GENRE DIX-NEUVIÈME
MIT AX>ORE , My adora (Gray).
(P!, 12 fig. i3 à r5).
CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal inconnu.
Coquille ovale outrigone, inéquivalve, inéquilatérale; la valve gauche est la plus grande, elle est concave ; la droite est aplatie, rarement concave en dessus ; le côté antérieur arrondi, le postérieur un peu flexueux, le bord dorsal postérieur ayant une surface plane et lancéolée. Deux dents divergentes sur la valvè droite, deux dents inégales sur la valve gauche; les dents postérieures donnant insertion à un ligament interne dans l’épaisseur duquel existe un petit osselet caduc, oblong et aplati. Impressions musculaires petites et circulaires ; impression palléale simple ou faiblement éohancrée du côté postérieur,
OBSERVATIONS. — Le genre Myadore a été créé par M. Gray dans le Catalogue synoptique des Mollusques du Muséum britannique, et reproduit dans la jKirtie des Mollusques de l’éditiort anglaise dû Règne animal de Cuvier, publié par Griffith?. On connaissait imparfaitement quelques espèces de ce genre, et presque toutes étaient confondues avec leé Pandores. Cependant M. Stntchbury, qui en découvrit deux espèces dans les îles de la Polynésie, les confondit d’abord parmi les Anatines, lorsqu’il les décrivit dans le t. v dir Zoological journal. Depuis, elles ont été rapportées à leur véritable genre par M. Reeve, lorsqu’enlSIi ce naturaliste donna le ^enre Myadora, dans son Vonchologia Iconica.
Les coquilles du genre Myadore sont très voisines de celles des Pandorés, et il ne faut pas s’étonner si elles ont été confondues avec elles; plusieurs affectent la forme des Pandores, qûûiqae généralement un pdu plus larges j les autres sont triangulaires, tontes ont les sommets petite, comprimés; elles sont en généra! plus équilatérales que les Pandores; elles sont inéquiaWes, cl c’est la valve gauche qai est également la plus grande et la plus profonde ; le côté antérieur est obtus, le postérieur est flexueux, quelquefois subrostré ; la valve supérieure est plane, rarement concave en dessus. Lorsque les valves sont jointes, on trouve un méplat lancéolé sur le bord dorsal postérieur, et ce méplat résulte, comme dans les Pandores, de l’in-
LES PAKDOIVES.
flexion subite et à angle droit du bord de la valve droite qui vient emboîter le bord de la valve gauche. Dans la plupart des Myadores, la charnière consiste en deux dents divergentes qui partent du sommet et suivent la direction des bords; sur la valve droite, la dentantérieure est plus courte, plus épaisse; ces dents laissent entre elles une fossette triangulaire qui est occupée par le ligament, au devant duquel et dans son épaisseur, vient se placer un osselet oblong, aplati, qui se détache de la charnière, lorsque l’on ne prend aucune précaution pour ouvrir la coquille et en séparer les valves. Dans d'autres espèces plus voisines des Pandores, la charnière subit une légère modification. En effet, la valve gauche présente une dent antérieure, oblique, très allongée ; du côté postérieur, on trouve une très petite dent obsolète, peu apparente et plus courte que la première. Sur le bord postérieur, s’élève une cicatricule oblique sur laquelle le ligament s’attache. Sur la valve droite, on trouve en avant une dent courte assez épaisse, un peu dilatée à son sommet comme celle des Pandores, et du côté postérieur une cicatricule longue et étroite, semblable à celle de l’autre valve; le ligament, comme dans les Pandores, se place sur les cicatricules et non dans la fossette triangulaire, mais de plus que dans ce genre, il retient dans toute sa longueur une pièce calcaire aplatie, allongée, comparable par la forme et la position à la pièce des Lyonsia. Les impressions musculaires sont petites, écartées, circulaires ; l’impression palléale, dans le plus grand nombre des espèces, est plus apparente que dans les Pandores ; elle forme une ligne continue placée très haut dans l’intérieur des valves, et on lui trouve une petite inflexion postérieure, ce qui annonce les muscles des siphons plus grands et plus nettement détachés que ceux des Pandores; mais CCS derniers caractères ne se montrent pas au même degré dans toutes les espèces, car celles qui sont plus voisines des Pandores par leur forme et leur charnière, le sont aussi par l’impression ])alléa!e qui reste simple et formée de points détachés, résultant de l’insertion des muscles.
Les Myadores sont de petites coquilles naerées en dedans, d’un blanc jaunâtre en dehors; leur test est généralement plus épais et plus solide que celui des Pandores. Le nombre des espèces est peu considérable, M. Reeve en compte dix, nous en connaissons une onzième ; toutes sont vivantes, et ce genre ne possède aucune espèce fossile. Ces petites coquilles vivent à la manière des Pandores, enfoncées dans le sable vaseux, à une petite profondeur sous l’eau; le plus grand nombre des espèces connues ont été recueillies aux îles Philippines par M. Cuming ; lesautres viennent des mers australes.
SEPTIÈME FAJIILLE.
Myadore rostrale. My adora rostralis. Desh.jpl. Vibis^ fig.l3-i5).
M, testâ ovato-transversâ t ineequilaterâ^ antîce obtusà ^ hiante posticè ^ brcvî-rostratà^ alhât irregularlter obsolète transverslm sidcatâ ; cardinc
ossicuio angftstissimo, prcedito.
Habile....?
Cette espèce remarquable ne manque pas d’analogie avec le M\jadoT(h pandorœformis de M. Reeve; elle a égalemen|. de la ressemblance avec le Pandvra depressa de Sowerby, maiâ elle se distingue facilement de l’une et de l’autre espèce. Sa forme est ovale, transverse ; elle est obtuse et bâillante du côté antérieur. Ses crochets petits et comprimés sont le sommet d’un angle très ouvert, formé par les bords dorsal antérieur et postérieur; !e bord inférieur est régulièrement courbé ; le postérieur, arrivé à Tangle postérieur et supérieur, se prolonge en un bec étroit et court auquel aboutit une faible inflexion qui, comme dans les Pandores, s’étend du crochet le long du bord supérieur et postérieur. La valve droite est plane, la gauche est concave, mais peu profonde ; toutes deux sont blanchâtres, sillonnées transversalement, mais les sillons sont larges, inégaux, irréguliers. La charnière est semblable à celle des Pandores, seulement on trouve attaché à la face interne du ligament un petit osselet étroit et mince. Cette coquille, longue de 16 millim., est large de 25.
SEPTIÈME FAMILLE.- Les Ostéodesmes. Desh.
CARACTÈRES. — Animal ayant les lobes du manteau réunis dans la plus grande partie de leur longueur, laissant en avant une petite ouverture pour le passage d un pied étroit, quelquefois by^ssifère; siphons plus ou moins allongés et réunis en tout ou en partie.
Coquille régulière, inéquivalve, plus ou moins bâillante, mince et subnacrée. Charnière ayant un cuilleron sur chaque valve, recevant un ligament interne sur lequel est fixé un osselet cardinal.
Its OSTÉüDESMES.
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GENEES. — - Lyonsie, Ostéodesme^ Périplome ^ Anatiney Thracie , Myocarne.
OBSERVATIONS GÉNÉRALES. — Dès 1822, M. Turton avait observé dans une coquille des mers d’Angleterre, Tin fait aussi nouveau qu'intéressant; il avait constaté dans le Mya Nonvegica, l'existence d’un osselet entièrement isolé et fixé sur le ligament de la charnière ; en 1825, nous faisions une observation semblable sur plusieurs des Ânalines de Lamarck et sur le Mya soîemyalis de cet auteur, nous trouvions aussi un osselet isolé à la charnière de ces coquilles, avant que le travail de M. Turton nous futconnu. D’après l’ensemble de ces observations, nous avons senti la nécessité d’établir une famille dans laquelle seraient réunies toutes les coquilles portant un osselet isolé à la charnière, et d’établir dans cette famille autant de genres que l’osselet présenterait de modifications, tant dans sa forme que dans sa position. Nous avons été conduit, par là, à réformer le genre Anatine de Lamarck, et à remettre eu évidence le genre Thracie de Leach, jusqu'alors oublié dans les ouvrages de conchyliologie. Nous avons également introduit le genre Périplome de M. Schumacher dans notre nouvelle famille, parce que nous avons observé le premier l’osselet triangulaire qui fait partie de la charnière ; enfin ayant vu dans le Mya soîemyalis un osselet quadrangulaire, nous proposâmes pour cette coquille et quelques autres du même groupe un genre Osiéodesme, maisM. Turton, avant nous, dans ses Coquilles bivalves de la Grande-Bretagne, avait établi un genre Lyonsm, que nous avons substitué au nôtre, à cause de son antériorité. Il existe un genre très singulier établi parM. Stutchbury, daus le t. v, du Zoological journal^ sous le -nom de Myochama. Nous ne le connaissons que d’après les figures et les descriptions données par les conchyliologues anglais, et nous pensons qu’il doit venir se ranger dans notre famille des Ostéodesmes ou dans son voisinage.
Tous les genres que nous venons de mentionnei’ ont un osselet à la charnière. Dans les Lyonsies, cet osselet est une plaque sub-quadrangulaire, dont les deux bords les plus longs sont appuyés sut* des ciiiüerons obliques appliqués le long du bord supérieur et postérieur de la coquille ; la charnière des Myocames offre un osselet semblable, mais ce genre de mollusques dimyaires est fixé par l’une de ses valves, de lu même manière que les Cames ou les Huîtres, et néanmoins l’impression palléale est sinueuse du côté postérieur, ce qui annonce que l’animal est terminé par des siphons. Voilà donc une coquille adiiérenle, irrégulière, qui contrairement aux principes qui ont servi de base à la méthode, viendrait s’intercaller au milieu de genres à coquille libre et régulière. Avant d’admettre une exception
septième famillk
aussi considérable que celle-ci, il faudra revoir ce genre avec toute l'attention qu’il mérite, et attendre que son animal soit connu avant de fixer définitivement sa place dans la série. Le genre Périplome de Schumacher a les cuillerons détachés du bord cardinal, saillans dans les valves, et l’osselet est enclavé entre le cuilleron et le bord dorsal* Cet osselet est triangulaire, à angles arrondis, tandis que dans les Analines, l’osselet est tricusp.ide; deux branches s’enfoncent dans la cavité des crochets, la troisième se place en travers des cuillerons et est retenue par le ligament. Dans les Thracies, l’osselet est moins constant que dans les autres genres ; plusieurs espèces paraissent en manquer, mais nous l’avons trouvé dans celle qui habite les côtes de la Normandie; il est en demi-anneau et il embrasse les deux valves en arrière du ligament ; le ligament dans ce genre, a déjà une tendance à sortir de la coquille ; les cuillerons sont petits, et il y a un petit ligament extérieur; ces différences ne sont pas les seules, aussi il ne serait pas impossible que plus tard les Thracies sortissent de la famille des Ostéodesmes, d’après les caractères de Tanimal.
Nous ■ connaissons actuellement l’animal de trois genres de la famille des Ostéodesmes : ce sont ceux des Lyonsies, des Anatines et des Thracies, Ces animaux offrent des différences génériques assez considérables, mais deux d’entre eux, les Lyonsies et les Anatines ont des caractères communs qui les rapprochent ; le manteau est fermé dans presque toute sa circonférence, une petite ouverture antérieure et inférieure donne passage à un pied grêle et cylindracé semblable à celui des Myes.
A l’extrémité postérieure, le manteau se termine en deux siphons réunis et courts dans les Lyonsies, plus allongés dans les Anatines, mais désunis dans toute leur longueur dans les Thracies. Les palpes labiales dans les trois genres sont longues et étroites, et les branchies offrent un caractère commun ; elles sont situées le long de l’animal comme les feuillets d’un livre complètement ouvert par le milieu; ces caractères communs des palpes et des branchies doivent-ils l’emporter à l’égard des Thracies sur ceux empruntésaux siphons, et d’après lesquels ce genre devrait sortir de la famille des Ostéodesmes? Dans notre opinion, la science ne possède pas ensède pas encore assez de matériaux pour coordonner ces caractères selon leur importance, et fonder des groupes naturels d’après leur emploi judicieusement fait.
Les coquilles ont entre elles plus d'analogie que leurs animaux; toutes sont minces, fragiles, plus ou moins baillantes, inéquivalves, et à l’exception des Thracies, toutes sont nacrées à intérieur ; l’épiderme qui les recouvre est extrêmement mince dans le plus grand nombre, et ne devient apparent que vers le bord des valves ; enfin, presque toutes les espèces ont
LES OSTÉODpSMES.
le dehors des valves garni de très fuies granulations. Tous les genres n’ont pas la même manière de vivre j les Anatines s’enfoncent dans le sable à peu de profondeur sous Teaii; les Thracies habitent les lieux vaseux, tandis que lesLyonsies préfèrent les endroits rocailleux, parce qu’elles se fixent sous les pierres au moyen de leur byssus ; enfin, les Myocames se fixent sur les autres coquilles, et notamment sur les Trigonies, à la Nouvelle-Hollande et à la Nouvelle-Zélande.