GENRE DIXIÈME
SOIiÉCUnXZ:. SoUcurlns (BlainvO- PL 6, fig; 11-16,
cahactères génériques, i — Animal ovalaire, très épais; trop grand pour sa coquille; les lobes du manteau réunis dans leur moitié postérieure, et terminés de ce côté par deux siphons très longs, inégaux, réunis dans presque toute leur longueur, branchies égales réunis, prolongées dans toute la longueur du siphon; pied linguiforme, très grand , ne pouvant rentrer entièrement dans la coquille.
Coquille ovale, oblongue , équivalve, équilatérale, également bâillante de chaque côté ; les valves ne se touchant que I. 8*
TROI.Sli-:ME FAIMITXE.
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par deux points de leurs bords, cliarnièi’c linéaire, pourvue d’une dent sur une valve, et de deux sur l’autre.
sYXONïJiiE GÉxÉRiQUE, — Grand. ^ P».onclelet, Gessner, Aldrovande. — Rondelet, Gessner, Aldrovande , Lister.— Solen; Linné, Schroter, Cliemnitz , Gmelin, Dillwin, Wood, Spengler, Lamarck.
OBSERVATIONS. — Le genre Solécurte, nouvellement institué par M. de Blainville dans son IraiLo de Malacologie, a pour type un animal qui fut connu des ancienssous le nom de Péloris.Oa trouve chez les Grecs plusieurs mots que l’on pourrait rapporter a l’animal qui nous occupe. ITsXcî veut dire noir, rembrunie; TrsXwjii; veut dire grand , monstrueux ou admirable; enfin signifie boue , vase, argile à potier. Parmi ces dénominations, celle qui paraît le mieux convenir à l’animal du genre Solécurte, c’est TreXfûfii;, parce qu’en effet l’animal est monstrueusement grand par rapport à la coquille qu’il habile. Quelques commentateurs supposent que le nom de TreXwst; a clé appliqué à cet animal) parce qu’il habite les fonds vaseux de la mer ; mais nous pensons que la première étymologie est bien préférable, à moins que l’on ne veuille admettre , avec Rondelet, que c’est le cap Pelorura, on Sicilej qui a donné son nom à un animal qui habile son voisinage. Quelle que soit l’origine du mol par lequel les anciens ont désigné le genre qui nous occupe, il est pour nous hors de doute que le Péloris de Rondelet, de Gesner et d’Aldrovaude n’est autre chose que le Solécurte de M. de Blainville. Plusieurs zoologistes, en examinant la description et la figure de Rondelet, ont cru pouvoir le rapporter au genre Lulraire de Lamarck (^Alactra luiraria, Linné), mais nous sommes loin de partager celle opinion. En effet, les Lutraires comme les Myes ont les lobes du manteau réunis dans presque toute leur étendue; elles ont une masse abdominale considérable et un pied en général très petit. Les siphons sont réunis dans toute leur longueur et ne sont point disjoints à leur sommet. L’animal représenté par Rondelet a le manteau ouvert dans une grande partie de son extrémité antérieure; par cette ouverture passe un grand pied linguiforme énorme, et aucun autre Mollusque n’offre cet organe dans la môme disposition et dans la même propoi’tion. Un gros siplion de la grosseur du doigt termine l’animal du côté postérieur , et ce siphon , à son sommet, est partagé
LES SOIÆNACEES.
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en deux tuyaux inégaux* qui tous deux sont repi'ésentés dans la figure grossière donnée par Rondelet. Beion , dans son histoire dos poissons n’a' point appliqué la dénomination de Péloris au même animal que Rondelet; il croit que ce nom doit appartenir à un petit Mollusque des côtes de la Manclie, qui très probablement est le Macfra piperata de Linné. Après avoir donné la représentation de son Chama pelorisy Rondelet, à la page suivante, représente la coquille isolée de la même espèce, il lui donne le nom de Chaîna nfgra. II est à présumer que la coquille repi'ésentée par ce naturaliste était devenue noire, parce qu’elle avait long-temps séjourné dans la vase après la mort do l’animal. Nous avons vu que Lister ii’avait point admis parmi les Solen le Chama pcloris de Rondelet , qu’il comprenait cette espèce dans une grande section de ses coquilles bivalves dans laquelle se trouve mélangé un grand nombre de genres. Guakieri imite Lister pour la séparation des coquilles dont il est question, tandis que Linné les rassemble sous la commune dénomination de Solen. Adanson , si judicieux et excellent observateur, a connu le Chama péloris de Rondelet, et ne Ta pas non plus distingué des autres espèces de Solen.
Tous les naturalistes sans exception , qui adoptèrent le genre linnéen, y ont admis les mêmes espèces jusque dans ces derniers temps. M. de Blainville, voulant réformer le genre Solen de Lamarck , proposa à-Ia-fois un genre Solételline pour les espèces à charnière médiane ayant la coquille très aplatie, et un genre Solécurte pour les espèces dont la charnière est également médiane, et dont la coquille est plus étroite et généralement plus cylindracée. On trouve ce genre Solécurte pour la première fois dans le Traité de malacologie dont on est redevable au savant anatomiste dont nous venons de parler. Deux choses ont dû surprendre ceux des naturalistes qui ont voulu soumettre à un examen attentif le genre Solécurte de M. de Blainville : la première, c’est que M. de Blainville dit que ranimai de ce genre est inconnu. L’auteur cite trois espèces pour caractériser trois sections dans sou genre; de ces trois espèces deux sont de la Méditerranée, et toutes deux ont parfaitement bien été figurées par Poli', dans son grand ouvrage qui parut en 1790. L’une d’elles, Solen stri^ilatusj a été le sujet d’une très bonne anatomie faite par le savant napolitain; la seconde observation, c’est que l’on trouve associées, dans le nouveau genre do M. de Blainville, des espèces qui n’ont
TROTSl^.ME FAMTtlP.
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entre elles que des rapports fort eloign^^s". On ne peut se faire une bonne idée du genre Solôcurto, qu’cn consultant farticlc qui le concerne dans le tome xnis du Dictionnaire des sciences naturelles : les especes y sont distribuées en trois sections. Dans la première sont celles qui ont une cote à rintérieiir, celles-là sont de véritables Solens ; la seconde contient, à côté du Solen strigilatüs ^ un Soîen alhus qui n’est autre chose que le Caiididiis de RenieiT; enfin, dans la troisième section, nous trouvons les espèces cylindracées telles que le SoUn âOmheyi, le Caribeus et même le d’Adanson. Il nous paraît certain que, si M. de
Blainville eût consulté la description et la figure que donne Adanson de cette dernière espèce , il aurait reconnu qu’elle doit rester parmi les Solens, et qu’elle n’a aucun des caractères des Solécurles. Il est impossible, ou doit le comprendre, d’introduire dans la science un genre aussi défectueux que celui de M. de Blainville; aussi nous le réduisons au Solen strigilatus et à quelques autres espèces qui lui ressemblent. Le genre ainsi réformé a un ensemble de caractères d’une valeur égale à ceux des Solens et des auires genres que nous admettons dans la grande série des Conchyferos ; ce genre n'aurait qu’une valeur très faible, s’il restait tel que M. de Blainville l’a proposé, puisqu’il faudrait prendre ses caractères dans des animaux et des coquilles très différens.
L’animal des Solécurtes est allongé, beaucoup trop grand pour sa coquille , dans laquelle il ne peut jamais rentrer en entier, quolfe quesoitla violencede ses contractions. Sa partiecentraleestrevélue d’un manteau dont les parois, très minces dans une partie de leur étendue, deviennent très épaisses et très charnues vers les bords. Les bords de ce manteau sont désunis dans toute leur moitié antérieure; la partie ventrale et postérieure est réunie par une large commissure destinée à remplir l’intervalle que les valves laissent entre elles. Cette commissure est consolidée par deux muscles particuliers qui, sous forme de deux bandelettes, viennent se croiser sur la partie médiane de la commissure. Un très grand siphon épais et coriace termine postérieurement la cavité palléale. Ce siphon a environ deux pouces de longueur et se partage , à son extrémité , en deux tuyaux inégaux pour le diamètre et pour la longueur. Ces tuyaux ont une structure bien différente de celle du reste du siphon ; ils sont composés d’un petit nombre d’anneaux fibreux, à fibres transverses, et qui peuvent se détacher les uns des autres avec facilité, lorsque l’animal est mort. Sur le bord ex-
LES SOLÉNACÉES.
terne des derniers anneaux , s’élèvent des palpes tentaculaires ex- Il éuieiiieiit sensibles , qui servent à avertir l’animal du contact des corps qui rapprochent.
La bouche s’observe dans le sillon profond qui existe entre lo muscle adducteur antérieur et la hase du pied; cette bouche est médiane, symétrique, Iransverse : elle se présente sous la forme d’une fente assez étroite , garnie de chaque côté de deux petites lèvres membraneuses que Ton voit se continuer en une paire de palpes labiales, lancéolées et fixées sur la partie latérale du corps, dans la moitié de leur longueur. Ces palpes sont très mollasses j elles sont lisses d’un côté, ridées à leur face interne; elles ne sont pas lamelleuses de ce côté comme dans la plupart des conchyfères.' Au point du corps où les palpes labiales se détachent , commencent à se montrer de chaque côté uue paire de feuillets branchiaux qui,' d’abord séparés , se réunissent bientôt à la base du pied et vont se prolonger jusqu’à l’extrémité du siphon branchial. Ces feuillets branchiaux sont étroits, presque également larges, et ils présenr lent, dans leur disposition, un caractère qu’on ne rencontre guère dans d’autres genres. Lorsque l’on ouvre le siphon branchial dans toute sa longueur , et lorsque l’on veut soulever la branchie, on la voit se détacher avec une extrême facilité, de telle sorte qu’il semblerait qu’elle est ajustée et seiüement posée dans la place qu’elle occupe ; cependant , en y faisant plus attention , on s’aperçoit ([UC l’on ne peut détacher celte branchie sans rompre une membrane très mince. Lorsque la branchie est détachée , elle laisse ouverte une large fente qui fait communiquer alors le siphon branchiai avec celui qui reçoit les déjections de l’anus. Par ce procédé , on est convaincu que la branchie elle-mémc sert de cloison entre les deux siphons ; ce qui , nous le répétons , ne se montre dans aucun des genres que nous connaissons. Le pied est énorme, et il a presque la forme et la grandeur de la langue humaine; il est coriace, d’un rouge livide, et consolidé par des parois musculaires fort épaisses qui viennent se terminer en plusieurs faisceaux qui adhèrent dans l’intérieur de la coquille. C’est entre ces faisceaux musculaires que sont compris les principaux organes intérieurs de ranimai ; c’est-à-dire les organes de la digestion et ceux de la génération. Un œsophage très court pénètre dans un estomac d’un médiocre volume ; de la paroi postérieure de l’estomac, s’échappe une première portion de l’intestin , dans laquelle se trouve contenu un stylet corné , dont Tusage est inçonnu, G’çst do l’extrémité
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inférieure de la gaine de ce stjlet que commence fintestin proprement dit; intestin qui est très grêle, très long, formant un grand nombre de circonvolutions , dont une grande partie est enveloppée des lobes du foie. Après ces circonvolulions , rinteslin gagne la ligne dorsale et médiane do l’animal , sc contourne sur le muscle adducteur postéi ieur, et se termine derrière lui par un petit pavillon flouant , au centre duquel on remarque l’anus. Cet anus débouche dans le siphon anal et non dans la cavité commune du manteau , comme cela a lieu le plus ordinairement. Le foie est peu volumineux, il c^l verdâtre, il occupe toute la base du pied, et enveloppe une partie des organes de la digestion. Au moyen de deux ou trois grands cryptes biliaires, il verse immétlialement dans l’cstoniac les produits de la sécrétion. Les organes de la circulation sont semblables a ceux des autres concliyfères, et ne méritent pas une description particulière. Les organes du mouvement consistent comme dans tous les autres conchyfères dimyaires en deux muscles adducteurs des valves et en muscles propres du pied et des siphons. Ces parties ne présentant pas de grandes différences avec ceux que nous connaissons déjà dans d’autres Mollusques de la même classe, nous croyons utile de nous abstenir d’en faire ici une minutieuse description.
Les coquilles du genre Solécurle se distinguent facilement des Solens et de celles des autres genres avoisinans; elles sont allongées, transverses ; les valves sont convexes , et, lorsqu’elles sont rapprochées, la coquille eït cyündracée. Elle est bâillante à ses extrémités; les bords sont garnis d’un épiderme mince, mais large, destiné à couvrir les parties nues du manteau; la charnière est médiane, elle SG compose sur la valve droite d’une seule dent cardinale en crochet, et sur la valve gauche de deux dents également en crochet entre lesquelles s’interpose la dent delà valve opposée; il n’existe aucune trace de fossettes cardinales. Les valves sont maintenues en contact au moyen d’un ligament très puissant qui occupe la moitié postérieure du bord dorsal. Par son extrémité postérieure, ce ligament se confond avec l’épiderme, et il concourt à fermer le largo bâillement dorsal qui existe entre les valves lorsque CCS parties sont détruites. Les impressions musculaires sont ovalaires, elles sont peu écnriéps ; l’impression paliéalo est assez près du bord ventral. Son sinus postérieur est très profond, on le voit remonter jusqu’au niveau de la charnière. Outre les caractères dont noi>s venons de parler, il en est un autre qui n’est pas moins
LES SOLES ACÉES.
important, car nous le retrouvons sans aucune exception éur toutes les espèces, ce sont des stries obliques plus ou moins nombreuses qui descendent en ondulant du bord supérieur des valves, vers les bords antérieurs et inférieurs. Ce système de stries est bien connu dans le Soîcn strigiîatus, et nous le retrouvons sans exception dans toutes les vèritaldes espèces de Solécurtes.
D’après Poli , les Solécurtes habitent les plages sablonneuses à une médiocre profondeur; ils recherchent les mers tranquilles , et il est à présumer qu’il en existe un bien plus grand nombre d’espèces que celles qui sont actuellement répandues dans les collections. En réunissant tout ce que nous connaissons sur ce genre, nous y comptons seulement six espèces ou vivantes ou fossiles; de ces espèces, cinq sont vivantes, et parmi elles, deux appartiennent à la Méditerranée; l’une d’elles, le Solecurtus strigilatus ^ se rencontre aussi au Sénégal ; ces deux especes se montrent fossiles dans les terrains subapennins : en Italie, en Sicile et en Morée; et plusieurs variétés se trouvent dans le second étage tertiaire delà Gii-onde et de la Touraine. Les autres espèces vivantes, appartiennent à l’ocpan de l’Inde et à l’Amérique méridionale- L’espèce fossile , propre aux environs de Paris, a été confondue ])ar Lamarck, avec le Salen strîgilatus quoiqu’elle en diffère de la manière la plus notable. Ce genre ne s’est encore jamais montré dans les terrains crétacés ou dans les couches qui leur sont inférieures.
ESPECES
Solccurle rose. Solecurtus strigilatus, Blainv.
s, tesld ovato ohlongâ^ convexâ ^ cylmdraccâ ^ tUroque lutcrc hia/Uo, rosedî albo biradiato, oblique striatdy strîis inscidptisy undidatU; cardine hïdtn^ talOy altevo umdentatOi
Chaîna pcîoris, Roüdelcf. Hist. des poiss. p, 6,
Chama nigra, Roudelet. Id, p. 8.
Id, Gessncr. Nomeucl. aqual. p, aSo cl a3t.
/J. Aldrov, Deteslac, p. 471 et 475.
Chama nigra, chama peloris, Jonston. De exuiig. aquat. pl. i4 .
Ronan. Test. part. 2. fig. 77,
Lister, Coiich. pl. 416,
Gualli, lud, testa, pl, yi. fig. G.
Le Golar Adans. 6énég. pl, 19.
Solen stn^ilaUis. Lin*Svsl. nat. éd. 10. p. 673,
/</. Lin. luus.UlU'ic. p. 475.
jd.lXn. éd. 12. p. iii5.
Kiior. Vergn. t, 6. pl. 5. fig. 4.
Jd, Murray, Fuudani. Tcsl, aiiuuuil. Acad. l. 8. p. 147. pl. 3. fig, 7.
Id, Born. Mus. p, 26, 27.
Favauue, Conch. pl. 49. f. D. l.
Chemn. Concli. t. 6. p. 57. pl. 6. fig. 41. 42.
Speugler. Mém. delasoc. d’Uisl. nal. de Copeuh. l. 3. p. i6o. lü.
ËQcycl. métli. pl. 224. fij,. 3.
Schrot. Eiul. t. 2, p. Û29.
Gmel. Sysl, nat. éd. i3,.p. 3225. n'’ 7, exclus, varietate.
Olivi. Zool. adriat.p. 97. u® 5,
Poli. Tcslac. 1. 1. pl. 12.CI p!, r3,
>Yood. Gener. Concli. p. 127. 11” 12. pl. 3ü. fig, i,
Dillw. Cat, t, 1. p. G4. u" 17.
Laoïk. Ann. s, vert. t. 5. p. 435, u® 1 S.
• V f. Solecuvtus slrîgilalus» Blaiuv, Malac. p. 668. p, 79!^ fig. 4.
Solen slrîgdatus, IJesb. Encycl. met. vers, t, 3, p. 962. u® lo.
Id, Payrcaud. Cat, des moll. de Corse, p. 28. u® 34.
Solen stri gilatus, Pliilippi. Enum.moll. Siciliæ, p. 5. 11° 5. Exclus, variel, p.
Testa füssiUs. Philip, loc. cit. pl. 0, n® 6,
Habile la MédileiTanée, les côtes d’Afrî(pie^ le Sénégal. Fossile eu Italie^ eu Sicile, en Morée, dans Télagc supérieur des lerraius tertiaires.
Une variété sc rcucoulrc également fossile aux environs de Dax et de Bordeaux, dans les falluns de la ïouraiac, aux environs de Vienne eu Autriche, dans le second étage des terrains tertiaires,
« Cette coquille est allongée, Iransverse, ovalaire ; ses valves sont Ires convexes, ce qui donne à la coquille une forme subcylindacéc, lorsque les valves sont réunies. Le côté antérieur et le postérieur sont trèsbaillans , et les valves ne se touchent réellement que par deux points opposés de leur contour, la charnière, une petite portion du bord inférieur ou ventral. La coquille est subéquilalérale, la charnière n*est pas tout-à-fait médiane ; en divisant la longueur de la coquille en cinq parties, la charnière serait vers les deux cinquièmes antérieurs. Les crochets sont à peine proéininens. Immédiatement au-dessous dVux, Ja charnière présente sur la valve gaucho, deux dents cardiuajes, aplaties latéralement, un peu
LES SOLEWACEKS.
divergentes, et recourbées en crochet dans leur longueur; sur la valve droite, se montre une seule dent aplatie, qui , dans le rapprochement des valves, s’interpose entre les dents cardinales de la valve opposée; le bord supérieur dorsal est peu épais, la partie la plus épaissie est occupée par une nymphe épaisse et saillan te sur laquelle le ligament prend une insertion très solide. Les bords sont simples et tranchans ; dans les individus bien frais, ils sont garnis d’une zone assez large, d’un épiderme mince, qui déborde beaucoup la partie solide du tôt, et qui est destinée, comme nous l’avons vu , à couvrir une grande partie de la surface nue du manteau. A l’intérieur, la coquille est lisse et polie, elle est d’un beau rose tendre, blanchâtre, vers l'intérieur des crochets. L’impression musculaire antérieure est placée immédiatement audessous du bord supérieur; elle est ovalaire, sublougitudinale , et elle se confond par son extrémité supérieure et postérieure avec une autre petite impression ovalaire, produite par un des petits muscles du pied. L’impression musculaire postérieure est située vers le tiers postérieur de la longueur totale ; elle est ovale , semi-lunaire et très rapprochée du bord supérieur. De son angle inférieur et anterieur part une ligue qui remonte d’abord parallèlement au bord , et qui étant arrivé au niveau du bord supérieur de l’impression musculaire antérieure, sc recourbe pour se reporter de nouveau en arrière ; celte ligne est le résultat des muscles rélracteurs des siphons , et sa forme , ses proportions doivent être étudiées avec attention, parce qu’elles peuvent être d’un grand secours pour la distinction tles espèces. Le Solen slrigilatus esta l’extérieur d'une belle couleur rose, plus ou moins intense, suivant les individus ; sur cotte couleur, se dessinent deux rayons blanchâtres, divergens, qui partent du crochet. La surface extérieure présente, non-seulement des stries d’accroissement , mais encore un nombre plus ou moins considérable de stries onduleuses , fines, profondément empreintes, et qui se dirigent obliquement du bord supérieur des valves vers le bord inférieur, et quelques-unes vers le boi*d antérieur. Ces stries , comme nous le disions, sont variables pour le nombre. Dans les individus de la Méditerranée, elles varient de dix-huit à quarante , quelquefois davantage ; dans les individus fossiles de Bordeaux et de la Touraine, ces stries se multiplient quelquefois singulièrement sur l’extrémité postérieure de la coquille; et si à ce caractère il s’en était joint quelques autres, nous u’aurioas pas hésité a établir ^no espèce particulière pour
TROISIEME FAMILIR.
celte variété. Les grands individus ont 48 millimètres de longueur et 82 de large.
Solécurte blanc. Solecurtus cajidklus.T^QÛx*
Testa ovato^iransvcrsâ^ candîdâ et oblique tenue striata ^ in latere postico striîs dîvergentîbns, cardine dexlo hidenlato altero unidentato^sinu palld profundissîmo ^ conîco.
Varletas Soient strîgîlatî, Cbemn, Conch. t, 6. p. 60. pi, 6. fig. 43. Exclus, synonym .
Solcn strigdatiis. Var. Olivi. Zool. adrial.p. 97 el 99.
Soleil candidus» Renieri. Cat. des coq. deTAdriat.
Soleil strigüaius. Var, p. Philippi, Euuin. moll. Siciliæ, p. 5. u® 3.
Testa fossilis» Solen candidus» Brocchî, Coucli. foss, subap. t. □, p. 497, n** 4t
Id, Philippi. loc. cil. p. 7.
Habite la Méditerranée, se trouve fossile aux environs de Perpignan, en Italie el en Sicile, dansPetage supérieur des terrains tertiaires.
Celte coquille est toujours d’un moindre volume que le Solen strigilatusy et elle est en proportion plus large et plus courte: elle est ovale, oblongue, obtuse, et très bâillante à ses extrémités : le bord inférieur est parallèle au supérieur ; ses boi’ds sont simples dans toute leur étendue, et lorsque les valves sont réunies, elles ne se touchent que par deux points opposés de leurs bords, la charnière et le bord inférieur ventral; la cliarnière est linéaire, le bord supérieur est très mince; une nymphe courte, dont la longueur égale la sixième partie du grand diamètre de la coquille, est le seul point oii ce bord supérieur soit plus épais ; la charnière consiste sur la valve droite en deux dents cardinales, inégales et recourbées en crochet ; de ces deux dents l’antérieure est épaisse et conique, la postérieure est comprimée, plus oblique, et sublamelliforme. Une seule dent aplatie et fragile se montre sur la valve gauche. A l’intérieur, les valves sont parfaitement blanches, les impressions musculaires sont à-peu-près de la même taille, elles sont en proportion plus écartées que dans le Solen strigUatus.^Wes sont ovales semi-lunaires^ et l’antérieure est plus oblique que la postérieure. L’impression palléale est encore plus profonde que celle de l’espèce précédente, mais elle n’a pas toul-à-fait la même forme; au lieu d’élre un segment d’un ellipsoïde très allongé, elle est beaucoup plus étroite au sommet et proportionnellement plus large à la base, ce qui provient de ce que la partie inférieure de l’impression est beaucoup plus rapprochée du bord; à l’extérieur.
LES SOLÉNACÉES.
cetle coquille est blaiiclie comme en dedans : on remarque vers le bord les restes d^un épiderme mince et caduc d’un brun grisâtre} les stries obliques sont très nombreuses, elles deviennent très fines sur le coté postérieur, ou elles sont disposées en divergeant comme celles du Liicina dwaricafa.
Nous avons quelques remarques a faire sur la manière dont cette espèce a été comprise par la plupart des auteurs. Chemnitz la donne comme une variété du Solen strigilatus y mais par une erreur peu pardonnable à un naluralisie de ce mérite, il rapporte dans la synonymie de celte variété des espèces qui n’ont avec elle aucun rapport. Imitateurs serviles, la plupart des conchyliologues qui ont écrit depuis Chomniîz ont copié sa synonymie défectueuse. Shrœter, Gmelin, Dilhvin méritent le reproche que nous leur adressons d’avoir négligé de vérifier la synonymie de Chemnitz. Celte intéressante espèce est plus rare que le Sohn strigiîalus, les individus que l’on rencontre le plus fréquemment ont 25 millimètres de long et 55 de large.
Solccurte de Lamarck, Solecurtus Lainarcldi. Desh.
Tcstâ elongato-transversây angustà, subeqmlateraHi, depressâ^ in medîo coarc-^ tatà^ tenuissime et oblique striatà; striîs postice suhdïvaricaiUy impressîone pallîi angtisiàf oblique ascendente,
Solen strlgilatiis. Lamk. Ann. du mus. t. 7. p, 4a8. 4. et t. 12. pl. 43.
Cg. 5. a. î>.
Id. Desh. Coq. foss. des environs de Paris. 1. 1. p. 27. 11° 6. pl.2. fig. 22. 23.
Solen parlsîensls. Desli. dans Lanik. Ann. s. vert. 2® édit. p. 63. n° 4.
Habile...., fossile aux environs de Paris, et se trouve aussi à Valognes et en Belgique, dans l’élage Inférieur des terrains tertiaires.
Dans sa description des coquilles fossiles des environs de Paris, Lamarck a donné cette coquille comme une variété fossile du Solen strigilaius ; nous-meme, conduit par son exemple, avons adopté d’abord son opinion lorsque nous avons de nouveau décrit celte espèce dans notre ouvrage qui a pour objet l’examen des memes fossiles ; depuis, nous avons reconnu notre erreur, et nous nous empressons de la rectifier en consacrant à cette espèce le nom du célèbre naturaliste qui le premier Ta fait connaître. Cette coquille est toujours plus petite que les deux espèces qui précèdent, elle est ovale, üblongue, déprimée ; sa forme générale et sa taille se rapprochent beaucoup des petits individus du Solen coarctatus. Comme
124 QÜATBlÈ.Mii FAMILLE.
celte dernière espèce, celle-ci est sensiblement arcjnée dans sa longueur ; elle est obtuse et très biiiilanle à ses extrémités j elle est .légèrement contractée et déprimée dans son milieu. Elle est plus inéquilatérale que le Solen candidus, et ses crochets sont un peu plus pointus et plus saillans. Le bord cardinal est fort étroit ; on trouve deux dents comprimées sur la valve droite ; une seule non moins comprimée sur la gauche ; les nymphes sont petites, peu saillantes : à l’intérieur, les valves présentent de petites impressions musculaires à-peu-près égales, ovales, semi-lunaires; mais ce qui distingue pai'ticulièremeut celte espèce de toutes ses congénères, c’est la forme toute particulière de son impression palléale ; elle est petite en proportion de la grandeur de la coquille: dans les autres espèces, une ligne transverse qui partagerait la surface interne des valves en deux parties égales, partagerait aussi le sinus palléal en deux cotés symétriques. Dans cette espèce, au contraire , la ligne qui passerait par Taxe du sinus palléal couperait très obliquement Taxe transvorsc, et passerait de Timpression musculaire antérieure dans l’angle inférieur et postérieur de la coquille. Cette obliquité du sinus ii’esL pas le seul caractère qu’il fournisse, il est plus étroit à sou entrée que vers le milieu de sa longueur ; quoiqu’il s’enfonce jusqu’au niveau de la charnière, ce sinus est réellement court, parce que l’iiuprossioii qu’il détermine s’arrête loin de l’extrémité postérieure do la coquille. Les stries , dont celte coquille est couverte, sont beaucoup plus fines et plus nombreuses que dans les autres espèces; elles sont onduleuses, très rapprochées sur l’extrémité postérieure, et uu peu plus largement espacées suivie milieu et sur le coté anî'’ricur. Cette coquille serait li es commune si elle était moins fragile; le plus grand individu que nous ayons vu a i8 millimètres de longueur et 44 fie large.
QUATRIÈME EAMILLE.
Les Glycimerides. Dfish.
GAUACTEHES. — Animal ovale, allongé, régulier, symétrique, ayant les lobes dti manteau réunis clans la plus grande partie do leur éleycluc, et prçlongcg à rcJvtt’éuiilc posté-
J.T.9 GLYCtMHRTDES.
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rieure en deux siphons très allongés, réunis sous une enveloppe comnume; masse abdominale ovalaire, tcrmine'e par lin pied petit, et presque rudimentaire, en face duquel se trouve au manteau une fente étroite.
Coquille plus ou moins épaisse, très baillante du côté postérieure, charnière simple, calleuse, ayant quelquefois sur chaque valve une dent en crochet; ligament extérieur allongé, très épais, et inséré sur des nymphes saillantes et fort solides.
GENRES. — GlfcimerCy Panopée^ Pholadomye,
observations cÉxfRAEES. — Lcs trois genres que nous réunissons dans la famille des Glycimérides ont élé diversement distribués par les auteurs avant qu’ils eussent connaissance des animaux de la plupart d’entre eux ; c’est ainsi que Lamarck comprenait dans sa famille des Solénacées les deux genres Panopée et Glycimère. Cuvier les rassemblait dans son groupe trop considérable des Enfermés; etM. deBlainvilie les comprenait dans sa famille trop étendue des Pyrolidées. M. Valenciennes daus un ouvrage récemment publié sur les Panopées a proposé de les réunir à la famille des Mjaires. Sans doute que ces diverses opinions contradictoires en apparence apprécient cependant assez juste les rapports naturels des genres, dont il est question ; cependant il nous paraît plus convenable encore de proposer pour eux une petite famille à part, parce qu’ils offrent plusieurs caractères que ne présentent jamais ni les genres des Solénacées, ni ceux des Myaires; nous avons vu, en effet, que dans la première de ces familles, l’animal, en proportion de sa grosseur, a un pied très grand, et les siphons généralement courts. Le genre Soléciirte, qui pourrait faire exception sous ce rapport , conserve néanmoins le caractère d’un pied très largement développé. Dans les Myaires, l’animal a bien do la ressemblance avec celui des Glycimérides , mais les coquilles présentent, dans la charnière, des difïérencesdont il faut tenir compte sans leur donner néanmoins plus de valeur qu’elles ne méritent. Dans la famiile des Myaires, nous ne mettons que des coquilles à ligament intérieur; et ici, nous comprenons des animaux lies voisins des Myaires parleurs caractères généraux, mais ayant à leurs coquilles un ligament externe.
4 2G QtiTRliME FAMIILE.
Des trois genres que nous réunissons dans notre famille des Glycimérides, deux sont entièrement connus, ce sont les Pauopécs et les Glycimères; le troisième, établi depuis peu d*années par M. Sowerby, était généralement fort négligé : quelques espèces , fossiles rassemblés dans les collections, étaient réparties parmi les Lutraires et les Myes , ou étaient confondues avec les Cardites et les Buccards, et enfin, Lamarck en avait rapporté quelques-unes au genre Trigonie. La découverte d’une espèce vivante du genre Pholadomye a fixé enfin l’attention des conchyliologues sur ce genre intéi'essant , et après en avoir étudié les caractères sur un grand nombre d’espèces, nous pensons que ce genre peut être compris dans notre famille des Glycimères ; cependant , comme nous le verrons plus lard, les Pholadomyes, par le peu d’épaisseur de leur tel, ont beaucoup de rapport avec les Tiiracies et les Anatines, mais elles en diffèrent essentieliement par la position du ligament. Nous ne pensons pas que les rapports que nous donnons aujourd’hui à ce genre soient définitifs, iis ne le deviendront qu’au moment où l’animal sera connu.
Les animaux de la famille des Glycimères présentent plusieurs caractères communs: leur manteau est généralement épais; ses bords sont larges, fortement adhérens à la coquille sur laquelle ils laissent une impression profonde. Les siphons, qui terminent postérieurement l’animal, sont très allongés et fort épais; réunis sous une enveloppe charnue commune , ils peuvent prendre un allongement très considérable, et l’animal vivant profondément enfoncé dans lesable, sans quitter les profondeurs où il se cache, se sert de cette grande extensibilité de ses siphons pour communiquer avec le liquide ambiant et établir les couraus nécessaires à l’entretien de ses fonctions. Dans les Panopées, ces siphons ont un muscle rélracteur très court, mais très épais, qui laisse sur la coquille une impression plus ou moins sinueuse, selon les espèces: ppus en connaissops une curieuse sous ce rapport, dans laquelle celle sinuosité est presque entièrement effacée. Dans les Glycimères les siphons sont en proportion plus courts, mais ils sont beaucoup plus gros. Au reste, cet animal n’est connu que dans un état violent de coulraction, et il est à présumer que, pendant sa vie, ses diverses parties jouissaient d’une grande extensibilité. La grande épaisseur des parois musculaires de ces siphons annonce que l’animal peut les allonger considérablement.
trs GIïCüïEniPES.