Donace du Brésil. Donax brasiliensis ^ Blainv
PL 15. f. 1. 2. 3.
J D» Tèstâôvato^obîongâ, transversal utriirque attennntn, subœ^uUattrâf
sub èpidermide ftisceseente griseo^nfiolàceâ , obsoletè transversim et
J. longitudinaliter striata , postice obliqué truncatâ, ad latus posticum
sinuato-depressâ intùj albo^violacente, l?o>2<ijr.Brüg. Ency, pl. a6r. f,
Üoaax brasHUnsis» Blainv. Malac. p, 549. pl. 71. f. lo.
Capsa. Sow. Généra ofshells. L i.
Capsa brasihénsis, Lamk. An« s. vert. t. 5. p. 553. n" 2.
Crôuch, lolr.of lâmk. CoDch. p. XX. ]^i, 6. f. 6. ^ '
Désh. Ehcy. méth. vers. t. 2. p. 19a. 1.
Besb. dans Lamk. An. s. vert, a* éd. t. 6. p. â55. n'^ a.
ReéVe, Concli. syst l. x. pl. 61, f. i.
Uanley, Descr. càt. t. x« p. 36.
Catlèw, Conch. nomencl. p. a9.
Wood, ind.Testac. a* sup. pl. i3. f, 5a.
Nous rapportons aux Donaces cette espèce qui , pour Lamarck , était le type de son genre Capsa , proposé en 1 84 8. Elle offre tous les caractères des Donaces I moins les dents latérales de la charnière; mais nous savons déjà le peu d’importance que doit avoir ce caractère. Au reste , dans les quatre espèces de ce groupe que nous connaissons , nous remarquons surtout sur la valve droite des rudiments des dents latérales. La Donaeo du Brésil est une coquille ovale, trigone, snbéquilatérale, ayant le côté antérieur un peu plus allongé que le postérieur. Le bord ventral et le bord dorsal antérieur s’inclinent Tuii vers l’autre et se fèhcontreht pour former ün côté antérieur étroit et obtus, te côté
LES LITHOPHAGES.
postérieur est obliquement tronqué, l’angle qui le sépare est très adouci comme dans lo Donax trunculus ; le corselet reste lisse , il porte à son sommet un ligament plus épais et un peu plus long que dans les autres espèces de Donaces. La surface e;c-térieure est lisse ou substriée ; elle est, couverte d’un épiderme persistant, d’un brun glauque; lorsqu’elle en est, déppuillée, elle est d’un gris violâtre à l’intérieur ; les valves sont d un violet pâle, plus foncé chez les jeunes individus. La charnière présente une seule dent bifide sur la valve droite et deux inégales divergentes sur la valve gauche ; la dent antérieure, quoique très aplatie , est cependant fendue au sommet.
Cette coquille, commune dans les mers du Brésil, a 50 millimètres de longueur et 34 de hauteur.
lies liithophaKes. Lame.
CARACTÈRES DE LA FAMILLE. — Animal ovale , transvme; les lobes du manteau offrant xme petite ouverture antérieure et inférieure, pour le passage d’un pied très petit, quelquefois byssifère ; les deux siphons postérieurs réunis dans une partie de leur longueur.
Coquille transverse, inéquilatéralè , ' souvent irrégtilièrë , bâillante postérieurement 5 presque toujours perforante,, mais sans tube, ni pièces accessoires à la charnière.
GENRES. — Saxicœve , Pétricole ^ Vénérupe,
La famille des Lithophages de Lamarck a besoin d’être réformée. Depuis que nous avons pu étudier vivants les animaux des genres qui la constituent , nous y avons reconnu deux types bien distincts : l’uu , qui se rapproche des Gastrochènes , l’nutre , qui a de l’analogie avec ce groupe des Vénus de Lamarck, pour lequel M. Sowerby a établi le genre Pullastra, Peut-être faudra-t-il rapporter à un troisième groupe quelques espèces confondues soit avec les Pétricoles, soit avec les Vénérupes.
Lorsque nous avons commencé cet ouvrage, nous ne connaissions
ifCu
les animaux d’aucun des genres de celle famille. Millier, dans le Fama suecica^ a bien donné la figuré de l’animal de l’une des espèces de Sàxicave de Lamarck , sous le nom de MytUuB p/m/àdt.s ( Mxjii byssifera , Fabricius): mais on pouvait se demander si cet animal doit, constituer un genre particulier, ainsi que Cuvier l’a proposé dans le Règne animal, ou si toutes les autres Saxicaves qui lui ressemblent sont habitées par des animaux portant un byssus et offrant des caractères analogues. On ne pouvait répondre à cette question qu après s'ètro éclairé par l’observation des animaux d’autres espèces. Nous avons pu examiner vivante une petite espèce de la Méditerranée , et tous ses caractères zoologiques sont conformes à ceux du .\fyliîus photadis de Millier. Toutes les espèces de Saxicaves, dont les coquilles ont des caractères semblables aux deux que nous venons de mentionner, sont pour nous les véritables Saxicaves de Lamarck ou Byssomies de Cuvier.
Dans l’ignorance où nous étions des véritables rapports du genre Saxicave, nous l'avons laissé dans la famille des Lithophages, nOus conformant aussi à l’opinion de Lamarck. Aujourd’hui nous rejetons celte classiûcation . et nous croyons que le genre Saxicave doit se placer dans le voisinage des Gastrochènes et devenirle type d’une petite famille particulière. II ne suffit pas , pour bien placer un Mollusque dan.s une classification naturelle , d’en voir la surface , d’apercevoir les caractères extérieurs; il faut encore observer les organes cachés dans la cavité du manteau : les branchies, les palpes labiales, le pied, la masse abdominale. L-observation de ces parties et leur comparaison avec celles des Clavagelles et des Gastrochènes , nous font apercevoir les rapports des Saxicaves avec ces genres. Dans la classification, linéaire , les Saxicaves devront prendre place à la suite des Gastrochènes, mais dans une classification à éléments disséminés ou à embranchements , telle que nous la comprenons, le groupe des Saxicaves formera un embranchement latéral partant des Glavagelles et des Gastrochènes , et n ayant plus que des rapports très éloignés avec les Pétricoles et les Vénérupes.
ün assez grand nombre de zoologistes ont 'partagé l’opinion de Cuvier, en repoussant de la méthode la famille des Lithophages de Lamarck. M. de Blainville, dans son Traité de malacologie , réunit en un seul genre les Pétricoles et les Vénérupes ; il les place dans la famille des Conchacées , à la suite des Vénus : les Saxicaves , les Byssomies , les Hyatelles et les Rhomboïdes , qui pourraient ne constituer qu'un seul genre , sont rangés entré les Glycimères et les Gastrochènes, dans la famille des Pyloridés. Dans ses familles naturelles , Latreille a suivi à peu près l’exemple de Cuvier ; cependant les genres Byssomie et
LKS LITHOPHAGES, ^6l
Saxicave ne sont pas mentionnés, ils sont remplacés par le genre Hyatelle qui est leur équivalent,
A Tarticle PuUastra de son Généra of shells, M. Sowerby fait voir les rapports intimes qui lient certaines Vénérupes au type des Vénus. S’appuyant de ces observations très justes, mais non applicables à toutes les espèces de Vénérupes, M. Sowerby conclut à la suppression du genre et à sa fusion parmi les PuUastra. M. Reeve, admettant cette réforme sans autre examen , conserve la famille des Lithophages dans sa Conchyliologie systématique , réduite aux deux genres Saxicave et Pélricole; mais où M. Reeve place-t-il le Fenerupis Irus , par exemple, et d’autres espèces analogues?
Si l’ouvrage de M. d’Orbigny était moins important, nous ne nous attacherions pas , comme nous le faisons , à réfuter les opinions de son auteur ; mais destiné à répandre à la fois le goût de la paléontologie et celui des saines doctrines de la conchyliologie, nous croyons de notre devoir, dans l’intérêt même de la science et de ceux qui la pratiquent, de rectifier les erreurs que nous apercevons dans la classification adoptée dans la Paléontologie française. Nous l’avons déjà dit ailleurs, la classification n’est pas la partie la plus importante d’un ouvrage essentiellement destiné, comme celui dont nous parlons, à rassembler un nombre plus on moins considérable de descriptions d'espèces. Pourvu que les espèces soient dans les genres qu'indiquent leurs caractères , il importe peu que les genres soient dans un ordre ou dans un autre ; nous concevrions que , dans l’embarras du choix d’une méthode , un auteur préférât Tordre alphabétique, car n’ayant pas d’espèces appartenant à tous les genres connus, il en résulte des lacunes nombreuses qui rompent les rapports naturels. Pour les Acéphalés, par exemple, M. rl'Orbigny n’a d'espèces que dans une soixantaine de genres: la métiiode serait donc très incomplète; mais comme Mt d’Orbigny attache une grande importance à suivre un onlre méthodique créé par lui, il en a comblé les lacunes par la citation des genres et des familles dans lesquels il ne reconnaît aucune espèce fossile du terrain crétacé. C'est pour cette raison que, dans la paléontologie, les genres Saxicave et Pétricûle sont mentionnés , quoique M. d’Orbigny ne connût aucune espèce du terrain crétaeé qui pût venir s’y ranger.
Nous venons d'exposer TOpinion de M. Reeve ; celle do M. d’Orbigny s'en rapproche, mais elle en aggrave les défauts. En effet, il rejette la famille des Lithophages, et admet celle des Saxicavîdœ de Mi Gray, mais en lui imposant d’autres caractères , en y associant d’autres genres et en là plaçant dans d'autres rapports; on peut dire que M. d’Orbîgny
a emprunté le nom et non la chose : cela seul est déjà suffisant pour jeter de la confusion dans la science. Cette famille des Saxicaves de M. d'Orbigny contient quatre genres : Gaslrochèjpe, Saxicave, Pétrîcole et Galeomma. Nous allons voir, par l'appréciation rigoureuse des caractères , dans- quels rapports il convient de naettre les Saxicaves. Us se rapprochent des Glavagelles plus que des Gastrochènes , et ne peuvent entrer dans les familles qui contiennent ces genres. Quant aux Pélricoles, leurs branchies courtes et leurs siphons les mettent dans le voisinage immédiat des Vénérupes. Ces deux genres sont enchaînés l'un à l’autre et inséparables désormais ; aussi ^ si nous avions à choisir, nous donnerions la préférence à l’opinion de M. Gray, qui entraîne les deux genres Pétricole et Vénérupe dans la famille des Yénus. M. d’Orbigny ne nous semble pas plus heureux dans le choix de la place qu'il assigne à la famille d&s Saxicavides : il la range entre celle des Solécuries et celle des Tcllines. L’auteur prouve par là- qu'il n'a point connu les animaux des genres dont il est question , et ce que nous avons .dit précédemment justifie notre assertion. Nous ^'examinerons pas ici les autres genres associés par *M. d’Orbigny dans la famille des Saxicaves-. Nous connaissons déjà les Gastrochènes ; r\Gus allons étudier les genres Saxicave , Pétricole et Vénérupe; mais nous avons de la peine à comprendre pourquoi le genre Galeomma se trouve dans la même famille; il faut que M. d’Orbigny ait oublié les renseignements précieux publiés sur l'animal de ce genre par M. Mitre dans les Annales des sciences nfitureiles. Les documents dont nous parlons prouvent que le Galeomma appartient à la famille des Lucines.
M. Jouas a proposé en 1844 un genre nouveau, qu’il nomme Choristodon, et qu’il voudrait introduire dans la famille des Lilbophages. Nous ne connaissons pas ce genre en nature, mats d’après la description et laûguro qu'on donne M. Jonas, nous pensons qu’il doit rentrer dans les Pélricoles deLamarck; le seul caractère qui tendrait à distinguer le nouveau genre serait emprunté à l’existence d'un osselet caduque tenant la place de l'une des dents cardinales; il faudrait savoir si cet osselet est constaat ou s'il est le résultat d’une érosion maladive du ligament et do la charnière à la suite de laquelle une ou deux dents cardinales se détachent dans les individus qui en sont affectés. Est-ce à un accident de cette sorte qu’est due la séparation de l une des dents cardinales de la coquille perforante observée par M. Jonas?
. M. Gray a été plus conséquent aux principes posés par Cuvier, lorsque, dans sa dernière classification (Proc. zool. soc., 1847), il introduit à la fois dans. la famille des Vénus les genres Véiiérupè et Pétricole,
LES LITHOPHAGES.
considérant , non sans quelque raison , cette propriété de perforer, comme d’une faible valeur, comme un accident qui se reproduit dans d’autres familles; tandis que Lamarck, au contraire j attachait. à cette faculté perforatrice une grande importance. Quant aux Saxicaves , M. Gray en fait, une famille sous le nom de SavCtçawdœ. Apparemment guidé par des faits qui nous sont inconnus, l’auteur éloigne les Saxicaves. des ^strochènes, et les place à la fm du second ordre des Ciadopodes., à la suite de deux groupes qui représenteraient, assez bien les. anciennes Erycines de Lamarck, c’est-à-dire contenant le genre Puroiiia, Kellia , Montacuta, Lepton , etc. Assurément, dans ce nouvel arrangement de M. Gray, les Saxicaves ne son,t pas à leur place.
D’après ce que nous venons d’exposer,, plusieurs opinions sont en présence au sujet de la famille des Lithopliages de Lamarck. Si quelques conçhyliologistes la conservent dans son entier, quelques autres l’aaéantiss.ent complètement; il. en est d’autres, onûn , qui ont compris qu'oUe devait être réformée; mais les uns ont voulu ou distraire le genre Saxicave , tandis que d’autres ont voulu en éloigner les Vénérupes. Entre toutes ces opinions , quelle est celle que doit choisir le zoologiste , qui connaît tous les faits nouveaux , acquis à la science depuis la publication des travaux de Lamarck, de Cuvier et des autres naturakstes que nous avons cités? Il est évident, comme nous l avons déjà. indiqué sommairement tout à l’heure, que le genre Saxicave est celui qui s’éloigne le plus des Pélricolcs et des Vénérupes ; mais, une fois ce genre écarté de la famille des Lithophages, cette famille doit-elle subsister? Telle est la question que noua avons à examiner.
Pour répondre à la question que nous, venons de poser, il faut donc comparer les animaux et les coquilles des trois genres. .Nous dirons d’abord : les Pétricoles et les Vénérupes se ressemblent par les traits principauxde leurorganisation ; ainsi danslesunset les autres le manteau est médiocrement ouvert en avant cl en bas pour le passage d’un pied étroit, allongé., très pointu au sommet. Dans les Vénus, le manteau est plus largement ouvert, le pied est beaucoup plus grand , plus aplati et plus large; dans les Pétricoles, le manteau se prolonge en arrière en deux siphons complètement disjoints ; dans les Vénérupes, ces organes sont réunis dans une partie do leur longueur. Mais chez ces animaux le siphon branchial est garni sur son bord d’une rangée de tentacules branchus, inégaux , qui s’inclinent au-devant de l’ouverture et forment un véritable tamis , à travers les mailles duquel le liquide ambiant est obligé de passer avant d’entrer dans. la. cavité du manteau. Quant au siphon anal , U est différent;, il est simplement Lenlaculé chez les Pétri-
coies , tandis que chez les Vénérupes , outre ces tentacules , il existe un pourtour membraneux , en forme de coupole, percé d'un trou étroit à son sommet. Si nous pénétrons dans l'intérieur dumanteàu, nous trouvons à la bouche , aux palpes et aux branchies, des ressemblances très considérables, et si nous comparons ces parties à celles des Vénus, nous leur trouvons aussi des ressemblances incoQtestables. Cependant chez les Vénus , les branchies sont plus allongées , elles sc prolongent davantage en arrière de la masse abdominale; mais si nous examinons Touverture intérieure des siphons, nous observerons au siphon branchial des Pétricoles une valvule circulaire, membraneuse, sphinctéroïde^ percée d’ünè petite ouverture centrale; cette valvule n’exisle pas chez les Vénus et chez les Vénérupes. Si nous estimons actuellement les divers degrés de rapprochement qui existent entre les genres que nous examinons; nous verrons qu’ils sont plus nombreux entre les Pétricoles et les Vénérupes qu’avec les Vénus, et nous sommes conduit par là à conserver la famille des Lilhophages et à la rapprocher de celle des Vénus.
Les Coquilles viennent confirmer les indications que nous fournissent les animaux; elles sont généralement peu régulières; on voit qu’elles ont été gênées pour la plupart par les circonstances de leur habitation. Leur charnière porte deux ou trois dents petites , rapprochées , presque parallèles , quelquefois divergentes dans certains Vénérupes; les impressions musculaires sont grandes, assez rapprochées , circulaires ou ovalaires; les siphons étant très grands, en pro|)ortion du volume de l’animal, ils sont munis de muscles rétracteurs puissants, larges et épais, dont la base embrasse toute la largeur des deux siphons. Ce muscle laisse sur la surface interne de la coquille une large sinuosité très ouverte en arrière et qui ne se montre jamais sous celte forme dans ahcnrie Vénus. Chez les Vénérupes , cette impression palléale se rapproche beaucoup de celle dés Pétricoles , et c’est ainsi que nous reconnaissons les rapports qui existent entre les deux genres que nous maintenons dans la famille dès Lilhophages.
Jusqu'ici nous n’avons pas parlé de l’un des caractères qui , aux yeux dé Lamarck, jouit d’une grande valeur parmi ceux de sa famille des Lilhophages. Tous ces animaux possèdent les moyens de percer la pierre et de s‘y préparer un abri. Comme l’ont compris un assez grand nombre de zoologistes , cette propriété de perforer les pierres n’est pas inhérente aux seuls genres de cette famille ; nous l’avons fait remarquer dans plusieurs de celles qui précèdent , nous allons la retrouver bientôt dans celle des Cardites , dans celle des Moules , et même dans celle