‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 29 sur 127 · GENRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

GENRE DIX-HUITIÈME

PANDORE , ( Ptmdora Brug. ).

IM. 8, fig. ro, II,

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Animal ovale, oblong, très aplati, les lobeg du manteau réunis présentent en avant une petite fente pour le passage d un pied comprimé, ovale, lancéolé ; siphons réunis, courts, le branchial plissé, Fanal cilié et garni d’une mem-

LES 1»Al>DÜKKS.

ly?

brane en calotte percée au sotnmet; bouche i)etite; palpes labiales allongées,' non soudées; une brancbie de chaque côté, se réunissant toutes deux au-dessous de la masse abdominale, et se prolongeant postérieurement.

Coquille très aplatie, nacrée, ovale ou subtrigone, inéquilatérale, inéquivalve; la valve gauche la plus grande; charnière ayant une dent cardinale, adnée sur la valve droite, et à côté, sur cha« que valve, une petite fossette pour l’insertion d’un ligament interne.

SYNONYMIE GENERIQUE. — TeWiiay Linné, Gmelin, Dillwyn, etc. — Mya^ Pennant, Schvveiger. — Hypogœa^ Poli. — Solen^ Linné, Wood. — Anomiay Gronovius.

Linné connut la coquille de la Pandore de la Méditerranée, et la rangea d’abord parmi lesSoIensdans la 10* édition du Systemaj puisdans le genre Telline, sous le nom de Tellina inœquivaîviSy dans la 1 2® édition du même ouvrage. A son exemple, presque tous les auteurs qui vinrent après lui mirent aussi celle espèce au nombre des Tellines; mais Bruguières en fit un genre dans les planches de VEncyclopédie méthodique, et lui imposa le nom de Pandore. Dans ses premiers essais de classification des Coquilles, publiés dans les mémoires de la société d’histoire naturelle de Paris, Lamarck porta son attention sur des caractères négligés jusqu’alors, et ci*ut bien faire en rapprochant les Pandores des Peignes et des Térébratules, parce qu’elles ont les valves inégales. Il est évident qu’à cette époque, Lamarck n’attachait aucune importance au nombre des muscles dans les Mollusques acéphalés, ce qui l’entraîna à un arrangement non naturel. Quelques années après, Lamarck remonta un peu ces genres dans la série et les plaça entre les Houlettes et les Anomies. Dans sa Philosophie zoologique, ainsi que dans l’extrait du Cours (1812), modifiant sa première opinion, il mit les Pandores dans la famille des Camacées. Cependant, depuis bien des années, M. de Roissy, s’appuyant judicieusement sur les observations de Poli, a soutenu que les Pandores doivent être rapprochées des Solens, qu’il ne fallait point exagérer la valeur du caractère de l’inégalité des valves, et rompre, comme Lamarck, les rapports naturels pour satisfaire à ce caractère essentiellement variable et artificiel. Cuvier, dans le Règne animal, se rangea à cette opinion de M. de Roissy en la modifiant , ce que fît également Lamarck dans son dernier ouvrage.

SIXJÈME FAMILLE

Déjà à l’occasion du genre Corbule, nous avons parlé du dernier arran-* gemerit proposé par Lamarck, et nous avons fait remarquer qu’il y a moins d’analogie qu’on ne l’aurait cru, entre les deux genres de la famille des Corbulées de ce zoologiste. Cette opinion sera suffisamment justifiée par ce que nous allons dire des Pandores. La cavité qui existe entre les valves indique assez que l’animal de la Pandore est petit et très comprime latéralement. Quoique les valves soient inégales, cependant l’animal est sensiblement symétrique ; il est ovale, oblong, et conserve exactement la forme de sa coquille ; ses bords sont minces et Iranclians, et le dorsal lui-même est plus mince que dans les autres mollusques. Le corps est enveloppé dans un manteau mince, transparent, dont les lobes sont réunis dans la plus grande partie de leur contour; en avant, ils laissent entre eux une feiife du tiers de la longueur totale, pour le passage d’un pied petit comprimé, ovalaire oif lancéolé.

Si l’on en croyait Poli, les siphons courts et réunis seraient garnis, dans tout leur pourtour, d’un rang de longs tentacules simples et filiformes ; les observations que nous avons faites sur la Pandore vivante de la Méditerranée, nous ont prouvé que Polfavail commis une erreur, justifiée d’ailleurs par la petitesse des parties et la difficulté de lesbien observer. Les siphons sont en effet très courts et peu apparens , réunis à la base, détachés au sommet; leur masse est comprimée latéralement. Le siphon anal est le plus petit, son extrémité est entourée d’unbord festonné irrégulièrement, creusé dans l’épaisseur de la partie charnue ; au-dessus règne un rang de courts tentacules espacés entre eux; ils ont à peine un quart de millimètre de longueur et im peu moins de diamètre ; ils sont implantés au point où s’insère une membrane mince, circulaire, formant un court canal cylindracé, à bord simple et prolongeante siphon. Le siphon branchial offre une disposition semblable ; un feston irrégulier, creusé obliquement et formant un plan assez large, sur lequel s’élève un rang de petits tentacules, mais eu moindre nombre que sur l’autre siphon ; la membrane terminale est plus épaisse, plus ample, et elle est régulièrement et profondément plissée; ces plis, par leur ampleur, leur disposition, rappellent ceux de la bourse d’une Quêteuse. Lorsque l’animal les dilate, ils se renversent au-dehors comme les pétales d’une fleur; s’il les contracte, ils se croisent d’une manière tellement exacte qu’ils ne laissent aucun intervalle entre eux.

Lorsqu’on a fendu le manteau de manière à en renverser les lobes à droite et à gauche, on voit au' centre de l’animal une masse abdominale médiocre, terminée par un pied coudé en avant. Si l’on suit le bord antérieur du pied et de l’abdomen, si l’on relève le muscle adducteur antérieur, on trouve entre ces deux parties une petite fente buccale transverse,

LES VANDORES.

dont les lèvres minces se continuent de chaque côté avec les palpes labiales; celles-ci sont étroites, longues, lancéolées et garnies en dedans d'un grand nombre de lamelles très fines, obliques, mais qui laissent nu le bord inférieur.

L’appareil branchial se présente sous une forme spéciale qui est très analogue à ce qui existe dans les Lucines ; en effet, on ne trouve de chaque côté du corps qu’un seul feuillet branchial très épais, élégamment sillonné ; pan enus à la base de Tabdomen, ces deux feuillets se réunissent et se prolongent, en passant devant Fouverture interne du siphon anal qu’elles fer-' menthorméliquemen. Lorsque l’on soulève l’extrémité libre des branchies, et qu’on l’examine en dessous, on y voit doux rangées seulement de perforations, ce qui prouve qu’en effet une seule branchic existe de chaque côtéde l’animal. Cependant en dehors et à la base de chaque feuillet branchial, on trouve un petit prolongement que l’on pourrait considérer comme le second feuillet, mais avorté et considérablement réduit.

Le système nerveux est disposé de la môme manière que dans les autres mollusques acéphales siphonifères. Un ganglion postérieur placé à la face interne du muscle adducteur postérieur et donnant deux branches principales pour les siphons et le manteau, deux branches pour les branchies, et enfin deux filets récurrens qui, passant à travers la masse abdominale, se terminent aux ganglions antérieurs placés au dessus de la bouche et réunis par un filet de commissure. Des ganglions labiaux parlent deux branches qui se rendent vers l’extrémité du pied, pour se réunir en un ganglion dont les filets s’irradient dans toutes les parties de cet organe.

Toutes les coquilles actuellement connues dans le genre Pandore, sont petites ou d’un médiocrô volume, elles sont très aplaties, iiléquivalves, inéquilatérales; la valve gauche est toujours la plus profonde, la droite est aplatie, quelquefois même côneaveen dessus. Un pli assez semblable à celui des Tellines descend le long du bord dorsal et postérieur des valves ; il est plus marqué sur la gauche que sur la dfoite. Les crochets sont petits, comprimés, non proéminens, la charnière est fort simple : elle consiste sur la valve gauche, en une entaille triangulaire dans lé bord cardinal. Le bord antérieur de celle entaille est coupé perpendiculairement, et il se prolonge un peu en dedans par une petite saillie. Le bord opposé de l’échancrure est occupé par une cicatricule allongée, étroite, formant un ariglô de 45 degrés environ avec le bord antérieur ; le ligament s’insère sur celte cicatricule. La valve droite offre une grosse dent très comprimée, allongée, èt à côté d’elle, dans une direction oblique, une cicatricule semblable à celle de l’autre valve et recevant le ligament. Les impressions musculaires sont petites, l’antérieure subovalaire, la postérieure circulaire, toutes deux très rappro-

chées du bord supérieur. L’impression palléaie est simple, et il faut la chercher très haut dans l’intérieur des valves; elle consiste en une série de petites impressions musculaires, inégales, distinctes, rarement réunies^ Toutes les espèces sans exception sont nacrées en dedans, blanches en dehors, un épiderme brunâtre très fin se montre vers le bord des valves, surtout chez les vieux individus.

On ne compte qu’un petit nombre d’espèces vivantes; treize seulement sont inscrites dans les catalogues; deux sont des mers d'Europe: une des mers du Nord, une de l’Amérique septentrionale; les autres se distribuent dans les mers de l’Amérique méridionale et dans l’Océan indien. On ne connaît que trois espèces fossiles : l’une est propre aux calcaires grossiers du bassin de Paris où elle est très rare ; l’autre, non moins rare, appartient, aux terrains subapennins ; la troisième, enfin, découverte dans le crag, d’Angleterre par M.;S. AVood, est l’analogue incontestable du Pandoramirala^ vivante encore dans les mers d’Europe.

Pandore rostrée. Pandora rostrata (Lamk. ). PI. 6, fig. 10, 11.

P. testa ovatch^hlongâ^ transversd^ iaœquilatecd, ontirè obtusà, posticè ros^ tratâ^ obtussUslmè bi-anguiatd ; dente cardinaii unico in valvâ dexfrà^ parvo, retmOy cum fovecold adjectà; in valvà sinistré ^ fosfeolis duabns,

Solen inœquivaîvis. Lin, Sysl, uai, vd. lo. p. 673,

Tellina inœqttivalvîs.l}t\, Syst.nat. éd. 12. p. iri8.

/d. Chenm. Conch. t. 6. p. ii5. pl. 1 1. f, jo6. a. b. c.

Mya incequivalvis, Penuant. brit. zool. t. K* p.» 166.

Gmel. Syst. nat, éd, i3. p, 3a33, exclus, plur, syno.

EiicycL niélb. pl. a5o. Pandora. {. t.

Telliua {hypogcea) inœquimlvis. Pol. Test, Sicil. l. i. p. 3g. pl. i5. f. 5. 6. 7. 9.

Lamk. Méoi. de la Soc. d'hist. nat. de Paris, t. i. p. 83.

Lamk. Sysl. des An. s. vert. p. i36.

Roissy. Bnf. MoU. t, 6. p, 4>9.

Schum. Nonv, syst.p. 114. pl.4. f 2.*

. Doiiov, Prit, shells, t. a, pl. 4 f.

Monlagu. Tesl. bril.'p. 75. n® iS.

WooQ. Gcner. Con**.b. p. 201. pl. 47. f. 2 .3. 4- . Dillw. Cat. t I. p. 8G.n® 3a.

Lamk. An. s. vert, t, 5. p. 498. 1.

Turlon. Couch.ins. brit. p, 40. ph 3. f. ii à i4. Pandora margaritnera

Gcrville. Coq. de la Manche, p. 17. n® 16.

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