I.ES TUmCOlES
cliaque côte d’une paire de branctiies étroites dont l’extrémité postérieure libre flotte dans le siphon branchial 5 palpes labiales longues et étroites 5 un très petit pied rudimentaire antérieur placé en face d'une très petite fente du manteau.
SYKONY3UE GÉNÉRIQUE. — Genre huccodes^ bnccodus ; G\xq\.~ tard. — Fistulana pars\ Lamk, des anim, s, vert* — Te~ red/o;Brocchi. — Clavagelle clavagella; Lamk. Annales du Muséum* Desh. Blainv. Fer. So^v. etc., etc.
Le genre Clavagelle n’est pas moins intéressant pour l’étude des Mollusques acéphales que celui des Arrosoirs. Connu de Lamarck, lorsqu’il publia ses mémoires sur les Coquilles fossiles des environs de Paris , il le confondit d’abord avec les Fistulanes et le proposa pour la première fois dans l’extrait du cours. Brocchî en. découvrit quelques espèces, mais il n’en reconnut pas les caractèi’es et les rapporta aux Tarts et aux Fistulanes, Caractérisé par Lamarck dans son dernier ouvrage , le genre Clavagelle a été adopté depuis par tous les zoologistes. Tous ceux des auteurs, qui ont compris l’ingénieux rapprochement de Lamarck., ont mis les Clavagelles à côté des Arrosoirs, au commencement des Mollusques acéphales , tandis que d’autres , entraînés par l’autorité de l’opinion de Cuvier, ont détruit les rapports naturels de ces deux genres, en plaçant l’un dans le groupe des Annelides Tubicoles et l’autre parmi les Acéphalés, Aujourd’hui le genre Arrosoir étant bien connu, il n’est plus permis de conserver une opinion que Cuvier lui-méme a abandonnée dans la seconde édition du Règne animal.
En parlant des Clavagelles, dans son traité de Malacologie, M. de Blainville a jeté quelques doutes' sur la validité des caractères de ce genre ; il a supposé suffisamment constatées les observations de Brocchi ; mais si M. de Blainville avait pris connaissance de celles que nous avons publiées dans noire ouvrage sur les coquilles fossiles des environs de Paris , il aurait reconnu avec nous, la possibilité d’appliquer à toutes les espèces du genre, les caractères donnés par Lamarck, et dès-lors, il D’amait pas manifesté cette opinion qu’il faut reporter les Clavagelles parmi les Vénus irrégulières. Voici en quoi consistent les observations de Brocchi. Le naturaliste italien , ayant brisé plusieurs tubes de son Teredo echinata (Clavagella Brocchii , Lamk. , fut très étonné d’y trouver des coquilles de diverses sortes, d’abord la valve libre de la Cia-
PREMliRE FAMIttE.
vagelle et souvent deux valves, soitd*une Saxicave, soitd*une Pétricole ou d’une Vénérupe. Brocchi supposa que le même animal pouvait produire des coquilles si diverses, et embarrassé lui-même de faits en apparence si contradictoires avec les principes de la science, il les abandonna à la sagacité des naturalistes sans chercher à léà expliquer. Ainsi Brocchi trouvait dans ses Clavagelles, tantôt üfre seule val^e, tantôt déni seulen^cnt, quelquefois trois.
Si fauteur italien avait eu connaissance de Certains faits relatifs aux Mollusques LithophageS) il n’aurait pas éprouvé d’embarras pour expliquer ses observations sur les Clavagelles. Voici les observations d’après lesquelles nous essayons d’expliquer l’anomalie plus apparente que réelle >. signalée par Brocchi. Lorsque des rochers calcaires sont envahis par un grand nombre de Mollusques perforans , on rencontre assez souvent deux individus d’une môme espèce, de taille différente , contenus dans la même loge ; on observe aussi des espèces dilTérentes et de genres différens renfermés dans la même cavité pierreuse. C’est ainsi que nous avons vu des individus de Cypricardes Coralliophages, renfermés dans des Modioles Litliopbagesj nous avons vu également des Vénérupes dans des Saxicaves, nous n’avons pas pensé pour cela qu’un mênïe animal a pü produire des coquilles aussi différentes; mais nous avons supposé que tous ces animaux Lithophages, vivant dans les mômes lieux, les œuf* d’une espèce avaient pu tomber dans la cavité d’un autre animal et lui avaient succédé. C’est ainsi qu’il a pu arriver à des œufs de Clavagelle de s’introduire dans une cavité pierreuse occupée par une Vénérupe ou une Saxicave. Cette Clavagelle, en se développant, a pu saisir, dans l’épaisseur de son tube j une seule ou les deux valves de la coquille étrangère, et le contraire a pu également avoir lieu, c’est-à-dire qu’une Vénérupe 3 tombée dans la cavité d'une Clavagelle, y a vécu et s’y est développée. Tant que là Vénérupe a été d’un volume assez petit pour n’avoir pas besoin d’augmenter la cavité où ëlle était renfermée, elle a vécu sans altérer la valve libre de la Clavagelle. Mais aussitôt qu’elle s’èst trouvée gênée, le premier obstacle qu’elle a rencontré a été la valve libre de la Clavagelle , et elle en a peü-àpeu opéré la dissolution au moyen de la sécrétion , acide de son raanleau. C’est dé cette manière qii’uneVénérupè ou une Coquille d’un tout autre genre dé Lithophages a pu se Irbùver datas le tube d’une Clavagelle, et cette explication simple et naturelle rend cbtn^te dé toutes lés singulières anomalies signalées par Brocchi.
LES TVBICOLÉS.
Les premières observations, faites sur le genre Clavagelle, ofit toutes rapport à des coquilles fossiles et particulièrement à celles des environs de Paris. Les premières espèces signalées n’avaient pas autant que celle qu’on connaît aujourd’hui des caractères propres à les rapprocher aussi intimement des Arrosoirs. Le premier, nous décrivîmes une espèce à tube allongé et couronné comme celui des Arrosoirs. Depuis, une espèce vivante a été représentée dans le Généra de M. Sovverby , et M. Rang , dans son Manuel de Conchyliologie, a annoncé avoir connaissance de deux autres espèces également vivantes. Il serait actuellement nécessaire de rassembler ces diverses espèces pour s’assurer si celles que l’on rencontre quelquefois dans la mer de la Sicile doit constituer une espèce distincte des trois autres. Ëniin tout récemment de nouvelles espèces rapportées eu Angleterre ont été décrites par M. Broderip, dans les Mémoires de la société zoologique de Londres.
Nous avions signalé l’existence à Pauliac de notre Clavagelle couronnée. M. Rang la retrouva dans cette localité et se proposa, d’après de bons échantillons, de donner une figure et une description de l’espèce; s’étant trouvé empêché , il confia ses maténaux à M. Des Moulins, qui publia dans le Bulletin de la société linnéenè de Bordeaux, une notice dans laquelle il essaya d’expliquer le mode d’accroissement de tube des Clavagelles. D’après la supposition de M, Des Moulins, l’animal jeune n’aurait pas eu de tube, et cette partie ne serait sécrétée que quand l’animal est parvenu à tout son développement; mais dès que l’on trouve dans les mêmes lieux des individus de taille différente, on ne peut attribuer cette différence qu’à l’age, et cela seul détruit la manière de voir de M. Des: Moulins. L’explication que nous avons présentée au sujet des Arrosoirs, nous semble préférable, puisqu’elle rend exactement compte de tous les faits relatifs à l’accroissement de la famille des Tubicolés.
Les Clavagelles sont des coquilles marines très voisines des Arrosoirs par les caractères. L’animal se garantit au moyen d’un tube plus ou moins allongé, dans la paroi duquel il incruste l’une de ses valves; cette valve saisie dans la paroi paraît être constama ment celle du côté gauche ; la droite reste libre dans rinlérieur du tube et elle est articulée à la première au moyen d’une charnière sans dents , mais pourvue d’uu ligament extérieur, peu épais, semblable par sa structure et sa position à celui des autres coquilles bivalves. La valve adhérente, à la juger par son contour,
FREMIÉRE FAMltLE.
est plus petite que Tautre. Ces valves, selon les espèces, sont plus ou moins allongées et plus ou moins bâillantes lorsqu’elles sont rapprochées ; ou leur trouve à rinlérieur deux petites impressions musculaires arrondies, placées comme dans les autres Mollusques dimyaires et réunies entre elles au moyen d’une impression palléale profondément sinueuse du côté postérieur. Cette disposition de la coquille annonce dans l’animal l’existence de deux Siphons allongés et postérieurs , semblables à ceux de l’Arrosoir.
Quoique depuis une dizaine d’années on connût des espèces vivantes de Clavagelles, on ne savait encore rien de l’animal de ce genre aussi intéressant que curieux. M. Audouin^ cependant, eut occasion d’examiner deux individus bien conservés dans la liqueur de l’espèce de la Méditerranée, mais il ne publia pas les résultats de ses recherches et se laissa devancer par M. Owen, auquel la science est redevable de travaux d’un grand intérêt sur divers genres de Mollusques. Un amateur zélé de conchyliologie, M. Cuming , avait rapporté un bel indivichi de Clavageile avec l’animal; il le remit à M. Owen, qui publia bientôt après, dans les Transactions de la société zoologique de Londres, une description anotomique complète, accompagnée de bonnes figures. C’est à l’aide de ce travail de M. Owen que nous pourrons donner des détails sur l’animal des Clavagelles.
L’animal observé par M. Owen est celui du Clavagella lata de M. Broderip. Cet animal est subclavifbrme, subquadrangulaire lorsqu’il est contracté; son manteau se prolonge du côté postérieur en une masse subcylindrique épaisse, à l’intérieur de laquelle sont percés les deux syphons; cette masse charnue, constituant les siphons-, est retirée à l’intérieur par un muscle à fibres rayonnantes, dont on voit l’impression médiocrement sinueuse sur l’intérieur des valves. Ce muscle est le rétracleur propre des siphons. Le côté antérieur du manteau est très épaissi et les deux lobes sont joints dans toute leur étendue, laissant seulement ouverte une très petite fenlelongiludinale correspondant à celle du disque du tube calcaire et, placée en face du pied rudimentaire de l’animal. Lorsque l’on a ouvert Je manteau de chacpie côté, et renversé en dessus sa partie antérieure , on aperçoit une masse abdominale subcylindracée à la partie moyenne et antérieure de laquelle s’élève un petit mamelon. Ce mamelon est le pied resté rudimentaire. A la partie antérieure de celle masse abdominale, entre deux lèvres assez larges,^ on remarque l’ouverture de la bouche ; elle est accompagnée de