GENRE ONZIÈME
OLTCIMÈRE. Glycîmcris» (Lamk.)
PI. 4.fîg. 1-2-3.
CARACTERES GÉNÉRIQUES. — Animal ovalc , oblong , subcyllndracé, partout d’un noir très foncé j lobes du manteau fermés dans presque toute leur circonférence. Une petite ouverture antérieure en face de l’extrémité de la masse abdominale ; deux siphons réunis sous une enveloppe commune, extrêmement épaisse, et présentant deux petites ouvertures à l’extrémité. Palpes labiales , grandes et détachées dans presque toute leur étendue. Pied petit , placé au sommet d’une masse abdominale considérable; branchies larges et flottantes dans la cavité du siphon branchial.
Coquille ovale , transverse , très baillante de chaque côté;
, charnière calleuse, sans dents, nymphes très saillantes pour un ligament extérieur bombé; épiderme très épais et débordant.
STNONYxRiE GÉNÉRIQUE. — savcur clouceâtre* —
Mja siliqua; Chemnitz. — Cyrtodaria ; Daudin.
OBSERVATIONS. — Lcs ancicDS donnaient le nom de Glycimères, en grec ^X'jxup.est^'sç , aux substances qui ont un goût douceâtre ou fade; plusieurs Mollusques comestibles furent indifleremnient désignés sous ce nom, et'Pline l’applique particulièrement à quelques coquilles bivalves que les auteurs du seizième siècle crurent reconnaître, soit dans lesMyes, soit dans les Lulraires. Rondelet, et après lui Gesnor et Jonston pensent que le Ckama glycimens de Pline est une coquille vivant en abondance dans l’Océan européen , et que Linné a rapportée à son genre Mje , sous le nom de Mya arenaria;k celte espèce, Aldrovandeen ajoute deux autres: la première est VAnodonta cygnœa , la seconde est devenue le type du genre Panopée. La nomenclature linnéenne , ayant abandonné
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le Chaîna glycimcns des anciens auteurs , Lamarck a repris ce mot , oublié et abandonné pour rappliquer à un genre que les anciens ne connurent jamais, et dont Linné lui-même ne fait pas mention. Lamarck n’a pas eu toujours la même opinion sur son genre Glyciniére: il rétablit d’abord dans les mémoires de la société d’histoire naturelle , en 1799, pour le Mya glycxmeris de Born , qui est une véritable Panopée. La mémo année , Daudin proposait sous le nom de Cyrlodaire, un genre ayant pour type le Mya siliqua de Cliemnilz, mais Lamarck, en publiant , en 1801 , son Système des animaux sans vertèbres, transporta le nom Glycimères du Mya glycîmeris de Born , au Mya siîiqiia de Chemnitz. Ce genre avait donc deux noms, celui de Daudin et celui de Lamarck ; mais les travaux de ce dernier zoologiste ayant prévalu, le genre de Daudin fut oublié , et celui de Lamarck adopté. M. Roissy le mentionne dans le Bufibn de Sonnini, et depuis il fut maintenu dans toutes les méthodes. Aucun zoologiste ne contesta la valeur de ce genre, mais tous ne furent pas d’accord sur la place qu’il devaitoccuperclans la série. Dans la classification des Mollusques que Lamarck publia en 1801, avec cette sagacité qui caractérise ce grand naturaliste, il mit les Glycimères entre les Solens et les Myos. Lorsqu’il créa des familles naturelles, dans sa philosophie zoologique, il entraîna les Glycimères dans la famille des Solénacées 5 mais comme cette famille est suivie de celles des Myaires , l’ordre des rapports ne fut véritablement pas changé. Cuvier, dans sa classification du règne animal, a constamment maintenu le genre qui nous occupe dans Ig voisinage deMyes.De tous les zoologistes, celui qui a été Je plus incertain au sujet des Glycimères est M. de Blainville: d’abord, dans son article Glyciraère du Dictionnaire des sciences naturelles, il suppose que l’animal est voisin de celui des Solens. M. de Blainyilie maintient cette opinion clans son article Mollusques du même ouvrage, ainsi que dans son Traité de malacologie j mais en consultant les corrections et additions qui sont à la suite de cet ouvrage, on trouve, à la page 682, une note par laquelle M. de Blainville change d’opinion, et paraît entièrement convaincu c|ue le genre Glycimère doit être transporté dans sa famille des Submylilacées , dans le voisinage des Bïullettes et des Anodonles. Pour appuyer cellenouvelle manière de voir, M. de Blainville prétend que le bâillement des coquilles n’a rien de commun avec celui que l’on observe dans celles de sa famille des Pyloridées. Mais clans les nou-
LES rrLYCtMEIVlDES. 1^9
velles additions et corrections, M. de Blainville revient sur ses deux premières opinions, et en propose une troisième qui consiste à rapprocher les Glycimères des Solèmyes. Après ces contradictions dans un aussi savant anatomiste que M. de Blainville, les conchyliologues devaient éprouver de Tembarras pour placer le genre Glycimère, et il devenait nécessaire d’ajouter la connaissance de l’animal a celle de la coquille, pour déterminer enfin les rapports naturels du genre. Pendant Je peu de temps queM. Audouin a occupé la chaire de conchyliologie au Muséum d’histoire naturelle, il trouva , dans les collections, un bel individu de la Glycimère avec son animal conservé dans la liqueur ; il s’empressa de le faire dessiner, et il en fil une anatomie qu’il publia, en i 829, dans le vingt-huitième volume des Annales des sciences naturelles. Quelques années après, on sut que la Glycimère vit en abondance dans les plages sableuses du banc de Terre-Neuve ; etM. Caillaud qui en reçut des premiers, eut roblige'ance de nous communiquer cet animal intéressant. Depuis cette époque, les zoologistes ont pu établir convenablement et définitivement les rapports des Glycimères avec les genres qui l’avoisinent. M. Audouin conclut que le genre qui nous occupe est plus voisin des Myes que des Solens ; nous pensons que celle appréciation confirmative de l’opinion de Cuvier est plus juste que celle de Lamarck.
L’animal des est allongé , cylindracé, fort épais ; ses
extrémités sont obtuses, et la partie qui est recouverte par la coquille comprend à-peu-près les deux tiers de sa surface totale. Les lobes du manteau sont épais, musculeux sur les bords. Ces bords , en partie à découvert , sont garantis par un épiderme coriace, plus épais que dans la plupart des autres Mollusques de même taille, et se continuant avec celui de la coquille. En examinant le manteau, on trouve, à son extiémilé antérieure, une fente de quelques ligues d’étendue dans laquelle ranimai peut passer son pied. Lorsque les siphons sont contractés , ils sont épais et cylindriques, réunis en une seule masse charnue, très épaisse, au sommet de laquelle on trouve deux petites ouvertures qui communiquent avec la cavité intérieure des siphons. Si l’on coupe en travers ces siphons , on voit qu’ils sont inégaux et séparés dans toute leur longueur par une cloison longitudinale. Le plus petit, qui est le supérieur, est destiné à Tanns ; l’autre est destiné à recevoir une partie des branchies. Lorsque, par une section longitudinale , on sépare les lobes du manteau , on trouve dans leur
cavité une masse abdominale, oblongue, assez épaisse, à l'extrémité antérieure de laquelleeal implanléun petit piedconiqueetréduit à Téiat rudimentaire. Sur Ja ligne médiane, entre le muscle adducteur antérieur et la niasse commune des viscères , on trouve l’ouverture de la bouche profondément cachée et garnie de très grandes lèvi es qui se continuent, de chaque côié, en une paire de grandes palpes labiales, triangulaires, libres et très finement striées en leur face interne. Cette bouche pénètre dans l’estomac au moyen d’un œsophage membraneux assez long. L’estomac, comme dans la plupart des A-céphalés , est une poche ovalaire , enveloppée par la masse du foie et recevant, par deux cryptes biliaires principaux, les produits de la sécrétion de celle glande. Vers l’extrémité postérieure de l’estomac, s’ouvre l’ouverture pylorique débouchant dans un intestin grêle, contourné en un assez grand nombre de circonvolutions très petites et irrégulières. C’esl après s’elre ainsi tortillé, qu’il se place dans la ligne médiane et dorsale de l’animal, et vient se terminer en un anus très court, à l’origine du siphon anal. Lorsque l’animal est contracté, ses branchies sont assemblées en un paquet plissé comme un jabot, situé à l’extrémité postérieure de la masse viscérale. Comme dans le plus grand nombre des Mollusques conchiferes, il y a deux feuillets branchiaux de chaque côté. L’extrémité antérieure de ces feuillets vient se placer entre les palpes labiales, tandis que leur extrémité postérieure flotte librement dans la cavité du siphon branchial.
La coquille des Glycimères est ovale, oblongue: elle est assez épaisse, et les valves rapprochées restent exlrêmemetil bâillantes à l’extrémité postérieure. Ce bâillement n’est pas le résultat d’une troncature comme dans les Myes et les Panopées; niais il commence vers l’extrémité antérieure et va en s’augmentant jusqu’à l’extrémité opposée. Le lest est épais, et il est constamment revêtu d’un épiderme d’un brun noirâtre, qui, dans les grands individus, déborde de près de deux lignes la partie calcaire. Les valves sont très inéquÜatérales, et , comme dans les Solémyes, c’est le côté postérieur qui est le plus court. La charnière est simple: son bord est calleux: elle se termine par deux nymphes très épaisses, sur lesquelles s’attache, avec solidité, un ligament extérieur, très épais , convexe , et dont l’extrémité postérieure se continue avec l’épiderme. A l’intérieur des valves , on trouve deux impressions musculaires fort écartées , dont l’antérieure est oblongue et triangulaire, tandis que la postérieure, placée louiprès du bord, est
LES GLYLIMEAIDES.
ovalaire et semble se confondre avec l’impression du muscle rétracleur des siphons. Ce muscle ne laisse sur la coquille qu’une échancrure Ires courie, et l’on conçoit qu’il pouvait en eire ainsi chez un animal dont les siphons sont beaucoup Irop considérables pour pouvoir entrer jamais dans l’intérieur des valves. L’impression palléale, à la prendre depuis l’impression musculaire postérieure, est d’abord voisine du bord ventral ; elle y reste parallèle dans une partie de son étendue ; mais bientôt elle rentre obliquement pour gagner par le piuscourt chemin l’extrémité de l’impression musculaire antérieure.
Lamarck a compris, dans son genre Glycimère, plusieurs espèces qui ne peuvent y rester : l’une, Glycimeris arctica, est une véritable Panopée; l’autre, Glycimeris margaritacea , est un fossile de Grignon , que nous avions pris d’abord pour ïine valve libre de Clavagelle; mais, après un nouvel examen de plusieurs valves, que nous avons fait avec M. Valenciennes, nous avons reconnu que cette espèce doit également être rangée dans le genre Panopée; ainsi, jusqu’à présent, il n’y a qu’une seule espèce de Glycimère connue, c’est la suivante :
ESPÈCE
Glycimère siliqiie. Glycimeris siliqua, Lunik. pl. 4- fig. i. 2. 3.
Testa ovato-iransversâ , hiantissimà^ inœquilateraîi ; latere postico breviore , valvulis epîdermide nigerrimo indutis , intiis disco calloso incjassatis .
Mya siliqua, Spengler. Cat. rais, t, 3. p. 48.
Id. Chemn. Conch, l. 1 1. p. igti. pl. 198. f. 1934,
Favanne. Conch. pl. 62. f. EE.
Glycimeris incrassaia, Eamk. Syst. dosa, s, veit. p. ia6.
Cyrtodaria. Daudin. Bulletin des sc. nivôse an vu. u® aa.
Bosc. Hist, nal. des coq. t. 3. p. 5. pl. 17. fig. i. a.
Roissy. Buf. de Sonuini. t. 6. p, 428. pl. 70. fig. 3.
Mya picea, Wood. Gener. (ionch. p. 96. pl. 22. fig. 5.
Mya siliqua. Dillw. Cal. t. r. p. 49. D® 21.
Blainv. Malac. pl. 80. fig. 3.
Mya picea, Wood. Ind. lest, p, n. lo. pl. 2. fig. 10,
Glycimeris siliqua. Sow, Gener. ofshells. n® 8.
Laink. An. s. vert, t, 5, p. 458. 11** i.
Desli. Encycl. méth. vers. t. 2.p, 17 1.
Audouin. Ann. des sc. nat. t. a8. pl. 14. i5.
Desl). dans Lamk. An. s. vert, a® éd. i. 6, p. 69. n* i.
Habile dans les parties sableuses des côtes de Terre-Neuve.
QlTATRl^^Mü FAMILLE.
Coquilie ovale allongée, iraiisverse, très bâillante et très inéquilalérale. Sou côté postérieur est très court, les valves sont revêtues d'une coucbe épidermique fort épaisse, lisse ou obliquement striée, qui déborde quelquefois de près de deux lignes la partie calcaire du test; les crochets sont presque toujours décortiqués, ce qui donne à celle coquille quelque ressemblance avec celles des Muleltes et des Anodonles. Le bord cardinal est simple et sans dents J il est terminé, à rextréraité postérieure,, par une très grosse callosité qui n’est autre chose que la nymphe devenue très épaisse et très solide pour donner insertion à un ligament très puissant; ce ligament est extérieur, très bombé; il se continue, en arrière surtout, avec la partie de l’épiderme qui recouvre ranimai dans les endroits que la coquille laisse à nu. Les caractères intérieurs, dont nous avons parlé dans la généralité du genre, ayant éié empruntés a celle espèce, nous pensons qu’il est inutile de répéter ici ce que nous avons dit précédemment. Les grands individus ont 85 millimètres de large et 4® de longueur.