‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 2)Chapitre 44 sur 52 · ORGANES DE LA GENERATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA GENERATION

le pied bien développé, l’ovaire forme une masse moins saillante à la partie supérieure et postérieure des viscères. Dans les Conchifères monomyaires , l’ovaire, appuyé sur le muscle central, est placé à la partie supérieure et postérieure du corps, et il constitue, dans son développement, une masse blanchâtre et considérable que l’on voit très facilement à travers les parois du manteau. Dans les Huîtres, cet ovaire occupe toute la partie supérieure de l’animal , et il vient descendre sur les parties latérales et postérieures. Lorsque l’animal est dans le temps de la ponte , une déchirure faite à l’ovaire en laisse échapper une liqueur d’un blanc laiteux; en l’examinant au microscope, on voit dans cette liqueur un très grand nombre de petits grains blanchâtres, et chacun de ces grains est un œuf destiné à reproduire un individu semblable à celui d’où il sort. Il existe un genre curieux, placé par la plupart des auteurs dans le voisinage des Huîtres : il est connu sous le nom d’Anomie. Dans ce genre, l’ovaire ne fait pas partie de la masse commune des viscères, il s’étale entre les deux parois du manteau en écartant, à mesure qu’il se développe, les deux membranes dont l’enveloppe palléale est formée. Cette position de l’ovaire, dans l’épaisseur de la peau, a de l’analogie avec celle que l’on remarque dans les Térébratules , chez lesquelles l’ovaire est divisé en quatre lanières comprises dans l’épaisseur du manteau, et suivant la direction des principaux vaisseaux branchiaux. Malgré les dissections minutieuses faites sur les Mollusques acéphalés, il y en a beaucoup chez lesquels l’oviducte n’est pas connu. Chez ceux de ces animaux où on a pu l’apercevoir, on l’a vu se diriger vers la partie moyenne et antérieure des branchies et s’ouvrir, à droite, entre les feuillets internes de ce côté. On ne sait pas encore si c’est par cette ouverture que sortent les

INTRODUCTION

œufs lorsqu’ils ont subi une incubation dans les branchies , ou bien s’ils s’échappent par les bords de ces organes. •

M. Prévost, de Genève, a fait sur la génération des Mulettes quelques observations importantes qui semblent prouver que, si l’accouplement ne peut se faire dans les Acéphalés, du moins il est nécessaire, pour leur propagation, que ces animaux soient réunis en plus ou moins grand nombre dans le même lieu. On pourrait supposer, d’après ces expériences, qu’une liqueur fécondante est répandue dans l’eau, absorbée par l’ovaire, qui est ainsi fécondé sans le contact de deux individus. Ce phénomène serait comparable à celui de la fécondation des œufs de poissons déposés par la femelle, et que le mâle arrose de sa liqueur prolifique en se plaçant au-dessus d’eux. Mais avant d’adopter définitivement les résultats de l’expérience de M. Prévost, il serait nécessaire de la répéter un assez grand nombre de fois pour ne laisser aucun doute sur cette question intéressante, autant pour le naturaliste que pour le physiologiste, touchant la génération des Mollusques hermaphrodites. Le nombre des œufs produit par chaque individu est extrêmement considérable, et cela explique la rapidité avec laquelle les Mollusques se multiplient dans certaines mers, et comment les générations accumulées peuvent produire ces couches coquillières si étendues que l’on observe à la surface des continens actuels.

Section Y. — Organes de la locomotion.

Les organes de la locomotion sont de deux sortes : les uns sont destinés à faire mouvoir les deux valves dont l’animal est enveloppé, les autres sont propres à des organes particuliers, au moyen desquels l’animal se meut tout entier.

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