Mésodesme cornée , Mesodesma œmea. Desh
M. testa ovatO’tri^onâ, transversâ, posteriüs breviorcy obtusâ^ lœvigatây crassây albo-fulvo-griseo-'variegatây subradiatâ, intus albâ Dtl griseo^macuîatâ.
Lister. Conch. pl, SSg. fig, aaS.
Telîina, Schroeter. Einl. t. 3. p, la. n« 35,
Tellina 'variegata, var j3. Gmeliu. Syst. uat. ed, i3. p. 3a37. 45.
Mactra cornea, PoU. Test, des Deux-Sicil. t. i. p. 73. pl. 19. f. 8 à ii.
An Mya donacina? Méin. de la Soc. d’hist. nat, de Copenii.
Donax plebeia. Montagu. Test, brit, p. 107, pl. 5. f. 2,
Id. Maton et Rackett. Liun. trans. t. 8. p. 76.
Id. Pennaut. Brit, zool. a® éd, ( iSra). t. 4. p. 199. a" 4.
Id, Dorsel. Catal. p. 38. pl. 5. f, i3.
Id^ PuUney io Dorset. Cat. p. 32.
Id. Dillwyn. Cat. t. i. p, iSa. n® g.
Amphidesma donactUa, Lamarck. Anim. s. vert, t. 5. p, 490* o* 2.
Id, Turton. Couch. dicl. p. 42, a® 4.
Id, Turton. Brit. Fauna, p. i56,
Id. Xuilon, Conch. ius. brit. p. 126. n°
Donax plebeia. de Gerville. Cat. des coq, de la Manche, p. aS. n® 4.
Erycina plebeia. Sowerby. Gen, of shells. a® 10. f. 3.
Amphidesma donacilla. Payraudeau. Cat. des moll, de Corse, p. 3r. a® 42.
Donax plebeia. Wood. Ind. testac. pl. 6. f. 9.
Amphidesma donacilla, Collard des Cherres. Calai, des test, du Finist. p. r5.
Mesodesma donacilla, Deshayes. Hxpéd. scient, de Murée, zool. p. 90. a® 22.
Id. Deshayes. Eucycl. mélh. vers. t. 2. p. 444» t»® 5.
Id. Deshayes , dans Lamarck. Anim. s. vert, a* éd. t. 6. p. 126. n® a. p. r33. n® 6.
3i6 NEÜVIBME FAMILLE.
Crassatella? cor//c£r, Scacchi. Caf, conch. regii. iieap. p. 6.
DonaciUa Lamarchii. Phi'ippi, Knuin. moll. Sicil. t. i. p. 87.
Amphidesma donaciïla. Maravigna. Méin. p. servir à Thist, jiaL de la Sicile, p. 75.
Erycina plebein, Sowerby. juu. Concli. luan. f. 86,
lleeve Courh. sysl. t. i. p. 65. pl. 45. f. 5.
Mesodesma donacUla. Hanley. Descript. catal. p. 89.
/</, Forbes, Report nn theOEgean inverl. p. t44.
Thorpe. Riit, mar, concli. p, 53,
Calîow. L'oiicli. nomenclat. p. 16.
Donax plebeia. Fleming. Rrit. anim. 2* cd. p. 4^4»
Mf sodesmn tlonacilla. Philippi. moll. Sicil. t. 2. p. 29.
Habite l'Océan d’Kurope.
Nous avons été obligé de changer le uoin, le plus généralement reçu, pour désigner celle espèce; abondamment répandue dans toutes les mers de l’Europe , elle a été connue de Lister et do la plupart des conchyliologistes, ainsi quele témoigne la synonymie qui précède. Schrocler, qui avait préparé les clémenls d’une Conchyliologie plus complète que celle de Linné , avait puisé dans les ouvrages de ses devanciers toutes les espèces non mentionnées dans la IS*" édition du Syslema miuræ , et les avait classées à la suite des espèces linnéennes, en les désignant, non par une dénomination spécifique, mais par un numéro d’ordre. .lugeant du Mésodesme qui nous occupe d’après la figure de Listeiq il l'introduisit parmi les Teiiines. Gmelin accepta celte opinion; mais, au lieu d’en faire une espèce distincte , il la confondit à titre de variété dans une espèce de Telliue déjà connue, llientôt après, Poli décrivit et figura celte môme espèce dans sou grand ouvrage, et lui imposa le nom de Mactra cornea. Ce nom de cornea est donc le plus ancien et par cela seul il doit être conservé à l’espèce; on doit donc rejeter celte dénomination 6e plebeia imposée en 1803 par Montagu , c’est-à-dire dix ans après la publication de celle de Poli. On conçoit dès lors que tous les autres noms, proposés depuis cette époque, doivent être définitivement rejetés.
Le Mesodesma cornea est l’une des espèces que l’on distingue le plus facilement; car il est le seul qui soit orné de couleurs variées. C'est une petite coquille donaciformo , aplatie , lisse , ovale-lransverse très inéqujlatérale, ayant le côté postérieur obliquement tronqué , et le côté antérieur plus allongé , étroit et comprimé. A l’intérieur, la coquille est très lisse, elle est d’un blanc corné, tantôt jaunâtre, tantôt grisâtre. La
LÈS AMPHIDRSMIDES.
ciiarnière est épaisse et solide; les dents latérales sont grosses et épaisses, surtout l’antérieure. La fossette du ligament est étroite, profonde, elle ne dépasse pas la largeur du bord cardinal. U existe une dent cardinale sur chaque valve ; elle est très épaisse sur la valve droite , plus étroite sur la gauche. Les couleurs de cette espèce sont extrêmement variables ; on trouve des individus d’un blanc pur et d'autres d’un gris noirâtre d'une égale intensité. Entre ces deux extrêmes se montre une foule de variétés rayonnées ou vergetées , réunissant quelquefois ces doux sortes de coloration sur le môme individu , et commençant l'une et l’antre par des nuances très pâles , pour finir par des nuances foncées , en embrassant une foule d'individus pour arriver du commencement à la fin d’une môme série. Pour donner un exemple do cette extrême variabilité, nous dirons que, si l’on voulait les réunir, on en compterait au moins une soixantaine qu’il est possible do rattacher à quatre ou cinq types principaux. Celte coquille est longue de 20 à 25 millimètres, large de 12 à -15 millimètres et épaisse de 7 à 8 millimètres.
DIXIÈME ÏAMHJ;E.
Latrcili.k.
CARACTÈRES. — Animal aval , suborbicul aire ou transverse , ayant les lobes du manteau réunis en arrière et prolongés en deux longs siphons grêles , inégaux et désunis clans toute leur longueur. Palpes labiales grandes et triangulaires. Branchies petites ; le feuillet interne tombant de chaque coté dans la cavité du manteau, le feuillet externe relevé vers le clos; pied médiocre, aplati, triangulaire.
Coquilles peu épaisses, obrondes, ovales ou transverses , équivalves, régulières, ayant quelquefois un pli irrégulier sur le côté postérieur, un peu bâillantes en avant et en arrière ; bords minces, simples et tranchants. Charnière a3'‘ant un cuilleron oblique , quelquefois appuyé au bord dorsal pour un ligament interne ; une ou deux petites dents cardinales ; des dents laté-
DIXIKME FAMILLE.
Jl8
raies dans la plupart. Impression palléale présentant en arrière une sinuosité profonde, ovale ou fortement dilatée.
GENRES. — Amphidesina ^ Cumingia ^ Trigonella^ Syn^ dosmya.
Nous réunissons dans la famille des Amphidesmides quatre genres, qui, avant nous, étaient disséminés dans d’autres groupes et se trouvaient ainsi hors de leurs rapports naturels. Trois des genres étaient connus de Lamarck; mais il en confondait deux parmi les Amphidesmes, le troisième fait partie du genre Lutraire; tous trois appartenaient à la famille des Maclracées du naturaliste dont nous rappelons les travaux. Cuvier ne mentionna qu’un seul des genres , que nous nous proposons d’introduire dans la famille des Amphidesmides ; ce genre est celui des Lavignons. Cuvier en fit un sous-genre des Mactres pour l’éloigner des Lutraires, entraînées dans la famille des Enfermées à la suite des Myes. La classification de Cuvier ne gagna rien sous ce rapport dans la 2® édition du Rè^ne animal. M. de Blainville , comme nous avons eu occasion de le répéter souvent, proposa dans son Traité de Malacologie une classification des Mollusques acéphalés , qui se rapproche beaucoup de celle de Cuvier. Cependant en ce qui concerne les genres qui nous occupent, il eut des opinions à lui ; c’est ainsi, par exemple, qu’il comprend les Amphidesmes parmi les Lucinesà litre de section. Cette opinion de M. de Blainville peut être justifiée par la composition même du genre de Lamarck. Ainsi que nous le verrons bientôt , parmi les seize espèces d’Amphidesmes, une seule doit être conservée dans le genre, toutes les autres se rangent dans sept ou huit genres différents, parmi lesquels les Lucines sont représentées par deux espèces. M. de Blainville était autorisé à considérer ces deux espèces de Lucines comme types des Amphidesmes de Lamarck, et à transporter le genre entier dans les Lucines. Un autre genre, celui des Lavignons, M. de Blainville le fait passer dans sa famille des Pyloridés, et, à l’exemple de Lamarck, l'a laissé comme section du genre Lutraire, genre auquel M. de Blainviile donne le nom de Lutrioolle.
Dans sa Paléontologie fninçal-ie^ M. d’Orbigny a établi une classification nouvelle des Mollusques acéphalés; il propose d'introduire la plupart des genres qui nous occupent dans la famille des Tellinides, sans chercher, au reste, à justifier le rapprochement de genres, qui n’ont entre eux que des rapports fort éloignés. Il compose cette famille des genres DonacUla, équivalent pour M. d’Orbigny à notre genre
LKS AMPHIDESMIDES . 819
Mèsodesme , Laviqnon, Amphidesma , At'copagia, Tellina ^ Capsa et Donax,
Nous avons vu, en traitant des Mésodesmes, que Tanimal de ce genre a des caractères qui le distinguent nettement et le séparent des Tellines et des Donaces, non seulement par les siphons et les tentacules dont ils sont pourvus, mais encore par les branchies, qui offrent des caractères d’une si grande valeur pour la classification de ces animaux. Le Lavignon a aussi des caractères qui ne permettent pas de le rapprocher du genre précédent. La longueur des siphons , la terminaison de ces organes, mais plus particulièrement la forme et la position des branchies ; tous ces caractères, en un mot , le repoussent d'une famille dans laquelle se trouvent les Mésodesmes. Le gdnre Arcopagia de Brown devient doublement inutile, ayant été créé aux dépens des Tellines pour celle des espèces qui sont ovales et obrondes , tel que le TelUna Jîemies, par e.xemple. Il est à présumer que son auteur se serait évité la formation de ce genre . s’il avait eu sous les yeux l’animal de ces espèces ; il ne lui aurait trouvé aucune différence avec celui des espèces allongées et transverses. Bientôt nous ferons voir les rapports qui existent entre les coquilles des Amphidesmes et celles de ce groupe particulier des Tellines. Ces rapports, plus apparents que réels, n'empêchent pas les Amphidesmes de faire partie d’une famille distincte de celle des Tellines. Quant aux Capses et aux Donaces , ces genres constituent un petit groupe aussi nettement séparé que celui des Mésodesmes , et ces genres ne doivent en aucun cas rester dans la famille des Tellinides ; car, ainsi que nous le verrons bientôt, les Tellines s’éloignent de ces genres, non seulement par la forme et la grandeur des siphons, mais surtout par les caractères plus fondamentaux, empruntés aux organes delà respiration,
La critique que nous venons d’adresser à l’arrangement de M. d’Orbigny pourrait s’appliquer assez exactement a l’arrangement nouvellement proposé par M. Gray dans la 15® partie des Procès-verhattx de la Société zooiogique de Londres. La famille des Tellinides de M.Gray renferme onze genres , parmi lesquels se trouvent , à côté des Tellines , les quatre genres qui constituent notre famille des Amphidesmides. AI. Gray commence par rapporter l uii des genres, celui nommé Gummj/fa par Sowerby, au genre Amphidesme, tel qu'il a été récemment corrigé. Quoiqu’il y ait des rapports évidents entre les deux genres en question , cependant ils conservent des caractères distinctifs d’une assez grande valeur pour mériter d’être conservés. A ces quatre genres, M. Gray joint les Psammobies, les Tellines, les Donaces, les Capses, et, ce qui
nous a paru plus étonnanl, le genre Galatée de Bruguière et de Laraarck.
M. Gray ne conserve pas aux genres qui nous occupent les dénominations par lesquelles ils sont le plus généralement connus. C’est ainsi qu’il préfère au nom. d’Amphidesme de Lamarck, celui de Semele , proposé au même genre par Schumacher. Sans doute que l'ouvrage de Schumacher est de 1817, tandis que le 5* volume des Animaux sans vertèbres ÙQ Lamarck est de 1818. Mais Lamarck, qui, chaque année, professait et qui chaque année perfectionnait ses méthodes , avait créé le genre Aniphidesme avant la publication du volume dont nous venons de parler; d'après cette réilexion, il ne faut pas s’étonner si le plus grand nombre des conchyliologues se sont attachés à conserver la nomenclature d’une méthode universellement répandue. En cherchant à expliquer la préférence que l'on adonnée jusqu’ici au genre Amphidesme de Lamarck, nous ne voulons pas^dire par là, qu'il faut soustraire cette dénomination générique à la règle inflexible de la priorité. 11 y a des travaux dont il faut respecter l’ensemble, on l’a fait pour ceux de Linné ; il nous semble que ceux de Lamarck doivent inspirer un respect non moins grand, et qu’il ne faut y toucher qu’avec une extrême réserve. Les créations d’un génie supérieur ne sont pas choses si communes, qu’il soit permis d’y apporter des modificalions, capables d’en dénaturer l’ensemble et l'esprit.
Pour le genre Lavignon, .M. Gray préfère la dénomination de Arenaria, proposée par M. Megerleen I8H ; il nous semble qu'il eût été préférable de remonter encore plus haut dans l’histoire de ce genre, et d'accepter le nom de Trigonelki que lui a imposé Da Costa.
Un genre , créé sous le nom de Sijndosmye par M. Kéclnz , a été assez généralement accepté, parce qu’en effet il constitue un petit groupe fort naturel. M. Gray adopte le genre, mais il refuse le nom , et il préfère celui de Abra, proposé par Leach en 1817, dans un manuscrit qui est resté jusqu’ici inédit. Les zoologistes anglaisent eu l'intention, à plusieurs reprises, défaire prévaloir les dénominations de leurs auteurs, au moyen de leurs manuscrits. C’est ainsi que les noms de Solander ont été préférés par les zoologistes anglais à ceux de Grneîin et d’autres naturalistes, auxquels il était impossible d’avoir connaissance de ces manuscrits. La même prétention se manifeste chez M. Gray en faveur des manuscrits de Leach. Cependant, longtemps égarés, iis n’ont pu être consultés d’aucun des naturalistes contemporains ; les travaux de M. Gray lui-même le témoignent, et vouloir aujourd'hui s’en servir pour établir une priorité en faveur d’un certain nombre de
LES AMPfllDESMIDËS.
genres, c'est assurément un procédé très injuste , puisqu’il tend à introduire dans la science une fâcheuse rétroactivité. Mettant hors de question la sincérité do ces manuscrits , il suffirait donc à un naturaliste de préparer un travail inédit pour venir troubler ensuite la science à une époque plus ou moins éloignée. Cela no peut être admis ; car pour M. Gray, aussi bien que pour les autres naturalistes , une observation quelconque ne devient authentique et ne prend date dans la science qu'au moment de sa publication, encore faut-il que cette publication 'soit de nature à se répandre assez pour parvenir à la connaissance de tous ceux qu’elle intéresse. Or, un manuscrit n'est point une publication, à plus forte raison si ce manuscrit reste inconnu pendant près de trente ans ; ainsi par cette seule raison nous repoussons invariablement , de la nomenclature conchyliologique , tous ceux des genres de Leach dont l’existence a été révélée, soit par un nom sans signification , soit par la récente publication de ses manuscrits.
Les quatre genres que nous réunissons dans la famille des Amphidesmides ont des caractères communs qui les rapprochent. Ainsi tous ont une coquille régulière à charnière dans laquelle le ligament est placé sur un cuilleron intérieur. Ce cuÜleron est plus ou moins oblique, peu incliné dans le Cumingia^ il l’est un peu plus dans les Lavignons, davantage encore dans les Syndosmyes, ainsi que dans les Amphidesmes. En avant de ce cuilleron, la charnière porte une ou deux den's cardinales, et presque toujours des dents latérales ; car le seul genre Lavignon manque de ces parties.
Les impressions musculaires sont semblables dans les quatre genres ; nous retrouvons aussi dans l’impression palléale des ressemblances considérables. Cependant dans les Lavignons et dans les Syndosmyes, cette impression est plus grande et plus dilatée dans le milieu que chez les Amphidesmes et les Cumingies ; néanmoins par leur forme elles annoncent , dans les quatre genres , des animaux terminés en arrière par de longs siphons séparés.
La forme générale des quatre genres est assez variable; les Syndosmyes sont généralement transverses, les Cumingies sont plus ovales, et par là se rapprochent des Ampbidesmies qui sont suborbiculaires. Les Lavignons , au contraire, affectent une forme triangulaire. Dans les quatre genres, les coquilles sont légèrement bâillantes en avant et en arrière; dans les Syndosmyes elles Amphidesmes, il existe un pli irrégulier le long du bord postérieur, semblable à celui des Tellines, Ces coquilles sont même quelquefois un peu inéquivalves , ainsi que cela arrive dans un certain nombre d’espèces do ce dernier genre. Les
ai
Lavignons et les Cumingies, quoique plus réguliers, conservent cependant une trace de ce pli postérieur.
Toutes les coquilles que nous rassemblons dans la famille des Amphidesmides sont minces, fragiles, à l’exception de quelques Amphidesmes, qui prennent un peu plus de solidité.
Les animaux de deux genres seulement nous sont connus; ce sont ceux des Syndosmyes et des Lavignons , ils ont entre eux de tels rapports, que Ton serait tenté de les réunir en un seul genre. Il ont les palpes labiales fort grandes , triangulaires ; les branchies sont petites ; une seule paire de feuillets , l’interne, tombe de chaque côté du corps dans la cavité du manteau. Les feuillets externes se relèvent vers la région dorsale; le pied est médiocre, comprimé; les lobes du manteau sont désunis jusqu'à l’extrémité postérieure de l’animal , et ils se prolongent en arrière en deux siphons inégaux , dont l’un , le branchial , a en longueur cinq ou six fois le diamètre Lransverse de la coquille.
Tous les mollusques de cette famille habitent les plages sableuses, dans lesquelles ils s’enfoncent perpendiculairement , de manière à faire saillir en dehors de leur demeure une portion plus ou moins considérable de leurs siphons. Quoique nous ne connaissions pas les animaux des genres Ciimîngfïa qI Àmphidesma , nous croyons fermement qu’ils ont une organisation semblable à celle des deux autres genres. Notre croyance se fonde particulièrement sur la forme des impressions musculaires, et surtout sur celle de l'impression palléale. Dans les Lutraires et dans les Myes, chez lesquels les siphons sont grands et réunis, la sinuosité palléale est largement ouverte en arrière ; celte disposition se retrouve aussi chez les Mactres. Chez tous les mollusques à siphons allongés , grêles et désunis, l'entrée de la sinuosité du manteau est rétrécie, et c’est ce qui a lieu dans les deux genres dont nous parlons. C’est à- cause de ce caractère que nous les comprenons avec les deux autres dans une même famille, et nous pensons que si plus tard ils doivent occuper une autre place, faire partie d’une autre famille , c'est parce qu'ils auront offert des différences dans d'autres parties de leur organisation.
LES AMl’HIDESMIDES.
GENRE TRExNTE-DEUXIÈME.
CUraiSirGli:. Cumingia.
PI, 8 bis, f. g. 10. 1 1.
CARACTERES GENERIQUES. — Animal iiiconnu.
Coquille ovale-transverse, subéquilatérale, équivalve, aplatie; le côté antérieur plus allongé, arrondi, le postérieur subtronqué , terminé par un angle peu saillant ; crochets petits, à peine proéminents. Charnière présentant au milieu un cuilleron triangulaire, perpendiculaire pour un ligament interne, et sur son côté antérieur une seule petite dent cardinale sur chaque valve; deux dents latérales, également distantes de la charnière et sur la valve droite seulement. Impression musculaire antérieure ovale-oblongue ; la postérieure plus grande et circulaire; sinuosité de l’impression palléale horizontale, ovale, oblongue, très profonde.
SYNONYMIE GENERIQUE. — Mactra , Conrad.
OBSEnvATioNs. — Genre proposé par Sowerby en h 833 dans les Proceedings de la Société zoologique de Londres, et dédié à M. Cuming, l'un des hommes auquel la Conchyliologie est redevable des plus heureuses découvertes et des plus abondantes collections, qui aient été rassemblées par un voyageur, II aurait été difficile de se faire une juste idée du nouveau genre d’après la courte description de M. Sowerby. Mais ce naturaliste, dès l’année suivante , en donna de bonnes figures dans le n” 40 do son Généra of shells. Depuis ce moment l’utitilé du genre Cumingie ne pouvait être contestée ; on reconnaissait dans les coquilles qui y sont réunies, des caractères particuliers; le genre fut donc généralement adopté. Si les conchyliologues ont été d’accord à cet égard, ils eurent des opinions diverses sur la place que le genre doit occuper dans la méthode. L'auteur du genre ne se prononce pas sur les rapports à lui donner, il laisse la question indécise. En reproduisant le genre dans son Synopsis testaceorum vlventium M. Müiler l’introduit dans la famille des Nymphacées de M. Menke, à la suite des Mésodesmes et des Amphidesmes. Nous ne savons trop si M. Menke
lui-méme aurait adopté cet arrangement de M. Muller. Nous ne voyons rien dans lo Synopsis methodicu .^folhiscoriim qui le justifie. La famille des Nympliarces de M. Menke est très étendue, mais elle ne contient ni le genre Ampliidesme , ni le genre Mésodesme ; elle est constituée k peu près comme celle du mémo nom , instituée par Lamarck, ce qui nous fait croire que M. Menke aurait préféré un tout autre arrangement, s'il avait connu le genre dont nous nous occupons.
Dans son Traité de Malacologie, M. Swainson agrandit la famille des Tellinides de Lamarck , et la divisa en deux sous -familles ; la première sous le nom deCyclinœ, contient les six genres Cyclas , Cyrena, Megadesma [Galatheaf Lamk.), Gnathodon, Cnmingia Gl Erycina (J/csodesma^ Desh.), c’est-à-dire des genres, qui sc repoussent pour la plupart, par les caractères les plus essentiels. C'est ainsi que les Gnathodon SC rapprochent des Mactros; les Cumingia, comme nous le verrons, ne doivent pas s’éloigner des amphidesraes, tandis que les Erycines de M. Swainson , correspondant à nos Mésodesmes , doivent constituer un groupe particulier. Ainsi , dans la méthode que nous examinons, le genre Gumm(/fa n’est pas à sa place.
M. Reevc , dans sa Conchyliologie systématique , a mieux compris les rapports du genre Cumingia ; il l’introduisit dans la famille des Mactracées à la suite des Amphidesraes. Cette famille des Mactracées do M. Reeve est plus étendue que celle de Lamarck , mais elle est fondée sur les mémos caractères , et c'est dans celte famille , en effet , que doit • se trouver le genre Cumingia. M. Sowerby le jeune , dans son Manuel de Conchyliologie, partage d’abord l’opinion de M. Reeve à l'article <7umingia, mais en indiquant plus tard les genres qui doivent entrer dans la famille des Myaires, il y comprend au.ssi les Cumingia. A laquelle de «es deux opinions M. Sowerby s’est-il fixé? Il est à présumer, que c’est par une eireur involontaire que le genre Cumingia est dans la famille des Myaires, à la suite des Myochama et dos Cleidothærus , car il n’a avec eux aucune espece de rapports. M. Ilanley a préféré , avec juste raison, l’opinion deM. Reeve, et il admet les Cumingies dans la famille des Mactracées ; mais il com;oit pour cos coquilles des rapports nouveaux, c’est près des Ligules do Montagu que M. Hanley voudrait mettre les Cumingies. Il faut se rappeler que ce genre Ligule correspond aux Syndosmyes do M. Reeve. Mais avant d'admettre ou de rejeter l’une des opinions que nous venons de rapporter, avant d'exposer la nôtre, il est nécessaire d’examiner en détail tous les caractères du genre dont nous nous occupons.
Une espèce de Cumingie, découverte aux États-Unis, a été décrite
LES AMPHIDESMIDES.
par M. Conrad , sous le nom de Mactra telUnoides , non seulement dans le JouDial de f Academie des sciences naturelles de l^liiladelpfiie, mais encore dans sa Conchyliologie marine d'Amérique. Plus lard, AI. Conrad a adopté le genre Citmingia , et y a placé l’espèce dont nous venons do parler. Al. Gould, dans son excellent Catalogue des invertébrés de Mas~ sachiissets, a suivi l'exemple de AI. Conrad en adoptant le genre Cnmîngia, et en l'introduisant dans la famillo des Alactracées. Nous allons voir pourquoi, de toutes les classifications proposées, nous préférons celle de M. Hanley, toutefois après lui avoir fait subir des modifications dont nous exposerons bientôt les motifs.
Les Cumingies sont des coquilles d'un médiocre volume, qui ont l’habitude de vivre dans les fentes des rochers , dans leurs anfractuosités, et non plongées dans le sable ou dans la vase, ainsi que les Lutraires. Ces coquilles sont ovales, transverses , subéquilatérales. Le côté antérieur est un peu plus allongé que le postérieur ; il est obtus . arrondi; le coté postérieur est obliquement tronqué, et il se termine par un angle inférieur et postérieur assez aigu; les bords sont simples, tranchants et les valves réunies no sont pas parfaitement closes ; elles offrent un faible bâillement en avant et en arrière : le test est peu épais , blanc ou d’un blanc jaunâtre ; la surface externe est presque toujours chargée de stries ou de lamelles transverses, plus ou moins régulières , comparables à celles du Tellina fragiUs de Linné. Les Cumingies sont des coquilles plus aplaties que globuleuses ; elles ont en arrière , le long du bord postérieur, une légère inflexion, comparable a celle des Tellines. Elles montrent souvent une irrégularité qui annonce dans le développoment des individus une gêne qui provient, sans aucun doute , do leur manière de vivre.
Les impressions musculaires peuvent se comparer à celles des Syndosmyes; l’autérieuro est ovale-oblongue , située très près du bord antérieur, un peu arquée dans sa longueur ; souvent elle occupe la plus grande partie de la hauteur du bord antérieur. L’impression musculaire postérieure estarrondie, elle est proporlionellemenl plus grande que dans les autres genres avoisinants ; placée près do rextrémilé, elle est plus près du bord inférieur quode la charnière; un peu au-dessus de chacune de ces impressions musculaires, on en remarque une très petite, qui est due aux muscles rétracleurs du pied. L’impression palléale doit être étudiée avec soin dans ce genre, elle fournit d'utiles indications pour déterminer ses rapporis. Cette impression part, comme à l’ordinaire, de l’extrémité inférieure du muscle antérieur ; elle se place à une petite distance du bord et le suit parallèlement, elle s’arrête au niveau du bord
antérieur de l’impression musculaire postérieure ; à partir de ce point , Timpression palléale rentre sur elle-même et se dirige d'arrière en avant; les deux lignes, d’abord confondues jusque vers le milieu du bord ventral , se détachent, et celle qui circonscrit la sinuosité palléale se courbe en ovale à une petite distance du muscle antérieur, et se dirige de nouveau en arrière, tantôt en s’infléchissant un peu et en se dilatant dans son trajet, tantôt circonscrivant une ellipse allongée et régulière. Parvenue dans le voisinage du muscle, la ligne de l’impression se courbe rapidement et se joint , comme une tangente , à la circonférence de l'impression musculaire , do sorte que l’entrée de la sinuosité est rétrécie par le muscle postérieur.
La charnière offre des caractères bien distincts ; le bord cardinal est étroit , il est divisé en deux parties presque égales par un cuilleron assez grand, triangulaire, saillant dans l'intérieur des valves et à peine incliné en arrière. En avant de ce cuilleron s'élève, sur chaque valve, une seule petite dent cardinale, simple, étroite, quelquefois obsolète sur la valve gauche. En avant et en arrière de cette charnière , et à peu près à égale distance , s'élève une dent latérale grande , triangulaire , pointue au sommet et séparée du bord par une gouttière assez profonde. Ce qui est fort remarquable, c’est que ces dents latérales n’existent que sur une seule valve, la valve droite; la gauche n’en présente aucune trace; seulement la portion du bord correspondant aux dents latérales est arrondie , polie , un peu plus saillante et destinée à être reçue dans la gouttière ménagée derrière la dent. Les dents latérales des Cumingtes ressemblent à celles d’un grand nombre de Tellines.
Maintenant que nous connaissons exactement les caractères du genre Cumingie , pour en apprécier la valeur, il est nécessaire de les comparer à ceux des genres les plus voisins. Les Lutraires ont un cuilleron médian, saillant , non incliné ; elles ont aussi , pour le plus grand nombre, des dents latérales. Elles ont aussi la sinuosité palléale profonde , ovalaire et horizontale; mais dans les coquilles dece genre, la dent cardinale est en V, et elle ressemble à celle des Mactres ; les dents latérales existent sur les deux valves; la sinuosité palléale n'est jamais rétrécie à son entrée; ce caractère n’est pas sans importance. Ces différences no sont pas les seules; les Lutraires sont grandes, bâillantes de cha((uecôté; elles vivent enfoncées dans le sable. Il n’est pas nécessaire de comparer les Cumingies aux Mactres , les différences sont trop apparentes, pour avoir besoin de les rappeler ; il n’en est pas de même des Âmphidesmes , près desquelles tous les conchyliologues ont une tendance à ranger les Cumin-
LES AMPBIDESMIDES.
gies ; il existe cependant entre ces deux genres des différences assez notables. Ainsi, dans les Âmphidesmes, le cuilleron n’est pas saillant dans l’intérieur des valves , il est couché le long du bord postérieur ; les dents latérales existent sur les deux valves. La sinuosité palléate mérite une attention particulière. Dans les Amphidesmes, elle est toujours entièrement détachée du bord ventral, elle s'élève obliquement d’arrière en avant et de bas en haut , produisant ainsi un angle aigu avec le grand diamètre transverse. Cette impression , dans les Amphidesmes, est à peine rétrécie à son entrée, et elle ressemble à une ellipse à laquelle manque un des petits côtés. Les différences qui se montrent entre les Amphidesmes et les Cumingies , ne sont donc pas moins grandes que celles qui existent avec les Lutraires. Nous avons encore à examiner deux genres , les Lavignons et les Syndosmyes. Les Lavignons diffèrent des Cumingiës par l'obliquité du cuilleron de la charnière, ainsi que par l’absence des dents latérales ; mais la sinuosité du manteau , horizontale , dilatée dans le milieu, soudée dans une grande partie de sa longueur à la portion ventrale, rétrécie à son entrée, par l'abaissement du muscle postérieur, présente déjà beaucoup d’analogie avec celle des Cumingies, qui reste plus étroite et plus ovalaire. Quant aux Syndosmyes , elles avoisinent bien plus les Cumingies , car elles ont aussi des dents latérales ; il est vrai que le cuilleron est oblique , aussi pourrait-on dire que les Cumingies sont des Syndosmyes à cuilleron redressé. Néanmoins il y a d'autres différences; le Cumingies sont des coiÿiilles plus épaisses, plus grandes, et la sinuosité pallôale est en proportion plus étroite, plus régulièrement ovalaire que celle des Syndosmyes. De toutes les observations précédentes nous pouvons tirer des conclusions pour déterminer rigoureusement la place que doit occuper le genre Curaingie dans une méthode naturelle. Comme cela arrive si souvent, ce genre a des rapports compliqués d’un côté avec les Lutraires parla forme et la position du cuilleron, et par rhorizontalité de l'impression palléale; d’un autre, avec les Amphidesmes par l’inflexion postérieure des valves, mais il se rapproche davantage de Syndosmyes par les dents latérales, par la sinuosité palléale horizontale mais rétrécie à son entrée. Nous attachons quelque importance à ce dernier caractère, parce que nous avons observé que, partout où il existe, l’animal a les siphons disjoints dans toute leur longueur. Les Lavignons , les Syndosmyes, les Tellines et les Diodontes nous offrent des exemples de cette corrélation entre le rétrécissement de l'entrée de l’inflexion etl’existence dedeux siphons désunis; et cela se concevra, si l'on fait attention que dans les mollusques à siphons réunis, comme les Solens, les Lutraires, les Mactres, les Myes, les muscles rétracteurs de ces
organes se continuent pour ainsi dire dans les parois sans se condenser en un tendon, tandis que dans les mollusques, dont les siphons sont désunis, le muscle rétracteur, semblable à un éventail, se termine en un tendon épais, qui so porte à la cloison intérieure qui sépare l’ouverture des siphons. De cette disposition organique résulte chez les uns, la possibilité du rétrécissement de l'entrée du sinus postérieur; chez les autres, l’impossibilité de ce rétrécissement, puisque le muscle doit embrasser les siphons réunis dans toute la largeur de leur base.
C'est ainsi que par un examen approfondi des caractères des coquilles, dans ieur relation avec l’animal , on parvient à déterminer plus rigoureusement les rapports des genres dont les animaux ne sont point connus. Nous modifions en cela l’opinion des conchyliologues , que nous ne mettons pas les Cumingies dans la famille des Mactracées , mais dans celle desamphidesmides avec les Lavignons et les Syndosmyes.
Les Cumingies sont des coquilles des climats chauds do l'Amérique, de l’Australie et des mers de l’Inde ; le nombre des espèces connues est peu considérable. M. Reeve, dans son Conchologisl nomenclator, en cite six espèces vivantes. M. Soworby dit que ce genre n'est point connu à l’état fossile; nous avons, cependant, fossile de l'Amérique septentrionale, le Mactm lelUnoides , de Conrad, qui est une véritable Curaingie :
Six espèces vivantes.
Une fossile do l'Amérique septentrionale ; c’est la suivante :
Cumingie tellinoïde. Cumingia tellinoides. Conrad.
PI. 8 his, fig. 9. 10. 11.
C, testa ovatO’transversâfteqiiilaterâ, antice obttisâ f postice angulatâ y (enniy/ragiUy alhây transversim striata; striis intequalibus ; dentibus lateraiibns^ inagnis,
Mactra teUinoides. Conrad. Journ. ac. nat. sc. t. 6. p. aSS.
Id, Conrad. Amer. mar. Conch. 6o. pl. 14, f. a.
Cumingia telUnoides, Conrad. Journ. acad. nat. sc. t. 7. p. a34.
Id. Gould. luvcrt. of Massachussetts, p. 56. f. 36.
• t ’ onch. noraencl. p. 18. u® 5.
Vivante dans les mers d’Amérique.
Fossile dans les terrains tertiaires supérieurs de l’Amérique septentrionale.
LES AMPHIDESMIDES.
Petite coquille ovale -transverse, comprimée, ayant assez bien l’apparence d’une petite Telline, ainsi que sou nom l’indique; elle est équilatérale, mais son côté antérieur est plus large que le postérieur. Ce côté antérieur est obtus , coupé en demi-cercle ; le postérieur se termine en arrière par un angle assez aigu ; le bord dorsal postérieur est droit et descend obliquement du crochet à l’angle postérieur; les bords sont simples, minces et tranchants, à peine bâillants, en avant et en arrière; les crociiets sont petits, peu obliques et dominent à peine une petite lunule lancéolée, qui se dessine au-dessous d’eux sur le côté antérieur. Le cuilleron est petit, symétrique, sans la moindre obliquité; les dents latérales sont grosses et saillantes. La surface extérieure est couverte do stries transverses, nombreuses, pressées les unes contre les autres, mais inégales et peu régulières. Cette coquille se trouve actuellement vivante dans les mers de l’Amérique septentrionale, et fossile dans les terrains tertiaires récents de la Virginie.