superposées sur un seul axe, bout à bout , soit qu'elles débordent ou nou en se recouvrant plus ou moins latéralement; point de spirale.

i re Famille. — Les STICOSTÈGUES , D’Orbigny.

1. Loges assemblées en tout ou en partie par alternance ou enfilées sur deux ou trois axes distincts de diverses manières mais sans forme de spirale régulièie et nettement caractérisée.

2 e Famille. — Les ENALLOSTÈGUES , D’Orbigny.

' Test libre ou fixé; loges empilées sur un seul axe ; spire plus on 1 4 moins élevée; tours apparens d’un seul côté. ] 5

i re Section. — Turbinoïdes.

C. Loges assemblées sur un ou deux axes distincts, mais formant une volute spirale régulière et nettement caractérisée, turriculée ou discoïdale.

3 e Famille. Les HÉLICOSTÈGUES, D’Orbigny.

Test libre ou Gxé discoïdal; loges enfilées sur un seul axe, de Bpire apparens de chaque côté.

2 e Section. — Ammonoïdes.

Test libre ou assemblé sur un ou deux axes distincts , alternant ou non; spire embrassant en tout ou en partie; point de tours visibles.

3e Section. — Nautiloïdes.

1 Nodosairc.

2 Lingulinc.

3 Frondiculaire.

4 Rimuline.

6 Vaginuline.

6 Margimiline.

7 I'iauulaire.

8 Pavonine.

1 Bigénérines.

2 Textulaire.

3 Vulvuline.

4 Dim or phi ne.

5 Polymorphinc.

6 Virguline.

7 SpLéroïdine.

Cia vu line.

Uviférine.

Bulimine.

Valvuliuc.

Hosalinc.

Rolalie.

Calcarine.

Glubigérine.

Gyrui'drnc.

Troncatuline.

Planuline

Planorbuliue,

Operculine.

Soldatiie.

Cassidulinr.

Anomnline.

Yertébraline.

Polystomelle.

Den tri line.

Pénèrople.

Spirolitie.

Robuliuu.

Cristellnire.

Noriioninc.

Nummuline.

Si déroi inc.

D. Loges pelotonnées de diverses manières sur un axe commun.

4 e Famille. — Les AGATHISTÈGUES , D’Orbigny.

| Loges divisées en plusieurs cavités, et formant une spirale.

5 e Famille. — Les ENTOMOSTÈGUES, D’Orbigny.

1 Biloculinc.

a Spiroloculine.

3 Triloculine.

A Arliculine.

5 Quinqueloouhnr.

6 Adélosine.

1 Amphistégine.

a Hélérostégiue.

3 Orbiculinc.

4 Alvéoline.

5 Fabuline.

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

Lecaractèreimportant clans les Cryptodibranches est pris de la position des organes de la respiration , tandis que dans les Siphonifères et les Foraminiferes les caractères importans ne sont plus empruntés aux organes de la respiration , mais à certaines parties des coquilles , parties qui ne représentent nullement des modifications correspondantes dans la forme et la position des branchies : un exemple pourra appuyer notre observation et en prouver la justesse. La Spirulè est comme la Sèche et le Poulpe un vrai Cryptodibranche, personne ne peut actuellement le contester; mais cet animal est pourvu postérieurement d’une coquille cloisonnée et siphonée; il offre donc la combinaison de ces deux caractères essentiels employés par M. d’Orbigny pour la séparation de ces deux premiers ordres. En supposant que ces deux caractères soient d’une valeur égale., ce que nous ne croyons pas , il a fallu que l’auteur se déterminât arbitrairement et voici comment nous espérons pouvoir le prouver : l’ordre des Cryptodibranches contient des Céphalopodes ayant huit ou dix bras, un sac branchial, un bec corné , souvent une coquille intérieure soit cornée soit calcaire. Les Spirales sont des Céphalopodes ayant dix bras, un bec corné, un sac branchial et une coquille ; mais cette coquille, au lieu d’être intérieure, est en partie seulement enveloppée du manteau ; elle a des loges régulièrement espacées et percées par un siphon ventral. La principale différence entre la Spirale et les autres Cryptodibranches se remarque non dans ce que l’organisation a de plus essentiel, mais dans la coquille, que les zoologistes ont toujours avec raison regardée comme d’une bien moindre importance. Nous venons de déterminer, comme on le voit, la valeur des deux caractères, et il est évident pour nous que celui des Criptodibranchcs est de beaucoup supérieur à celui des Si-

INTRODUCTION

phonifères; on 11e pouvait donc, ce nous semble, balancer dans leurapplicatiou : les Spirules sont de vrais Criptodibranches, en prenant ce mot dans toute l’étendue de sa définition. S’il en est ainsi, par l’analogie des Spirules aux autres genres des Siphonifères, on est entraîné à conclure que tout cet ordre peut être réuni au premier. Tous les grands Céphalopodes sont Cryptodibranches, et cet ordre fort considérable peut être facilement partagé, en sous-ordres et en familles naturelles. La connaissance de l’animal du Nautile si bien décrit par M. Owen , ne détruit pas notre conclusion ; car malgré toute la singularité de l’organisation des appendices antérieurs, l’animal a un sac branchial comparable en tout à celui des autres Céphalopodes, et comme eux, il est Cryptodibranche. Quel que soit le nom qu’on lui conserve , il nous semble évident dans l’état actuel des connaissances, que les Céphalopodes proprement dits , constituent un seul groupe naturel, et il est à présumer que le nom de Céphalopode s’appliquera uniquement à lui, lorsque de nouvelles observations auront fait connaître la place que doivent occuper lesForaminifères dans la série animale.il n’est pas encore certain en effet si toute cette étonnante création microscopique appartient aux Céphalopodes. Nous avons déjà à ce su jet manifesté nos doutes à l’article des Céphalopodes de l’Encyclopédie, et depuis celle époque nous avons eu quelques raisons pour nous affermir dans notre opinion. Nousallonsactuellemenl examiner plus en détail le travail de M. d’Orbigny, en prenant chacun des grands groupes en particulier.

Nous venons de voir comment les Syphonifères entrent dans le groupe des Cryptodibranches, en considérant l’animal seulement ; nous pensons que notreopinion prendra un degrés de plus de certitude, par l’examen des rapports qui existent entre les coquilles appartenant aux deux groupes.

La division des Céphalopodes Cryplodibranches èri Octopodect en Décapodes peut être conservée ; mais si l’on consacre à ce caractère du nombre des bras une grande valeur, il faudra en faire une application rigoureuse, et dèslors le genre Spirule devra rentrer dans les Décapodes. Ici se représente encore à la discussion , cette question importante, de la prééminence des caractères et de leur coordination. Le nombre des bras dans les Céphalopodes doitil l’emporler sur la forme du manteau et la nature de la coquille qui en dépend ? La combinaison de deux caractères suffit-elle, pour faire créer une -famille, lorsque déjà un autre groupe a été fondé sur un de ces caractères? Pour répondre à ces questions , il nous semble nécessaire de présenter les observations suivantes : la division des Céphalopodes Cryptodibranches en deux familles (Ociopodes et Décapodes ) n’a été établie que par suite de cette opinion des zoologistes que le nombre des bras dans ces animaux , est un caractère de première valeur ; si cela est admis sans contestation, nous ne comprenons pas pourquoi, dérogeant à ce principe, M.d’Orbignya établi une famille pour le genre Spirule; puisque l’animal de ce genre est Décapode, cette qualitédeDécapode devait le faire entrer nécessairement dans la famille de ce nom, où il aurait pu, à cause de la nature de sa coquille, constituer un jpètit groupe d’un ordre inférieur.

Nous voyons dans la méthode de M. d’Orbigny , en tète de la famille des Oetopodes, deux genres que nous ne pouvons y admettre. La discussion soulevée par M. de Blainville sur les Argonautes, nous a convaincu de la justesse de son opinion à laquelle nous nous rangeons jusqu’à ce que des observations convenablement faites soient venues la renverser, et nous croyons dans l’état actuel de la science, qu’il est difficile de se prononcer; toutes les preuves pour et contre

n’ayant aucun fait nouveau qui fût capable de changer l’état de la question. Relativement aux Bellerophes, nous avons présenté une opinion qui diffère de toutes celles publiées jusqu’à ce jour. Nous ne croyons pas que ces coquilles fossiles aient appartenu à un Céphalopode; nous n’admettons pas non plus, avecM. deBIainville, qu’ils soient voisins des Bulles, car les ayant comparés avec les Atlantes, nous avons reconnu un grand nombre d’analogies, ce qui nous a déterminé à les rapprocher de ce genre.

En débarrassant ainsi les Octopodes de ces deux genres incertains , ils se trouvent réduits à trois genres , dont les rapports sont définitivement arrêtés. Les six genres admis par M. d’Orbigny dans la famille des Décapodes pourraient être réduits, si l’on admettait en principe que dans ce groupe, les genres seraient fondés sur la forme et la nature de la coquille. Dès-lors , en prenant en considération les observations précédentes sur les spirules, on pourrait établir trois sous-ordres; le premier pour ceux des Décapodes à coquilles cornées ; le second pour ceux à coquilles calcaires comprenant les Sèches et les Béloptères, et le troisième pour les Spirules. A ces trois groupes , il serait peut-être nécessaire d’en ajouter un quatrième formant un embranchement latéral des Sèches et consacré auxBélemnites. A la suitede ces deux ordres des Octopodes et des Décapodes, il serait naturel d’en établir un troisième, destiné à la familledes Nautilacés ; on pourrait donner à cet ordre, le nom d,e Myriapodes qui se trouverait ainsi en harmonie avec le reste de la nomenclature.

La famille des Annnonés, si importante par le grand nombre d’espèces singulières qu’elle contient, espèces dont les types paraissent à jamais perdus à la surface de la terre, sera toujours placée arbitrairement dans nos méthodes;

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

car il est impossible de savoir si ces animaux ont eu une organisation comparable plutôt à celle des Nautiles qu’à celle des Céphalopodes actuellement existans. Cette famille est trop naturelle et d’ailleurs trop connue pour que nous dussions nous en occuper davantage.

Nous avons dit ailleurs pourquoi nous rejetons la famille établie par M. d’Orbigny, sous le nom de Péristellées. Ce savant observateur n’avait eu, à ce qu’il paraît, à sa disposition que des individus très mal conservés de notre genre Béloptère; il n’avait pas observé la cavité conique et les cloisons simples qui la remplissent , et il n’avait pas reconnu non plus dans ce corps singulier la position du siphon; il n’avait pu par conséquent juger d’une manière convenable des rapports de ce genre , d’un côté avec les Sèches et de l’autre avec les Bélemnites. Lorsque M. d’Orbigny proposa sa nouvelle classification, on n’avait encore sur le genre Ichthiosarcolite de M. Desmarest, que des observations incomplètes : on supposait que ces corps appartenaient à un Céphalopode , on se fondait sur une division par cloison du moule intérieur , seule partie qui fût alors connue; on ne savait pas, en un mot, que certaines coquilles Bivalves, dans leur accroissement rapide, pouvaient présenter dos cloisons irrégulièrement espacées dans la partie abandonnée par l’animal par suite de ses accroissemens. M. d’Orbigny fut entraîné à admettre pour ces corps , l’opinion généralement reçue et que nous-même avons adoptée pendant quelque temps. Nos observations sur les flippuriles, nous ayant conduit à revoir tout ce qui concerne les Ichthiosarcolites, nous avons été bientôt convaincu que ce genre avait été établi pour quelques portions très incomplètes du moule intérieur d’une coquille Bivalve. Nous croyons que M. d’Orbigny partage actuellement notre opi-

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n ion , ce qui le conduira nécessairement à supprimer sa famille des Péristellées et à chercher de nouveaux rapports au genre Bélemnite.

Les Foraminifères rassemblent toutes les coquilles nommées vulgairement microscopiques , et constituent le troisième ordre de la méthode de M. d’Orbigny. Cette première question se présente à l’égard de ces petites coquilles : Appartiennent-elles réellement à des animaux de la classe des Céphalopodes? A cet égard les observateurs ne sont pas d’accord. M. de Blain ville , qui a observé l’animal d’une Miliole, prétend qu’il se rapproche beaucoup plus des Annelides que des Céphalopodes. M. d’Orbigny , au contraire , qui a été à même d’observer quelquefois des animaux de différons genres, affirme qu’ils ont sur la tête un grand nombre de bras , que leur coquille est intérieure : ce qui l’entraîne à conclure qu’ils sont Céphalopodes. Cependant à considérer les Céphalopodes tels qu’ils nous sont connus, on doit avouer qu’aucune espèce jusqu’à présent, ne vit adhérente au corps sous-marin ; et cependant , il faudrait admettre ce fait en adoptant, sur les Foraminifères l’opinion do M. d’Orbigny, puisqu’il range parmi eux des coquilles, dont les traces d’adhérence sont incontestables. 11 y aurait ce nous semble, une évidente contradiction à dire en principe, que les Céphalopodes sont des animaux libres et nageurs, et d’introduire immédiatement de nombreuses exceptions pour lesquelles il faudrait notablement infirmer la valeur de ce caractère. On pourrait peut-être dire qu’il serait possible de laisser les Foraminifères dans la classe des Céphalopodes, en retranchant ceux qui ont des traces d’adhérence; mais nous répondrons à cela que, dans ces Foraminifères, tout y est tellement enchaîné, qu’il est impossible d’en retirer certains genres ou certaines familles sans rompre arbitrai-

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

renient la série. On peut déjà conclure de ce fait qu’aussitôt qu’il sera prouvé, d’une manière incontestable, que certains Forain i u ifércs ne sont pas des Céphalopodes, cette preuve sera également acquise pour tous les autres , qui subiront ainsi le sort des premiers.

L’opinion publiée par Cuvier sur 1rs Nummulites , a contribué à faire placer dans les Céphalopodes tous les corps microscopiques dont il est actuellement question. Ayant établi en fait l’existence de grands rapports do structure entre les Nummulites et les Sèches, les auteurs ont été conduits, comme lui , à rapprocher des genres qui n’ont aucune apparence d’analogie: il est certain, que si l’on prend, sans la discuter, cette opinion du savant zoologiste, on est entraîné de toute nécessité à admettre à la suite de ce genre , tous ceux qui ont avec lui des rapports et successivement tous les foraminifères; mais, si après avoir examiné avec toute l’attention convenable, la structure des Nummulites et des Sèches , on ne trouve aucune ressemblance, dès-lors dégagé de ce précédent, on ne pourra se fixer définitivement que par des observations nombreuses et bien faites, sur les animaux des Foraminifères. Jusque-là , on doit être incertain sur la place qu’il convient de donner à cette série considérable d’animaux ; quelques observations nous font penser qu’ils ne resteront pas à la suite des Céphalopodes , et même qu’ils seront réjetés en dehors des Mollusques. Tous les zoologistes savent que certaines Annéiides construisent un tube , dont les parois semblables à une mosaïque , sont composées d’un grand nombre de grains de sable , réunis avec assez de symétrie par une matière que produit l’animal. La structure de ces tuyaux est propre aux Annéiides et ne s’est jamais rencontrée jusqu’à présent chez d’autres animaux invertébrés. Nous avons trouvé dans les sables de Bordeaux,

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si riches en coquilles fossiles, un corps microscopique, ayant à peine trois millimètres de longueur et appartenant par sa structure au genre Bigénérinc de M. d’Orbigny. Ce corps est entièrement composé de grains de sable agglutinés de la même manière que l’aurait pu faire une annélide; ce fait, très important, ferait supposer avec quelque raison , que les coquilles microscopiques sont dues à des animaux, si ce n’est semblables aux Ail n élidés tubicoles, qui doivent du moins en être fort rapprochés. Nous ne donnons, au reste, cette opinion qu’à titre de conjecture, laissant au temps et à l’observation le soin de démontrer si elle est juste ou erronée.

Il nous serait impossible d’examiner en détail tous les genres et les familles proposés par M. d’Orbigny, pour distribuer rationnellement toutes les coquilles appartenant aux Foraminifères. Il fallait autant de patience que de sagacité, pour débrouiller ce chaos, et faire pour ces corps une classification comparable à celle qui existait déjà pour les autres parties de la zoologie. Tous les naturalistes doivent des remercîmens à M. d'Orbigny , pour la vive clarté qu’il a su répandre sur des milliers de corps qui , pour la plupart, étaient confondus ou étaient restés toul-à-fait inconnus. Nous terminerons par une observation générale : M. d’Orbigny a adopté dans sa classification la marche décroissante enseignée par Cuvier; il était donc naturel de inetlreau commencement des Foraminifères, ceux des genres que l’on suppose avoir le plus de rapport avec les grands Céphalopodes; il nous semble que pour être conséquent avec cette première donnée de classification , M. d’Orbigny devait commencer par le groupe des Nummuliles , le faire suivre par ceux qui ont avec lui le plus d’analogie, et terminer la série par ceux des genres qui en ont le moins. Nous obser-

HISTOIRE DE LA CONCHYLIOLOGIE

verons aussi que M. d’Orbigny a fondé toute sa classification sur les formes extérieures des coquilles. L’auteur , à cet égard , nous semble en contradiction avec les principes admis jusqu’à présent par tous les zoologistes et par lui-même, pour la classification des deux premiers ordres de Céphalopodes; car on est d’accord en cela , qu’une bonne classification doit être fondée sur la structure des coquilles et non sur leur forme; il est donc à présumer que M. d’Orbigny fera subir à sa classification des changemens assez notables, pour la mettre en accord avec les deux principes que nous venons de rappeler. Nous verrons plus tard que nous avons tenté un arrangement nouveau pour les Foraminifères , dans lequel nous avons cherché à mettre en pratique , les règles que nous venons de mentionner.

Après des travaux tels que ceux de MM. de Haan et d’Orbigny , la classification des Céphalopodes devait éprouver des changemens et des améliorations notables; plusieurs choses essentielles étaient définitivement acquises : la première , la séparation nette et tranchée des Foraminifères et des Céphalopodes est certainement la plus importante , puisqu’elle permet pour l’avenir une étude rationnelle de deux groupes d’animaux , probablement fort différens. Nous avons mis à profit dans notre article des Céphalopodes de Y Encyclopédie, les observations des deux savans dont nous venons deciter les travaux, et aidé des raisonnemens qu’elles nous ont suggérées, nous avons donné une classification que nousconsidéronscommcun essai très imparfait, etdanslequel nous avons cherché à coordonner tous les faits alors connus. Si nous avons commis quelques erreurs, elles ont été indépendantes de notre volonté et elles sont le résultat nécessaire des lacunes nombreuses qui existent encore dans les con-

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naissances acquises sur les Céphalopodes : nous présentons ici cet essai et nous le faisons suivre des tableaux méthodiques que nous avons publiés dans le même ouvrage pour le reste des animaux mollusques.

Il est en général peu convenable à un auteur de parler de ses propres ouvrages, quelle que soit l’impartialité qu’il mette à leur examen ; le lecteur est généralement disposé à croire que cet examen est plutôt une apologie qu’une critique. Ce motif, bien plus qu’une modestie déplacée , nous engage à laisser à d’autres le soin d’apprécier nos travaux. Ils ne peuvent être actuellement soustraits à la critique des naturalistes et nous ne pourrions l’empêcher quand même nous chercherions à justifier les principes qui nous ont dirigé, et à pailler les fautes que nous avons pu commettre. Nous croyons suffisant de présenter ici les tableaux méthodiques publiés par nous dans l’Encyclopédie , et de prier le lecteur impartial de voir , dans l’ouvrage lui-même les motifs par lesquels nous avons été conduits aux changemens que nous avons proposés.

M. Rang publia en 1 82g un petit ouvrage intitulé Manuel de V Histoire naturelle des Mollusques et de leurs coquilles. L’auteur, officier de marine distingué, consacra ses loisirs à la recherche des Mollusques, et à l’étude de leurs coquilles. Déjà plusieurs travaux avaient fait connaître M. Rang, et l’avaient placé au rang des meilleurs observateurs; on devait attendre de lui un résumé à la hauteur de la science, et il est fâcheux qu’il ait été forcé de se renfermer dans des limites aussi étroites. Adoptant la méthode de Cuvier, comme base de sa classification, M. Rang y a apporté quelques changemens qui méritent d’être mentionnés pour compléter la série des faits importuns dont la science s’est enrichie depuis un petit nombre d’années. La plupart

CLASSIFICATION DES MOLLUSQUES CÉPHALOPODES. (iXVTROD. p. 212.) I

( Encyclop . mèthod. i83o.)

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