ANATOMIE COMPARÉE DES MOLLUSQUES
impressions musculaires sont toujours symétriques; elles sont au nombre de quatre dans chaque valve ; quelquefois il y en a deux qui se touchent et se confondent dans l’une des valves seulement, et c’est dans la valve dorsale que cela se montre toujours, et l’on pourrait croire que l’animal a trois muscles d’un côté, tandis qu’il en a quatre de l’autre; ce qui n’est en réalité qu’une apparence , car l’impression musculaire centrale de la valve dorsale, plus grande en proportion, résulte de l’insertion de deux muscles qui gagnent en divergeant la valve opposée. Pour bien comprendre ces impressions musculaires dans les Térébratules et les Thécidécs, il faut les étudier d’abord dans les Lingules, et surtout dans les Cranies. Lorsque ces parties peuvent s’apercevoir , elles peuvent souvent aider à établir des distinctions spécifiques entre des espèces qui, à l’extérieur, n’offrent que de très faibles différences.
Nous terminerons ici ce que nous avions à dire de général sur ce groupe intéressant de Mollusques, nous proposant d’entrer dans tous les détails que donne l’état actuel des observations, lorsque nous traiterons chaque genre en particulier.
Classe II. — Mollusques (Mollusca. Lamk. ).
Première division. — Les Gastéropodes.
Dans la première partie de cette anatomie comparée des Mollusques, nous avons traité d’une manière générale de l’organisation des Mollusques acéphales. Pour rendre plus facile à comprendre ce que nous en avons dit, nous les avons divisés en deux sous-classes : les Acéphales lamellibranches et les Acéphalés brachiopodes. Dans les Mollusques proprement dits, nous suivrons une marche analogue,
INTRODUCTION
nous traiterons d’abord de la grande classe des Gastéropodes; et nous rassemblerons dans un chapitre à part tout ce qui concerne les Céphalopodes.
Tous les Mollusques, dont nous allons nous occuper, envisagés dans l’ensemble de leur organisation, constituent un grand type d’animaux dont toutes les parties sont liées. Quoique très diversifiés dans leurs formes , quoiqu’ils aient des mœurs fort différentes, malgré la diversité de leurs coquilles , ou l’absence de ce corps protecteur, tous les Mollusques gastéropodes sont enchaînés les uns aux autres par des passages insensibles, dans lesquels on voit se nuancer des modifications organiques qui, vues aux extrémités de la série, semblent n’avoir entre elles aucun point de contact. Les Gastéropodes pourraient se diviser en deux catégories : ceux qui rampent à la surface du sol et ceux qui sont nageurs. On conçoit du premier abord que deux manières de vivre aussi différentes doivent entraîner de grandes modifications dans l’ensemble de l’organisation; aussi plusieurs zoologistes se sont demandé si les Mollusques nageurs appartenaient réellement à la série des Gastéropodes. Pour résoudre cette question, il fallait soumettre au scalpel un grand nombre d’animaux de différais genres, et s’assurer par des observations d’une grande délicatesse s’ils forment un type séparé, ou s’ils sont des Gastéropodes. Cuvier s’est occupé de cette question, mais ce sont principalement les recherches de M. de Blainville qui ont jeté sur elle les plus vives lumières. Ce savant anatomiste a fait voir que les Ptéropodes, Mollusques nageurs par excellence ont leur organisation établie sur le même plan que les autres Gastéropodes. Dès-lors, ces animaux durent prendre rang dans la série à une autre place que celle que Lamarck et Cuvier leur avaient assignée.