GENRE TRENTE-TROISIÈME
JiAViaNON, Trigonella. (Da Costa.)
PL 10. flg. I. a 3«
CARACTERES génériqltes. — Animal aplati, ayant les lobes du manteau disjoints en avant et dans toute la longueur du bord ventral; bords du manteau peu exsertiles, garnis d’une rangée de papilles courtes , obtuses et écartées ; la commissure postérieure consolidée par deux petits muscles croisés; deux siphons inégaux, séparés l’un de Vautre dans toute leur longueur, grêles, subcylindracés ; le branchial, le plus long, ayant cinq ou six fois le grand diamètre de la coquille , terminé par une ouverture sublobée ; le siphon anal ayant deux fois à peine la longueur de la coquille , et son ouverture garnie d’un rang de cils très fins et très nombreux ; pied très aplati, triangulaire ; palpes labiales grandes, triangulaires , la paire interne soudée au sommet de. la branchie; quatre feuillets branchiaux, deux tombant dans la cavifé du manteau, deux autres, plus petits,
renversés en arrière vers le dos; branchies lisses, sans plis, très finement striées.
Coquille ovale, subtrigone, subéquilatérale, aplatie, à crochets petits, opposés ; le côté antérieur, le plus court, arrondi, le postérieur obtus , un peu baillant ; les impressions musculaires à égale distance du sommet, l'antérieure ovalaire, la postérieure arrondie; l'impression palléale formant en arrière un large sinus subtriangulaire, très dilaté ; charnière étroite, offrant au-dessous des crochets deux très petites dents sur la valve droite, une seule sur la gauche, et en arrière un cuilleron oblique, triangulaire, dans lequel s’attache un ligament interne ; un petit ligament externe, fixé sur des nymphes peu saillantes.
SYNONYMIE GENERIQUE. — Chama ^ Belon , Gessner, Aldrovande. — Coucha tennis, Lister. — Pectuncnhis laius, Lister, Lavignon^ Réaumur, Cuvier, Schweigger, Férussac. — Chama [calcinelle]^ Adanson. — Mactra , Poiret, Schrœter, Gmelin , Dorset , Montagu, Dilhvyn, Wood, de Gerville. — Tellina^ Baster, Ginanni, Donovan. — Mya, Chemnitz, Gmelin, Spengler. — Vernis^ Peiinant , Gmelin. — Trigonella, Da Costa, Lovèn. — -Soîeu, Scrohicnlaria , Schumacher, Philippi.
— Lniraria , Lamarck, Croucb, Payraudeau, Collard-des- Cherres, Deshayes, Philippi, Quoy. — Listera, Turton, Menke.
— Lutricola^ Blainville. — Arenaria^ Megerle.
Le Lavignon , habitant en grande abondance non seulement la Méditerranée, mais encore TOcéan européen et l’Océan atlantique jusqu’au Sénégal , a été connu de nos anciens naturalistes; Belon est le premier qui l’ait mentionné , en \ 553 , dans son ouvrage sur les Poissons; il en donne une description assez détaillée et une figure médiocre , sous le nom de Chama piperata. Ce nom rappelle le goût poivré particulier à ce Mollusque , dont le peuple se nourrit. Gessner et Aldrovande , dans leurs compilations, ont mentionné le Chama piperata de Belon, et n’ont rien ajouté aux renseignements donnés par le père des naturalistes français. Rondelet cite, également ce Chama piperata , du moins cela nous paraît probable, d’après quelques passages de son Histoire des
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poissons. Le savant auteur du Synopsis conchylioriim et de plusieurs autres ouvrages, remarquables pour l’époque où ils furent publiés, Lister, donna de bonnes figures du Chama piperata de Belon , non seulement dans le Synopsis que nous venons de citer, mais encore dans son Traité des animaux de la Grande-Bretagne. Il semblerait que , dans ces deux ouvrages , il a considéré ce mollusque comme appartenant à deux espèces ; car, dans l'un , il le nomme Concha tennis , et , dans Tautre , Pectunculus latus. La figure que publia Bonanni est moins reconnaissable que celle de Lister ; aussi l’ouvrage du naturaliste romain n’ajoute rien à la connaissance de l’espèce. Nous pouvons porter un jugement semblable sur l’ouvrage de Petiver, publié de 1702 à 1719, et dans lequel on trouve aussi une très médiocre figure du Chama piperata.
Réaumur a marqué son époque dans V Histoire de îa Zoologie , par l’art admirable avec lequel il savait observer les mœurs des animaux. Quoique ses travaux sur les insectes soient les plus cités , nous n’avons oublié , dans aucune occasion , ceux que ce savant illustre a publié sur différents animaux marins. On a de lurquelques mémoires qui ont eu pour objet des mollusques ; et parmi eux t nous trouvons , dans le Recueil de V Académie des Scmices, un mémoire très important sur les mouvements progressifs do divers animaux marins , ét notamment des mollusques acéphalés ; parmi eux , le Lavignon occupe une place assez considérable , et dès 1710, nous trouvons sur cet animal de précieux renseignements , non seulement sur sa manière de vivre , mais encore sur la forme de ses parties externes. Dans une figure, malheureusement peu correcte, Réaumur représente un Lavignon, ayant les lobes du manteau assez écartés, pour laisser voir les palpes labiales , le pied , les branchies , ainsi que les siphons grêles et très allongés, qui prolongent le manteau du côté postérieur. A l’aide de ce travail do Réaumur, on aurait pu reconnaître les caractères génériques des Lavignons, éviter, dès l’origine de nos classifications modernes, de les confondre, soit avec les Madrés , soit avec les Lutraires.
Longtemps après la publication du mémoire de Réaumur, Adanson recueillait au Sénégal le Chama piperata do Belon. Malheureusement, ce savant naturaliste, chez lequel était développé , au plus haut degré , le génie de la classification , n’observa point l’animal et se contenta de donner une courte description de la coquille , en l’inscrivant sous le nom de Calcioelle , dans son genre peu naturel de la Came. Dans une courte addition qui termine son ouvrage , Adanson fait remarquer que les Tellines semblent se joindre aux autres Cames , c’est-à-dire aux
Vénus, par l’inlennédiaire de la Calcinclle ; mais peut-être eut-il modifié cette opinion , s’il avait eu sous les yeux i’animal du Lavignon , et qu’il l’eiil comparé à celui des genres dont il parle.
Poiret , dans son voyage en Barbarie, trouva, comme nous, aux environs de Bono , le Ckama pîpei'ata , mais il ne dit rien de son animal qu'il n’eut point occasion d'observer. A la môme époque , Chemnitz recevait la môme espèce des cotes d’Espagne, et la figurait dans son grand ouvrage, sous le nom de Mya hispanica; en la découvrant dans les mers d’Angleterre, Pennant , en 1777, inscrivait le Chaîna piperata sous le nom do Kenns borealis , dans son Histoire des animaux d'Angleterre. Tandis que Da Costa , dans sa Conchyliologie britannique , la réunissait aux Mactres des côtes d Angleterre , et proposait pour cette réunion un genre Trigonelto. Sans ce mélange , les auteurs plus modernes n'auraient pas hésité à réintégrer, dans la science , le genre Trigonelkt de Da Costa , et ce n’est peut-être pas un obstacle, pour qu’il soit maintenu dans la méthode. Bien des naturalistes ont l’habitude de rejeter définitivement les genres composés, comme celui-ci, de deux sortes d’objets , qui peuvent et doivent constituer des groupes différents. Sur cinq espèces de Trîgonella^ quatre sont des Mactres de Linné; la cinquième est le Chaîna piperata. Si ce Chama piperata eût constitué un genre, à l’époque où Da Costa a écrit, sans aucun doute le genre Trigonella devrait disparaître complètement; mais nous pensons que , en suivant l’exemple des réformes introduites dans les genres de Linné, celui-ci peut être maintenu; dès lors les noms qui ont été successivement proposés pour lui, devront être relégués dans la synonymie générique. Pour appuyer notre opinion ù ce sujet, il nous suffira d.e rapjîeler ce qui s'est passé à l’égard du genre Mya de Linné , par exemple, de son genre Chama et môme de son genre Os/rœa, et de plusieurs autres que nous nous abstiendrons de mentionner , parce qu'ils sont bien connus de zoologistes. Dans le genre Mya , sur sept espèces , les deux premières seulement ont conservé le nom Ünnéen; dans le genre Chama, où l’on compte quatorze espèces, aux quatre dernières seulement a été réservé le nom générique de Came-; enfin tous les naturalistes savent, que Linné comprenait parmi les Huîtres le grand genre Peigne, les Limes, les Marteaux, les Pernes, et que, sur trente et une espèces inscrites, quatre ou cinq sont de véritables Huîtres, pour lesquelles le genre Üstrcea a été maintenu. Ce que nous venons de rapporter n'aurait pas eu lieu, si dans les changements que l’on a fait subir aux genres linnéens, on avait suivi la règle la plus généralement observée par les zoologistes modernes. Lorsqu’un genre a besoin d’être divisé, le nom
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qu'il a reçu doit être réservé à celle des sections qui renferment le plus d'espèces; mais, comme on le conçoit, cette règle doit souffrir des exceptions, et il paraîtra naturel que le nom du genre soit maintenu pour celles des espèces, qui offrent le mieux les caractères génériques proposés par l’auteur. Bien que les caractères du genre convinssent aussi bien aux Mactres, qu’au Lavignon, rien n’enipôche cependant de prendre tout au moins ce nom pour l’appliquer au Chôma piperata. Il suffit pour cela de renvoyer aux Madrés les coquilles qui en dépendent et de compléter les caractères qui distinguent le genre Trigonelkt.
Schroeter et Gmelin ont entraîné , parmi les Mactres , la Calcinelle d’Adanson; mais Gmelin, après lui avoir donné deux noms dans le genre Madré, la met aussi sous un troisième nom parmi les Myes, et enfin la reproduit deux fois encore parmi les Vénus; de sorte que la seule espèce,' connue à cette époque, se trouve dans Gmelin, sous cinq noms et dans trois genres.
Spengler, auquel la science concbyliologique est redevable d’observations judicieuses, a joint la Calcinelle aux Myes, à peu près à l'époque où Olivi, qui l’observait dans l'Adriatique, croyait être le premier à l’inscrire dans les catalogues. Olivi n'appréciant pas a leur juste valeur les caractères de la coquille en question , eut le tort de la ranger au nombre de Solens ; mais il rachète cette erreur par des observations fort utiles sur la manière de vivre de Tanirral, observations qui s’accordent exactement avec celles de Réaumur, de sorte que, si l’on eût suffisamment apprécié les observations d’Olivi et de Réaumur, on aurait eu le moyen de caractériser le genre TvigoncUa, de le séparer des Lutraires et d'indiquer ses rapports naturels; mais ces travaux furent oubliés, et nous voyons que les auteurs anglais firent passer le Chama piperata des Tellines dans les Myes ou dans le Mactres, tandis qu’en France, on l’admit, avec Lamarck, parmi les Lutraires.
Nous voici parvenu à l'époque, où deux zoologistes se sont spécialement occupés des Lavignons. Les ouvrages de ces zoologistes parurent en 1817; l'un par Cuvier, c’est la première édition du Règne animal; l’autre par Schumacher, c'est son ouvrage intitulé : Essai d'un nouveau système des Vers testacès. Soit que Cuvier ait emprunté à Réaumur ou à Olivi leurs observations, soit qu'il ait eu occasion d’observer vivant l'animal de la Calcinelle, il a jugé do ses différences avec les Mactres et les Lutraires, et, en conséquence, il proposa un sous-genre des Mactres, sous le nom de Lavignon. Il caractérise très exactement la coquille, et il ajoute que les tubes de l'animal sont fort longs et séparés jusqu’à la base comme dans les Tellines. L’espèce type du sous-genre de Cuvier
est le Cliama pipanUa ; mais dans les notes, Cuvier a le tort de joindre à celle-là trois autres espèces qui ne sont pas du môme genre, ce sont : les Mactra papyracea et complanata ^ ainsi que le Mya nicobarica de Chemnitz. Les deux premières appartiennent à ce groupe de Mactres qui font le passage aux Lutraircs ; la troisième constitue un genre particulier, auquel M. Sowerby a donné le nom d'Anatinelle.
On pourrait reprocher au genre Scrobicularia , do M. Schumacher, de contenir à la fois deux coquilles très différentes tl’une , le TelUna angulata , qui , en réalité , est une véritable Telline; et l’autre , le Chamapiperata. L’auteur, il est vrai, expose les caractères génériques de la coquille d’une manière plus nette que Cuvier ; et , si l'on avait à choisir entre deux noms qui ont paru à la même époque, il faudrait cependant préférer celui de Cuvier, puisque notre grand zoologiste a ajouté au genre un caractère essentiel de l’animal, ce que personne n’avait fait avant lui. L'ouvrage de Dillwyn parut aussi en 1817; mais, cet auteur ayant adopté le système linnéen dans toute sa pureté, c’est parmi les Madrés que l'on trouve le genre qui fait le sujet de nos observations.
En 1818 Lamarck publiait le tome V de son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres. On trouve le genre Lutraire divisé en deux sections : la première, pour des coquilles transversalement oblongues, la seconde, pour des coquilles orbiculaires ou subtrigones. C’est dans cette seconde section que sont rangées, sous deux noms spécifiques, les principales variétés du Chaîna piperata. Ainsi , quoique Cuvier et Schumacher aient précédemment propose chacun un genre pour cette coquille, Lamarck les maintient parmi les Lutraires; mais il faut dire qu’à celle époque on ignorait complélement la forme et les caractères des animaux des Lutraires de la première section ; et il était permis de supposer que toutes les Lutraires de Lamarck, sans exception , avaient de longs syphons , séparés dans toute leur longueur, et semblables à ceux des Tellines. Cependant une étude approfondie des caractères intérieurs des coquilles aurait pu faire soupçonner des différences assez considérables entre les Lavignons et les Lutraires proprement dites ; non seulement les Lavignons ne portent pas à leur charnière la dent, en forme de V, des Mactres et des Lutraires, mais elles présentent, dans la forme de l’impression palléale, des différences assez considérables. Dans les Lutraires proprement dites, aussi bien que dans les Myes, la sinuosité postérieure de l’impression palléale est transversalement oblongue; dans les Lavignons, au contraire, elle est dilatée dans le milieu ; elle forme un angle, qui remonte sous les crochets, de la même manière que dans la plupart des Tellines. De ces différences on pouvait conclure que, dans
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les vraies Lulraires, les sypbons sont réunis comme dans les Madrés, et que dans les Lavignons iis sont séparés dans toute leur longueur.
On pourrait croire que l'iiistoire du genre doit se terminer ici; il semble que les naturalistes ont pu choisir entre les différents groupes qui ont été successivement proposés. La seule espèce jusqu’à présent connue pouvait être également placée dans quatre genres, selon que Tun' d’eux paraissait préférable : Trigonella, Lavignon^ Scrobicularia et enfin Lmiraria; mais un cinquième genre parut encore nécessaire à M. Turton, qui le proposa, en 1822, sous le nom de Listera, dans son Histoirenaturelle des coquilles bivalves de l’Angleterre. Avant cela, Schweigger et Férussac avaient adopté le genre Lavignon de Cuvier, tandis que M. de Blainville proposait encore un genre Lutricole dans son Traité de malacogie. Ce genre Lutricole est une reproduction assez exacte des Lutraires de Lamarck. 11. de Blainville y fait entrer à la fois le genre Ligule de Leach, les Lavignons de Cuvier et les Lutraires proprement dites; par conséquent, ce genre Lutricole n’est point admissible, puisqu’il ne présente aucune différence avec le genre créé longtemps avant par Lamarck. Depuis cette époque les naturalistes ont flotté entre le genre Lïsîera, comme M. Menke, et le genre Scrobicularia, comme M. Philippi.
Nous ne pouvons terminer l’iiistoire des Lavignons sans mentionner une notice, très courte à la vérité, qui a été publiée par M. Quoy dans le Magasin de zoologie de 1839. M. Quoy, dans cette notice, donne une description succincte de l’animal ; il l’accompagne d’une figure de grandeur naturelle; mais il est évident que cet animal n’a pas été vu vivant. Il est contracté, ses siphons sont considérablement rétractés, et ils n’offrent pas la forme que l’animal leur donne pendant sa vie. L’explication de cette planche laisse dans l’incertitude beaucoup de points importants de la structure de l’animal ; mais , si imparfaite que soit cette figure, elle peut encore servir de renseignement; peut-être pourrait-on dire, qu'elle est moins exacte que colle de Réaumur, et qu’elle n'ajoute rien aux excellentes observations, publiées plus de cent vingt ans avant celles de M. Quoy.
Cette histoire du Cfiama piperata do Belon conduit à plusieurs conséquences; elle démontre évidemment que l’on a pressenti , depuis assez longtemps, que cette coquille devait constituer un genre particulier mais l’animal n’étant pas suffisamment connu , on n'a pu le caractériser définitivement, puisque, à l’exception do Réaumur et de Cuvier, aucun des auteurs méthodiques n’a mentionné ce mollusque. Comme noua l'avons vu, le Chama piperata a été rangé successivement : 1® dans les
Cames, par Âdanson , 2° dans les Mactres, par Poiret, Gmelin etSpengler ; 3° sous celui de TeUina , par Ginnani , Baster et Donovan ; 4“ sous celui de Vénus, par Pennant et Gmelin; 5" enfin, Da Costa Ta comprise dans son genre THgonetla; Olivi parmi les Solens; 6*> Cuvier, dans son genre Lavignon; Schumacher, dans son genre Scrobicularia ; 7® Lamarck, dans son genre TAitraire'^ 8” M. de Blainville, dans un genre LiUricole, tandis que M. Turton a proposé, pour la même espèce, son genre Lîslo'a. Il serait difficile, sans doute, do trouver une autre espèce de mollusques qui éprouvât dans son histoire d’aussi nombreux changements que celle-ci.
Des quatre genres spécialement destinés au Chaîna piperata, un seul doit prévaloir, et celui-là est naturellement désigné par la date de l’ouvrage où il est consigne. Il est évident que le genre Trigonella de Da Costa doit être préféré , si l'on admet avec nous la possibilité de le réformer ; si le nom de Da Costa eSt rejeté, nous pensons que celui de Lavignon , consacré déjà par les observations de Béaumur et par son introduction dans la méthode par Cuvier, devra prévaloir sur le genre Scrobicularia qui , bien que publié la même année, n’est point caractérisé d’une manière aussi complète. Quant au genre Listera, il est hors de cause, puisque son auteur ne l’a produit que cinq ans après la publication des ouvrages de Cuvier et do Schumacher.
Nous n’avons plus qu’un seul mot à ajouter pour terminer l'histoire des Lavignons. Comme on a pu le remarquer, nous avons constamment parlé d’une seule espèce; en eifet, jusqu’en 1826, elle était la seule connue. C’est à cette époque que M. Payraudeau, dans son Catalogue des Mollusques de Corse , ajouta une seconde espèce, sous le nom de Lnlraria CoUardi. Depuis l’intéressante découverte de M. Payraudeau, le genre est resté compose des deux espèces que nous venons de mentionner.
L’histoire que nous venons de tracer du genre Lavignon nous apprend que quatre zoologistes seulement ont parlé de l’animal ; ce sont Réaumur, Baster, Olivi et M. Quoy; nous pourrions ajouter Cuvier; mais nous avons vu que ce savant, en proposant son sous-genre Lavignon, en appuie l’admission sur un seul caractère de l’animal, la longueur des siphons et leur disjonction totale. Nous avons déjà dit que ces divers travaux laissaient presque tout à désirer au zoologiste aussi bien qu’à l’analomisto. En effet, Réaumur, préoccupé de la manière de se mouvoir de l'animal qu'il avait sous les yeux, s'est peu attaché à détailler ses caractères ; il est le premier qui ait parlé de l'extrême longueur des siphons et de la séparation de ces organes dans toute leur
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longueur ; il est également le premier qui ait reconnu leur usage. Après avoirexaminé un grand nombre do JïoIIusqnes, vivants, comme celui-ci, dans le sable et dans la vase-, Réaumur fut aussi le premier qui indiqua le mouvement du liquide ambiant dans Tintérieur de l’animal, à l'aide des siphons qui le terminent. Réaumur s’attacha à faire connaître le pied , et a décrire minutieusement les manœuvres à l’aide desquelles l'animal parvient à pénétrer dans le sable ou dans la vase, en se servant de cet organe. II l’enfonce comme une espèce do coin , puis en le courbant sur l’im des côtés , il obtient un point de résistance sous la masse de sable qu’il vient de remuer. Quant aux organes intérieurs, Réaumur n’en fait aucune mention, si ce n’est des bords du manteau, dont il a vu les cils courts et obtus, et les muscles adducteurs qui servent à fixer l'animal à sa coquille.
Baster n’a presque rien ajouté aux observations de Réaumur. Après avoir parlé du pied et des siphons, et après avoir représenté ranimai vivant, il enlève l’une des valves et renverse le manteau pour montrer l'intérieur de l’animal; mais cetto figure est très défectueuse; on y reconnaît cependant le pied et les siphons contractés, et deux petites parties que Baster nomme appendices, qui ne sont autre chose que les palpes labiales contractées et roulées sur elles-mêmes.
Comme ses prédécesseurs, Oiivi, en observant l’animal vivant, a été frappé de la longueur de ses siphons , mais il ne nous apprend rien de plus sur les autres caractères. Il n’en est pas de même de M. Quoy. Ce zoologiste, connu par les grands travaux qu’il a publiés sur les Mollusques, dans la partie zoologique du voyage de l’Astrolabe, ayant déjà une longue habitude do l'observation, no pouvait laisser inaperçus les organes principaux d*ua Mollusque dont il donne la figure. On doit regretter cependant que co naturaliste n’ait point observe le Lavignon vivant, ce qui a contribué à laisser beaucoup d’imperfection dans sa figure et une malheureuse brièveté dans sa description. M. Quoy constate la longueur des siphons, leur séparation, ainsi que les courts tentacules qui garnissent les bords du manteau : il parle également de la forme du pied, et il se trouve d’accord avec Réaumur et Oiivi; il ajoute une description très succincte de la branchie, dont les feuillets sont inégaux, et, d'après lui, accostés l'un à l’autre, sans qu’on puisse deviner ce que l’auteur a voulu dire par là, puisque, en réalité, les feuillets branchiaux ont moins de contact l’un avec l’autre que dans la plupart des autres genres. D’après M. Quoy, les branchies seraient plus petites que les palpes labiales, ce qui , pour nous, n’est point parfaitement exact ; car nous avons toujours trouvé ces palpes en proportion plus petites dans
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tous les individus que nous avons observés. Enfin , M. Quoy fait voir la bouche, placée entre les quatre palpes labiales, mais il ne dit rien de la structure de ces organes qui raccompagnent constamment. Dans l’expUcation des figures, M. Quoy indique la place du cœur, celle du foie, celle du rectum, se contournant sur le milieu du muscle adducteur postérieur des valves. Les figures de ce naturaliste, de grandeur naturelle, ne peuvent suppléer à la brièveté de son texte ; et nous le répétons , nous éprouvons du regret que M. Quoy, qui s’ est acquis des droits à la reconnaissance des amis de la science, n’ait pas poussé plus loin ses investigations.
Les coquilles du genre Lavignon sont de taille médiocre, très aplaties, minces, fragiles ; elles sont ovales, subtrigones, subéquilatérales , très obtuses en avant et en arrière; les valves ne se touchent pas par tous les points de la circonférence, elles laissent de chaque côté un faible écartement; les bords sont simples, tranchants; la surface extérieure est lisse ou striée vaguement et irrégulièrement par les accroissements ; cette surface est revêtue, vers les bords surtout, d’un épiderme d’un brun grisâtre , caduc, débordant le test pour revêtir une partie des bords du manteau; les crochets sont petits, pointus, opposés, à peine obliques; ils partagent le bord dorsal en deux parties presque égales, formant entre elles un angle très ouvert. On n’aperçoit aucune trace de lunule sur le côté antérieur; du côté postérieur, le corselet est à peine indiqué par une ligne oblique qui rappelle le pli irrégulier des Tellines. Immédiatement en arrière des crochets, commencent de pelilest nymphes courtes et peu saillantes, sur lesquelles se fixe un petit ligament, semblable à celui des Amphidesmes.
La charnière est très simple, elle consiste en un cuilleron très oblique, triangulaire, s’appuyant le long du bord postérieur; il est peu profond, à base oblique , peu saillant dans l’intérieur de la coquille. En avant de ce cuilleron et au-dessous du crochet, s’élèvent, sur le bord cardinal, deux petites dents rapprochées, inégales, presque parallèles sur la valve droite , une seule sur la gauche ; il n’existe aucune trace de dents latérales.
Les impressions musculaires sont d’une médiocre étendue ; l'anterieure est ovale, oblongue, légèrement courbée dans sa longueur; son extrémité supérieure est plus étroite; elle sê place très près du bord antérieur et l’accompagne dans la plus grande partie de sa longueur. L’impression postérieure est plus courte, plus relevée vers le bord dorsal ; elle est obronde, scmi-luuaire et très rapprochée du bord postérieur. Ces deux impressions ne sont pas les seules que l’on remarque sur la
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coquille ; au-dessus de l'antérieure, il en existe une troisième, petite, subcirculaire; elle donne insertion au muscle rétracteur antérieur du pied. Une autre impression oblongue, se confondant en partie avec le bord supérieur de la grande impression postérieure, indique le point où s’attache le muscle rétracteur postérieur du pied.
L’impression palléalo est très propre à caractériser les Lavignons; elle se détache de l’extrémité inférieure du muscle antérieur; elle se place près du bord ventral de la coquille et l’accompagne dans toute sa longueur ; parvenue vers l’extrémité postérieure, elle s’infléchit sur ellemême, rétrograde le long du bord venlraljusque vers sou tiers antérieur, reste confondue avec lui dans tout ce trajet, s’en détache pour remonter obliquement vers la cavité des crochets et ensuite pour redescendre vers le bord inférieur du muscle postérieur, circonscrivant ainsi une large sinuosité, très dilatée dans le milieu et fort rétrécie à son entrée : telle est la disposition que présente le Trigonella pîpcrala. Dans le Cotardi, la sinuosité est plus profonde, mais plus étroite.
L’animal du Lavignon a été pour nous le sujet de profondes recherches anatomiques , publiées dans l'exploration scientifique de l'Algérie. Il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage de reproduire dans tous ses détails le travail dont nous parlons, il nous suffira de donner succinctement la description des parties extérieures de l’animal, renvoyant pour le reste à l’anatomie comparée des Mollusques, qui fait partie de l’introduction.
L’animal dont il est question a exactement la forme de la coquille ; lorsqu'il est détaché, on voit qu’il est formé d’un manteau, s’appliquant exactement sur la surface interne dos valves et d’un corps contenu dans la cavité du manteau, auquel se rattachent divers organes extérieurs. A l’exception d’une portion des organes de la digestion et de la circulation, toutes les autres parties du Mollusque sont parfaitement symétriques, et on cela Ü rentre dans la règle générale à tous les Mollusques à coquille régulière.
Les lobes du manteau sont égaux, membraneux au centre; ils se terminent à la circonférence par un muscle orbiculaire étroit, assez épais qui, en s’attachant à la coquille, laisse une ligne d'insertion qui est désignée sous le nom d’impression palléale. Ce muscle orbiculaire est débordé par un petit prolongement du manteau, d’où s’élève un rang de courtes papilles coniques, assez distantes les unes des autres. Ces papilles se montrent surtout dans la longueur du bord ventral. En arriére, vers l’extrémité du bord ventral , les deux lobes du manteau se réunissent en une commissure, consolidée par deux petits muscles spéciaux , croisés exactement comme un X. Depuis cette commissure jusqu’au
muscle antérieur des valves , le manteau est largement ouvert pour le passage du pied. Cependant il existe en arrière, s’élevant sur le bord interne du muscle orbiculaire, une large valvule palléale de chaque côté et destinée à diminuer l’étendue de l’ouverture palléale, tout en laissant au pied la liberté de ses mouvements.
Le manteau , quoique très minee, est néanmoins composé de deux membranes adossées, entre lesquelles se loge, comme dans une gaîne, un muscle très plat, irradié, ayant exactement le contour de la sinuosité postérieure de l’impression palléale. En se portant en arrière, ce muscle s’épaissit, se rétrécit et se change en un tendon assez épais, qui vient aboutir à l’ouverture interne des siphons, et ses fibres se continuent avec colles qui constituent l'enveloppe externe de ces organes. Dans la portion postérieure du manteau, les deux membranes dont il est cornposé sont unies entre elles au moyen d'un tissu cellulaire très lâche, qui leur permet de glisser l’une sur l'autre; aussi au moment ou l’animal contracte ses siphons et cherche à les faire rentrer dans sa coquille, la membrane interne du manteau est entraînée en avant , cl laissant en place la membrane externe, appliquée à la coquille, produit à l’extrémité de l’animal une cavité quelquefois très profonde, lorsque la contraction des muscles des siphons a été très violente. C’est à l’aide de ces contractions que l’on aperçoit la cloison charnue , à laquelle les siphons sont attachés et dans laquelle ils s’ouvrent.
Les siphons des Lavignons sont extrêmement longs ; on no pourrait jamais s’imaginer en les voyant contractés qu’ils sont susceptibles d’un allongement aussi considérable. Ces organes n’ont pas la môme longueur ; le siphon anal est le plus court , il acquiert le tiers à peu près du siphon branchial; celui-ci, dans son plus grand allongement, a jusqu’à quatre ou cinq fois la longueur du diamètre antéro-postérieur de la coquille. De sorte que dans un animal qui a 45 millimètres do longueur, le siphon branchial peut avoir jusqu’à 25 centimètres, Lorsque les siphons sont dilates à ce point, leurs parois sont minces, transparentes, d'un jaune safrané très pâle, leur diamètre est de 5 à 6 millimètres à la base; ils diminuent de moitié à leur sommet. Le sommet est percé d'une ouverture circulaire; celle du siphon anal est très finement dentelée, celle du siphon branchial est découpée en six ondulations peu profondes.
L’animal est attaché à sa coquille à l'aide de deux muscles dont nous connaissons déjà les empreintes ; l’antérieur est ovalaire, le postérieur est subcylindrique ; tous deux sont contenus dans une gaine membraneuse produite par le manteau.
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Le pied est assez grand , linguiforme, triangulaire , tranchant en son bord inférieur ; il surmonte une masse abdominale peu épaisse dont les parois fibreuses sont la continuation des muscles du pied.
En avant et en haut, dans l’angle profond qui résulte de la rencontre du bord antérieur de la masse abdominale avec l’extrémité supérieure du muscle antérieur, se montre une petite ouverture transverse ; c'est celle de la bouche. Au-dessus et au-dessous de cette bouche, s’élève une lèvre membraneuse, assez large, transverse et qui, parvenue de chaque côté du corps, se dilate subitement en une paire de grandes palpes labiales, triangulaires, un peu plus longues que larges. Ces palpes sont de la môme grandeur; elles s'appliquent Time sur l’autre, et leurs surfaces, par lesquelles elles sont en contact, sont chargées de fines lamelles obliques , très régulières ; la surface externe de ces organes est lisse. La paire interne des palpes labiales se continue avec la lèvre inférieure ; la paire externe est la continuation de la lèvre supérieure.
Les branchies ressemblent à celles des Mollusques do la famille précédente; tout en conservant dans les Lavignons des caractères qui leur sont propres ; elles sont d'une médiocre grandeur. Les deux feuillets sont inégaux ; l’interne est le plus grand ; il est appliqué sur les parties latérales du corps ; il est allongé, triangulaire, tronqué enr avant, et par sa troncature il se soude au bord postérieur de la palpe labiale interne. La branchie externe, beaucoup plus petite, est également triangulaire; au lieu de s’appliquer sur l’autre et de tomber avec elle dans la cavité du manteau , elle se relève vers le dos , et par le fait elle est à côté de sa congénère comme deux feuillets d’un livre ouvert. Parvenus en arrière de la masse abdominale, les feuillets branchiaux d'un côté s’unissent à ceux de l’autre, descendent au-devant de l'ouverture du siphon anal , y rencontrent un pourtour membraneux, s’y attachent et servent ainsi de cloison pour intercepter toute communication entre la cavité du manteau et celle du siphon anal.
En détachant entièrement l’animal de sa coquille, et en l’examinant dans la région dorsale , on remarque au milieu de sa longueur une cavité, dans laquelle sont reçusses cuilleronset le ligament interne ; audessous do celle cavité se trouve le cœur, contenu dans un péricarde membraneux; de petits appendices du manteau s'introduisent dans toutes les sinuosités de la charnière et en conservent la forme; l'un d’eux, plus considérable, s'avance d’arrière en avant, s'engage entre les deux ligaments, et il est destiné à la sécrétion de ces organes. Si l’on ouvre le siphon anal à son extrémité supérieure , l'on découvre
l'anus sous la Forme d’un petit mamelon, attaché à la face ventrale du muscle adducteur postérieur dés valves.
Les Lavignons sont des Mollusques littoraux, qui se plaisent sur les plages basses et vaseuses qui avoisinent l’embouchure des rivières. Pondant longtemps une seule espèce fut connue , elle est répandue dans l'océan d’Europe; franchissant le détroit, elle se répand dans toute la Méditerranée , elle sort de celte mer, suit les côtes occidentales de l’Afrique, et se propage jusque dans les mers du Sénégal. Une seconde espèce a été découverte en Corse par M. Payraudeau ; peut-être faudrat-il joindre h ces deux espèces ÏAmphidesma fransuma de M. Say, qui nous paraît avoir tous les caractères des Lavignons. On pourrait alors compter trois especes vivantes do ce genre, deux de l’Europe et une des mers de l’Amérique septentrionale.
Jusqu’ici nous n*avons trouvé qu’une espèce de LavignOn à l’état fossile dans les terrains tertiaires , c’est le Trigonella piperata qui existe dans un terrain récent des environs de Bono en Algérie, ainsi que dans le Crag d‘Anglelerre. M. d’Orbigny décrit et figure trois espèces de coquilles bivalves sous le nom de Lavignon dans la Faîéontoîogié fran~ çaise; malgré l’attention que nous y avons apportée , nous n’avons rien découvert, qui nous donnât la preuve quo ces espèces appartiennent réellement au genre dans lequel il les range. Les Lavignons sont des coquilles bâillantes, les espèces de M. d'Orbigny sont, parfaitement çloses ; la charnière est la partie essentielle de ces coquilles pour en déterminer le genre , et nulle part M. d’Orbigny ne parle de la charnière de ses espèces , de sorte que la formé extérieure seule parait avoir décidé l’auteur dans le classement de ces fossiles. Il y a autant do raison de croire que ce ne sont pas des Lavignons que d’affirmer qu’elles dépendent de ce genre. Si ces trois espèces sont du genre Lavignon , il y en aurait deux dans le Gault et la troisième dans le terrain iiéocomien. Relativement à cette dernière espèce, M. d’Orbigny en représente le moule seulement , et nous avouons ne pas retrouver sur lui les caractères que devraient y laisser une coquille de Lavignon. Le moule doit toujours présenter entre les crochets , du Côté postérieur, l’empreinte profonde des caillerons de la charnière , et cette empreinte n’existe pas dans la coquille de M. d’Orbigny. Aussi nous conservons plus d’un doute à son égard.
LES AMPHIDESMIDES.
Lavignon calcinelle. Trigonella piperata. Desh.
PL 10. fig. 1. 2. 3.
t. Testa ovatO’trigonâ, transversâ^ subœquilaterali^ a\hâ^ compressât irregtdariter transversim substriatâ; latere antico brevioritrotundato; postico subtruiicatOt hiante ; apicibus minimist opproximatis,
Piperata chaîna. Belon. de aquat. lib. II. p. 4o4«
^ Concha tennis. Lister. Anim. angl. p. 174. pl. 4. f. a3.
Bonanui. Recr. part. 2. fig. Sa, 55.
Pectunculus latus. Lister. Coucb. pl. 253, f. 88.-
Le Lavignon. Réaiimur. Mém. de l’Ac. 17 10, p. 446. pl. 9. f. 3, 4» 5,
La CcJcinelle. Adaiison Seneg. p. aSa. pl. 17. f. r8«
Mactra piperata. Poiret. Voy. en Barb. l. 2. p. i5.
Tellina, Baster. Opus, snbseciva. t. a. lib. a. p. 74. pl* 6. f. 5,6, 7, Mya hispaniea. Ciiemnilz. Concb. t. 6. p, 3i. pl. 3. f. ai.
Venus boreaîis. Pennant. Bril. zool. t. 4. p. 96.
Trigonella plana, Da Costa. Brit. concb. p. aoo. pl. i3. f. i, Hactrapiperata. Gmelin. p. 3a6i. n* 27,
Mactra Listeri. Gmelin, p. Safir. a6.
Mya gaditana. Gmelin. p, Saat, n" 14.
Vernis dealbata. Gmelin. p. 3295, n° 144.
Venus gibbnla, Gmelin. p 3289. n* io3.
Mya orbictilata. Spengler. Soc. d'iûst. nal. de Copenb. t. 3, p. 78,
Solen callosus. Olivi, Adrîat, p. 98. pl. 4. f. i.
Tellina plana. Donovan. Brit. sbells. t. a. pl. 64* f. 1.
Mactra compressa, Montagii. Test, brit, p. 96. n® 5.
Mactra Listeri. Pennant. Brit zool. a* éd. t. 4. p. 194. n® 7.
Id, Maton et Râckelt. Lin. Trans. l. 8. p. 71.
Scrobienlariu arearia. Schumacher Nouv. syst. p. 127, pl. 8. f, 3.
Cuvier Règne anim. t. 3. p. 467.
Mactra pipernta. Dillwyn. Cat. t. i. p. 14a. n* 26,
Lutraria compressa et pipernta, LaniarcL. An. s. veit. t. 5. p. 469. n**4et5.
Mactra hispaniea. Sebweigger. Haudb. d^r Nal, p. 70!.
Listera compressa. Tiirton. Concb. ins. bril. p. 5i, pi. 5. f, i, 2. Lutricola compressa. Blainville. Maine, p 566. pl, 77. f. 2,
Lutraria Collard des Cberres. Cat. des Moll du Finist, p. i3,
Mactra histeri, WooJ. In.l, leslae. [»], 0. f. 23.
Lutraria compressa. Desha)t'S. Eiicyc. luclli. vers. l. 2. p. 388. ij® 4,
Id. Büucliard Chaulereaux. Cal. des Moll, du Boul. p. 1 1.
Lutraria piperata, Philippi. Emim. inoll. Sicil. t. i. p 9. u® 2.
Ligiilu compressa. Anton. Vorz. der Conch. p. 3, n® 89.
Scrobicalaria piperata, Philippi. Enum. Moll. Sicil, t. 2. p 8.
Amphidesma compressiun. Fleming. Bril. an. 2* éd. p, 432,
Lutraria compressa. Jlauley. Descr. cat, p. 27.
Lutraria Listeri, Macgillivray. Moll. auim. ofScoll. p. 29:.
Lutraria compressa, Thompson. Rep. on the faun. of Irel. p. 263.
Listera compressa. Thorpe. Brit. niar. conr.li. p. 45.
Trigonellu plana. Lovèn Tnd, moll. ScanJ. p. 45. ♦
Fossilis. Woodward. Geol, ofNorf. ail. p, 35. Crag. p. 43. pl. 9. f. 7.
Lutraria Listeri. S. Wood. Foss. shells. from lhe Ciag. Aun. Nat. hist. n® 3;. p. 240.
Trigoneîla piperata, Deshayes, Explor. sc. de l'Algérie. Moll. t. i.
p. Soy. pl. 44.
Il est intéressant pour le zoologiste aussi bien que pour le géologue, de connaître exactement la distribution des espèces : celle-ci mérite à cet égard de fixer notre attention. On la voit en effet descendre des mers du Nord, en suivant le littoral océanique de l’Europe et gagner le détroit, s’introduire dans la Méditerranée, s’établir sur presque tous les points de celte mer en ressortir par la côte occidentale de l’Afrique, et parvenir jusqu’au Sénégal. Nous avons quelques jalons à l’aide desquels nous pouvons constater l’existence de l’espèce dans ses principales stations. M. Lovèn la mentionne dans son excellent Catalogue des Mollusques de la Scandinavie; il faut donc qu’elle existe dans l’océan du Nord, et qu'elle ait été recueillie par le savant observateur que nous venons de citer. Bastor, autrefois, a trouvé l’espèce dans les mers de Hollande, et il fut l’un des premiers observateurs qui en ait fait connaître l’animal. Réaumur vit aussi notre espèce sur les côtes de France à La Rochelle, où elle est en très grande abondance. Chemnitz reçut cette coquille des côtes de l’Espagne, et ignorant qu’elle eût déjà reçu plusieurs noms, il la décrivit sous le nom de Mya Impanlca. Olivi et Poirct, à peu près à la mémo époque, découvrent le Lavignon , l'un dans l’Adriatique, l’autre sur les côtes de l’Algérie. Philippi la trouva en Sicile ; Payraudeau en Corse. Enfin , Adanson , dans son ouvrage sur les coquilles du Sénégal, décrit le Lavignon sous le nom de Calcinelle, et en constate l’existence dans les mers du Sénégal.
LES AMPHIDESMIDES.
Ainsi que loutcs les espèces qui se répandent sur une aussi grande surface, celle-ci est variable, non dans scs couleurs, puisqu’elle est blanche, mais dans ses formes, ce qui est plus important; lorsqueTon ne recueille qu’un petit nombre d’individus, provenant do localités très éloignées , on est tenté de les rapporter à deux espèces , et c’est ce qui est arrivé à Lamarck; mais si on rassemble de nombreux individus de tous les lieux , habités par l’espèce , on voit alors toutes les variétés se nuancer, et de cette manière on constate qu'il n’existe qu’une espèce la où l’on croyait en trouver deux. Nous avons observé, vivants, des individus de La Rochelle et de la Méditerranée , et nous pouvons certifier, de la manière la plus positive , n'avoir reconnu aucune différence appréciable entre ces animaux. Les siphons ont la même couleur; ils ont la même longueur ; le pied a la môme forme ; tous les autres organes extérieurs , palpes , branchies , tentacules du manteau , ne présentent aucune différence appréciable. Les organes intérieurs eux- mômes n’ont subi aucune modification, ainsi que nous l’avons constaté par un très grand nombre do dissections.
Le Trigonella piperata est connu à l’état fossile, Woodwart le cite dans les couches d’alluvion du Norfolk; il le trouva;aussi dans le Crag , ainsique M. S. Wood. -Enfin, nous l’avons rencontré en abondance dans un terrain récent des environs do Bone en Algérie.