‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 55 sur 127 · LES TE LL IN IDES · texte numérisé non relu

LES TE LL IN IDES

inirable sagacité qui caractérise tous scs -travaux, avait aperçu les rapports qui lient les Tellincsanx Solens, surtout en admettant, parmi ces demlers. quelques espères lellinoïdos, qui établissent un passage insensible entre les deux genres. La co(]uil]c des ïellines reste bâillante en avant et en arrière, comme celle des Solens,. dont nous venons de parler; mais les Tellines ont un pli postérieur et de plus des dents latérales , dont les Solens sont toujours dépourvus. D'autres genres ont aussi des dents latérales à la charnière , et Linné les considère comme transitoires entre les Tellines cl les Venus : et c'est pour cette raison que dans l'ordre méthodique on trouva les Douaces, les Madrés et les Cardiunl à la suite des Tellines. Cet ordre, conservé par presque tous les naturalistes classificateurs, est adopté par Bruguière dans les tableaux systématiques, qui sont au commencement du I" volume de {'Histoire nuliireüo des Vers, &dnsi V Encyclopédie méthodique. Dans son tableau élémentaire de {'Histoire des animaux, publié en 1798 , Cuvier apporta quelques modifications à la classification de Linné et de Bruguière. Les Tellines sont à la suite des ünips ; elles sont suivies des Bucardes, des Madrés et des Venus ; les Cames et les Arches s’entreposent encore entre les Tellines et les Solens. C'est ainsi que se trouve détruit ce premier arrangement iinnéen, qui a paru satisfaire les exigences (le la science. Mais Cuvier modifia par la suite ses opinions, comme nous lo verrons lorsque nous parlerons de la première édition du Règne animal.

Peu de temps aprèâ la publication du tableau élémentaire de Cuvier, . Lamarck présentait, à la Société d'hisLoiro naturelle de Paris, ses premières tentatives sur la classification des coquilles. La science, considérablement enricliiodo faits nouveaux, éprouvait chaque jour davantage la nécessité de réformer les genres de Linné; il fallait en diminuer l’étendue, en préciser les caractères dislinctifs, comparer entre elles toutes les espèces , pour éliminer celles dont les caractères ne coïncident pas exactement avec ceux du genre, et cependant dans ce travail long et pénible, rester conslamment pénétré de l’esprit des méthodes du grand législateur d’Upsal. Bruguière avait commencé et Lamarck continua avec toute la supériorité dTm grand observateur, les réformes nécessaires dans la constitution des genres de la classe des M{)liusques.

Les Capses et les Sanguinolaires. détachés des Solens, vinrent, ainsi que les Grlycimères , s’interposer entre les Tellines et les Solens. Les Lucines et les Cyclades, séparées des Venus et dos Tellines, furent considérées comme des genres intermédiaires avec les Venus, et furent mises à la suite des Tellines. Les Donacesen furent, malheureusement,

ON/IÈMK FAMILLli.

éloignées, de sorte que dans la série générale, les Tcllines conservèrent à peu près les rapports que Linné leur] avait imposés. Nous trouvons le genre à la môme place, et dans un ordre inverse dans le Système des animaux sans vertèbres j que Lamarck publia en 1801 ; il n'cst donc pas nécessaire, que nous insistions davantage sur la classification proposée dans cet ouvrage; nous n’avons pas besoin de rappeler non plus que, jusqu'alors, aucune tentative n’avait été faite pour grouper les genres en familles, et que Lamarck fut aussi le premier qui, Ù-Amssi Philosophie zoologique, proposa de distribuer le Règne animal en familles naturelles. Les Mollusques eurent une classification, fondée sur tous les faits connus à leur égard; mais celte première tentative, excellente pour l’époque où elle fut faite, en attirant rallenüon de tous les observateurs, éprouva par la suite des améliorations considérables. Nous trouvons dans la série des familles des Mollusques acéphales, une famille des Conques rassemblant neuf genres, parmi lesquels on remarque les Tellines entre les Donaces et les Lucines, par conséquent dans des rapports beaucoup plus naturels que dans les méthodes précédentes de Lamarck. Quelques années après , Lamarck améliora sa classification dans un opuscule publié en 1812, sous le titre d' Extrait du cours de zoologie. La famille des Conques est conservée ; mais elle est augmentée de deux genres, et les Tcllines se trouvent séparées des Donaces par un de ces genres nouveaux, nommé Donacille, auquel, plus tard, le môme auteur substitua lo nom d’Ampbidesma.

Nous savons déjà en quoi les méthodes de Cuvier diffèrent de celles de Lamarck. Ces différences se remarquent à l’occasion du genre qui nous occupe ; elles ne sont point considérables en apparence, mais elles le sont si l'on prend en considération les principes qui ont dirigé les deux pins grands naturalistes do notre époque. Dans la première édition du Règne animal de Cuvier, la famille de Cardiacés réunit onze genres, parmi lesquels oii remarque les Tellines entre les Corbeilles et les Loripèdes , non loin des Cyades et des Donaces d’un coté , des Lucines et des Venus de l’autre. Cuvier attachait très peu d’importance aux caractères empruntés aux coquilles. Lamarck, au contraire, cherchait à donner h ces caractères toute leur valeur, en faisant remarquer leur constance et leur analogie. Cuvier voulait fonder sa classification sur les caractères des animaux, h uneépoque où, malheureusement, ceux de tons les genres n'étaient pas connus. II en résulta que pour un assez grand nombre Cuvier manqua de guide, et sa méthode s’en ressentit, car certains genres paraissent y être jetés an hasard ; c'est ce que l'on remarque pour les Tellines, qui, sans contredit, et d'après les travaux

LF.S TELLÎNÎDES.'

3e Poli, sont ('•Inignées fies Lnripiîdps et des Corbeilles. Los Corbeilles , en effet t se rapprochent des Lucines dont les Loripèdes ne sont qu’un démembrement inutile. Les Tcllinesse trouvent aussi très éloignées des Solens et des autres genres qui ont avec elles le plus d’analogie : par conséquent, à l’époque où Cuvier publiait la première édition du Rèyvft animal, il lui aurait été impossible de mettre les Tellincs dans des rapports plus naturels, en les introduisant dans un autre groupe plus rapproché des Solens.

Dans l’intervalle de six années , qui sépare l’extrait du cours du sixiègie volume de ['Histoire des animaux sans vertèbres, Lamarck modifia sa classification des Mollusques acéphalés, et la porta au plus haut degré de perfection qu’il lui fut possible , avant d’atteindre le terme de sa longue et glorieuse carrière. Notre célèbre naturaliste ne se contenta pas de démembrer la famille des Conques , il sentit que plusieurs des genres qu’il y comprenait devaient entrer dans de nouveaux rapports , et c’est dans le but de satisfaire aux besoins de la classification qu’il créa la fandlle des Nymphacées, dans laquelle il rangea dix genres , dont les uns, plus rapprochés des Solens, forment un premier groupe sous le nom de Nymphacées solenaires, tandis que les autres, sous le nom de Nymphacées tellinaires, se rapprochent davantage du type des- Venus par les derniers genres qu'il contient. Les TelUnes, dans cet arrangement méthodique, se trouvent entre les Psammotées, les Tellinides et les Corbeilles. Les Lucines et les Donaces font partie du même groupe.

Beaucoup de naturalistes ont adopté cet arrangement méthodique do Lamarck ; à le prendre , au point de vue de la conchyliologie proprement dite, il est, en effet, plus satisfaisant qu’aucun autre. Toutes ces coquilles se joignent par un ensemble de caractères communs qui paraît assez satisfaisant, surtout si l’observation est plus superficielle qu’approfondie. Il est certain que les genres Sanguinolairo , Psammobie, Psammotéc, Tellinc, Tellinide, Donax et Capse ont entre eux une analogie incontestable; mais il n’en est pas de mémo des Corbeilles, des Lucines et des Crassines.

Si, au lieu de borner ses investigatioiis à la coquille, le zoologiste étend ses recherches sur les animaux, il acquerra bientôt la preuve que l’arrangement méthodique de Lamarck ne peut subsister dans une méthode naturelle. Il suffirait pour cela d(i inellre à profit Ic.s observations consignées par Poli dans son grand ouvrage sur les Mollusques des Deux-Siciles , et, sans se préoccuper des opinions de l’auteur, voir les faits par eux-mêmes et les estimer à leur juste valeur. Poli trouvait

T. 1. PAHTIE.

ONZIÈMK FAMILLE.

mi

entre les Tellines et les Données de si grandes ressemblantes, qu'il proposa do réunir ces deux genres en un seul, sous lo nom de Perronca. Mais Poli oubliait les faits les plus considérables, (pi'il avait iui-mémo exposés . et d'après lesquels les deux genres en question sont parPaitemeiit distincts, autant par les animaux que par leurs coquilles. C’est ainsi , pour n’en donner qu’un exemple, que dans les Tellines les branchies sont disposées exactement comme dans les Lavignons, tandis que dans les Donaces ces organes ont la plus grande ressemblance avec cæux des Mésodesmes. Poli fait voir combien la terminaison des siplions de ces deux' sortes de Mollusques est différente, puisque dans les Tellines ils sont à peine ciliés, tandis que dans les Donaces il sont garnis de tentacules branchas, semblables à ceux des Mésodesmes. Quant aox Lucinos , que Laniarck comprend dans le même groupe que les Toliines , Poli fait connaître l'animal d'une espèce de la Méditerranée tous Io nom de Loripes. Cet animal est tellement différent de celui des Donaces et des Tellines, que nous avons de la peine à concevoir aujourd'hui comment les zoologistes, armés do documents aussi précis, ont pu hésiter aussilonglemps sur la classification des Mollusques que nous venons de mentionner. Cuvier, comme nous l'avons vu, malgré ses connaissances plus approfondies do Tanalomiede ces animaux, n’a pas été à l’abri d’erreurs semblables à celles que nous venons de signaler dans les ouvrages de Lamarck.

M. (le Blainvilie emprunta à Poli beaucoup de caractères génériques, mais il no mit pas toujours à ses emprunts toute l’exactitude que l'on aurait dû attendre d’un naturaliste aussi expérimenté. Ce savant n’amé^ liora en aucune façon la classification des Tell.nes et des genres environnants ; il la laissa à peu près ce que Cuvier I avait faite. En effet , les Tellines sont à la suite des Bucardes et des Donaces, et elles sont suivies des Lucines et des Cyclades. M. de EÜainviile tombe dans une erreur qu'il eût été facile d’éviter; il dit que l’animal des Tellines est entièrement semblable à celui des Donaces. Pour avoir la preuve du contraire, il suffit de comparer les figures de Poli, et l’on acquerra la conviction que ces animaux different par les caractères importants que nous avons mentionnés tout à l’heure,

M. Rang, dans son Manuel de Cotu-hyUohgie, n’apporta point de changements considérables dans la classification du genre qui nous occupe; nous pouvons dire que Cuvier a agi de môme, lorsqu'il publia, en 1 830, la dmixièrae édition du Règne animal. Dans cet ouvrage , raalbeureusemenl resté au-dessous de la réputation de son auteur, les Tellines sont maintenues à la place qu’elles occupaient en 1817, dans la première éilition du meme ouvrage.

LKS TKf.UNIDES.

. Presquo ious les naluralistos qui yiiin'nl après Ciiyier et- Lamprk. traînés par l'exemple de ces doux grands zoologistes, n'appoitèrenl que des changements peu considérables dans les rapports du genre Telline avec ceux qui l'avoisinent le plus. Presque toujours, ce genre est mis dan^ le qoiUMCt le plus immédiat avec les Donaces d’un eôté cl avec les Lucines de raulro. Nous-méme avons élé .entratnç à admettre eet arrangement dans les divers ouvrages do Conchyliologie que nous avons publiés; maip aujourd'hui, en présence des faits nombreux que nousavons observés sur les animaux \ivants dont il est question, nous proposerons des cliangQments considérables dans les classifications adoptées. La nécessité de cos changemenU découlera natureUement de ce que nous allons exposer sur les caractères extérieurs desTellincs etsnr l’orgfinisalion intérieure de leurs animaux.

Les Teliines se distinguent facilement de toutes les autres coquilles lévalves par l'aplatissement considérable de leurs yalves ; elles se reconnaissent aussi à un caractère propre, qui consiste en un pli irrégulier, quelquefois très prqfond , qui règne le long du bord postérieur. La forme générale de ces coquilles est variable; pour le plus grand nomltre, elles ^iont oblongues , Iransverses , et elles passent insensiblement d'qne forme très étroite ù une forme ovalaire et môme à une forme ül)ro{jd0. Ces ditférences avaient déterminé Lamarck à diviser le genre m quelrpjGS groupes, pour faciliter la distinction des nombreuses espôce-s. Püut-étre produirait-on des subdivisions plus naturelles, eu employant d'aulres caractères que pourrait fournir la eharnicre ainsi que l'impression pailéalc. Toutes les Teliines sont subéquilatérales; queltpiefois- les vulves sont inégales, Titne d'elles étant un jkîu plus profonde qiu^ l'autre ; le i^té anterieur est arrondi ; le postérieur est souvent prolongé en bec, et prasque toujours anguleux , à cause du pli postérieur . qui aboutit à l'angle inférieur et postérieur des valves. Les côtéi? sont bûiilaiils, mais ce biuliement u'est pas semblable dans toutes les espèces ; dans quelques unes, il est assez considérable, dans d’autres, il est si petit que les valves semblent complètement fermées. Les crochets , dans les Teliines,, sont toujours petits, peu saillants, extrêmement rapprochés , peu inclinés en avant; ils dominent à peine le bord intérieur, sur lequel la lunulo est rarement circonscrite; les bords sont toujours minces, tranchants, simples; en cela, les Teliines sont très différentes des Donaces, qui ont toujours les bords finement dentelés. Le corselet est généralement limité d’une manière nette, au moyen d'une cote ou d'un pli, ([ui descend du côté postérieur du crochet jusqu’à l'angle supérieur et postérieur de la coquille. "Vers l’extrémité antérieure du corselet se montre, an deltors,

ONZIÈME EAMIfXE. •

un ligament externe, allongé, convexe, d’un brun corne plus on moins foncé. Ce ligament est solidement implanté sur des nymphes aplaties , pou saillantes, souvent même recouvertes par un rebord proéminent du cx)rselet. Dans quelques espèces , cette proéminence du corselet s’exagère à ce point cpie le ligament, tout en conservant les caractères propres à ce genre, paraît cependant intérieur, tant il est profondément caché. Lamarck, trompé par la disposition que nous venons de mentionner, avait transporté une véritable Telline dans la seconde section de son genre Lutraire.

Actuellement, si nous ouvrons ces coquilles pour en examiner les caractères intérieurs, nous y observerons quelques modifications intéressantes qui prouvent la variabilité de quelques uns de ceux qui otit une moindre importance.

La charnière est supportée . par un bord cardinal étroit, un peu élargi au centre, peu saillant au-dedans des valves; ainsi, c'est à peine si audessous de lui la cavité des crochets est creusée. Les espèces, un peu épaisses, ont le bord cardinal plus détaché, plus proéminent , sans que pour cela il augmente de largeur ou d’épaisseur. La charnière se compose le plus ordinairement de deux dents cardinales sur chaque valve; ces dents sont divergentes, petites, rapprochées et presque toujours bifides au sommet; elles ne sont point parfaitement égales ; la dent cardinale antérieure est souvent la plus grosse. Ces dents sont plus ou moins saillantes, selon les espèces. Dans quelques unes, elles s’agrandissent à CO point qu'elles ressemblent à la grande dent des Corbules. Dans le type des Tellinos le mieux caractérisé, des dents latérales s’ajoutent aux dents cardinales ; ces dents sont à peu près égales, seulement l’antérieure est toujours plus près de la charnière que la postérieure ; cette dernière est située à l’extrémité de la nymphe , elle semble en être la terminaison. Los dents latérales sont plus apparentes sur la valve droite que sur la gauche. On les voit diminuer insensiblement d’épaisseur, surtout dans les espèces dont le test est le plus mince. C’est alors que les dents latérales disparaissent complétomcnt sur la valve gauche; le bord cardinal aminci s’engage derrière les dents latérales, et, par ce moyen, la charnière conserve presque autant de solidité. Bientôt les rudiments des dents latérales qui restaient dans les espèces que nous venons de mentionner disparaissent complètement, et la charnière est réduite aux dents cardinales. Ce phénomène de la disparition des dents latérales se produit non seulement dans les espèces Iransverses et ovalaires, mais aussi dans celles qui sont obrondes, et dont le test acquiert une plus grande épaisseur, de sorte que si l’nn voulait grouper les espèces d'après la'présènCe

LES TELLlNiDES. 389

OU i'absence dos dents latérales , on pourrait ençore subdiviser chacun des groupes d’après la forme extérieure.

Les impressions musculaires sont d’une médiocre étendue dans les Tellines ; fort écartées l’une de l’autre, elles occupent les extrémités de la coquille, en restant dans la région dorsale. L’impression musculaire antérieure est ovale, oblougue, légèrement courbée dans sa longueur; située près du bord antérieur, elle l’accompagne dans une partie considérable de son étendue; quelquefois elle est divisée à son bord interne par une inflexion plus ou moins profonde, ce qui la rend réniforme. L’impression postérieure est généralement plus grande, obronde, quelquefois subquadrangulaire ; elle est située à l’extrémité du bord cardinal, et elle s’avance assez bas dans la largeur de rextrémité poslorieuro. Les impressions des muscles rétracteurs du pied se montrent comme à l'ordinaire dans le voisinage des grandes impressions dont nous venons de parler.

L’impression du muscle rétracteur antérieur existe à l’extrémité antérieure et supérieure do l'impression du muscle adducteur antérieur.

L’impression du muscle rétracteur postérieur so confond davantage avec celle du muscle adducteur de ce côté. On remarque au sommet de la grande impression, immédiatement au-dessous de l’extrémité du bord cardinal, un angle plus ou moins saillant, qui résulte de la présence du muscle postérieur du pied.

L’impression palléale présente des caractères assez variables dans le genre Telline; cependant, on peut dire qu’elle offre aussi des caractères constants , qui , joints à tous ceux que nous avons déjà signalés , contribuent à faire reconnaître facilement le genre. Dans toutes les espèces , le sinus palléal postérieur est toujours dilaté dans rintériour des valves. Dans presque toutes Iqs espèces, il remonte d’arrière en avant jusquedans le voisinage de Timpression musculaire antérieure; il reste, par rapport aux valves, dans une position horizontale ou à peine inclinée sur l’axe longitudinal. Dans une série d'espèces, lo sinus palléal diminue insensiblement de longueur, mais il dépasse toujours la charnière, vers laquelle il remonte dans sa dilatation. Ce sinus, comme on le voit, a beaucoup de ressemblance avec celui des Lavignons , ce qui provient sans aucun doute de la longueur du muscle destiné à faire rentrer dans l’intérieur do la coquille des siphons très allongés.

Nous devons insister plus particulièrement sur la forme de la sinuosité palléale, parce que, ainsi que nous l’avons dit précédemment , le genre Arcopagia a été séparé des Tellines au moyen d’un caractère emprunté à cette sinuosité; il est donc nécessaire d’en faire apprécier la valeur, afin de mettre à même les conchyliologues de juger de rimportance de

Oi^ZlEME FAMILLE.

ce nouveau genre , et de décidet* s’il devra rester dans la méthode.

Si , dans le plus grand nombre des Teüinos , le bord inférieur de la sinuosité palléale vient se joindre à la portion ventrale de l’impression du manteau, il est d'autres espèces chez lesquelles l’extrémité antérieure do la sinuosité se détache du bord ventral dans une portion plus ou moins longue de son trajet. Cette disjonction se remarque non seulement dans les espèces très étroites, telles que le Tellina rostratn de Linné, par exemple, mais aussi dans les espèces plus ovalaires. Mais on peut dire, en général, qU'ii mesure que la forme dcs'TelIincs s’arrondit, Pextrémité antérieure de la sinuosité palléale so détache do plus en plus du lîord ventral, et enfin, après une série non interrompue de ces n>0dilicalions, on arrive a une dernière espèce de Tellino, Tèllina crassa do Pennant, dans laquelle toute la sinuosité palléale est détachée du bord ventral. C’est cette dernière espèce qui a servi de type au genre Arcopafjia. Si ce caractère d'une sinuosité entièrenmnt isolée se montrait brusiiuemcnt dans un groupe de ïellines d'une forme |)arliculière, et que l’animal traduisît par quelques caractères spéciaux ceux de la conuille, il est évident qu’il faudrait adopter le genre ; 11 se

trouvciait justifié aux yeux de tous les zoologistes; Mais ce genre est fondé, comme on le voit, sur une modification peu imporlanlé et qui f(»raie l’extrémité d'une série générale, dont toutes les parties se touchent Cl se confondent. Ainsi , eu suivant à la rigueur les caractères imposés au genre , il ne éerait pas possible d’y introduire, à côté du Teîlinn craüsa, les TeUina Hernies, sulcata. scobinalai lingitn [élis, espèces qui cependant constituent par leur forme un groupe particulier, duquel il est impossible de délachëC le Tellina crassa.

L'aninml des Tellincs ressemble beaucoup à celui des Lavignons et des Syndosmyes il présente cependant des caractères propres, il est important de les faire connaître on abrégé. Ces Mollusques ont une fitrine (pii est indiquée par celle de leur coquille , par conséquent ils sont presque tous allongés, irausverses, très aplatis; quelqnBfOis ils sont ovalaires, et môme il y en a d’obronds. Le manteau qui revêt l’intérieur des valves est très mince , et il porto à sa circonfcrenco un muscle orbiculairc assez large, peu é^jais; ce muscle, en •s^aiiachanl à la co- {piille, y produit l’impression palléale dont nous avons parle. Sur les bords nxtéiieurs de cet organe s’élève une rangée de tentacules d’une forme particulière ^ et qui ne s’est encore montrée dans aucun des genres précédents. Eu effet , cos^ tentacules sont cylindriques, subitement tronqués aù sommet et mômè quelquefois dilatés commo un petit suc;oir à leur extrémité libre. Toutes lès espèces de Teiiines sané exception ,

LK5 TKLLIMDKS.

soit des mers d’Europe, soit de l’océan Indien, que nous avons eu occasion d’examiner, nous ont offert sur le manteau des tentacules tels que nous venons do les décrire. En arrière, le manteau se termine en deux siphons , dont les dimensions sont variables selon les espèces ; mais ces organes sont généralement très allongés, très grêles, Ut le siphon branchial, qui est toujours le plus long, peut acquérir jusqu’à deux fois ou deux fois et demie la longueur du diamètre transversal de la coquille ; io siphon anal est toujours un peu plus court; ces organes se terminent par des ouvertures simples ou régulièrement ondulées. Ce que nous venons do dire se rapporte à un groupe de Tellines , qui contient le plus grand nombre dos espèces ; dans un autre groupe qui aurait pour type le TelUna cuntuna , pat exemple , leS siphons sont très différents. Le branchial, très allongé, est subclaviforme. il se termine püf utte ouverture simple; le siphon anal est excessivement court et son ouverture porte un petit nombre de- gros tentacules courts et obtus. Assurément si l’on voulait établir une division dans le grand genre des Tellines , on pourrait se servir du caractère que nous venons d’indiquer, qui certainement a plus de valeur que ceux dont on s’est servi en établissant le genre Arcopagia. Un muscle rélracleur ordinairement très allongé se glisse entre les deux parois minces du manteau et vient s’allaGller à l'a coquille sur laquelle il trace la sinuosité palléale postérieure. Lo pied , dans les Tellines, est extrêmement aplati ; il est allongé , triangulaire , tranchant sur ses bords et susceptible de mouvements divers^ et surtout de contractions venniformes au moyen desquelles l’animal Creuse le sable avec assez de rapidité. Par sa base le pied se continue et se confond avec la masse abdominale * qui elle-même participe à l'aplatisaement général de l’animal.

La bouche est petite, transverse,- garnie d'une lèvre membraneuse en dessus et en dessous; les palpes labiales sont très grandes; elles sont pour le moins aussi grandes que celles des Lavignons; elles sont triangulaires, presque équilatérales ; cependant le côié postérieur est un peu plus court que les autres. Les branebies ont une très singulière disposition ; elles sont Tune à coté de l’autre comme dans les Lavignons , et non Tune sur l’autre comme dans les Madrés et les VéUusr DaiïS ICs Lavignons, le feuillet branchial interne a deux surfaces égales ; il il’eu est pas de même dans les Tellines : les lamelles sous-branchiales s'clafgissent considérablement aux dépens de la surface interne de ce feuillet branchial. 11 en résulte que sa surface externe est deux fois plus large quej^'autro. Quant au feuillet externe , il est plus petit ; il est renversé verÿ le dos, exactement comme dans les Laviguon»; çn arriére du pied

ONZIEME EAJIILLE.

les quatre feuillets branchiaux se réunissent et se prolongent au-devant de Touverture interne du siphon anal, ün pli saillant et membraneux du manteau circonscrit la circonférence de l’ouverture interne du siphon anal j l'exlrémilé de Tappareil branchial s’attache k ce pli et interdit toute communication entre la cavité du manteau et celle du siphon.

Tout ce nous venons de rapporter des caractères extérieurs de l’animal des Tellines peut s’appliquer avec la plus grande exactitude au TüUina crassa, type du genre jtrcopa(//a , do Leach , et c’est ainsi que rinulililé de ce genre est démontrée. Nous ajouterons que cette Tellrne appartient au groupe de celles qui ont les siphons grêles et presque égaux.

On compte aujourd'hui un grand nombre d’espèces vivantes et fossiles dans le genre Telline. Dans sa Monographio des espèces vivantes., fil. llanley en décrit et en figure 207 ; cependant , après avoir recueilli toutes celles qui sont mentionnées, après en avoir drossé le catalogue , nous trouvons près do 240 espèces distribuées dans toutes les mers. Le numbro des espèces diminue avec la température; très abondantes dans les mers équatoriales , elles le sont moins dans les régions tempérées , et ([uclques unes seulement subsistent dans les mers froides des régions polaires : en cela elles suivent les lois de la distribution générale des filollusqucs.

Les espèces fossiles sont moins nombreuses que les vivantes; cependant nous en comptons plus de quatre-vingts , et dans ce nombre , ne sont pas comprises Vingt espèces douteuses inscrites dans les ouvrages des paléontologistes et quelques autres qui, placées k tort parmi les Tellines, doivent se ranger dans d’autres genres. Voilà -donc un genre qui contenait k peine 120 espèces, il y a une quinzaine d’années, dans lequel on en compte plus de 320.

Lu distribution des espèces fossiles a beaucoup d’inléréi ; mais si l’on veut conserver à cette partie de la science conchyliologique toute sou importance , si l'on veut , surtout , qu’elle soit utile k la géologie , il faut rejetersoigneusemenl toutes les espècesqui ne sont pas du genre; sans cela , on le comprendra , ce serait une distribution mensongère du genre qui serait présentée. Autant les applications bien faites de la zoologie à la géologie sont utiles lorsqu’elles se fondent sur des faits înconlestublcs, autant elles deviennent nuisibles et jettent de l’incertitude dans les deux sciences si elles reposent sur des observations imparfaites.

Nous avons rapporté au genre 'J'hracie quelques espèces de Tellines de M. Rœmer, reproduites dans le môme genre par fil. Goldfuss. Les autres espèces de RL llœmer ne nous présentent pas les caractères des Tellines , cl nous regietions que les figures de son ouvrage sur le terrain

LES TELLliMUES.

oülitique ne puissent suppléer à la brièveté dos descriptions. La représentation de moules pierreux , de grandeur naturelle , ne suffit pas toujours pour faire reconnaitro le genre auquel ils appartiennent; les Tellines ont un pü postérieur, souvent elles sont courbées en totalité dans leur longueur ; il faut donc que les Ogures reproduisent ces caractères empiriques à défaut d’autres» si Tauteur veut persuader que les especes qu’il nomme Tellines sont réellement de ce genre. Voilà donc quatre espèces mentionnées dans le terrain oolitique, dont l’existence dans le genre eût été importante à constater, mais qui nous échappent jusqu’au moment où d’autres renseignements seront acquis à leur sujet. Il en est de môme d’une autre espèce , TelUna inflata , mentionnée dans les terrains siluriens par M. Rœmer, la description et la figure laissent beaucoup d'incertitude, elle ne nous semble pas une Telline.

Nous remarquons parmi les Tellines de M. Goldfuss quelques espèces douteuses: le Tellina subalpma ^ par. exemple, a plutôt l’apparence d’une Corbeille ou d’une Lucino que d’uno Telline. Nous avons déjà parlé des Tellina inversa et corbuliformis qui sont des Thracies. Quant aux trois espèces tertiaires do M. Goldfuss , il y en a deux dont la détermination est erronée ; c’est ainsi que sou Tellina rostralina est très distincte de celle du bassin de Paris , elle ressemble davantage à l’espèce que M. Dubois do Montpôreux donne sous le même nom. Le Tellina subcarinala de Goldfuss n’est pas celle de Brocchi , c’est pins probablement io Tellina distorta de Poli, ; niais nous pensons que les deux espèces sont différentes. On conçoit combien ces rectifications sont importantes, car avant qu'elles soient faites , on verrait se mélanger des faunes qui restent nettement séparées et s’introduire des rapports erronés entre des terrains qui nient rien de commun.

MAI. Koch et Dunker, dans leur ouvrage très estimable sur le terrain ooliliqu&du nord de l'Aliemagne, ont aussi signalé deux espèces fossiles sous le nom do Telline. Alais rien ne prouve que ces coquilles dépendent du genre : l’une, Tellina Œquilatera^ est une très petite espèce ovale, obronde, qui paraît dénuée du pli postérieur, rien chez elle n’annonce une Telline; l’autre, Tellina Rœmevi^ a plus la forme des Thracies que des Tellines, et comme la charnière est inconnue, nous laissant guider par le port , nous avons proféré ranger cette espèce au nombre des Thracies.

M. Adolphe Uœiner, dans son ouvrage sur la craie de l’Allemagne , a inscrit dans le genre Telline plusieurs espèces que nous rangeons parmi les douteuses. Des descriptions trop courtes , dos dessins incor^ reets , nous laissent inccrlains sur les caractères génériques. Dans les

figures de M: Kœmer nous n’aperce vons aucune trace du pli postérieur oaracléristique des Tellines; aussi nous n'admettons qu'une seule des espèces de M. A. Rœmer, le 7'ellina subdeoussata.

■ Les especes tertiaires, plus nombreuses, mais plus faciles à examiner dans tous leurs caractères, ont donné lieu à des erreurs d’une autre nàturo ; ce n’est plus le genre qui est douteüx , ce sont des espèces identifiées, rapprochées, confondues, qu'il faut reconnaître, distinguer, et auxquelles il est indispensable de restituer leur véritable nom. C’est ainsi, par exemple, que M. BasIérot,.dan3 son ouvrage sur le bassin tertiaire du sud-ouest de la France j cite dans les faliins de Bordeaux deux espèces du bassin de Paris, TeUhta cleijans et bhingiihü'is\ une comparaison plus approfondie des coquilles des deux localités nous a prouvé qu’elles constituent des espèces très distinctes. M. Grateloup, qui probablement n'a pas eu l’occasion de répéter nos observations au sujet de ces espèces , les conserve parmi Celles qui sont communes aux bassins do Paris et de Bordeaux.

Nous ne poursuivrons pas plus loin ces recUfîcations , dont nous avons Voulu indiquer les principales, dans le but défaire comprendre combien il est nécessaire de contrôler rigoureusement tons- les matériaux intrO' düils dans un genre, avant d’en établir le catalogue, et surtout avant de dresser le tableau do la dislribulion de ses espèces dans les couches de la terre. Il faut , en un mot , que la statistique d'un genre soit exacte pour inspirer de la confiance dans scs résultats.

Toutes les rectifications étant faites , il nous reste 86 espèces fossiles , 2ï dans les terrains secondaires, 65 dans les terrains tertiaires.

L'espèce la plus ancienne est le Tdiîna oblknm de M. Goldfuss, elle provient du terrain silurien do Kimmanau. On devra changer le nom choisi par M. Goldfuss, parce que longtemps avant* de nom a été imposé par Sovve-fby à une espèce du Crag; nous proposons de désigner à l’avenir l'espèce sous le nom do Tefiina Goklfiissi^ Deux espèces sont citées dans lo calcaire jurassique de la Bavièro, et une troisième Tek üiHi iimptinia., PhWps se trouve dans lo Goral rng d’Angleterre.

En réunissant aux Tellincs les Arcopagia, il y a dix-sept espèces datis la formation crétacée. Deux dans le terrain néocomieh , Tellina cûtti'ehlrica el Corteroni; deux dans loGauit, TelHiia rauHniam et Aforeauxii; dans le gris vert nous devons citer les TeUina RenauxU et n«- PR trouvant à la fois à Vaucluse et dans la Sarthe. Les autres espèces se distribuent dans la craie moyenne ; nous n'en connaissons pas dans la craie blanche. M. d’Orbigny en fait connaître une espèce do la craie dé l'Amériquè méfidiôualô et aouè avofis dû faire passer parmi

LES TELLIMDES. oijS

les douteuses io Tellina pondicherimms de M; Forbes, provenant des terrains crétacés de Fïndo.

Aux espèces tertiaires du bassin do Paris que nous avons décrites, M. Sowerby en a ajouté quelques unes des argiles de Londres, et M. Nyst en a trouvé un petit nombre dans Io bassin belge; mais do tous les travaux le plus complot que nous ayons sur. les Teilines du terrain tertiaire inférieur, do l’Angleterre, a été publié par M. Edwards dans le Jotiynul do géolo^fie de Londres. Nous y trouvons un grand noiU'bre d’espèces nouvelles , bien décrites et bien figurées , et nous acquérons la preuve do l'existence simultanée d’un certain nombre d'espèces dans le bassin de Londres et dans celui de Paris. Cependant quelques Teilines roslonl jusqu’ioi particulières à chaque bassin et lecariictérisenl. Ainsi les Tellina hanloniensis ^ ambhjua , Branderi, etc., sont {tropres aux argiles de Londres; tandis que les Tellina rostralie j rostralma f patellaris, restent dans le bassin de Paris, et particulièrement dans te calcaire grossier. Los Tellina lunulnta et subroiunda passent du calcaire supérieur dans les grès marins moyens , le donueialis remonte des grès inféricMirs dans les calcaires grossiers.

M. Grateloup admet quatorze espèces de Teilines dans les terrains tertiaires moyens de Bordcauîc et de Dax. A ces espèces , MM. Dujardin et Dubois de Montpéreux en ajoutent quelques autres : le premier, des faluns do la Touraine; le second , de la Wolhynie et de la Podolie* Nous pourrions encore parler de celles de MM. llisinger et Eicliwald. MullieureusemeiU nous no possédons pas tous les matériaux nécessaires pour contrôler toutes les espèces- mentionnées; les unes no nous sont connues que par des listes nominales, les autres par des descriptions incomplètes sans figures. Nous pôuvons diro que les terrains tertiaires moyens sont ceux dont les fossile» sont le moins connus et réclament le plus impérieusement un ouvrage spécial. Il résulte cependant des rorcherches que nous avons faites , que quatre espèces sont propres aux lerraiuâ moyens et ne se trouvent pas ailleurs. L’une d’elles, Tellina bipartila, Baslcrol, est caractéristique de ces terrains. Les autres espèces s.e partagent en deux c;il0gories : les unes sont fossiles seulement et remontent dans les terrains supérieurs ; les auti^és Ont leurs, analogues dans la nature actuelle. Parmi ces eSpôCeë, il y eh a deux. Tellina slrigosa et miegalensh , qui sont vivantes au Séhégal , et qui sont spécialement fossiles à Bordeahx pour le senègalénsis cl h Dax , en Wolhyhie et eh Podolie poiU’ le sir/jfosu. Nous allons rotronVeP les nu- Lres espèces parmi celles de la dernière période tertiaire.

Un terrain très inléressahl ; lu Lrag , renferme ûü grand nombre de

UNZIEUlv FAMILLE.

fossiles. M. S. Wood eu a fait une étude approfondie pendant de longues années : il y a trouvé neuf espèces de Tellines. Un terrain analogue et du même âge existe aussi en Belgique, et M. Nyst en a décrit les nombreux fossiles. Si quelques Tellines de ce terrain ont leurs représentants dans la nature actuelle, il en contient huit qui ne se trouvent pas ailleurs ; la plupart sont communes à la Belgique et à l’Angleterre : tels sont les Tellina Bcnedeni , liipinoides ^ ovata ; c^ite dernière , d’après M. Philippi , so trouverait dans les terrains supérieurs de Palerme; enfin, le TMna obliqua de Sowerby, dont le nom devra être changé, car longtemps avant Scwerby, Lamarck avait imposé ce nom à une espèce vivante. En conséquence , nous proposons pour le Teltina obliqua de Sowerby, le nom dO Tellina JVyslii, Nous allons retrouver bientôt lès espèces qui ont leurs analogues vivants; ces espèces ayant la propriété de se rencontrer aussi dans d’autres terrains , nous allons en présenter la liste.

Les terrains tertiaires supérieurs renferment aussi un assez grand nombre de Tellines, nous en comptons dix fossiles seulement : les unes, Tellina compressa , corbis , gigantea , slrialella , telata , subcarinata ^ sont propres aux terrains subapenuins; d'autres , Tellina pleurosticla ^ strigilalaj sont plus spécialement caractéristiques des terrains supérieurs de la Sicile. Enfin , nous citerons le Tellina ellipHca de Brocchi , qui existe en abondance en Italie, en Sicile, en Morée , en Algérie, et même aux environs de Bordeaux. .■

Pour terminer les renseignements que nous nous proposions de donner sur la distribution des Tellines fossiles, nous avons encore à présenter la liste des espèces qui sont à la fois vivantes et fossiles. Lorsqu’on 1832, nous avons publié les Tableaux comparatifs des espèces vivantes avec les fossiles des terrains tertiaires de l’Europe , nous avions reconnu l’identité de onze espèces; de ces espèces nous en conservons dix, auxquelles nous en ajoutons sept autres acquises à la suite des progrès de la science.

\° Tellina balaicstma , Lin. Vivante dans la Méditerranée.

Fossile en Sicile et en Italie.

2° Tellina balthica. Vivante dans l’Océan du Nord.

Fossile à Uddevalla en Norwége..

3® Teltina calcaréa , Chemn. Vivante dans l’Océan du Nord. Fossile à Uddevalla et dans le crag d’Angleterre,

C’est le Tellina ovalis de Woodward.

LES TELLÎNIDES. 397,

ToUina crafim , Pennant. Vivante dans tout l Océan d'Europe , la Méditerranée , jusqu’au Sénégal.

Fossile en Italie et en Sicile , dans le crag d’Angleterre cl de Belgique, et en Touraine dans le second étage tertiaire. ^^Tellina depreasà, Gmelin. Vivante dans la Méditerranée, dans la Manche.

Fossile en Sicile, en Italie. ‘

6° Telfîm distorta , Poli. Vivante dans la Méditerranée.

Fossile en Allemagne, d’après M. Philippi.

7“ Tetlina dmacma , Lin. Vivante dans tout l'Océan d’Europe. Fossile en Sicile, dans lé crag d’Angleterre et dans les faluns de la Touraine.

8° Tellina [ittula ^ Gmelin. Vivante dans la Méditerranée et dans la Manche.

Fossile dans le crag d’x\nglelerre.

9® Tellina lacunom, Chemnitz. Vivante dans les mers de Guinée. ■ Fossile en Italie, à Bordeaux et à Dax, dans les faluns de la Touraine et aux environs de Cassel, d’après M. Philippi. C’est le TeUmapapyraceadeGinelm, Tellina tumidaâe Brocebi. 10® Tellim Lantivyij Payraudeau. Vivante dans la Méditerranée, Fossile en Sicile.

Tellina nitida , Poli. Très abondante dans la Méditerranée. Fossile en Italie et en Sicile.

M. Bronn la confond avec le Tellina bipartita de Bastérot. Tellina planata , Linné. Vivante dans la Méditerranée, aux îles du cap Vert.

Fossile eîi Italie et en Sicile.; une variété en Touraine et à Bordeaux.

C’est le Tellina complanata de Gmelin.

13® Tellina pulchella i Lamarck. Vivante dans l’Océan d’Europe. Fossile en Sicile et en Italie.

i 4° Tellina senegalensis^ Hanley. Vivante au Sénégal, dans les mers de Guinée.

Fossile à Bordeaux.

Espèce voisine du Te/Zina curnaWa,

IS® Tellina sei'mta, Brocchi. Vivante dans la Méditerranée,

Fossile en Sicile et en Italie.

1 6“ Tellina strigosa , Glnelin. Vivante au Sénégal.

Fossile à Bordeaux, en Podolie et en Wolhynie.

C’est le Tellma zônaria de Lamarck.

0N7iÊME rAMlLL?;.

1 7“ THlma lenuifi , VivaiHe daniîî' loul i'Océan d'Europe.

Fossile en Sicile et dans le cnig d’Angleterre.

Si , h l'aidG 4es.renseigncments que noii^ vonop.s d’e^sposer, on vouioit dresser nn tableau de la dislribuLion des Tellines , on généraliserait facilement les faits qu’il rassernblerait. Il est remarquable de retrouver les espèces de la dernière période tertiaire vivante^ dans les mers les plus proches; celles , au contraire., qui passent do cette formation dan.s celle qui la précède , so distribuent sur un plus vaste espace ; on les voit parcourir du Nord au >ï.idi tout je continent européen, et quelquefois gagner les côtes de l'Afrique et parvenir dons les mers inlertrppicales. Mais le faille plus intéressant, qui n’aura pas échappé à la sagacité du lecleair, c’est qu'il faut aller jusque dans les mers les plus chande.s du Sénégal et de la Guinée pour y rencontrer les analogues do?ï espères d^ Dax , de Üordeaux et des faluns de la Touraine,

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