‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 6 sur 127 · LES TUBICOLES · texte numérisé non relu

LES TUBICOLES

chaque côté d^une paire de palpes labiales, longues et étroites,* garnies à Tintérieur-de lames très fines. La masse abdominale est particulièrement formée par la masse du foie et de Tovaire; elle est accompagnée de chaque côté d’une paire de lames branchiales dont l’extrémité postérieure, libre, vient flotter dans riniérieur de la cavité du siphon branchial. L’animal est pourvu de deux muscles adducteurs des valves. Ces muscles sont d’une médiocre étendue ; ils sont plus près du dos , et le postérieur est un peu plus grand que Tantériour. L’œsophage est étroit et assez allongéj il pénètre dans un estomac subglobuleux, petit, lequel est enveloppé du foie ainsi qu’une grande partie de l’intestin.

D’après ce que nous venons d’exposer, l’analogie des Clavagelles et des Arrosoirs est lout-à-fait incontestable, et il suffit, pour s’en convaincre bien mieux encore , de rapprocher les figures de l’Arrosoir de M. Ruppel de celles de la Ctavagelle de M, Owen. Cette ressemblance serait jdus grande encore , si l’on pouvait mettre en regard de celui de l’Arrosoir l’animal d’une Clavagelle de la section des couronnées.

Il est nécessaire, pour décrire convenablement les caractères des Clavagelles, d’établir parmi elles ü'ois groupes principaux. Dans le premier, nous plaçons les espèces tronquées antérieurement et couronnées d’épines. Ce sont les espèces les plus voisines de l’AiTOsoir. Dans le second groupe, nous comprenons les espèces ayant un tube lagéniforme pourvu d’épines tubuleuses sur les parois. Telle est le Clavagella cristaia dè Lamarck. Dans le troisième groupe enfin, nous réunissons les espèces perlbranies n’ayant point de tube spiniforme, tel que le Clamgelia Melitensis,

Dans les espèces du premier groupe , le tube est allongé , conique, médiocrement renflé à son extrémité antérieure. Au-dessus de ce renflement, il est subitement rétréci en une sorte de col et élargi ensuite en un disque dont le bord extérieur est couronné d’un assez grand nombre d’épines tubuleuses allongées et plusieurs fois dicholomes. Au centre du disque, on trouve une petite fente longitudinale; mais ce disque n’est point percé, comme dans les Arrosoirs, d’un grand nombre de petits trous. De l’extrémité supérieure droite de la fente, on voit partir une espèce de suture qui vient descendre obliquement pour gagner l’exlrémilé du crochet de la valve incluse dans l’épaisseur du tube. Dans le second groupe des Clavagelles, le tube est court, en forme d’ampoule , quelquefois subcylindracé, quelquefois conique. Ce tube; arrondi

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à son extrémité antérieure, est terminé à la postérieure par une ouverture simple ovalaire, comprimée latéralement. Prescpie toute la partie droite de la paroi de ce tube est hérissée d’un grand nombre de petits tubes spiniformes, simples, comparables à ceux des Arrosoirs et des ClavagelJes du premier groupe, mais placés d’une manière fort différente. Dans le troisième groupe des Clavagelles, le tube, enfoncé dans l’épaisseur des corps sous-marins, tapisse la cavité habitée par l’animal. 11 est subitement dilaté antérieurement en une poche ovalaire ou subquadrangulaire, comprimée latéralement et se terminant du côté postérieur en un tube assez étroit, allongé, subcylindracé et dont l’extrémité libre est évasée en entonnoir. Déjà Guettard, dans son Mén\oire sur les Tuyaux marins, avait eu connaissance d’un fragment de tube qu’il fit représenter ^1. 70, fig. 1 , dans le recueil de ses mémoires divers : ce fragment , provenant de la Méditerranée, est garni de trois manchettes foliacées, et il appartient sans le moindre doute au Cla^^agella Melitensis de M. Broderip. Guettard a compris ce fragment dans un genre auquel il donne le nom de Buccode , Buccodus. Il est facile de concevoir que dans ces espèces perforantes, les tubes spiniformes ne peuvent exister. Il est à présumer cependant, en se fondant sur une observation de Brocchi , que si le corps perforé pai* la Clavagelle n’est point compacte et laisse des lacunes, l’animal, en fermant ces lacunes par son tube, produira des épines tubuleuses.

Si l’on s’eu tenait uniquement aux caractères extérieurs du tube des Clavagelles , il serait possible , à la rigueur, d’établir un genre pour chacun des groupes ; mais si l’on porte son attention sur des caractères plus importans , ceux tirés de la coquille , on trouvera de tels rapports entre toutes les espèces, qu’il deviendra impossible de les séparer en plusieurs genres. Dans les espèces couronnées, la valve libre est ovale oblongue, subnacrée ; rapprochée de la valve incluse, le coté postérieur est ti’ès bâillant J les impre.ssions musculaires sont petites, situées près du bord postérieur et réunies par une impression palléale dont la sinuosité postérieure est assez profonde. Dans le second groupe, la valve libre est absolument semblable pour les caractères; elle a seulement une tendance à s’élargir. Dans le troisième groupe enfin, les valves sont beaucoup plus bâillantes, plus courtes postérieurement, et l’impression palléale offre de ce côté une sinuosité plus large mais beaucoup moins profonde. Quant à la charnière ,

ÎÆS TUBJ.COLÉS. 33

^lle offre très peu de différence dans les trois groupes , et c.es différences sont quelquefois meme assez difficiles à apprécier.

Le petit nombre de3 espèces connue^ nous permet de les distri- J^uer dans les trois gi’oupes de la maniè^'e suivante :

Clavagclla coronata.

Desh.

Clapagella bacillaris.

Desh.

Clavagclla echinata.

Lamk.

Clavagclla cristata.

Lamk.

Clavagclla Brongniarti.

? Desh.

Clavagclla Broccliii,

? Desh.

Clavagclla tibialis.

? Lamk.

Clavagclla aperta.

Sow.

Clavagclla Melitensis.

Brod.

Clavagclla lata.

Brod.

Clavagclla eîongata.

Brod.

Les Clavagelles habitent , les unes dans le sable de la même manière que les Arrosoirs, les autres s’erifoncent dans les masses madréporiques ou dans les calcaires tendres. Celles que Ton connaît à l’élât fossile sont propres aux terrains tertiaires. Parmi elles, nous citerons particuliérement le Clamgella coronata que l’on rencohtre dans tout le terrain Parisien.

Nous ferons quelques remarques sur quelques-unes des espèces mentionnées par les auteurs. Il est à présumer que le Clavagelîa cristata de Lamarck est un individu jeune du Clavagella echiriata» Nous supposons que le Teredo hacUlum de Brocchi a été établi sur un individu décoimonné de notre Clavügelîa bacillaris.

Nombre des espèces :

'4 vivantes, celles de la 3® section.

7 fossiles, provenant toutes des terrains tertiaires.

ESPÈCES

Clavagelle çourüunce. Clamgella coronata, Nob.pl. i.f. u.

Ç, vaginé ^ubcyliiidricd y elaugatâ, clavalà^ dUco complanato ^ antice tevml-» natdi fissura suhcentrali angustâ perfioraidy iuhuVis numçrosiSy ramosîs coronatâ ; vaîvts ovato^ohlongis , widitlafis.- Nob. Descrip. du coq, foss, de Paris, t, x. p. 8. n® r, pl. 3. f. 9, 10. Nob. Encycl. méth, vers, t. 2, p. 289, n® 2,

So.w. Min. Conch. pl. 480. f. i, a, 3,

niEMlÉKE FAMlliLB.

ixU

Rang, et Desm. Bulï, de la soc. d’hist. nat, de Bord, t, 3 , 5® livr., f, i à 5,

Nûb. Lanick. An. s. v. , éd. » t. 6 , p. a3 , n“ i.

Habile Fossile aux environs de Paris dans les calcaires de Lisy et

de Meaux, dans les argiles de Londres à Barton, et dans les calcaires du Mcdoc , à Pauliac , à Saint-Estefe., à Blaye,

Dans les dernières localités mentionnées, cette espèce prend un plus grand développement qu’aux environs de Paris. Son tube est allongé, claviforme, atténué à son extrémité postérieure. Comme jusqu’à présent on ne connaît que le moule, on ne sait pas encore si cette extrémité se termine par un bord évasé, comme dans certains Arrosoirs. Le collet qui sépare le disque de la partie. renllée du tube est peu prononcé. Au centre du disque, on aperçoit une fente longitudinale proportionnellement plus grande que dans les Arrosoirset la Clavagelle bacillaire. Son extrémité supérieure s’étend et se bifurque, et l’une des bifurcations descend à droite, l’autre est presque supérieure et dorsale ; elle est beaucoup plus étroite que la première et descend beaucoup moins bas. Les tubes spiniformes , dont le disque est couronné , sont nombreux. On en compte une vingtaine dans les plus grands individus; ils se bifurquent et souvent chacune des branches se bifurque à son tour. Les valves sont ovales oblongues; celle qui est incluse est presque aussi grande que l’autre ; leur surface est lisse , mais ondulée transversalement par des accroissemens assez irréguliers; la valve libre est très aplatie; son crochet est à peine saillant; il est placé vers le tiers antérieur de la longueur; le bord cardinal est simple sans dent; les impressions musculaires sont petites, l’antérieure surtout; l’impression palJéale est légèrement creusée dans l’intérieur de la coquille et elle présente postérieurement une sinuosité profonde produite par le muscle rétracteur des siphons.

Les plus gi'auds individus de celle espèce ont près de i8 centimètres de longueur.

Clavagelle bacillaire. Clavagella bacillaris, ^oh, pl.i, f.Sàio.

C, tuho subredo, augustOy posticè vaginis foliaceis sivpe terminato; antice d'uco piano, fissoyspînis dichotomis coronato; ralvâ Vibevâ ovato-elongatà, tennissîma, depressd, margaritaced y alierd majore ; cardine edentido»

Nûb. Encycl. mcüi. vers., t, 2, p. 239, n*» 2.

Nob. Lam. An. s. v., 2® éd., t. 6, p.aS, iio 2.

Teredo BaciUum ? Broebi , Coueb. foss. pl. i5, f. 6.

Extermîtatc posticali 'vaglnifera, hs\}ÇX^\\\\\va maDiculatuni. Philip, enumer.

LES a:UBlCOL£S.

Moll. Sicîl. p. X pl. I. iig. 3.

Clavagelia bacillaris» Philip, loc. cit. pl. x. f. z > a. b.

Habite Fossile eo Sicile.

Quoique celte espèce ait beaucoup d’analogie avec la précédente, elle se distingue néanmoins avec assez de facilité. Son tube est très allongé , claviforme ; son extrémité postérieure , légèrement comprimée , se termine par un bord renversé en pavillon de trompette, Dans plusieurs individus, trois ou quatre de ces pavillons sont implantés les uns dans les autres, de la même manière que dans VAspergillum vaginiferum» L’extrémité antérieure du tube , légèrement comprimée, après im étranglement court mais assez profond, se dilate en un disque aplati, au centre duquel se montre une petite fente courte et étroite, longitudinale, bifurquée en j à son extrémité supérieure, La bifurcation du côté gauche est très courte et n’atteint pas le bord; celle de droite le traverse en y creusant une sinuosité profonde, et vient former une espèce de suture bifide sur le côté droit du tube. Le bord du disque s'amincit et il est couronné par douze ou quinze tubes spiniformes qui se bifurquent presque immédiatement , et chacune des bifui’cations se divise à son tour en deux branches. Sur la paroi de l’extrémité du tube, et du côté gauche, ou aperçoit la valve de ce côté incrustée dans l’épaisseur de ce tube. Cette valve est petite , subtriangulaire ; la valve libre est beaucoup plus grande , elle est ovale oblongue, peu profonde, nacrée, très bâillante postérieurement. Son cipchet est très petit et à peine saillant; la surface extérieure est lisse ou striée par des accroissemens fins et multipliés. A l’intérieur , celte valve est peu profonde; on aperçoit de ce côté deux impressions musculaires fort petites; l’impression palléale est peu marquée, mais on voit cependant une sinuosité postérieure, peu profonde, indiquant la position du muscle rétracteur du siphon. Le bord cardinal est simple, linéaire; on y remarque une très petite nymphe pour l’insertion du ligament, et une légère dépression immédiatement au-dessous du crochet.

Les plus grands individus ont 34 centimètres et demi de longueur.

Clavagelle élargie. Clamgella lata, Pl, i.f. 12. i3. i4*

C, camerâ rotundato-ûvatâ ; vàlvâ Uherâ y latiusculâ , substrigonâ ^ subcoii^ vexa, externâ concentriez rugosd , Intus nîtenie • umbone subrotundato.

jFAM^LLE,

Brod. Trans. of zool, soc. t. i, p. 265. pl. ?o. f. 8. à lo. coq. ii à i6, animal.

Habite l’Océan de l’Inde et les iners iju^lrales.

Celte espèce a beaucoup d’analogie avec le Clamgella aperta de So^yerby. Elfe en a également beaucoup avec le Claç'.agella Melitensis. Son tube est court, subpyrifprme , dilaté en poche, et l’animal preusp sa place dans l’épaiçseur des madrépores. La cavité qui contient les valves se rétrécît assez subitement en un tube court, comprimé latéralement et terminé par un bord fortement dilaté en entonnoir. Los valves ont une forme singulière; ej)les sont presque égalps, siibtriangulaires, nacrées intérieurement. La valve libre est chargée de stries irrégulières d’accroissement; son crochet est subterminal comme dans les huîtres ; lo bord cardinal pt simple pt il porte ja trace d’un ligament extérieur allongé. Les impressions musculaires sont très rapprochées du bord supérieur^ elles sont fort inégales 5 la postérieure est la plus grande. Le coté antérieur 4es valves est très baillant, il Tpst beaucoup plus que le postérieur, ce qui est Iput-à-fait le contraire dans les coquillles des autres acéphalécs. Le manteau ne laisse qu’une faible impression : on en remarque une assez large dans la direction du bord antérieur; plie donne insertion à un muscle propi’e .du manteau.

Cette espèpe paraît tre^ raire. Elle a'70 à 80 millimètj'es de lour gueur; |a valve libre est longue dp 3o millimètres et large de 20.

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