‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 111 sur 127 · Congérie de Bastérot. Congeria Basieroii, Desh · texte numérisé non relu

Congérie de Bastérot. Congeria Basieroii, Desh

PI. 37. f. 15. 16.

C. Testa elongato-augustâ ^ suheompressây lœvigatâ, dorso apieeque carinato- gibbosâ; umbonibus acuth y redis y termtnnlibus , intùs septiferis,

Mytilus Brardiy Var. Basl. foss. de Bord. p. 78. n® 2.

An eadem spec. M, Brardi? Sow. Min. ronch. pl. 532. 1. 2.

Desh. dans Lamk. An. s. vert. t. 7. p. 54. n® 6.

Mytilus BasterotL Duj. Foss, de la Tour. p. 59.

Id. Graleloup, Cat. Zool. p. 6r. Un 65t.

Dreissena Basleroti. Bronn, Leth. geogn. l. 2. p. 924.

Mytilus aencirostris, Ooldf. Petref. (Verm. p. 172. n® 14. pl. 129. f. ii.

M. Brardiy Zieleti. Petr. AViirt. p. 78. pl. 59. f. i ,

Tichagonia Brardi. Pot. et Mieh. Cat, des Moll. t. 2. p. i36. n® 21.

Dreissena Basteroti. Nysl, foss. de Beig. p. 265. pl. 20. f. 7.

Bronn, Tnd. paleont. t. i. p. 438.

M. Bastérot a confondu cette espèce avec le Mytilus Brardi , en la désignant sous le litre de variété. Nous l'avons séparée, et nous lui

DIX-SËPTIÈME FAMIM.E. — LES CYCLAÜES. 65 1

avons consacré le nom du naturaliste qui le premier l’a signalée à l’attention dos paléontologistes. Cette petite coquille est plus mytiliforme que la plupart des Congéries. Elle est allongée, étroite, presque équilatérale, peu bombée, et l’angle obtus qui divise la surface des valves la partage en deux parties presque égales. Vers le sommet des crochets, l’angle dont nous parlons devient aigu , mais il disparaît rapidement, il est tout à fait effacé vers l'extrémité inférieure. Le côté antérieur est aplati vers le haut do la coquille ; il est un peu sinueux et irrégulier, à cause de la fente que produit le passage du byssus. Le coté postérieur et supérieur est légèrement arqué; il forme un angle très aigu avec Taxe longitudinal. Les stries irrégulières d’accroissement couvrent la surface externe', elles annoncent la présence d’un épiderme écailleux lorsque la coquille était vivante. A Tintérieur, les valves sont lisses. L’impression musculaire postérieure est ovale , obronde , et elle se prolonge en avant et en haut en une sorte d’appendice ellipsoïde produit par l’insertion du muscle rétracteur postérieur du pied, qui dans cette espèce devait être gros et puissant.

Cette coquille est abondamment répandue dans les terrains tertiaires du bassin de l’Adour, bassin dans lequel, d’après les précieuses observations de M. RauÜn, s’est opéré. synchroniquement le dépôt de couches d'eau douce et de couches marines qui se sont irrégulièrement enchevêtrées. Cette même espèce se retrouve également dans les terrains de la Touraine.

Les grands individus ont 25 millimètres de long et t I de large.

DlX-SEPTIÉME FAMILLE.

Les Cyclades, Fér.

CARACTÈRES. — Animal trigone, ovale ou oblong; les lobes du manteau désunis en avant et en bas , terminés postérieurement en deux siphons courts, le plus souvent séparés. Pied mince, triangulaire. Branchies allongées, presque égales.

Coquille ovale , obronde ou subtrigone , régulière , close. Charnière articulée , soit seulement par des dents latérales , soit par des dents cardinales, soit enfin par des dents laté*

IMX-SKrTlEME FAMILLE.

raies et cardinales tout à la fois. Impression palléale simple ou sinueuse. Ligament extérieur.

GENRES. — Gaiatea, Glauconome , Cxjprina , Cyrena , Cyclas , Pisidiimi.

Liimurck, comme nous l'avons vu, forma 'dans son dernier ouvrage une famille des Conques, qu’il partagea en deux sections ; à l’une, il donna le nom do Conques marines ; à la seconde , celui de Conques' Iluviatiles. Presque tous les zoologistes crurent nécessaire de faire une famille distincte de chacune des sous^familles de Lamarck. Férussac, le premier, proposa la famille des Cyclades ; elle fut généralement adoptée, en subissant quelques modifications peu importantes, car tous les naturalistes y laissèrent les trois genres Cyclàde, Cyrène et Galatée que Lamarck avait introduits dans les Conques fluviatiles. Dans la première édition du Règne animal^ Cuvier a rangé le genre Cyclade dans la famille des Cardiacés , en y confondant les Cyrènes et même les Galatées. Pour maintenir sa classification dans l’esprit de celle du grand zoologiste, Férussac, eu proposant la famille des Cyclades, la rangea dans l'ordre des Cardiacés, substituant les mots d’ordre cl de famille à ceux de famille et de genres préférés par Cuvier. Quelques années plus tard, Lalreille introduisit un genre de plus dans la famille des Cyclades: c’est celui nommé Cyprine par Lamarck. Cette innovation ne doit pas être repoussée ; car, quoique le genre en question vivo dans la mer, on peut dire que , par sa coquille et par son animal, il se rapproche singulièrement des Cyrènes, ainsi que nous le verrons bientôt. Cependant ces nouveaux rapports indiqués par Latreüle pour les Cyprines ne furent point goûtés, et MM. Flemipg, Menko, d’Orbigny, ne laissèrent que des genres lacustres dans la famille des Cyclades.

L’étude de l’animal du genre Iridine iious.ayant dévoilé l’existence de siphons courts et gros, prolongeant le manteau en arrière, nous crûmes devoir retirer le genre de la famille des Naïades pour le transporter dans celle des Cyclades. Nous attachions a cette époque trop d’importance à ces organes dépendants du manteau : si la présence des siphons, chez les Iridines, les rapprochent à quelques égards de la famille des Cyclades , elles s’en éloignent et se rattachent aux Unio et aux Anodontes par tous les autres points de l'organisation; par conséquent nous avons abandonné cette première opinion que nous nous étionsJaitc de la classification des Iridines.

.M. Gray a lait connaître dans le premier fascicule du SpicÜegia zoolo-

LES CYCLADES

(iij J

^ica, un genre d'eau douce très intéressant auquel.il a donné le nom de Glauconomu; il le place dans la famille des Vénus. Les caractères empruntés à la coquille prouvent qu'on effet le genre nouveau doit êtremaintenu, et que ses rapports s’établissent, si ce n’est directement avec les Vénus , du moins avec plus de certitude avec les Conques lluyialiles. Les caractères de l’animal, présentés parM. Sowerby dans son Gênera of sheîls, viennent appuyer notre opinion, et le genre Glauconorae peut aussi bien faire partie de la famille des Cyclades que le genre Galalée lui-même.

Déjà en I8H , Megerle avait indiqué un petit genre inutile, démembré des Cyclades, sous le nom de P/sum. Personne n’avait adopté ce genre. M. Pfeiffer, dans son ouvrage sur les Mollnsqucs terreatres el Iluviatiles de V Allemagne ^ ouvrage rempli d’excellentes observations, changea en Pisidium le nom du genre, et l'appuyant d’une figure de l’animal et d’une description , il fit voir la différence assez considérable qui le sépare des Cyclades.

Si le plus grand nombre des classificateurs ont adopté une famille des Cyclades , quelques autres , inspirés par la méthode do Cuvier, ont conservé, à son exemple, de très grandes familles, dans] lesquelles il a été difficile d’établir des rapports naturels entre des genres très différents par leur organisation. Nous voyons , par exemple , dans le Traité de malacologie , le genre Cyclade représentant la famille des Cyclades de Férussac , dans l’immense famille des Conchacées, entre les Lucinesel les Cyprines , non loin des Tellines et des Mactres. Rang modifie un peu l’arrangement de M. de Blainville : il conserve les genres de Lamarck, les place dans la famille des Conchacées, et les intercale entre les Erycines et les Crassatelles.

M. Anton eut, au sujet des Cyclades, une opinion différente de tontes celles que nous venons d’exposer, et qu’il serait assez difficile de justifier. En effet, ce naturaliste, après avoir réduit la famille aux trois genres Çyrène. Cyclade et Pisidium , la met loin des Conques , lui fait franchir toute la série des Cardiacés , desTridancés, desArcacés, pour venir la poser à côté de la grande famille des Naïades. L’exemple de M. Anton ne sera certainement pas suivi , l'ordre naturel se trouve trop violemment brisé; pour s’en convaincre, il suffira de comparer ce que nous allons exposer des genres de la famille des Cyclades , et ce que nous dirons plus lard de ceux de !a famille des Naïades.

Nous ne pouvons pas nous dispenser, pour terminer l'histoire abrégée de la famille des Cyclades , d’exposer le plus brièvement possible la classification que vient de publier M. Gray, dans la l-'î® partie des

DIX-SEFTIEME FAMILLE.

Procès-verbaux de la Société zoologique de Londres. M. Gray n'adople pour la famille aucune des dénominalions qu'elle a re(;ucs avant lui; le nom de Corbiùuladœ^ emprunté au genre Corbicula de Megerle, est celui qu’il préfère. Le savant zoologiste rejette de la famille trois genres que nous y admettons , Cyprima et Glauconome , qui font partie de la famille des Venusinœ , comme nous l'avons dit précédemment , et celui des Galatées qui fait partie de la famille des Teilînidœ. Malgré ces retranchements considérables, la famille des Corbiculadœ contient encore cinq genres dans l ordro suivant :

-l" Corbicula, Megerle.

Genre sans valeur, destiné à réunir celles des espèces de Cyrènes de Lamarck qui ont les dents latérales striées. Nous verrons, en traitant des Cyrènes, ce caractère disparaître graduellement, et nous verrons aussi ranimai des espèces qui le possèdent ne différer en quoi que ce soit de celui des espèces à dents latérales lisses.

2“ Cyrena , Lamk.

M. Gray réduit ce genre à celles des es()èces qui ont les dents latérales lisses.

3® Velorita, Gray.

Ce genre , institué par M. Gray, ne peut supporter un examen approfondi; il a pour type une Cyrène à charnière épaisse et à dents laléraies courtes.

4“ Scopoli.

Compléleraeril oublié , le genre Sphœrium de Scopoli correspond exactement au genre- Cyclas , institué quelques années plus tard par Bruguière, dans les planches de V Encyclopédie méthodique. Nous avouons sans détour que nous ne pouvons nous décider à substituer un nom générique inconnu jusqu’ici à celui de Bruguière, adopté sans une seiile exception par touS’les zoologistes, et consacré par près de soixante ans d’usage.

5® Pisum, Megerle.

Le genre Pisum de Megerle ne correspond pas au genre Pisidîum de M- Pfeiffer, comme semble le croire M. Gray. II fait un double emploi du genre Cyclado, tel qu’il a été réformé par Lamarck, puisqu’il a pour type le Cyclas rivicola , espèce qui n'appartient pas au genre Pisidium : c'est donc ce dernier genre qui doit être conservé.

Des observations précédentes, il résulte que le genre Cyrène étant reproduit trois fois, la famille des Corbiculadœ ne contient en réalité que trois genres : Cyrène, Cyclas et Pisidium. Cette famille ressemble à celle de M. Anton, mais elle nous paraît mieux placée dans la série

LES CYCLADES

méthodique; ainsi conçue, elle est peut-être plus naturelle que celle que nous proposons. Le genre Galaléc mériterait sans doute de former une famille distincte, et il en sera probablement de même du Glauconome, lorsque l'animal sera plus complètement connu. Quant au genre Cyprine , nous lui trouvons plus d’analogie avec les Cyrènes qu’avec tout autre genre de la famille des Conques ; aussi nous le maintenons dans la famille des Cyclades,

Les animaux des six genres contenus dans la famille des Cyclades sont assez complètement connus. ^Rang a décrit celui de la Galatée; M . Sowerby a donné les caractères de celui des Glauconomes ; Müller, dans le Fatina siiecica , a fait connaître le mollusque des Cyprines ; les Cyclas et les Pisidium , vivant autour de nous , nous en avons de bonnes descriptions de MM. Pfeiffer et Jeynnens ; enfin, nous possédons plusieurs espèces de Cyrènes , au moyen desquelles nous décrirons l'animal de ce genre. En rapprochant tous les documents dont nous venons de citer les principales sources, voici quels seront les caractères les plus saillants de la famille des Cyclades.

F)ans tous les animaux de cette famille, le manteau est largement ouvert en avant et en bas, depuis l'extrémité du muscle antérieur jusqu’à l’origine des siphons. Les bords du manteau sont simples, soudés en arrière ; ils se prolongent en doux siphons , tantôt réunis à la base , tantôt dans toute leur longueur, quelquefois disjoints de la base au sommet. Ces organes montrent donc exactement la môme série do modifications que dans la famille des Conques marines. Quoique tous ces animaux soient pourvus de siphons plus ou moins longs , tous n’ont pas dans le manteau un muscle propre à les faire rentrer dans la coquille ; ce muscle n'existe que dans le$ deux genres Galalée et Glauconome. Dans ce dernier genre, il se montre dans un état particulier: il est long et étroit, et il semble prêt à disparaître , non plus par son raccourcissement, comme nous l'avons fait remarquer dans les Vénus et les Cythérées , mais par un rétrécissement qui le réduit à une ligne d’une médiocre largeur.

l.e pied offre aussi des modifications intéressantes : tantôt il est large , aplati, triangulaire, comme dans les Cyclades , les Cyrènes , les Cyprincs, les Galatées; tantôt plus étroit, comme dans les Glauconomes; quelquefois plus étroit encore et subtlagelliforme, comme dans les Pisidium.

Nous trouverons plus de’constance dans la bouche, les lèvres et les palpes qui l’accompagnent. Ces palpes, en proportion un peu plus grandes que celles dés Vénus, restent triangulaires, presque aussi

bIX-SEPT[EMR FAMILLE.

larges quo longues. I..OS branchies sont courtes, subquadrangulairp.s , inégales, sillonnées, réunies en arrière du pied, cl assez prolongées pour se souder au pourtour membraneux do l'ouverture interne du siphon anal.

Si nous considérons actuellement les coquilles réunies dans la famille de.s Cyclades , nous les trouverons également variées de forme , ainsi que nous l'avons fait remarquer pour celles de la famille des Conques. Dans le genre Glauconomo, elles sont transverses et étroites , elles sont triangulaires dans les Galatées; mais dans ce genre quelques espèces s’allongent et se rapprochent ainsi du genre précédent ; elles deviennent ovales , obrondes dans les autres genres. Ainsi , dans ses transformations , la coquille présente les mômes modihcations dans l'une et l'autre famille.

Les impressions musculaires sont médiocres , très écartées , égales et à peu près de même forme, ovales ou obrondes. L'impression palléale, simple dans les genres Cxjclas , Pisidium et Cyrena, devient légèrement sinueuse dans les Cyprines; la sinuosité s'approfondit et's'élargit dans les Galatées ; elle s'approfondit beaucoup plus dans les Glauconomos , mais alors elle se rétrécit considérablement dans toute sa longueur.

La charnière est variable. A la prendre dans sa plus grande simplicité, elle consiste, dans les Pisidium et les Cyclades, en une ou deux petites dents cardinales rudimentaires et en deux dents latérales , l’une en avant, l’autre en arrière., Dans les Cyrènes, cette charnière se développe ; une troisième dent cardinale s’ajoute ; et les dents latérales grandissent. Les dents cardinales des Cyprines sont inégales, et des latérales la postérieure seule subsiste et s’écarte de la charnière de toute la longueur du ligament. Les Galatées n’ont plus que deux dents cardinales , à moins que l’on ne veuille considérer comme latérales les dents divergentes qui accompagnent de chaque côté la dent, centrale; enfin, dans les Glauconomos , nous voyons trois dents cardinales comprimées, divergentes et souvent bifides.

Le ligament externe, petit et médiocre dans les Cyclades, les Pisidium et les Glauconomes , s'agrandit dans les Cyrènes ; il est très grand dans quelques unes, il n'est pas moindre dans les Cyprines; il devient plus saillant , plus bombé et plus court dans les Galatées. Toutes les coquilles de ia famille des Conques sont épidermées. Cet épiderme, souvent rugueux , écailleux , est quelquefois lissa dans les Cyrènes ;• il l’est toujours dans les Cyclades et les Galatées ; il déborde les valves assez largement pour cacher la partie exsertile des bords du manteau.

A l’exception du seul genre Cyprine, qui vit dans la mer, tous les

LES CYCLADES

autres sont iluviatiles ; aussi toutes ces coquilles sont plus ou moins corrodées sur les crochets, de la même manière que les Muletles et toutes les autres coquilles qui habitent les eaux douces.

On aura fait sans doute la remarque que, dans la famille des Cyclades, les caractères empruntés , soit aux animaux , soit à leur coquille, n’ont pas la constance de ceux que montrent les familles précédentes. Natura 7wn facit ^allum , a dit Linné ; et si cela est vrai d'une manière généraie , cela ne l’est pas moins pour. un grand nombre de cas particuliers: il est rare que la fin d'une série de familles naturelles ne s’annonce pas par une espèce de perturbation à la suite de laquelle une transition s’établit d’un groupe à l'autre. C’est ainsi qu’au moment où nous allons voir les siphons disparaître complètement , le manteau s’ouvrir dans toute sa longueur, la nature se prépare en quelque sorte longtemps d’avance par la disparition insensible do ces organes. Voici une famille dont les animaux ont les plus grands rapports avec ceux des familles précédentes. Si dans les Vénus et les Cythérées , il y a des espèces dépourvues du muscle rétracteur des siphons , ce sont des exceptions ; ici , au contraire , ce sont des genres entiers chez lesquels cet organe manque. Paf là ils se rapprochent de la famille des Cardiacés , tout en conservant les autres caractères des Conques. Le pied lui-même offre. des modifications qui tendent à rapprocher les Pisidium , par exemple , des Bacardes. Dans le premier de ces genres , l’organe locomoteur n’est pas encore coudé , mais il est fort allongé , et il a une tendance à se partager en deux parties. Ces préludes à.des changements plus profonds se continuent sur d’autres organes dans les familles qui suivent celle-ci. Après avoir envisagé dans leur ensemble les phénomènes dont nous signalons l’apparition, on demeure convaincu de l’impossibilité de mettre les familles et les genres dans leurs rapports naturels en se condamnant à suivre un ordre linéaire , et c’est ici qu’il faut admirer lé génie de Lamarck, qui proposa, avec tant de succès, une classification par embranchements. ^

Pour faire bien comprendre comment nous envisageons les rapports assez compliqués que nous entrevoyons entre les genres de la famille des Cyclades et ceux des familles précédentes , nous ferions partir une ligne des Psammobies , remontant jusqu’aux Glauconomes , parce qu’en effet, par la charnière ,■ par la forme générale des coquilles , ces genres ne manquent pas de quelques ressemblances. Une autre ligne commencerait aux Donaces , et les Galatées descendraient à sa rencontre, parce que l’animal de ce genre a les siphons complètement désunis , comme ceux des Donaces. Le genre Pisidium , compris dans une ligne ascen- T. I. a* PARTIE. 4^*

DIX-SEPTIÈME FAMILLE

danle, se dirigerait vers les Lucines, parce que l’animal n'a plus qu'un siphon exsertile^ que le pied s'allonge, s'amincit et a une tendance à devenir cylindrique. Les genres Cyprine, Cyrène, Cyclade, formant l’axe de la famille, continueraient la tige centrale de la méthode ou le tronc de l’arbre en se superposant aux familles des Donacides , des Lilhophages et des Conques. Nous le répéterons dans l’ordre linéaire . les rapports des genres ne peuvent être déterminés d’une manière exacte ; ils ressemblent aux grains d’un chapelet, tandis que, pour bien faire, ils devraient être disséminés à des distances diverses autour d’un axe commun* comme un système stellaire.

GENRE cinquante-troisième.

GAINATES. Galatea, Brug.

PI. 17. fig. II. 12. i3.

CARACTERES GENERIQUES. — Animal ovale , trigone, enveloppé d’un manteau à parois minces ^ surmonté le long du dos d’une crete membraneuse large et plissée, s’insinuant dans les anfractuosités de la charnière; bords du manteau simples en avant, garnis d'un rang de grosses papilles en arrière, désunis depuis l’extrémité du muscle adducteur antérieur jusqu’à la base des siphons.. Une cloison longitudinale postérieure donne insertion 4 deux siphons jnesque égaux , désunis dans toute leur longueur et terminés par une ouverture portant des tentacules simples et inégaux; ces organes sont pourvus d’un muscle rétracteur oval , médiocre, qui leur est propre. Pied très grand, oomprimé, robuste, ovalaire. Bouche transverse; lèvres étroites, terminées en une paire de palpes triangulaires, très pointues, l’externe - attachée au manteau. Quatre feuillets branchiaux , les deux internes plus allongés , plus larges que les externes , ceux-ci se prolongeant en un appendice dorsal; les feuillets branchiaux ,se

LES CYCLADES. tJGg

réunissent en arrière du pied, et s'attachent au pourtour menabraneux de l’ouverture interne du siphon anal.

Coquille trigone, subéquilatérale, épaisse,' solide, lisse, parfaitement close, couverte d^un épiderme verdâtre mince et transparent. Bords simples et tranchants. Charnière large et épaisse , portant sur la valve droite deux dents conniventes à leur base et trois dents sur la valve gauche ; une dent médiane , pyramidale, avancée ; l’antérieure et la postérieure étroites , divergentes. Impressions musculaires petites, écartées, ovales ou ôbrondes ; impression palléale terminée en arrière en une sinuosité ovalaire peu oblique, d’une médiocre étendue. Ligament externe , court et très saillant , attaché à. de grandes nymphes proéminentes dans un corselet déprimé.

SYNONYMIE GENERIQUE. — Peciunculus^ Lister. — Venus, Chemnitz, Born , Gmelin, Schroeter, Dillwyn, Wood. — Donax, Ferry. — Tellina , Dilhvyn. — Chama , Favanne.

— Egeria, de Roissy. — Megadesma , Bowdich , Swainson.

— Potamophila , Sowerby, Sowerby yxnxoT . — Galateola , Fleming. — Trigona [in parte], Schumacher. — Galathea, Bruguière, Lamarck, Férussac, Çrouch, Menke , Blainviile, Cuvier, Rang, Latreille, Reeve, Auton, etc. -

OBSERVATIONS. La coqulUe pour laquelle Bruguière institua le genre Galalée, dans les planches de V Encyclopédie ^ était très rare autrefois dans les collections ; on en pouvait compter les individus : trois étaient cités dans les collections de France et quatre ou .cinq dans Iereste.de l'Europe. Lister avait donné autrefois une figure assez reconnaissable de Tespèce ; cependant Etorn , qui en eût aussi un exemplaire de la même taille^ ne le reconnut pas dans la figure de Lister: il en reproduisit une fort bonne figure, et le décrivit sous le nom de Venus paradoxa. Quelques années après, Chemnitz eut en sa possession un petit individu recouvert de son épiderme; il ne reconnut en lui ni la coquille de Lister, ni le Venus paradoxa de Boni. Il en fit aussi une Vénus, et lui imposa le nom de Venus reclusa, annonçant de la manière la plus positive qu’elle habite la Guinée. Voilà donc trois figures d’une même espèce. Au lieu de les réunir, Schroeter les indiqua dans son Supplément

DIX-SEPTIÈME FAMILLE

aux espèces de Linné, comme trois espèces distinctes. Aussi Gmelin, qui a copié servilement Schroeter, sans le citer, admet aussi les trois especes, li nomma 'l^enus la coquille do Lister; changeant

inutilement le nom de Cheranilz, il fait de la coquille de ce savant conchyliologue son Venus hermaphrodUa. Enfin, le Fc?ius paradoxa de Born devient pour Gmelin une variété' du Vcîiïfs meretrix, faute que Schroeter sut éviter.

A Tespèce déjà connue^ Chomnilz en ajouta une seconde dans le tome XI et dernier de son grand ouvrage; il la décrit sous Je nom de Venus ægyptiaca. Mais comme par sa forme et par sa couleur, elle diffère notablement de la première espèce , personne ne songea à la rapporter à son véritable genre, et aujourd’hui même elle est encore oubliée.

Ce que nous venons d’exposer prouve qu'avant Bruguière les coquilles qui nous occupent étaient invariablement classées parmi les Vénus. Cependant ces coquilles n’ont pas les caractères des Vénus, et l’on doit applaudir à la'pensée de Bruguière^qui les en détacha pour en faire un genre distinct.

Lamarck eut le tort de négliger d’abord le genre de Bruguière : il l’oublie dans ses premiers travaux de conchyliologie; il en parle pour la première fois dans le 5® volume des Annales du Muséum, pour le caractériser et en donner une meilleure figure; il l’introduit ensuite dans la méthode en 1 809, lorsqu’il fonda les familles naturelles dans la philosophie zoologique; il le comprend; comme nous l’avons vu, dans sa famille des Conques , et c’est là qu’il le maintient dans ses classifications suivantes; seulement en divisant les Conques en marines et en fluviatiles , c’est dans ces dernières qu'il entraîne les Galatéès.

Dans le 6® \o\umG des Mollusques du Buffon de Sonnini , M. de Roissy adopta le genre de Bruguière , mais il voulut en changer le nom , alléguant que déjà un genre de Crustacés avait été établi par Fabricius sous le nom de Gaiatea; mais les zoblogistes n’ont pas cru suffisamment justifié le changement ^proposé par Roissy, car ils ont consacré définitivement au genre le nom choisi par Bruguière ; et il faut convenir, contrairement aux prévisions de quelques personnes, que l'adoption du nom de Galatéê pour un genre do Mollusques n‘a déterminé aucune cortfusion dans la nomenclature scientifique.

' Presque tons les conchyliologues adoptèrent le genre Galatée. Férussac, Latreillo, Mcnke, Rang, Reeve, Llanloy, Auton , lui conservèrent dans leurs classifications les rapports si naturellement conçus par Lamarck. Schweigger et M. de BlainvÜle voulurent rapprocher davantage

LES CYCLADES

encore les Galalées des autres genres de la famille des Conques .fluvialiles, ils conservèrent le genre Cyclado, et tous les autres, Cÿrène, Galatéc, etc., furent considérés comme des sous-genres.

Cuvier mentionna pour la première fois le genre Galatée dans la seconde édition du Règne animal. Il suivit l'exemple des deux zoologistes dont nous venons de rappeler les noms : il laissa les Cyclades dans la famille des Cardiacés , ainsi que dans la première édition du même ouvrage., et il le divisa en trois sous-genres, Cyrène, Cyprine et Galatée. Vient ensuite dans l’ordre- méthodique le genre Corbeille , qui bientôt, nous le constaterons , n’a pas le moindre rapport avec les précédents.

Quoique les zoologistes reconnaissent au gendre Galatée des caractères suffisants pour le faire admettre,, cependant il lui manquait une dernière et déûnitivo consécration , celle qui résulte de la connaissance de l’animal. Jusqu’en '1-S32 , malgré l’indication précise de Chemnitz, presque tous les conchyliologiies étaient persuadés que la Galatée provenait des eaux douces de i’Indo ; on aurait donc vainement cherché l’animal dans ce. pays , puisque le genre ne s’y trouve pas et qu’il appartient aux régions équatoriales de l’Afrique. C’est en voyageant dans ces parages qu’un savant officier de la marine française , trop tôt perdu pour la science qu’il affectionnait, découvrit des Galatées en abondance dans les rivières do la Sénégambie, à une petite distance de leur embouchure: c’est ainsi qu’il put en observer l’animal vivant et en faire une anatomie dont l’exactitude est d'autant plus assurée, que c’est ce naturaliste loi-mÔme qui en peignit les détails. Rang publia le résultat de ses observations en 4 832 dans le tome 25® des .^nnaZes des sciences naturelles. Ce mémoire, précieux pour la science, nous fournira d’excellents documents auxquels -il nous sera permis d’ajouter quelques détails; car, grâce à l'amitié qui nous liait, Rang a laissé dans notre collection quelques individus bien conservés de l'animal de la Galatée.

La connaissance do l'animal du genre Galatée n'a pas modifié d’une manière bien considérable les rapports du genre , car presque tous les zoologistes continuent à le ranger dans le voisinage des Cyrènefe et des Cyclades. Rang lui-même conclut de ses observations que Je genre doit rester à côté des Cyrènes et des Cyclades dans la famille des Conques ; il entrevoit cependant des analogies avec les Donaces u les tellines qui , -avant lyi , n’avaient point clé senties. Rang vouîa i satisfaire â ces rapports assez compliqués, en plaçant le genre à la iih de la famille, de manière à réloigner le plus possible des Cyclades et à le rapprocher des Tellines et des Vénus.

DIX-SEPTIÈMK FAMILLE.

Dans sa dernière classification, déjà citée dans'l’histoire des familles et des genres îjui précèdent , M. Gray em'isagé les rapports des Gatatées d’une autre façon que ses prédécesseurs. Il comprend le genre dans la famille des Tellinides, ainsi que nous l’avons fait remarquer en traitant de cette famille , à la suite des Donaces et des Iphigenia {Capsa, Lamk. ). Nous avons Jimîté la famille des TeÜines à ceux des genres qui ont de longs siplions complètement séparés , des palpes labiales très grandes, des branchies petites, et dont le feuillet externe renversé remonte vers le dos en montrant sa page' interne. Ainsi définie, la famille des Tellinides ne peut recê\'oir ni les Donaces, ni les Capses , et encore moins les Galatées. Cela ressortira mieux lorsque l’on aura comparé l’animal du genre qui nous occupe à celui des Tellines. Pour fticiliter cette comparaison , nous allons présenter la description de ranimai de la Galatée.

La forme de la coquille ne reproduit pas très exactement celle de l'animal . parce que celte coquille est très épaisse dans la région moyenne et supérieure ; la cavité des crochets est loin de coïncider avec la grandeur extérieure de ces parties ; il en résulte pour l'animal une forme moins trigone et plus transverse. Le manteau dont il est enveloppé est conslitûé exactement de la môme manière que dans les Mollusques du môme ordre ; la portion mince est étendue et bornée à la circonférence par un muscle orbiculaire peu épais; au moment où il louche aux bords du test , le manteau s’épaissit sensiblement et se partage en deux bords courts; l un, externe, s’applique sur le bord de la coquille; Tautre interne, plus exsertile, reste simple et ne se contourne pas cohame celui des Vénus et des Cylhérées. Simple en avant et en bas , ce bord se charge en arrière d'un rang de grosses papilles courtes. Les lobes du manteau sont désunis, ainsi que dans les Vénus, depuis Fextrémité du muscle adducteur antérieur jusqu’à la base des siphons: c’est dans ce trajet que les bords sont simples , c’est en arrière que se montrent les papilles dont nous avons parlé. -

Dans presque tous les genres chez lesquels les siphons sont désunis , tels que les Thracies, les Lavignons, les Tellines, etc., ces organes sont comme implantés sur une cloison transverse qui occupe l’extrémité postérieure de l’animal, et qui, soudée au manteau, sert à clore en arrière la cavité de cet organe. Les siphons naissent de cette cloison ; rapprochés à la base, ils sont disjoints dans toute leur longueur. A parois minces, d’un faible diamètre, ces organes’, au moment de leur extension, ont à peine la moitié de la . longueur de la coquille. Le siphon branchial est un peu plus gros et un peu plus long que l’anal; la sur-

LES CYCLADES

face eji est divisée symétriquement par sixlinéoles longitudinales, partant de la base et parvenant au sommet ; sur ces linéoles se dresse un rang de courtes papilles aplaties , charnues , en forme d’écailles subquadrangulaires. L’ouverture du siphon est circulaire : sur son bord s’élèvent six grands tentacules coniques et simples qui terminent les six linéoles écailleuses; dans l’intervalle de ces grands tentacules, il en existe un plus petit, de sorte que l’ouverture du siphon branchial porte douze tentacules. Le siphon anal est exactement semblable ; seulement, au lieu de six linéoles, il en a huit, et son ouverture est garnie de seize tentacules au lieu de douze. Un muscle rétracteur oval peu étendu , flabeliiforme , s’attache à la cloison des siphons , et sert à retirer au dedans de la coquille les deux siphons en même temps.

La bouche est grande* transverse et infundibuliformo ; les lèvres qui l’accompagnent sont largos , mais courtes ; elles se transforment , de chaque côté , en une paire de palpes labiales médiocres , triangulaires , très pointues , plus longues que larges : les palpes externes sont attachées au manteau, les internes le sont au corps; leur surface interne est couverte de plis obliques , fins et serrés.

Le pied est très grand; il est d’un jaune orangé très pèle; aplati, son bord inférieur est tranchant, et son extrémité antérieure, dilatée, subspathuliforme , est plus obtuse que celle du pied des Vénus. En arrière, il est très aminci et étranglé ; dans le moment dé sa contraction, le pied remplit entièrement la cavité du manteau.

Les organes de la respiration sont plus étroits que ceux des Vénus et des autres genres de la famille des Conques; ils se rapprochent beaucoup plus par leur forme générale de ceux des Donaces. II faut reconnaître que les proportions de ces organes sont variables : ils s’élargissent dans les Mollusques larges, ils s’allongent et se rétrécissent dans ceux qui sont étroits ; ceci est vrai d’une manière générale. Cette règle souffre des exceptions. Ainsi dans les Mactres, qui sont larges, les branchies sont aussi étroites que dans les Lutraires, qni sont rétrécies. Chez les Pullastra, les Vénus, les Cythérées , les feuillets branchiaux sont larges et las feuillets externes ne se prolongent pas ou presque pas dans la région dorsale; an contraire, dans les Dosinies, ces feuillets semblent attachés par le milieu. Dans les Galalées, la combinaison est encore différente; les branchies sont étroites, inégales, et l'exlerne est partagée en deux parties presque égales par la ligne le long de laquelle elle est attachée au corps. La surface externe des organes branchiaux est profondément plissée ; les plis sont fins et réguliers. Le feuillet branchial interne a près du double en largeur que son

ÜIX-SEPTIÈME t’AMILLE.

congénère; iUe prolonge en avant en une pointe aiguë, qui s’interpose entre les palpes labiales, et se termine dans le voisinage de la bouche. En arrière du pied, les i)ranchies se réunissent et se prolongent audevant de l’ouverture interne du siphon branchial.

Les muscles adducteurs des valves sont inégaux ; ils sont petits en proportion de la grandeur de l’ammal et de l’épaisseur de la coquille : l’antérieur est ovalaire, le postérieur est plus cylindrique; ils sont fort écartés et situés dans la région supérieure ou dorsale de l’animal.

Les coquilles du genre Galalée sont ovales , trigones , subtransverses, subéquilatérales, fort épaisses; elles sont lisses, ou médiocrement rugueuses par des accroissements irréguliers. Un épiderme mince , lisse , d’un jaune verdfitre , transparent , revêt la surface extérieure , si ce n’est sur les crochets qui sont souvent corrodés , comme cela arrive dans presque toutes les coquilles d'eau douce ; cet épiderme est tenace et déborde à peine le pourtour des valves. Les couleurs sont variables : aujourd’hui que l’on connaît plusieurs espèces, il y en a de roses , de violettes , et la plus anciennement connue est d’un très beau blanc sous son épiderme , et ornée de beaux rayons violets , plus ou moins nombreux.

Les bords, sont simples , et quoique ces coquilles soient très épaisses , ils restent minces et tranchants , même dans les grands et vieux individus. Le bord cardinal seul prend une épaisseur considérable.

Les crochets sont généralement grands, protubérants , ' opposés , cordiformes; ils sont à peine inclinés en avant. Le côté inférieur n’offre aucune trace de lunule : il est obtus, arrondi , et plus large que le postérieur ; celui-ci est plus anguleux, quelquefois même subrostré; le bord ventral est le plus long, et il présente une faible courbure. Lorsque les valves sont rapprochées , la coquille est parfaitement close, comme dans les Cylhéréçs, les Vénus , etc. La surface interne n’est jamais nacrée; i elle est tantôt blanche, tantôt nuancée de rose ou do violet.

Les impressions musculaires sont petites relativement à la grandeur et à l’épaisseur de l’animal: elles sont écartées à peu près à égale distance de la charnière ; elles descendent à la limite de l’axe antéropostérieur. L’impression antérieure est profondément imprimée dans le lest, elle est ovale; la postérieure est plus arrondie^ et ordinairement plus superficielle; il y a quelques espèces cependant chez lesquelles elle est aussi profonde que l'antérieure.

Un peu en dedans du bord inférieur du muscle adducteur antérieur, naît une impression palléale qui reste assez loin du bord ventral, tout

LES CVCLADES.

en en suivant la direction ; parvenue en arrière , au niveau de l’impression musculaire postérieure, la ligne palléale s'arrête, s’infléchit sur elle-même, et se contourne en une sinuosité presque horizontale, ovale-trigone , peu profonde et en grande partie détachée do la portion ventrale de l’impression palléale.

La charnière est large et épaisse; la cavité du crochet est tellement remplie , que c’est à peine si la lame cardinale détache son bord inférieur. Cette partie importante de la coquille , quoique variable selon les espèces ou dans les individus d’une môme espèce, conserve cependant quelques caractères constants. Sur la valve gauche, le centre de la charnière est occupé par une grande dent pyramidale triangulaire à base à peu près équilatérale. Cette dent devient moins épaisse et finit quelquefois par être réduite à une crête saillante et longitudinale. Do chaque côté de cette dent s’élève une dent oblique, plus ou moins épaisse, mais toujours comprimée. Sur la valve droite, le contre de la charnière est occupé par deux dents rapprochées et confondues à la base , séparées au sommet et laissant en bas une cavité triangulaire destinée à recevoir la dent pyramidale de la valve opposée; ces dents sont profondément isolées par une cavité creusée de chaque côté et propre à recevoir les dents divergentes de la valve gauche.

Une nymphe, très épaisse, mais fort courte, vient faire une saillie' considérable dans un corselet plus ou moins déprimé selon les espèces ; au moyen de cette nymphe , le ligament devient horizontal , au lieu de s’incliner dans la direction du bord dorsal postérieur. Le ligament est bombé en demi-cylindre ; il est épais , mais très court.

Après avoir étudié les caractères du genre Galatée, il est naturel de se demander quelle place il doit occuper dans la série méthodique. Si nous considérons l'animal, nous trouverons en lui presque toute l’organisation des Mollusques de la famille' des Conques. Un manteau, largement ouvert, à bords simples; un pied comprimé, grand et robuste; une bouche transverse; des palpes médiocres, triangulaires; des branchies inégales. Tous ces organes sont semblables à ceux qui existent dans les Conques marines; mais il on est d’autres pour lesquels les Galatées se séparent de tous les genres environnants : ce sont les siphons. Ils sont disjoints , tandis qu’ils sont réunis plus ou moins dans tous les autres genres de la famille des Conques : c’est par là que les Galatées tiennent encore aux Tellines et aux. Donaces. Il est évident que les rapports du genre doivent être déterminés , non par un seul caractère , mais par l’ensemble de l’organisation; et ce que nous avons exposé assigne définitivement la place des Galatées dans la famille desUycIades,

DIX-SEPTIÈME FAMILLE

en les rapprochant le plus possible des Conques marines. II doit donc être inscrit le premier dans la famille des Cyclades.

Les Galatées sont, sans exception , des coquilles d’eau douce. Sept espèces sont actuellement inscrites dans les catalogues; toutes proviennent des rivières de l’Afrique interlropicale ou centrale. Il est à présumer que le nombre des espèces s’augmentera encore, à mesure que l’on explorera avec plus de soin un- continent qui jusqu'ici a été si peu visité par les naturalistes.

Nous ne connaissons aucune Galatée à l'état fossile.

La première espèce connue est le Galatea radiata de Lamarck. La seconde est le Galatea œgypiiuca (Venus œgypHaca^ Chemn.). La troisième a été décrite sous lo nom de Galatea concamerata par M. Du val , dans le Magasin de zoologie; les quatre autres ont été décrites dans le Journal de malacologie deM. Menke: la première par M. Dunker, sous le nom de Galatea bengoensis; elle a été trouvée par M. Tams^ dans la rivière Bengo, dans l’Afrique occidentale ; les trois autres sont décrites par M. Philippi sous les noms de riibicunda et tenuicula,

M. Philippi n’cn connaît pas la patrie; nous savons qu’elles proviennent de l’Afrique interlropicale.

Galatée à rayons. Galatea radiata , Lamk.

PI. 17. f. 11.12. 13.

G. Testa trigona^ suhtransversâ ^ turnidd, crassissimâ ^ lœvigatà.^ sub eperdermide 'viridi alhâ^ radiis violaceis ornatissimà ; intîis albd^ , aUquando 'violaceo maculatâ; cardine crassissîmo , dentibus mc-

diants majoribus.

Lister, Concb. pl. i58. f. i3.

Tenus paradoxa. Boi‘ii, Mus. p. 66. pl. 4*L iQ, i3.

Venus rèclusa, Cbenio. Concb. t. 6. p, 3îi6. pl. 3ii f. 327, SaS, 829.

Fav. Cal. d’un cab. p. 3 10. Il® i5o6. pl. 6. f. i5o6.

Fav, Concb. pl. 46. f. A.

Schroeler, Eiul. t. 3. p. 160. Venus: u® 16. p. r3i.

Venus subviridis, Gtncl. p. 3280. n® 55.

Venus hermnphrodita. Id p. 3278. n® 40.

-J’enus meretrix. Var. id. p. 3278. n® i5.

Galathea, Krug. Ency. pl. 25o. f, i.

Galathea radiata, Lamk Ann. du Mus. t. 5. p. 43o. pl. 28.

Egeiin radiata, Ruis'^y, Buf. Moll, t.- 6, p.'327. pl. 64. f. 5.

Fénissac, Essai d’uue niélb concb. p. 89.

LES CŸCLADES.

Dontix 'vnriegata. Perry, Conch. pi 5^. f. i?

TeiVina hermaphrodita. Dillw. Cal. t. i. p. 107. 81.

P'entts paradoxa. Dillw. Cal. t. r. p. 180. 11*^ 49-

Trigona{^ex parte^, Schumac. Nouv. syst. p. i53.

Calathea radiatm Lamk. An. s. vert. t. 5. p. 654.

Potamopkila Tadiata.Sovi. Gen.ofsheîh.

Megadesma radiata . EUïm, of Conch. a*" part. p. 8. f. ai.

Cyclas radiata. Schweig. Haiidb. der iiat. p. 707.

Galathea radiaia, Croiich. iütrod. Lanik. Conch. p. la. pl. 7. f. i,

CycUn rndiaca, Blainv. Malac. p. 5.^a. pl. 78. f. 3.

Venus paradoxa. "VVood, Ind. pl. 7. f. 48.

Galathea radiata. Rang. Manuel de conch, p. 3i3.

Desh. Ency. métii. Vers. l. a. p. 264.

Cuv. Règn. anim. a» êd. t. 3. p. 147.

Menke, Syn, nioU. p. iii.

Rang, Mém. sur Panimal de la Gai. Aun. se. iiat. i'* série, l. a5. p. i52. pl. 5. f. I, a, 3.

GrifGlh. An. kîngd, Moll. p. ii3. pl. 38, f. 7.

Desh. dans Laujk. Au. s, vert, a* éd. t. 6. p. a86.

Aiilnii, Verz. der Couch. p. lo.

. Megadesma radiata.Syi^mi, Malac. p. 3.70 f. 119,

. Galathea radiata. Reeve, Conclu sysl. t. i. p, 88. pl. 64.

Potamophila radiata, Sow. Conch. raan. p. 236. f, ii5.

Galathea radiata. Hanley, Descr. cat. p. 94*

Pot. et Mich. Cat. des Moll de Douai, t. a. p. iqS.

Catlow, Conch. nom. p. 3i.

Habile les rivières du Congo, à plus dhnie lieue de leur embouchure dans la mer.

Grande et belle coquille, au sujet de laquelle plusieurs erreurs ont été commises, ainsique le démontre notre synonymie. Parmi ces erreursles plus considérables sont celles de Gmelin, de Schroeter, de Dillwyn, qui admettent deux et même trois espèces pour une. En comparant les figures et les descriptions , en mettant ces documents on présence d’une série d’individus et de variétés de l’espèce, on reconnaît bientôt que les trois espèces de Gmelin doivent se réunir à un seul type auquel le nom de Ga/atea radiata doit rester. Celte coquille acquiert quelquefois une- taille assez grande. Elle est triangulaire, bombée, épaisse, pesante, obtuse et arrondie en avant, sub-anguleuseen arrière; sa surface est couverte d’un épiderme, d’un vert plus ou moins foncé au-dessous duquel le lest est d’un blanc

ÛIX-SEPÏIÈME FAMILLE.

éclatant, tantôt pur, tantôt orné d’un nombre plus ou moins considérable de beaux rayons violets, étroits et inégaux. Cette belle coloration était autrefois mise en relief par un beau poli artificiel que les amateurs ou les marchands faisaient donner à celte coquille. Les crochets sont grands , opposés , à peine obliques et cariés au sommet. Le côté postérieur présente un corselet large, déprimé, de l'extrémité supérieure duquel s’élèvent des nymphes grandes, saillantes, épaisses, fort courtes, sur lesquelles s’attache un ligament très proéminent. A l’intérieur, celte coquille est d'un beau blanc ; il est des individus qui sont lavés do violet, mais celte variété ne se rencontre guère que parmi les.jeunes individus.

Cette coquille a 95 millimètres de long et 77 de hauteur.

Page 1