‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 59 sur 127 · PL 14. L · texte numérisé non relu

PL 14. L

T. Testa ovato-snhorbieuJarii profundâ^ crassâ, suhœqidlaterah ^ transversim densissimu , teriui'lamellosâ , InmeiUs erectis^ tenuibns ^ brevibns, latcre anitco obtiiso , postico breviori wx pîicato ^ cardine angttsto^ bideiitatOf dente lateraU antico majore aïteroiux perspicuo,

Desli. Coq. foss. de Paris, t. i . p. 8 1 . n" 8. pl. 12. f. 16, j 7,

Id. F.ncy. mélh. vers, l. 3. p. loiS. 11° 37.

Morris. Cal. brit, fos.s, p, 102.

Desh. dans Laink. Au. s. vert. 2* éd. t. 6. p. 2x3. n° S.

Habite. Fossile aux enviroui» de Paris, à Acy, Senlis. Valmondois. En Aiigleleirc , à Bracldesham , dans le London clay.

En choisissant cette espèce , nous avons voulu donner à la fois un exemple du genre Arcopagfia de Leach, et d’une espèce qui, en se montrant dans plusieurs bassins du môme âge, peut concourir ü les caractériser. Elle est ovale, obronde, Iransverse, subéquilatérale ; le côté postérieur est plus court, et un peu plus largo que l’antérieur ; il porte un pli oblique , obtus , qui modifie peu la régularité de la coquille. Les valves ne sont pas parfaitement égales , la gauche est un peu plus profonde que la droite. La surface externe est couverte d’un très grand nombre de fines lamelles concentriques , régulières , redressées; les interstices des lamelles sont lisses. Le bord cardinal est étroit, peu épais ; il porte au-dessous du crochet deux petites dents inégales sur la valve gauche , également deux sur la valve droite, mais égales et divergentes. Des dents latérales, l’antérieure est la plus grosse et la plus rapprochée de la charnière , la postérieure est rudimentaire et située à l’extrémité do la nymphe. L’impression musculaire antérieure est ovale, un sillon la partage en deux parties inégales. L’impression postérieure est obliquement orbiculaire ; l’impression pal-

LKS PSAMMOBÎDES.

iéale est. placée assez haut dans l’intérieur des valves, elle est parallèle au bord ventral ; parvenue à la limite du pli postérieur, elle s’infléchit en dedans en formant une sinuosité oblique de bas en haut et d’arrière en avant , un peu dilatée dans le milieu. Les crochets sont petits , peu saillants; ils s’inclinent au-dessus d’une petite lunule lancéolée.

Cette espèce, assez rare dans le bassin de Paris, se rencontre particulièrement dans les sables marins moyens de Senlis, Valmondois, etc. ; elle se retrouve dans le bassin de Londres , à Bracklesham.

hem PsaiiiiiiobUles. Desh.

CARACTÈRES. — Animal ovale-oblong , tranverse, aplati, enveloppé d’un manteau membraneux, garni à sa circonférence d’un rang de tentacules simples et coniques. Deux longs siphons grêles , presque égaux et séparés dans toute leur lon- ^eur, leur ouverture terminale garniè de tentacules simples et coniques. Pied gros et épais palpes labiales longues et étroites. Feuillets branchiaux très inégaux et plissés ; feuillets internes , les plus longs, commençant en pointe entre les palpes labiales, les externes de moitié plus courts ; tous deux se prolongeant en arrière de la masse abdominale et se soudant solidement au pourtour de l’ouverture du siphon anal.

Coquille transverse , régulière, aplatie, mince, un peu bâillante en avant et en arrière, équivalve, subéquilatérale. Charnière étroite , ayant une ou deux dents cardinales , sans dents latérales ; un ligament externe épais et saillant en dehors ; impressions musculaires médiocres , impression palléale profondément sinueuse en arrière.

GENRES. — Pèammobia, Hanguinolaria , Capsd,

Tous les conchyliologues ont eu jusqu’ici une opinion unanime au sujet des genres que nous réunissons dans cette famille ; à l’exemple 26*

DOUZIEME FAMJM.î:.

de Lamarck , ils les ont rangés à la suite des Tellines et dans la même famille. Ils ont emprunté cette opinion à Poli, et elle semblait suffisamment justifiée par la description et la figure que ce naturaliste donna d’une Psammobie de la Méditerranée, Poli eut le tort d’en croire les apparences; il* vit dans la Psammobie de la Méditerranée un animai ayant de longs siphons , un pied triangulaire et comprimé , et ces caractères superficiels lui suffirent pour le juger du même genre que les Tellines. Mais si Poli avait dépouillé ranimai de sa coquille , s’il avait ouvert son manteau , il se serait aperçu , avec la plus grande facilité , qu’il est en réalité extrêmement différent de celui des Tellines. Ën effet, les palpes labiales et les branchies surtout présentent de telles différences dans les deux genres , qu’il n'est plus possible désormais de les réunir, non seulement dans le même genre , comme Pont voulu quelques naturalistes , mais encore dans la même famille.

Aux Psammobies nous réunissons les Sanguinolaires , après avoir fait subir à ce dernier genre des modifications importantes; nous le réduisons, en effet, mSangumolaria roseadé Lamarck, coquille bien connue sous le nom de Solen sanguinolenlus de Linné. Les autres espèces admises avec celles-ci parmi los Sanguinolaires sont pour la plupart des Psammobies; l'une d'elles dépend du genre -Capse.

Ce genre Capse n’est point celui de Lamarck, ce n’est pas non plus tout à fait celui de Bruguières , mais une partie seulement. Bruguières , dans les planches de l’Encyclopédie , rassemble sous le nom générique de Capsa des coquilles qui n’offrent pas des caractères identiques ; les unes, en effet, sont de véritables Tellines; peul-ôLi*e Tune des espèces appartient-elle à notre genre Fragilia. Ces espèces l'cLirées des Capses , il en reste une , c'est le Kenus dellovala qui peut seule rester le type du genre Capse.

En admettant un genre Capse dans sa méthode , Lamarck aurait dû faire ce que nous proposons aujourd’hui , il aurait évité dans sa nomenclature ces vacillations continuelles qui jettent une fâcheuse incertitude dans l’esprit des personnes qui aiment la science- et veulent la cultiver. Les Capses de Lamarclt, ainsi que nous le verrons bientôt . doivent disparaître de la méthode pour rentrer dans le genre Donax; par conséquent il faut bien comprendre que sous un môme nom, des coquilles fort différentes ont été rangées, mais que ce nom devant subsister, il doit revenir au genre auquel il a été d’abord consacré, et s’appliquer au nwins à l’une des espèces qui y était primitivement contenue.

Les coquilles de la famille des» Psammobides sont oblongues , Iransverses, équivalves, et presque toutes subéquilatérales. Elles sont géné-

LbS I'SAMMOBII>ES.

râlement comprimées . aplaties ; par leur forme générale elles ressemblent aux Tellines , mais elles manquent du pli postérieur qui caractérise ces dernières et leur charnière plus simple est toujours dépourvue dedents latérales. Les valves sont un peu bâillantes en avant et en arrière; elles sont jointes par un ligament extérieur, généralement épais, bombé en dehors, allongé sur le bord dorsal et s’appuyant sur des nymphes grosses, quelquefois saillantes, circonscrites par un sillon profond, dans lequel s’attache l’enveloppe fibreuse du ligament. La charnière porte une ou deux dents , et ces dents sont modifiées selon les espèces.

Les impressions musculaires sont généralement médiocres; elles occupent la région supérieure du test; l’impression paliéale se rapproche de celle- des Tellines , cependant la sinuosité postérieure reste différente à quelques égards. Ainsi elle est courte et ellipsoïde dans les Sanguinolaires et presque entièrement détachée de la portion ventrale ; elle est plus profonde dans les Psammobies, et on voit son bord inférieur se confondre de plus en plus avec la portion ventrale jusqu’au point d’y être confondue dans toute sa longueur. Ces diverses modifi c^ations pourront nous servir à diviser le genre Psammobie en plusieurs sections , au moÿen desquelles les espèces seront groupées d'une manière conforme à leurs affinités naturelles.

Les animaux de celte famille sont essentiellement marins; ils habitent les plages sableuses à quelques brasses de profondeur. Leurs mœurs sont semblables à celles dos Tellines. c’est-à-dire qu'ils se creusent , à l’aide de leur pied, un trou dans le sable et s'y enfoncent perpendiculairement, la bouche en bas, de manière à laisser flotter leurs siphons à la surfacedu sol. Deux des genres contenus dans cette famille, Psammobie et Capse, sont connus à l’état fossile ; mais les espèces sont loin d’être aussi, nombreuses que quelques paléontologistes se le sont imaginé.

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