ORGANES DE EA EOCOMOTTON
Les muscles peuvent donc être divisés en deux sortes : 1 ° muscles adducteurs des valves; a° muscles locomoteurs ou propres à certains organes. On nomme muscles adducteurs des valves, les faisceaux charnus, fibreux, qui s’attachent à l’une et à l’autre valve , et qui, dans leurs contractions, rapprochent et ferment ces deux parties de la coquille. Dans le plus grand nombre des Acéphales, on trouve deux de ces muscles, l’un antérieur, situé en avant de l’ouverture buccale, et l’autre postérieur. Lamarck a donné le nom de Dimyaires à tous les Àcéphalés ayant deux muscles, et a donné à ce caractère une assez grande importance, parce qu’il se traduit facilement à l’intérieur des coquilles, où l’on voit les impressions très nettes que ces muscles ont laissées. L’un de ces muscles, l’antérieur, diminue peu-à-peu à mesure que l’on descend dans la série des Conchifères; il est réduit à l’état rudimentaire dans la famille des Moules , après laquelle il disparaît complètement. A mesure que le muscle antérieur disparaît, le muscle postérieur devient plus considérable et s’avance davantage vers le milieu des valves. Lorsque l’on n’aperçoit plus aucune trace du muscle antérieur, le muscle postérieur seul persiste, et ces Mollusques à un seul muscle, bien distincts des premiers, ont reçu de Lamarck le nom de Conchifères monomyaires.
Poli a fait apercevoir que le muscle des Monomyaires était en réalité composé de deux parties très faciles à détacher, et présentant un aspect un peu différent. Cela pourrait faire présumer avec quelque raison que dans ces Conchifères monomyaires le muscle unique est le résultat du rapprochement des deux muscles éloignés dans les Conchifères dimyaires. Pour être admissible, il faudrait que cette opinion s’appuyât sur des faits. Si, au lieu de la disparition successive du muscle antérieure des Dimyaires, on
INTRODUCTION
voyait les deux muscles se rapprocher de plus en plus et finir par se confondre, cette opinion serait la seule que l’on dût admettre; mais il est évident, d’après la nature des faits , que c’est le muscle postérieur lui seul qui s’accroît et s’avance au milieu de l’animal, à mesure que l’antérieur disparaît. La position de l’extrémité de l’intestin et de l’anus , dans les Monomyaires , vient à l’appui de ce que nous avançons : dans les Dimyaires, l’intestin passe au-dessus du muscle postérieur; il reste dans la même position dans les Monomyaires.
ün nomme pied chez les Mollusques acéphales, un organe offrant des formes très diverses, et destiné à la locomotion. C’est particulièrement dans les Mollusques dimyaires que cet organe est le mieux développé, et nous allons examiner rapidement les diverses formes qu’il présente.
Le pied est placé le plus ordinairement à la partie antérieure et moyenne de la masse abdominale, et il est dirigé en avant. Il est placé de telle manière qu’il cache la bouche dans un sinus profond entre sa base et le muscle adducteur antérieur. Dans ceux des Mollusques conchifères dont les lobes du manteau sont réunis dans une grande partie de leur circonférence, le pied est ordinairement très petit et rudimentaire; il forme alors une sorte de petit mamelon saillant vers la partie moyenne de la masse abdominale, et l’on remarque très bien cette disposition dans les Myes, les Saxicaves , etc. ; dans d’autres de ces Mollusques, ce pied , plus antérieur, est très court , largement tronqué et semblable à une ventouse. C’est ce que l’on remarque dans les Pholades. A mesure que le pied devient plus libre , que les lobes du manteau se détachent, cet organe s’aplatit, s’allonge en une sorte de langue, et peut servir au déplace-