‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 2)Chapitre 50 sur 52 · ORGANES DE I.A RESPIRATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE I.A RESPIRATION

nous avons fait remarquer une anomalie à cette règle générale : elle se montre clans le genre Arche. Le clos de l’animal étant très large et les branchies étant écartées, il y a de chaque côté un cœur composé d’un ventricule et d’une oreillette, ces organes sont situées à la partie antérieure de la base des branchies. Dans les Brachiopodes , il y a deux cœurs ; mais ils y sont constans et d’une manière normale. Dans tous ceux des Mollusques qui ont été examinés sous ce rapport, ces organes se sont trouvés de chaque côté du corps, et ils semblent réduits, d’après les observations de Cuvier et de M. Owen , h une simple petite poche représentant, soit l'oreillette, soit le ventricule des autres Mollusques. C’est ainsique ces organes se sont montrés dans les Lingules , les Orhicules et les Térébatules. La disposition des priueipales parties du système vasculaire, telles cjuc Poli les a représentées dans la cranie de la Méditerranée, annoncent que , dans ce genre, il y a également deux cœurs comme dans ceux que nous venons de mentionner. C’est vers ces centres communs de la circulation que se rend le système des vaisseaux branchiaux; tandis qu’il en sort un système artériel qui, après s’être répandu dans le corps , donne aussi des artères branchiales. Il y a peu d’animaux pourvus d’une circulation qui offrent dans l’appareil principal plus de simplicité.

3" Organês de la respiration.

L’organe respiratoire lui-même, dans la plupart des genres des Brachiopodes, est d’une simplicité remarquable. Dans les Lingules, il est plus compliqué que dans les Térébratules. Dans le premier de ces geni'es , les branchies sont adhérentes au manteau lui-même ou plutôt en font partie. Le corps de

JNTftOniîCTIO.N.

l’animal étant fort petit , la plus grande partie de la surface du manteau reste libre, et, dans chaque lobe, on remarque une brancliic pectincc en forme de Y, présentant à son bord interne une artère et une veine branchiale. L’artère vient de l’intérieur du corps, et la veine se rend directement au cœur. Dans les Térébratules et les Orbicules, on ne distingue plus d’appareil branchial comparable à celui des Lingules. Les artères en grand nombre viennent ramper à la surface du manteau ; se sous-divisant à mesure qu’elles avancent sur les bords, elles donnent naissance à un système veineux considérable, distribué en quatre troncs principaux dans la valve inférieure , et en deux seulement dans la supérieure. Ces veines branchiales se dirigent toutes vers les parties latérales du corps, et elles aboutissent aux cœurs en deux troncs principaux de chaque côté. On est étonné, en observant les Orbicules et les Térébratules , de trouver les parois du manteau arrosées par un si grand nombre de vaisseaux , tandis que les bras frangés n’en reçoivent presque point en comparaison. M. Ovven , d’après ses observations, et guidé par celles de Cuvier, conclut avec justesse que l’organe de la respiration, dans les Térébratules, n’est autre chose que la surface interne du manteau lui-même, et l’on peut dire que cet organe , extrêmement simple , est pour une respiration aqueuse, ce que l’organe des Limaces et des Hélices est pour une respiration aérienne.

4° Organe de la génération.

Ces organes sont simples comme les autres appareils organiques que nous avons examinés ; mais ils ont aussi une disposition qui leur est propre. Ils sont réduits à un simple ovaire; mais cet ovaire ne constitue pas une glande consi

ORGANES Tir MOUVEMENT.

dérable, faisant partie de la masse viscérale. Dans le genre Anomie , l’ovaire présente cette particularité d’envahir P un des lobes du manteau entre les parois duquel il s’épaissit et se développe. Dans les Bracbiopodes , comme Poli l’avait déjà observé , l’ovaire se distribue également dans les parois du manteau, et, ce qui est assez remarquable, il se divise en autant de lanières qu’il y a de veines branchiales. Il y a quatre de ces veines dans un lobe de manteau et deux dans l’autre. Les divisions de l’ovaire sont en même nombre. Lorsque cet organe est rempli d’œufs, il masque entièrement les vaisseaux branchiaux, et, à l’aide du microscope, on remarque l’immense quantité d’œufs qu’il contient. Cuvier n’a trouvé aucune trace d’ovaire dans les Lingules. Cela provient sans doute de ce que les individus qu’il a examinés ont été recueillis quelque temps après la ponte de tous les œufs. M. Owen a vu derrière le foie d’une Orbicule un petit amas d’œufs, qui n’étaient pas encore passés dans les parois du manteau. Il est bien à présumer qu’il existe un ovaire, qui se développe d’abord dans le voisinage du foie, mais que les œufs n’en sortent , pour s’introduire dans le manteau, que pour subir un degré de plus de maturité, et que le manteau remplace ici les branchies de la plupart des Mollusques conchifères.

5° Organes du mouvement.

Les muscles qui s’attachent aux valves dans les Bracliiopodes sont plus nombreux que ceux des Conchifères, et à cet égard ils ont de l’analogie avec ceux de l’animal des Anomies. Pallas avait d’abord fait connaître ce fait intéressant qu’il existe dans les Térébratules trois paires de muscles, dont quelques-uns sont obliques. Cuvier a retrouvé dans les Lin-

INTRODUCTION

gules les muscles en même nombre et disposés à-peu-près de la même manière. M. de Blainville, à l’article TèrébrcLlule du Dictionnaire des Sciences naturelles, a fait une étude toute spéciale du système musculaire d’une Térébratulc , et il a prétendu que la plupart des faisceaux fibreux étaient destinés à soutenir la masse viscérale plutôt qu’à faire mouvoir les valves ; il a même ajouté que, parmi ces muscles, il y en a qui sont destinés à s’insérer à l’origine du pédicule tendineux, qui sert à attacher l’animal aux corps sous> marins. Cuvier supposait que les muscles obliques des Lingules pouvaient faire glisser les valves l’une sur l’autre * mais il est évident que, dans les Térébratules, ces muscles ne peuvent avoir le même usage; car les valves sont fortement articulées en charnière, et ne peuvent se déranger, quels que soient les efforts musculaires de l’animal.

M. Owen , comme nous l’avons dit, a observé que les bras ciliés libres des Térébratules et des Lingules avaient une enveloppe fibreuse, au centre de laquelle se montre une cavité remplie d’un liquide. Ce zoologiste suppose que les contractions de la paroi fibreuse sur le liquide peuvent déterminer le redressement des bras, qui sont ainsi projetés en dehors de la coquille ; mais il est plus croyable , comme le pense Cuvier, que , dans ces bras mobiles , il existe des fibres longitudinales et d’autres transverses ou circulaires, qui déterminent tous les mouvemeiis dont ces organes sont susceptibles.

Les bords libres du manteau sont épaissis : ils sont garnis d’un grand nombre de cils soyeux plus ou moins allongés , selon les genres ou les espèces , et il est bien à présumer que ces cils vibra.liles sont mis en mouvement par des fibres musculaires noyées dans l’épaisseur des bords du manteau.

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