‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 2)Chapitre 42 sur 52 · ORGANES DE LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA CIRCULATION

tème artériel, un système veineux et deux oreillettes. Dans le plus grand nombre des Mollusques acéphales , le ventricule est unique, symétrique, placé dans la ligne dorsale et médiane de l’animal, et il est appuyé sur le rectum qu’il embrasse dans son développement ; il le circonscrit de toutes parts si exactement, qu’il semble que le rectum passe à travers le ventricule; il est à présumer cependant que le rectum ne passe pas immédiatement à travers le cœur, mais qu’il en est enveloppé si exactement qu’il est impossible de séparer ces deux organes sans les déchirer. Le ventricule, régulier et symétrique dans le plus grand nombre des genres, est irrégulier et non symétrique dans les Huîtres et les autres genres de la famille des Ostracées. Le ventricule est ordinairement allongé, fusiforme; ses parois sont peu épaisses, formées de faisceaux musculaires diversement entrecroisés et souvent saillans à l’intérieur. De chaque extrémité partent les deux artères principales de l’animal, l’une supérieure donnant des rameaux à toutes les parties antérieures de l’animal , et l’autre postérieure fournissant des branches aux principaux viscères, l’estomac, le foie, l’intestin et l’ovaire; plusieurs rameaux superficiels se jettent dans le manteau et principalement dans les parties épaissies de ses bords ; lorsque le dos de l’animal est très large, et que, par une conséquence nécessaire, les branchies d’un côté sont fort éloignées de celles de l’autre, il arrive, comme dans les Arches, qu’il y a deux ventricules et deux oreillettes pour remplir les fonctions de la circulation. Cette modification intéressante des organes de la circulation a peu d’importance quant au résultat de la fonction, puisque la circulation reste à simple circuit, comme s’il n’existait qu’un seul ventricule. Les oreillettes sont au nombre de deux dans tous les genres des Conclu-

fères, en exceptant ceux de la famille des Ostracées , dans lesquels il n’y a qu’une seule oreillette irrégulière comme le ventricule. La forme la plus générale des oreillettes est la triangulaire. Elles communiquent avec le ventricule par l’un des angles du triangle et reçoivent le sang des branchies par le plus grand côté de ce triangle. Ces organes sont tout-à-fait membraneux ; on distingue cependant à l’intérieur, à l’aide d’un grosissement convenable, un grand nombre de petits faisceaux fibreux au moyen desquels s’opèrent les mouvemens réguliers de la circulation. Le système veineux est fort considérable. Dans son bel ouvrage, Poli en a donné l’anatomie d’une manière satisfaisante. Il est particulièrement remarquable dans les Arches , les Pinnes, etc. ; il est destiné à recevoir le sang de la circulation générale; il est destiné aussi à recueillir tous les fluides absorbés et à les diriger vers l’organe branchial dans lequel le sang doit subir une nouvelle élaboration. C’est après avoir traversé tous les vaisseaux branchiaux que le sang revivifié est apporté aux oreillettes par les veines pulmonaires, et des oreillettes il passe dans le ventricule pour être de nouveau entraîné dans la circulation artérielle.

Le sang, dans les Mollusques, n’a point la couleur qu’il présente toujours dans les animaux vertébrés. Il est d’un blanc-bleuâtre, il est peu visqueux et ne laisse dans la coagulation qu’une très petite quantité de matière solide.

La fonction de la circulation est, comme on le voit, très simple dans les Mollusques conchifères. Un ventricule aortique donne au sang toute l’impulsion nécessaire pour parcourir les deux systèmes vasculaires et revenir jusque dans les oreillettes. Dans d’autres animaux branchifères , l’oreillette est destinée à donner une nouvelle impulsion au sang au moment où il va traverser la blanchie. Ici, au

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