‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 34 sur 127 · GENRE VINGT -TROISIÈME · texte numérisé non relu

GENRE VINGT -TROISIÈME

ANATIBIEj', Anatina^ Lamk.

Pl. 8. Og.. 20 à 23.

CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal ovale , transverse, en ve-

LE^ Of^tÉODESMES.

loppé cVun manteau mince dont les lobes sont soudés dans toute leur circonférence, si ce n’est en avant et en bas, où l’on voit une très petite fente pour le passage d’un pied petit et conique; bouche petite, transverse, accompagnée de chaque côté d’une paire de grandes palpes étroites et striées en dedans; une paire de grands feuillets branchiaux de chaque côté du corps, ils sont presque égaux, se réunissent au-dessous de l’abdomen pour se prolonger dans le siphon branchial; deux siphons assez allongés, réunis et soudés dans toute leur longueur.

Coquille transverse, subéquivalve , bâillante de chaque côté, mince, fragile, nacrée; crochets fendus, fente close par une membrane ; un cuilleron perpendiculaire dans chaque valve, soutenu par une lame en arc-boutant. Un osselet tricuspide, caduc, placé à la partié antérieure des cuillerons, dans la plupart des espèces. Ligament interne dans les cuillerons et sur l’osselet lorsqu’il existe,

SYNONYMIE GENERIQUE. — Megcrlc , Schuinacher. — Solefiy Linné, Gmelin, Chemnitz et Bruguières. — Mya^ Spengler. — Platrmya^ Cercomjay Agassizl

En créant le genre Anatine, Lamarck lui doqna pour type une coquille connue depuis long-temps, et que Linué, dès la 1 0'' édition du Systema na^ turcBy avait inscrite sous le nom de Solen Aîiatmim. Avant Linné, llumphiuSjPetiver, Gualtieri eu avaient publié des figures plus ou moins fidèles, mais ils la confondaient avec des coquilles d'autres genres, dans la classe des Tcstacés bivalves. Gualtieri cependant la comprenait dans un genre à part avec quelques Solensâ charnière, médiane sous le nom de Concha soleniformis. C'est là probablement où il faut diercher l’origine de l’opinion de Linné, qui mit la coquille qui nous occupe dans son genre Solen; cette classification conservée parLinné dans tous ses ouvrages, fut adoptée presque sans exception par tous les conchyliologues. Spengler cependant, dès 1793, proposa une opinion meilleure dans un mémoire qui fait partie du 3® volume de ceux de la Société d’histoire naturelle de Copen-.

hague. Cet éminent naturaliste reconnaît au Solen ^na;mws la plupart des caractères des Myes et l’entraîne dans ce genre ; nous verrons bientôt combien était judicieuse celte manière d’apprécier les rapports de cette espèce. Néanmoins personne ne se rangea à l’opinion de Spengler, Bruguières et tous les conehyiiologues de rAUemagne et de l’Angleterre donnèrent la préférence à celle de Linné. Lamarck, .dans ses premiers essais de classiBcation des coquilles, ne çonnut pas la valeur des caractères génériques du Solen Anatinus. Ce fut en 1809 seulement, dans la Philosophie zoologique-j qu’il proposa le genre Anatine et l’introduisit dans la famille des Myaires , avec les genres Mye et Panopée.

Lamarck, comme Spengler, fondait son opinion sur les rapports évidens qui existent entre les Analines et les Myes ; les autres zoologistes se rangèrent à l’opinion de Lamarck tout en la modifiant; car Cuvier, tout en agrandissant le genre Mye , tout eu réduisant les Anatines en un sousgenre, mit néanmoins ce sous-genre dans le voisinage des Myes et des Lutraires, ce qui. fut ensuite adopté par Férussac, et un peu plus tard par M. de Blainville.

Le genre de Lamarck était créé depuis plusieurs années lorsque M, Megerle, dans h ^fagasîndeBeTÎinJ 1811, le proposa de nouveausous le nom d'Auriscalpiumj adopté en 1817 par M. Schumacher, mais actuellement rejeté de la nomenclature, la dénomination de Lamarck devant prévaloir par droit de priorité.

Lorsque Lamarck publia en 1 81 8 le cinquième Volume de ses Animaux sans verièbreSj on trouva réunies dans le genre Anatine dix espèces dont les caractères s’accordaient assez exactement avec ceux du genre. Néanmoins lorsqu’on examinant les Anatines de la collection de Lamarck, nous avons découvert cet osseletsingulier attaché auxcuillerons de la charnière, nous cherchâmes avec assiduité à nous éclairer sur la valeur de ce caractère, qui jusqu’alors avait échappé aux observateurs. Conduit par une série de faits nouveaux et intéressons, nous avons cru utile de réformer le genre Anatine et de le réduire aux trois premières espèces de Lamarck. La quatrième en effetqui nous parut être une Corbule, appartient au genre Neœra deM. Gray ; la cinquième est une Mye comme nous l’avons vu ; la sixième est le type du genre Périplome de Scliuniachor ; la neuvième rentre dans le genre Thracie de Leach, et la dixième que nous avons rapportée aux Corbules perforantes, en conservant cependant quelques doutes, n’ayant pas eu occasion d’examiner cette coquille avec tout le soin désirable ; quant aux espèces sept et huit, nous ne les. connaissons pas et nous regrettons de ne pas en trouver les figures dans le bel et utile ouvrage de M. Delessert.

LKS OSTÉODESMES.

La réforme dont nous venons de parler, proposée pour la première fois dans l’Encyclopédie, reproduite dans la nouvelle édition des Animaux sans vertèbres de Lamarck, a été accueillie par le plus grand nombre des conchyliologues ; cependant M. Reeve, en Angleterre, accepte bien le genre Thracie de Leach, démembré des Anatines de Lamarck; mais il laisse dans ce dernier groupe les Lyonsies et les Périplomes; nous persistons néanmoins à réduire le genre Ânatine comme nous venons de l’indiquer, tout en lui apportant quelques modifications devenues nécessaires par suite des progrès de la science.

Après avoir constaté l’existence d’un osselet cardinal dans ÏÀ7iaUna truncaia de Lamarck, nous avons cru, nous fondant sur les lois de l’analogie, que cette pièce existait aussi dans les autres e6i>èee3, et que si on ne la rencontrait pas dans les individus répandus dans les collections, cela dépendait de la manière dont ils avaient été recueillis et conservés; nous n’avions ou entre les mains VAnatina truncaia de la collection de Lamarck que quelques instans; les valves étaient fermées et retenues parun ligament intact, nous n’avons pu, lors de nos premières observations, apprécier les modifications qui résultent pour les cuillerons de la présence de l’osselet cardinal, mais lorsque plus tard les coquilles du genre Anatine devinrent plus communes dans les collections, nous reconnûmes bientôt à des signes certains que l’osselet cardinal ne devait pas exister dans quelques espèces, nous nous aperçûmes aussi que la fente des crochets n’était pas due à la présence de l’osselet, puisque celte fente se montre dans les espèces où l’osselet manque ; enfin en détachant Fosselet, nous avons vu que ses branches ascendantes venaient s’appuyer sur une petite lame dédoublée de' la base des cuillerons : il est résulté pour nous de ces observations quelques modifications dans les caractères du genre. Tels que nous les donnons actuellement, ces caractères peuvent faire entrer dans le genre Anatine, et poury constituer un petit groupe assez distinct, les coquilles pour lesquelles M, Coulhouy en Amérique a établi le genre Cochlodesma. L’examen minutieux des caractères de ces coquilles nous conduira à la conclusion que nous avons d’abord posée.

Les Anatines sont à-peu-près équilatérales ; le côté postérieur un peu plus courtque rantérieur; il en est de même dans les Cochiodesmes ; les crochets sont naturellement fendus dans l’un et l’autre genre; cette fente apiciale est moins apparente et moins longue dans les Cochiodesmes. Dans ce dernier groupe, les cuillerons ne portent pas d’osselet cardinal comme cela a lieu dans plusieurs Anatines. Dans les deux sortes de coquilles que nous examinons, le cuilleron estappuyé sur une partie plus épaisse dubord postérieur; dans les Cochiodesmes, cet épaississement est plus considéra-

SEPTIÈME famille.

ble que dans les Anatines proprement dites. On saitqu’indépendaminent de cet épaississement du bord qui donne attache au cuilleron , cette partie est encore soutenue dans les Anatines par un are-boulant mince et oblique. Cet arc-boutant est l’un des caractères essentiels des Anatines; il se retrouve aussi, mais modifié et amoindri dans les Cochlodesnies; en effet, en cherchant dans la cavité des crochets, on y remarque une petite crête saillante suivant Tépaississement du bord postérieur et venant aboutinaudessous du cuilleron. Kous retrouvons donc dans les Cochlodesmes tous les caractères essentiels des Anatines; cependant quelques différences subsistent entre les deux groupes; elles se montrent particulièrement dans les formes extérieures. Ainsi les Anatines sont des coquilles bombées, ventrues, dont le test est très mince ; les Cochlodesmes sont plus aplaties, à eçoehets petits, et leur test nacré en dedans est plus épais proportionnellement. Les Anatines, pour le plus grand nombre, sont largementbai^Iantes du côté postérieur; il en est quelques-unes cependant, et entre autres celle récemmentjdécritfi et figurée par JI. Mitre, dans le Maga:iin de zoologie^ qui ont déjà le côté postérieur plus fermé et moins baillant, se rapprochant beaucoup de celui des Cochlodesmes, qui par suite de l’aplatissement des valves, ifont plus de ce côté qu’une fente d’une médiocre largeur. A cet égard, ces coquilles forment l’extrémité d’une série d’espèces commençant par les plus ouvertes et se terminant par celles qui le sont le moins. Nous avons encore à comparer quelques parties importantes dans ces coquilles pour pouvoir porter un jugement définitif et complètement motivé au sujet de leur ressemblance ; l’impression musculaire antérieure des Anatines est située au-dessous du bord dorsal, à l’extrémité antérieure des valves; elle est assez étroite, courbée dans sa longueur, et un peu subsemilunaire; elle est placée de môme dans les Cochlodesmes, mais elle est un peu plus ovalaire ; l’impression musculaire postérieure est arrondie et placée près du bord supérieur dans les coquilles de l’un et l’autre groupe; enfin l’impression palléale, dont la sinuosité postérieure est large et remonte dans l’axe transversc de la coquille, jusqu’à une ligne qui descendrait perpendiculairement en arrière des cuillerons, cette impression, disons-nous, est semblable dans les deux sortes de coquilles.

L’examen scrupuleux et approfondi auquel nous nous sommes livré, démontre que la somme des ressemblances l’emporte de beaucoup sur celle des différences; il faut même remarquer que les différences portent sur ceux des caractères qui ont la moindre importance, ceux empruntés à la forme extérieure, à l’épaisseur du test, au bâillement postérieur des valves, et enfin à la plus grande obliquité de la côte qui supporte le cuilleron. 11 nous semble que tout ce qui précède nous amène naturellement à cette

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conséquence que le genre Cochlodesme doit rentrer dans celui des Anatines où il peut néanmoins former un petit groupe d'espèces.

Jusqu’ici , ceux des naturalistes, qui se sont occupés du genre Anatine , ont manqué d’un élément important de discussion et de comparaison, la connaissance de l’animal de ce genre curieux. Aujourd’hui cette lacune est en grande partie comblée par les observations d’une personne instruite, M. Mitre, qui a publié le résultat de ses recherches sur l’animal d’une Anatine, dans le magasin de Zoologie de -ISii. Ce que nous allons dire de cet animal est emprunté au mémoire de ce naturaliste.

L’animal de l’Anatine est ovale, transverse, épais ; son manteau très mince est bordé d’une zone musculaire, étroite qui, en s’attachant à la coquille, y laisse l’impression linéaire dont nous avons parlé. Les lobes de ce manteau sont soudés entre eux dans la presque totalité de leur circonférence ; iis laissent en ayant et en bas une très petite fente pour le passage du pied. En arrière, cet organe se continue en une masse cylindracée, plus courte que la coquille , revêtue d’un épiderme plissé, brunâtre et creusée à l’intérieur de deux siphons réunis jusqu’au sommet et séparés entre eux, dans toute leur longueur, par une cloison membraneuse; toute cette partie de l’animal est charnue , musculaire , susceptible de s’allonger et de se contracter beaucoup. Cette contraction s’exerce principalement à l’aide de deux muscles rétracteurs, on fibres rayonnantes, faisant saillie dans les parois du manteau, et venant s’insérer sur la ligne sinueuse que l’on voit sur l’extrémité postérieure de la coquille. Lorsque le manteau a été ouvert, on voit la masse abdominale surmontée en avant d’un petit pied conique. De chaque côté du corps sont deux grands feuillets branchiaux , que M. Mitre compare à ceux des Myes et desTIiracies; mais ces organes ne sont point semblables dans ces deux genres , et malheureusement la description et les figures do M. Mitre ne peuvent décider, auquel les Anatines ressemblent le plus quant aux branchies. On concevra, sans peine, l’intérêt que peut avoir l’éclaircissement de l’incertitude, qui reste sur cette partie importante de l’animal de TAnatine; en effet, les feuillets branchiaux dans les Myes , les Lu- Iraires, les Mactres, etc., sont relevés le long du corps, Vmi contre Vautre^ exactement comme les feuillets d'un livre fermé, tandis que dans les Thracies, les Lyonsies , les Tellines, etc., les deux feuillets sont Vun à câié de Vautre comme les feuillets d’un livre ouvert. Ces dispositions, si différentes des organes branchiaux , entraînant avec clics des modifications assez importantes dans d’autres portions de l’organisation ; il est facile de comprendre l’importance qu’il y a à éclairer cette difficulté , surtout pour établir définitivement les rapports du genre qui nous occupe.

Si les branchies sont comme celles des Myes, les Anatines doivent , sans aucun doute, faire partie de la famille des Myaires, selon l’opinion de M. Mitre. Si , au contraire, comme nous le croyons , ces branchies sont comme celles des Lyonsies et des Thracies, le genre Anatine devra rester dans les rapports que nous lui assignons dans notre famille des Ostéodesmes.

La bouche est une petite fente transverse, placée, comme à l’ordinaire, entre la masse abdominale et la surface inférieure du muscle adducteur antérieur ; elle est munie de deux lèvres qui se continuent de chaque côté en une paire de palpes labiales, longues et étroites, finement plissées en leur face interne. D’après M. Mitre, la bouche communicpie à l’estomac par un oesophage court et étroit ; l’estomac est en forme d’une poche, il donne naissance à un intestin grêle et cylindrique qui , sans faire de circonvolutions dans l’ovaire et le foie, se dirige immédiatement vers le dos de l’animal pour gagner le muscle adducteur postérieur, se contourner sur lui et pénétrer dans le siphon anal .

Pour tirer le meilleur parti des documens publiés par M. Mitre, nous devons particulièrement rechercher si , en réalité, les branchies des Anatines, ressemblent plus à celles des Myes qu’à celles des Tliracies, nous trouvons cette phrase dans le mémoire de ce naturaliste qui, habitant Toulon, a pu voir des Thracies vivantes# et qui probablement pour les Myes , a été obligé de s’en référer aux descriptions qui on ont été publiées depuis quelques années. « Les Thracies, du reste dit-il , nous offrent absolument la « môme organisation de l’appareil branchial , comme nous avons -dn « maintes fois l’occasion de le vérifier nous mêmes sur l’animal de la « Thracio corbuloïde, » Il n’est donc presque plus douteux que les branchies des Anatines sont l’une à côté de l’autre, comme celles des Thracies et non l’une sur l’autre comme celles des Myes, d’où nous concluons que malgré lu grande ressemblance des Anatines et des Myes, ces deux genres n’appartiennent pas à la même famille mais à deux familles voisines, dont les rapports ne s’établissent pas seulement en ligne directe, mais encore par des lignes collatérales avec la famille des Pandores ; ainsi , en effet, par la longueur des siphons et par leur réunion; par la jonction des lobes du manteau ; la petitesse de l’ouverture palléale ; la forme et la grosseur du pied, les Anatines se rapprochent des Myes. Par tout ce qui tient au manteau et au pied, par la forme et la position des branchies, les Anatines se rattachent aux Lyonsies et aux Thracies ; tandis que les Lyonsies, par la brièveté des siphons et leur séparation au sommet, se mettent en rapport avec les Pandores et les Myadores, ce dernier genre se rattachant encore aux Ostéodesmes^par l’osselet de la charnière, rapport qui se

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montre également à l’égard des Nœara do la famille des Myaires.

M. Agassiz, nous devons le rappeler, a proposé un assez grand nombre de genres nouveaux, pour des coquilles fossiles, provenant la plupart des terrains jurassiques et crétacés, et qu’il veut introduire dans la famille des Myaires î mais, comme nous l’avons vu, plusieurs d’entre eux ont besoin d’être réformés et réunis ; quelques autres appartiennent sans le moindre doute au genre Anatine , ce que nous tâcherons de prouver en examinant avec soin leurs caractères. Et d’aboixi que faut-il rencontrer sur le moule solide d’une coquille fossile pour acquérir la certitude que l’espèce appartient au genre Anatine ? Ce que nous avons exposé précédemment, rond facile la réponse à cette question. Il faut trouver , sur les moules dont il s’agit, rempreînte de la côte postérieure, servant d’arc-boutant au cuilleron ; il faut do plus aporçevoir des traces de la fente des crochets. Ces traces se manifestent souvent par des cassures dans la région des crochets ; mais il sulïit quelquefois d’une petite portion de la fente conservée, pour la faire reconnaître, II faut encore trouver sous les crochets la cavité que les cuillerons ont dû laisser dans le moule , mais ce caractère, il faut l’avouer, n’est pas toujours facile à rencontrer môme sur les moules les mieux conservés, parce que souvent la matière des cuillerons est restée en place et s’ost durcie, ou bien la cavité a été remplie do la pâte calcaire dans laquelle la coquille a été enfoncée. Indépendamment de ces trois caractères principaux, il y en a quelques autres de moins importantes qui cependant ne doivent pas être négligés. Les Anatines sont des coquilles bâillantes, peu du côté antérieur, beaucoup plus du côté postérieur, les moules doivent donc reproduire ce caractère à moins que des compressions exercées sur eux, avant la consolidation des couches, les aient plus au moins déformés.

Avec ces élémens de comparaisons, voyons quelles sont les espèces de M. Agassiz qui devront rentrer dans le genre Anatine. Les Plaiymya rostrata et diîatata sont pour nous des Anatines, parce .que l’on y observe l’impression de la côte en arc-boutant, et que l’on y trouve la trace de la fente des crochets sur les individus bien conservés. Toutes les espèces de Cercomija do M. Agassiz doivent, selon nous, entrer dans le genre Anatine; toutes celles que nous avons vues en bon état, offraient tous les caractères de ce genre, et, par analogie, nous pouvons avoir la même opinion à l’égard de celles que nous n’avons pas examinées, ou dont la conservation était imparfaite.

Nous ne partageons pas l’opinion de M. d’Orbigny qui, dans sa Paléontologié française y indique, comme devant appartenir au genre Anatine , les Tellina dubia et corôu/^/ormîs de Rœmer , le Sanguinolâria lata de

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Goldfuss, ainsi que notre Phoîadomia soîenoides. De ces espèces, les trois premières sont pour nous des Thracies, et la quatrième a en réalité la forme générale des Analines ; mais aucuns des individus que nous avons eus sous les yeux n’offraient la moindre trace des caractères essentiels du genre, et en conséquence, nous avons placé cette coquille parmi les Pholadomyes, parce qu*elle nous a paru en avoir la charnière simple et sans dents.

Les Analines sont des coquilles marines, qui vivent enfoncées perpendiculairement dans le sable ou dans la vase à de faibles profondeurs sous Teau; nous en comptons cinq espèces vivantes, qui toutes proviennent des mers chaudes de l'Amérique et de l'Inde. Les espèces fossiles sont plus nombreuses, mais ce ne serait pas sans courir le danger de commettre des erreurs involontaires, sil’on admettait, sans contrôle, toutes cellesquisont inscrites dans les catalogues. On applaudira au doute qui s’élève dans notre esprit, lorsque l’on se souviendra de la confusion qui naguère régnait parmi les espèces d' Analines ; la réforme que nous avons proposée dans ce genre, ignorée de quelques personnes, auxquelles on doit des listes ou des catalogues de fossiles, nous laissent dans la plus grande incertitude au sujet des espèces mentionnées par elles.

M. Sismonda, dans son Synopsis methodica animalium inveriehratorum pedemontii fossiltujn , indique deux espèces d’Anatines des terrains tertiaires de l'Astesan : Tune d’elles est considérée comme l’analogue de l’Anatina rostrata. Deux autres espèces tertiaires sont mentionnées par M. S. W. Wood dans son catalogue des coquilles fossiles du crag d'Angleterre, mais les zoologistes anglais conservent encore parmi les Analines des coquilles qui sont étrangères à ce genre, et rien ne peut nous douner la certitude que les deux espèces en question sont réellement des Analines. M. Philippi à également rapporte deux espèces tertiaires des terrains de la Sicile au genre Anatine ; mais il nous est assez facile pour celles-ci d’avoir une opinion, car l'auteur en donne une description et une figure; l’une d'elles, petite cl aplatie, dont une seule valve a été observée par l’auteur, n’est point une Anatine et nous paraît d'un genre encore incertain; l’autre espèce est une Thracio dont le cuilleron est un peu plus détaché et plus saillant que dans les autres espèces du mèine genre j elle manque de l’arc-boutant des cuillerons et de la fente des crochets; elle n’est donc pas une véritable Anatine.

M. d’Orbigny, dans sa Paléontologie française^ mentionne huit espèces (l’Anatines dans le terrain CTétacé. L’une d'elles, Aîialina Tîof/ana, est propre à la craie chloritée; les sept autres se distribuent dans le terrain néocomien ; mais il en est une, Anatîna Agassizi, qui se rencontre â la

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fois dans le terrain néocomien de la France et de la Suisse. Une espèce a été également mentionnée par M. d’Orbigny dans les terrains crétacés do l’Amérique méridionale.

Si l’on admet avec nous huit espèces de Cercomya jurassiques de M. Agassiz dans le genre Anatine , si l’on y ajoute le Sanguînoloria undulata de Sowerby, on aura neuf espèces dans cette série géologique, audessous do laquelle le genre est jusqu’ici démeuré inconnu, M. Agassiz , dans ses études critiques, distribue les neuf espèces en question de la manière suivante.

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