‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 32 sur 127 · GENRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

GENRE VINGTIÈME

ZiTOlSrSlEi Lyonsia (Turton).

(Pi. 8, fig. 12, i3, i4)i

CARACxèRiis générïqües. — Animal ovalaire, ayant les lobes du manteau réunis dans presque toute leur circonférence, laissant en avant et en dessous une petite fente pour le passage du pied ; pied petit, cylindracé, portant un byssus à la base; siphons très courts, réunis, si ce n’est au sommet; impression palléale à peine sinueuse postérieurement, donnant attache à un muscle rétracteur des siphons ; ceux-ci très courts et ciliés au sommet.

Coquille ovale, oblongue, transverse, inéquivalve, inéquilatérale, très mince, nacrée; imcuilleron étroit très oblique, appliqué contre le bord dorsal, recevant un ligament interne, large, sur lequel est attaché un osselet qùadrangulaire fort mince.

SYNONYMIE GENERIQUE. — Mfa^ Chemnitz , Muller ,Gme]in, Dillwyn, Wood. — Amphidesma, Lamk. — Pandorina ^ Scacchi, Philippi. — OsteodesmUy Desh. — Corhula^ Bruguières. — Periploma^ Rang.

OBSERVATIONS. — Nous avoRS proposé un genre sous le nom d’Ostéodesme à une époque où l’ouvrage do M. Turton no nous était point encore connu. Publié en 1822, l’ouvrage du naturaliste anglais contient le genre Lymsia qui correspond en partie au nôtre, et que ses caractères doivent faire accepter dans la méthode. Néanmoins, notre genre Ostéodesme réformé par la séparation des Lyonsia que nous y confondions, peut être également conservé, comme nous le verrons bientôt.

La coquille qui a servi de type au genre de M, Turton, était connue de-

puis long-temps. Chemnitz l’avait décrite et figurée dans son grand ouvrage sous le nom de Mija Nonoegica. Peut-être Muller Ta-t il connue, et il serait possible qu’il l’eut inscrite dans son prodrôme de la zoologie danoise, sous le nom de Mya niiida. Gmélin, Dilwyn, Wood ont suivi l’exemple de Chemoitz , tandis que Bruguières, dans V Encyclopédie^ réformant le genre Mye et le réduisant à un petit nombre d’espèces, transporta celle-ci dans son genre Corbule, quoiqu’elle n’en eut pas les caractères. Lorsque Lamarck publia ses ^namaux sans vertèbres, les zoologistes durent être surpris de rencontrer le Mya Norwegica dans le genre des Amphidesmes. Il est vrai, comme nous le verrons plus tard , que ce genre paraît avoir été destiné par son auteur à recevoir celles des coquilles bivalves, qui ayant des caractères ambigus, ne pouvaient être admises dans des genres plus nettement caractérisés. Quelques années plus tard, M. Turton détacha des Myes le genre qui nous occupe, se fondant sur ce caractère singulier d’un osselet isolé, attaché à un ligament interne et faisant partie de la charnière; c-esoat des faits analogues que nous observâmes dans plusieurs des espèces d’Ajiatines de Lamarck qui nous déterminèrent aussi à créer la famille des Osléodesmes et le genre du même nom, en y rassemblant un plus grand nombre d’espèces que n’en connut le zoologiste anglais ; mais ces obsei^^ationscommencées en 1825 sont postérieures à celles de M. Turton, et nous euî abandonnons la priorité pour ce qui concerne le genre Lyonsia.

Jusqu’à présent l’animal de ce genre est resté presque entièrement mconnu. Depuis peu de temps, nous avons pu cous procurer un individu conservé dans l’alcool , et provenant de la Méditerranée. Cependant MM. Scacchi et PhiUppi l’ont vu vivant, et le premier de ces naturalistes^ en a fait un dessin de grandeur naturelle; une description très abrégée de' quelques parties extérieures a été publiée par les mêmes auteurs, dans lesdes sciences na/ure//es de Londres (janvier 1840). Le pied elles siphons sont mentionnés, ce qui est insuffisant, selon nous, pour déterminer exactement la place d’un nouveau genre de mollusques dans la séri& méthodique.

Cet animal est étroit, ovale, transverse; il est enveloppé d’un manteau mince et transparent, dont les bords sont épaissis par une zône musculaire, assez large pour chaque côté ; les bords en sont soudés dans presque toute la circonférence ; une petite fonte antéro-inférieure subsiste pour le passage d’un petit pied subcylindracé ouconoïde un peu comprimé latéralement. En arrière, le manteau est terminé par deux siphons très courts soudés à la base, détâchés au sommet et pourvus, de chaque côté, d’un muscle rétracteur très court , faisant à peine saillie dans le manteau. Ces siphons, par leur disposition, ont beaucoup d’analogie avec ceux des Pan-

LES ÜSTEÜDESMKS.

dores. Leur base, subitement plus épaisse, est séparée du sommet, nonseulement par ce changement subit d’épaisseur, mais encore par une ran gée de tentacules coniques placés au point do jonction des deux parties. Lorsque le'manteau a été ouvert, on trouve en avant une masse abdominale peu considérable, un peu comprimée latéralement et portanten avant le petit pied dont nous avons déjà parlé. Ce qui nous a paru extraordinaire dans le genre Lyonsia, c’est l’existence d’un byssus assez considérable fixé à la base du pied, exactement de la môme manière que dans les Byssomyés de Cuvier. Le pourtour de l’ouverture du manteau, par où passe le pied^ est garni de courtes papilles charnues, obtuses, semblables à celles que l’on remarque dans la Solémye.

La bouche est petite, transversc, placée comme à l’ordinaire entre la base du pied et le muscle adducteur antérieur ; elle est entre deux levres assez larges qui se continuent de chaque côté en une paire de palpes très étroites, obliquement placées d’avant en arrière et de haut en bas. Sur la face interne de ces palpes, s’élèvent do fines lames peu obliques qui s’étendent d’un bord à l’autre. Ces organes ne sont point fixés par leur grand côté, comme cela a lieu chez beaucoup d’autres mollusques, mais i»ar le côté le plus étroit.

Les Branchies sont constituées par deux feuillets allongés, étroits, occupant de chaque côté toute la longueur de l’animal, depuis les palpes jusqu’à l’entrée des siphons. Ces organes ne sont point relevés l’un contre l’autre comme les feuillets d’un livre fermé, mais ils sont largement étalés,, exactement de la mémo manière que les feuillets d’un livre ouvert. Cette disposition n’est pas propre seulement au genre qui nous occupe, on la retrouve chez plusieurs autres, comme nous aurons occasion de le voir par la suite. Les branchies, dans les Lyonsia, se distinguent encore par l’épaisseur et la régularité des sillons transverses qui les couvrent; en cela elles se rapprochent de celles des Analines.

Les muscles adducteurs des valves sont inégaux ; l’antérieur est allongé, étroit, aplati, ce qui le rapproche de celui des Solens et de la Solémye ; le postérieur qui est le plus gros est subcirculaire, et lorsque l’on met ranimai sur le ventre, on voit à travers le manteau le rectum descendre le long du dos pour venir s’appuyer sur le milieu du muscle, en suivre le contour et aboutir à la partie supérieure du siphon anal.

Les coquilles du genre Lyon^ia se distinguent facilement par l’ensemble de leurs caractères; toutes sont ovales, étroites, transverses, régulières, subéquilalérales, inéquivalves, le test est mince, fragile, transparent, nacré, brillant en dedans; en dehors, il est d’un blanc grisâtre ou jaunâtre, recouvert d’un épiderme qui paraît surtout vers les bords des valves.

aïo

Toute la surface est couverte de stries très fines qui descendent des crochets à la circonférence : ces stries sont onduleuses, faiblement relevées, très étroites. Les valves sont inégales comme nous le disions, c’est la gauche qui est la plus grande j les crochets sont médiocres, rapprochés ; le côté antérieur est arrondi, le postérieur se prolonge un pou en un bec assez large 5 closes dans la plus grande partie de la circonférence, les valves sont bâillantes dans toute la largeur du bec : ce bâillement ressemble à celui des Anatines; elles les ont aussi en avant, mais plus faiblement; il y a même quelques espèces qui ne le sont pas de ce côté.

Si Ton examine Tintérieur des valves, on éprouve beaucoup de peine pour apercevoir les impressions que l’animal y a laissées. Un individu mort et terni en dedans est préférable à ceux qui sont bien frais et brillans. On trouve en avant et tout près du bord supérieur une impression musculaire ovale, allongée, étroite, un peu courbée sur elle-mêmo et un peu en arrière, une autre petite impression près de la cavité des crochets ; elle résulte du rétracteur antérieur du pied. L’impression musculaire postérieure est subcirculaire, grande, située tout près du bord supérieur; elle s’étend jusqu’à la base du bec de la coquille. Une impression palléale à peine marquée, commence à l’extrémité de l’impression musculaire antérieure, suit le bord des valves à une petite distance, et parvenue à l’origine dû bec, s’infléchit faiblement en dedans pour recevoir dans cette échancrure un muscle court et large qui est le rétracteur des siphons.

Le bord cardinal est extrêmement mince, la portion de ce bord qui appartient au côté antérieur est un peu plus épaisse, elle s’arrondit en côto et vient se terminer brusquement sous le crochet. C’est à l’extrémité do ce bord que commence sur chaque valve un cuilleron très aplati, descendant obliquement le long du bord supérieur et postérieur. Quand les valves sont réunies, ces cuillerons, très rapprochés sous lo crochet, s’éloignent vers leur extrémité postérieure, et leur écartement présente la forme d’un V tronqué au sommet. Un ligament intérieur s'attache sur ces cuillerons , s’étend d’une valve à l’autre, et il donne insertion à un petit osselet aplati, triangulaire ou subquadrangulaire, qui, par le fait, est à cheval sur la charnière, puisque chaque moitié appartient à la valve qui lui correspond. Lorsque l’on détache les valves, il arrive souvent que l’osselet quitte les cuillerons et s’échappe, mais on le trouve en place dans les individus dont la charnière n’a point été rompue.

Ce que nous avons exposé sur le genre Lyomia^ rend assez facile à déterminer la place qu’il doit occuper dans la méthode générale ; par les siphons de l’animal, il se rapprochedos Pandores ; par le manteau dont l’ouverture pour le pied est petite^ il a de l’analogie avec les Myes et les Ana-

LES OSTÉODRSftlES.

an

tines; enfin, il se rattache à ce dernier genre par des caractères plus importans tirés de la forme des palpes et de la dispositian des branchies. Si nous nouàcn rapportons aux figures d’Analine données par M. Mitre dans le Magasin de zoologie, les palpes et les branchies auraient dans les deux genres la plus grande ressemblance, et c’est celte ressemblance qui doit déterminer le zoologiste ù faire entrer le genre- Li/o?iS2a dans la même famille que les Anatines.

Tel que nous le réduisons actuellement, lo genre Lyonsia se compose d’un petit nombre d’espèces vivantes,, dont les principales sont de la Méditerranée et de rOcéan européen j quelques autres proviennent des mers de l’Amérique septentrionale. Nous n’en connaissons aucune à, l’état fossile, quoique récemment M. A. d’Orbigny ait cru devoir ranger dans ce genre des coquilles fossiles des terrains ooliüques, pour lesquels M. Agassiz avait proposé le genre Gresslya, L’opinion do M. d'Orbigny paraîtra sans doute inadmissible aux personnes qui ayant des Lyonsia vivantes, auront reconnu la symétrie de leur charnière , symétrie qui n’existe pas dans les Gresshja; car il est évident que l’épaisseur un peu plus grande des cuillerons de la valve droite dans les Lyonsia, ne peut être considérée comme l’équivalent de la côte épaisse qui exisUtit dans le crochet de la valve, du môme côté des Gresslya* Au reste, nous avons vu en traitant, du genre Ceromya pourquoi nous y réunissons les Gresslya*

Lyonsie corbuloïde. Lyonsia Noîwe^ica. Sow.

PI. 8. fig. 12; 13. 14.

L» testa ovato^-angustâ , oblongâ ^ transversâ , tenui , pclhicidâ ^ anticè clausây rotütufatâ, poslîcè late rostraiâ, hiante; stnis vacliantîbus tenuîs^ simîs imdiilatisornatà,

Mya iVonvc^/ca.Chemnilz.Concb. t. lo. p. 34ô, pl. ryo. f. 1667. i668.

Gmel. p. 3228.

An Mya nitida ? Muller. Zool. Dan, proclr. p. 245, n®^963.

Mya nitida? Fabricius. Mus. de la Soe. d’iiist, iial. de Copenhague, t. 4. 2® part, p. 44, pl. 10. f. 10,

Mya Nonvcgjça, wood. Gener. Cpncli. p, 98. pl. 18. f. 4. 5.

Mya nitida. Wood. loc. cil. p, io3 ?

Mya Korwegica, Dillwyii. Cat. t, i. p. 48. n° 20,

Mya striata. Monlagii. Lin. Traus. t. ii, p. i88, pl. i3. f. i, A.

Id. Turton. Conch. dicl. p. io5. f. 99.

Mya Norwegîca, Turlon* loc, cil, p. 160. f. 100.

lyonsia striata Turton. Conch. brit.p. 35, n® i. pl, 3, f. 0, 7.

ai2

Jnatiua Norwegica. Sow. Généra of shclls. f.

Id. Reeve, Conch. System, t. r. p. Sa, pl, 34. f. 2.

Amphidesma corbuloides, Lamk. An. .s. verf. !. 5. p. 49a. li.

Osteodesma corbu/oides» Desli. dans Lamk. An. s, verl. 2® édit. t. 5. p. 85.

Lyonsia Nonvegica, Sow. Conch. Man. f. 4gt. 492.

Habite les mers d’Europe.

11 règne encore quelques incertitudes sur la synonymie de cette espèce, relativement surtout au Mya^nitida de Muller et de Fabricius. S’il était bien reconnu que Tespèce désignée par ces auteurs sous ce nom, est la même que le Mya Nonveyica de Chemnilz, dès-lors ce dernier nom devrait être changé, l’autre ayant sur lui l’avantage de la priorité. Si la figure que donne Fabricius du Mya 7iUida dans les Mémoires de la société d’histoire naturelle, était meilleure, et si surtout ce savant zoologiste avait mentionné dans sa phrase caractéristique l’inégalité des valves, la forme et la position des cuillerons de la charnière, le doute ne serait plus permis et l’espèce qui nous occupe devrait prendre le nom do Lyonsia 7iitida. C’est donc à tort, selon nous, que Wood, dans son General conckology^ a admis à-la-fois les Mya Norwegica et nüida. Quant au Mya siriata de Montagu, il est bien certain qu’elle appartient à l'espèce nommée parChemnitz ; il en est de môme pour VA7nphidesma co7'buloides de Lamarck, dont nous avons fait d’abord notre Osteodesma corbuloides.

Cette coquille est ovale, oblongue, transverse, étroite, subéquilatérale; le côté antérieur est airondi, le postérieur qui est un peu plus long se termine en un bec large; ce bec offre une ouverture ovalaire assez large pour le passage des siphons. Cette ouverture ne manque pasd’analogie avec celle du Tugon d’Adansüii ; elle est la seule qui existe entre les valves ; les crochets sont gonflés , arrondis , mais peu protubérans. En avant, les valves sont égales, mais dans les deux tiers postérieurs de la longueur du bord inférieur, la valve gauche devient plus large que la droite et la déborde. Toute la surface extérieure est finement striée ; les stries sont saillantes, serrét's, onduleuses; elles semblent produites par un épiderme très fin et plissé.

Les grands individus de cette espèce ont 20 millimètres de long et 40 do large.

, . GENRE VINGT-ÜNIÊME.

oSTEiOBESME. Osteodesma (Desli.).

(Pl. cj. fig. 7. 8.).

LES OSTÉODESMES.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Animal inconiiu.

Coquille ovale, oblongue, transverse, inéquilatérale, inéquivalve et irrégulière, subnacrée en dedans, couverte d’un épiderme subcorné en dehors et débordant les valves ; crochets protubérans peu saillans sur le bord cardinal. Impressions musculaires inégales : l’antérieure ovale obronde près du bord inférieur; la postérieure circulaire près du bord dorsal; impression palléale large, ayant uneinflexion postérieure triangulaire, étroite et oblique. Charnière ayant sur chaque valve un cuilleron linéaire, subcalleux, un peu saillant, adhérent au bord postérieur et donnant insertion à un ligament intérieur, sur lequel est implanté un osselet allongé et étroit.

SYNONYMIE GENERIQUE. — Anatimi^ Lfousia^ Gray* — MjUy Lamk. — Lyonsia{pars]y^Q\YQxby.

OBSERVATIONS. — Depuis que nous avons été à même de connaître dans tous ses détails le genre Lyonsia de M. Turton, et qu’à l’examen des coquilles nous avons pu joindre la connaissance exacte de l’animal, il nous a paru nécessaire de réformer notre ancien genre Ostéodesme dans lequel nous admellions les Lyonsia, et de le réduire à quelques espèces beaucoup moins régulières, dont les coquilles offrent des particularités, d’après lesquelles nous pensons que l’animal qui les a construites, a des caractères suffisans pour en constituer un bon genre ; dès-lors nous croyons devoir conserver à ce groupe le nom d’Ostéodesme qui lui convient autant qu’au genre Lyonsia.

Nous avons dit en commençant que l’animal est inconnu ; . cependant M. Gray dans une note critique, qui dans le n“25 àes Annales dliistoire naturelle de Londres, suit la notice de MM. Scacchi et Philippi sur le genre Pandorina; M. Gray, disons-nous, affirme avoir donné la description de l’animal du Lyonsia cuneata, qui pour nous est le type de notre genre Ostéodesme réformé. M. Gray renvoie au premier numéro de son Spicilegia zoologicaoii nous trouvons en effet la description succincte de la coquille et sa figure au trait, mais c’est en vain que nous cherchons la moindre indication sur l’animal; il esta présumer qu’ayant élédécrit dans un autre ououvrage, M. Gray aura cité celui-ci par inadvertance.

Par l’ensemble de ses caractères, æ genre tel que nous le réduisons ac-

StPTÏtfllK FAMILLE

tuellementse distingue avec facilité desLyonsia. Les coquilles qu’il renferme sont loin d’avoir la régularitédes autres genres qui l'avoisinent; sous ce rapport elles ressemblent beaucoup aux Saxicaves les plus irréguliers. Néanmoins elles se distinguent nettement de ce dernier genre, et elles appartiennent à noire famille desOstéodesmes; elles sont nacrées en dedans; en dehors elles sont revêtues d’un épiderme épais, subcorné, qui dépasse les valves, ce qui ne les empêche pas de montrer des sillons inégaux résultant d’accrorssemens irréguliers. Ces coquilles sont transverses, ovales, ou subtrigones inéquilatérales; quelques espèces sont inéquivalves ; quelques autres ont les valves égales ; elles sont assez minces, moins cependant que les Lyon^’a; le côté antérieur est obtus, quelquefois tronqué, ce qui rend la coquille très inéquilatérale et subtriangulaire. Lorsque les valves sont inégales, elles ne le sont pas de la même manière que dans les lAjonsia ; l’une d’elles, la gauche, est plus plate et un peu débordée par la droite, dans tout son contour. L’extrémité postérieure se rétrécit, s’amincit en coin, mais n’a jamais le large bec des Lyoîisia; à cette extrémité, la coquille offre un petit bâillement étroit, irrégulier, semblable à celui que l'on remarque au côté antérieur ; les crochets sont renflés et prolubérans. En dedans, les valves présentent deux impressions musculaires inégales; l’antérieure est la pins petite ; elle est ovale et située tout près du bord inférieur, à son origine ; elle se trouve par conséquent bien plus en avant et en bas que celle des Lyonsia; l’impression postérieure est semilunairc, placée très près du bord supérieur, dans le milieu do l’espace qui sé^îare la charnière de l’extrémité postérieure. Une impression palléale voisine du bord inférieur de la coquille, parvenue vers les deux tiers de la longumir de ce bord, s’infléchit sous la forme d’une petite sinuosité triangulaire. La partie de la coquille comprise entre celte inflexion et l’extrémité postérieure est fort large, ce qui annonce qu’ainsi que dans les Glycimères, les muscles rétracteurs des siphons se confondent avec un large bord musculaire du manteau.

La charnière ressemble beaucoup à celle des Lyonsia, et c’est d’après l’analogie de cette partie dans les deux genres que nous les avions d'abord confondus. La partie du bord cardinal située en dedans du crochet, offre sur chaque valve un cuilleron épais et oblique, mais moins que dansées Lyonsies. Sur ce cuilleron s’insère un ligament intérieur assez large, à la surface duquel est fixé un osselet étroit, allongé, un peu rétréci à ses extrémités ; il est convexe et un peu courbé dans sa longueur, il n’est point plat êl triangulaire comme dans le genre qui précède.

Par la comparaison attentive des coquilles des genres Lyonsîa et Os~ teodesma, on doit reconnaître avec nous qu'elles se distinguent nettement dans lelii^ caractères les plus importons, leur manière de Ÿivre confirme

LES OSTÈODESNES.

Jeur séparation ; en effet, nous avons vu que les Lyonsia ont un byssus au moyen duquel elles s’attachent aux rochers, sous les pierres; les Ostéodesmes n’ont point de bj'ssus, et elles vivent dans les Alcyons comme l’a observé M. Cuming, pendant son voyage d’exploration sur les côtes de l’Amérique méridionale.

Nous ne connaissons encore qti’un petit nombre d’espèces d’Ostéodesmes, cinq seulement, toutes vivantes ; la plupart des côtes du üloxique dans le Grand-Océan.

Ostéodesme cunéiforme. Osteodesma cuneata. Desh.

PL 9. fig. 7. 8.

O, testa oblongây ciineaidy inœquîlaterà, irreguiari^ solidulây anlicè su6^ iruncatây rotundatây poslicè productd; vaivis inceqnaîibus y irregnlariter concentrict rugosis^ eptdvrmide corueo înerassatis, intîis margarhaccis ; cardine edentido^ ossiculo oblongo, angusio^ convexo prœdito,

Anatina cuneata» Gray. Spic. ZooL n'* i. p. 6. pl. 3. f. i4*

Osteodesma cuneata, Hnnley. Desc. Cal, p. 25.

Callow, Conch. Nom. p. 8. n® 3,

Habile les côtes du Pérou dans l’épaisseur des Alcyons.

Cette coquille singulière ainsi que le Mya solemyalis de Lamarck peut servir de type à notre genre Ostéodesme ; elle est oblongue, transverse, très inéquilatérale, sensiblement équivalve ; le côté antérieur court et tronqué est la partie la plus épaisse de la coquille ; au côté postérieur, elle s’amincit progressivement en coin ; les crochets sont renflés et néanmoins peu proéminens au-dessus du bord cardinal. La partie antérieure du bord supérieur est assez épaisse $ cet épaississement s’arrête brusquement audessous ducrochet, etc’ est là que commence dans chaque valve le cuilleron oblique et accolé le long du bord supérieur et postérieur ; le bord interne de ce cuilleron est aigu et saillant. Le reste delà circonférence de la coquille est mince et tranchant, et quand on la voit du côté du bord ventral, on s’aperçoit qu’elle a des irrégularités comparables à celles des Saxicaves. Toute la surface intérieure est nacrée ; la surface extérieure est revêtue d’un épiderme d’un brun jaunâtre pâle qui s’épaissit assez promptement vers les bords des valves ; cet épiderme est lisse, subcoriié ; il se fendille et se détache des bords du têsl; il cache en partie un petit nombre de rides irrégulières, peu épaisses et transverscs.

Les grands individus ont 42 millimètres de large et 22 de long.

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