‹ Traité élémentaire de conchyliologie (volume 3)Chapitre 90 sur 127 · V. ovata, Hisinger, Lelh. suce. p · texte numérisé non relu

V. ovata, Hisinger, Lelh. suce. p

y, radiata. Phil. Enum. moll. Sicil. t. 2. p. 36. n® 6.

y^ Qvata, Morris, Cal. of brit. foss. p. 104.

y , spadicea. Nyst, coq. foss. de Belg. p. i65, pl. n. f. 3,

y. radiata, Sism. Syn. ped. foss. p. 19.

Habite la mer du Nord, l’Océan d’Europe, la Méditerranée.

Fossile : Italie, Sicile, Murée, Algérie, France, Norvège, Suède, Dax , Bordeaux , Vienne , Angleterre et Belgique dans le crag.

Voici une espèce plus répandue encore que la précédente. On la voit passer des mers du nord dans nos mers tempérées, elle pénètre dans la Méditerranée, et elle paraît se continuer fort loin sur la côte occidentale de l’Afrique. A Tétât fossile, elle se trouve à la fois dans deux très vastes dépôts tertiaires ; aussi elle ne peut, en aucun cas, servir à les caractériser Tune ou Tautre. L’identité des individus fossiles n’est point contestable, et celle des individus fossiles avec les vivants ne Test pas davantage , de sorte que Ton ne peut révoquer en doute la distribution de Tespèce telle que nous venons de la rapporter.

Cette coquille a reçu plusieurs noms , ainsi que le prouve notre synonymie. Presque tous les auteurs qui Tont citée à Tétat fossile ont adopté le nom de radiata donné par Brocchi , mais celui à'ovata a incontestablement la priorité, puisqu’il est dû à Pennant, qui Ta proposé , en 1 777, dans sa Zoologie britannique. On ne peut donc adopter Topinion de M. Nyst, qui, dans son Histoire des fossiles de la Belgique^ est revenu au nom de V. spadicea , proposé par Renieri dans son Catalogne des productions de V Adriatique. Mais ce Spadtcea n’est point de Renieri il est de Gmelin , et quand on recherche dans la compilation de ce naturaliste Tespèce qui porte ce nom, on s'aperçoit qu'il a commis une erreur singulière en prenant pour une Vénus le Cardium latum de Lamarck, ou une espèce qui en est voisine.

Le Venus ovata est une petite coquille ovale, subtrigone, subéquilatérale, pou épaisse, à crochets petits et peu obliques. Sa surface extérieure est ornée d’un grand nombre de petites côtes rayonnantes, très élégamment crénelées par le passage d’un grand nombre de stries transverses et régulières. Ces stries sont plus ou moins saillantes selon les individus. Les côtes elles-mêmes varient j car quelquefois elles se bifurquent. La surface interne présente dans la cavité des crochets une tache d’un rose violacé, qui s’étend souvent jusque vers le milieu des valves. Dans d’autres individus , cette surface est d’un rose uniforme.

LES CONQUES

La charnière est étroite; elle présente, sur la valve droite ,■ trois dents inégales; la postérieure est la plus longue et la plus grosse, elle est bifide au sommet ; l’antérieure est allongée , presque parallèle à la lunule, elle est très aplatie; celle du milieu est triangulaire, subpyramw dale; par sa longueur elle est intermédiaire aux deux autres. Sur la valve gauche, la dent moyenne devient plus épaisse, et elle est bilobée au sommet , mais les lôbes sont très inégaux. La dent aiitérieure reste^ semblable à celle de la valve opposée, tandis que la postérieure s’amincit considérablement et se confond en partie avec la nymphe. L’impression musculaire antérieure est ovale ; la postérieure est obronde. La sinuosité palléale est très courte, en triangle équilatéral.

Les plus grands individus de cette espèce ont 1 8 raillim. de largeur, et 1 5 de hauteur.

GENRE QUARANTE-SÈPTIÈME.

THÉTIS. Thetls, (Sowerhy.)

PI. 22, f. 3. 4-

CARACTERES GENERIQUES. — Animal inconnu.

Coquille ovale, obronde, subcordiforme, mince, parfaitement close , à bords simples ; crochets assez grands , inclinés en avant au-dessus d une grande lunule superficielle ovalaire. Charnière portant trois dents cardinales inégales, la postérieure, la plus longue, lamelliforme sur la valve droite, plus épaisse sur la gauche ; impression musculaire antérieure très petite , ovalaire, marginale, située près du bord inférieur; impression musculaire postérieure ovale , obronde ; impression palléale très courte en avant , se dilatant en une profonde sinuosité triangulaire à base très large , très rétrécie au sommet et remontant perpendiculairement jusque dans la cavité des crochets.

SYNONYMIE générique. ■ — Vmus ^ Mantcll.

OBSERVATIONS. Uu savaut géologue, M. Mantell, a fait connaître dans sa Géologie du comté de Sussex , une coquille bivalve singulière , qu’il a inscrite parmi les Vénus. Quelques années plus tard, M. Sowerby,

ayant fait des observations intéressantes sur la forme de l'impression palléale de celle coquille , a pensé qu’il était nécessaire do créer pour elle un genre particulier, j auquel il a consacre le nom de Thétis. M. Sowerby laisse du doute sur plusieurs parties essentielles de son genre nouveau, particulièrement suc la charnière; parce que, en effet, les Thétis, se rencontrant dans les couches inférieures du terrain crétacé , y ont laissé seulement leur moule. Le test lui-même a complètement disparu. I! a donc fallu juger du genre ét de ses caractères principaux d’après des échantillons qui n'ont pas toujours la perfection désirable.

Le genre Thétis n’a pas été admis par tous les naturalistes; il a de si nombreux rapports avec le grand type des Vénus que l’on devait craindre de l’introduire inutilement dans la méthode , et nous-même avons été du nombre de ceux"' qui l’ont rejeté , ne voulant l’adopter qu’au moment où tous les caractères en seraient parfaitement connus. Nous élionç guidé dans notre opinion par la connaissance que nous avons depuis "longtemps d'une Vénus de la Méditerranée , qui offre des caractères tout à fait analogues à ceux du genre Thétis. Celte coquille a été décrite par M. Philippi, dans le tome I de son Enum. Moll. Sic. sous le nom de Venus incompta. Il est pour nous indubitable que si l’on trouvait consolidé le moule intérieur de cette Vénus, on le rapporterait sans hésiter au genre Thétis de Sowerby ; aussi il est bien à désirer que les observateurs qui habitent les bords de la Méditerranée recherchent l'animal de cette espèce et en comparent attentivement tous les caractères avec ceux des Vénus proprement dites ou des Pullastra. Il serait aussi curieux qu'intéressant de retrouver dans la nature actuelle le représentant d’un genre qui a vécu en grande abondance pendant que se déposaient les premières couches du terrain crétacé , et dont on ne retrouve plus la moindre trace , soit dans les couches supérieures de ce même terrain crétacé, soit dans la série entière des terrains tertiaires.

Les Thétis sont des coquilles subglobuleuses , un peu cordiformes ; les Crochets, assez grands et saillants, les rendent presque aussi longues que larges. Ces coquilles sont subéquilatérales ^ obtuses en avant et en arrière ; le bord ventral est coupé en un arc de cercle, dont Taxe serait près des crochets ; le côté antérieur est le plus court, il présente à la partie supérieure une lunule a peine marquée par une strie déprimée. Le test de ces coquilles était extrêmement mince , et par là il ressemblait à celui du Venus incompta dont nous avons déjà parlé. Ces coquilles sont lisses ou marquées de stries irrégulières d’accroissement.

LES CONQUES

II èst très difficile de voirla charnière dans un jbon état de conservation ; mais nous avons observé des empreintes très nettes de cette partie importante, et nous y avons reconnu trois dents cardinales sur chaque valve. Sur la valve droite. les deux dents antérieures sont les pjus petites; elles sont étroites et parallèles; la dent postérieure s'allonge , en se courbant un peu sur elle-même et vient gagner l’origine de la nymphe. Sur la valve gauche , les deux premières dents sont aussi les plus petites et la postérieure sublapielleuse vient croiser celle de la valve opposée, à peu près comme dans les Isocardes. On ne trouve aucune trace de dent latérale, soit antérieure, soit postérieure; par conséquent, ce genre s’éloigne des Cyprines et des Cythérées; il se rapproche davantage des Vénus. Mais ce que l’on doit étudier avec le plus de soin sur les moules des coquilles du genre Thétis , ce sont les impressions musculaires et celles du manteau. L’impression musculaire antérieure divise le bord antérieur en deux moitiés égales; elle est lellemenl rapprochée des bords , qu’elle laisse à peine un petit intervalle pour la continuation des bords du manteau. Elle est ovale semilunaire ; son extrémité supérieure se prolonge un peu et ce prolongement est dû à l’imptession du muscle rétracteur antérieur du pied. L'impression musculaire postérieure- est également très rapprochée du bord ; elle est subcirculaire , superficielle, et il faut, avoir des moules extrêmement nets, composés d’une pète très fine, pour en apercevoir les contours avec quelque facilité. Au-dessus de cette impression , et tout près du bord dorsal , se montre une petite impression oblongue, qui est celle du muscle rétracteur postérieur du pied. Celte impression est située plus haut et beaucoup plus détachée que celle des autres Mollusques que nous avons examinés jusqu’ici. L’impression palléale est extrêmement singulière ; elle est si faiblement marquée à son point de départ du muscle antérieur, que l’on a de la peine à la suivre dans son commencement. On ne l’aperçoit bien qu’à une petite distance du muscle, lorsqu’elle remonte perpendiculairement à peu près au tiers antérieur de la cavité des valves. Après avoir suivi cette direction jusque vers le milieu de la cavité des valves, l’impression s’infléchit horizontalement , puis remonte un peu obliquement jusque vers le sommet des crochets, se recourbe en formant un sommet assez aigu et redescend obliquement vers le bord antérieur du muscle postérieur, à la circonférence duquel elle aboutit comme une tangente. A mesure que cette impression palléale remonte vers les crochets, elle se creuse davantage, ce qui prouve que le muscle rétracteur des siphons trouvait son principal appui dans cette région supérieure et postérieure de la coquille. Ce qui nous

a paru surprenant et ce que nous ne pourrions encore expliquer, c’est qu'il existe des individus chez lesquels une impression palléale , indépendante de celle que nous venons de décrire, s’étend directement et parallèlement au' bord ventral de Tirapression musculaire antérieure à la postérieure, Nous devons ajouter pour terminer ce qui a rapport au genre Thétis , que les valves ont les bords minces et entiers , que ces bords se joignent parfaitement dans toute leur circonférence , et enfin que les valves sont maintenues dans leurs rapports naturels , au moyen d’un ligament extérne, étroit et bombé, fixé sur des nymphes peu proéminentes , étroites et séparées par un sillon peu profond.

Presque toutes les personnes qui se sont occupées du genre Thétis ont eu à son sujet les mêmes opinions ; elles ont compris qu’il était nécessaire de rapprocher ce genre des Vénus et des Cythérées. Il faut cependant en excepter M. Gray qui, dans la classification du Musée britannique, introduit le genre dans la famille des Lucines. Ces rapports avec les Vénus étaient pour nous d’autant plus évidents, que nous avions trouvé dans une Vénus vivante des caractères presque identiques avec ceux des Thétis. Ce genre néanmoins doit être conservé; la forme de rimpression palléale est tellement différente de celle des autres Acéphalés connus , que cela seul suffit pour le faire admettre définitivement dans toutes les méthodes.

L’animal devait être très différent de ceux que nous connaissons actuellement : les siphons , au lieu d’être dirigés horizontalement d’avant en arrière, devaient tomber de haut en bas dans la direction de leur muscle rétracteur. Le manteau lui-même a dû subir des modifications notables, puisque le muscle rétracteur des siphons occupait presque toute la longueur du bord ventral. Le pied, par conséquent, devait être porté très en avant et l’espace nécessaire pour son issue se trouve extrêmement réduit par l’abaissement du muscle rétracteur antérieur des valves. Le pied devait donc avoir une forme spéciale , et nous présumons que cet organe était allongé , cylindroïde et comparable à celui des Lucines; on comprend sans peine tout ce que ces conjectures laissent d'incertitude après elles. 11 est curieux néanmoins de pouvoir recréer en quelque sorte un animal entièrement perdu, en se servant par induction des renseignements que possède aujourd’hui Thistoire des Mollusques.

Jusqu’ici les véritables Thétis sont au nombre de trois seulement: elles appartiennent, sans exception, aux couches inférieures et moyennes du terrain crétacé connues sous le nom de gault , de grès vert et de craie chloritée. M. d’Orbigny a reconnu une troisiènle espèce dans une des corbules du Mineraf ronchologÿt mais elle est contes-

LES CONQUES. 5^5

table, car elle à la plus grande analogie avec le Thetis minor'; aussi M. Morris , dans son Catalogue des fossiles de la Grande-Bretagne , réunit-il les deux espèces que sépare M. d’Orbigny.

Thétis petite. Thetis minor. Sow.

PL 22. f. 3. 4.

T. Testa siiborbiculari ^ tnrgidâ , subcequüatera^ lœvigatâ rransversim irregtiîariter striata^ longitudinaliter punctatâ ; iimbonibus rninimis, vix obVtquis.

Venus. Maotell, Geol. of Sussex. p. 73. n® 12.

Thetis minor, Sow. Miu. conch. t. 6. p. 19, pl. 5i3. f. 5, 6.

Defr, Dict. sc. nat. t. 54, p, 274.

Sow. Concb. man. p. 274.

Gray, Syn. bril. mus, p. 91.

Bronn, Leth. geogn. t. i. p. 7o5. n® 2, pl. 3o, f. 22.

Brown, Elem. of foss. conch. p. 112^

Fitton, On the strata belowche chalk. p. i3i. 157, 159. 2o5. a6S.

Sowerby dans Fitton, p. 358,

Morris. Cat. of brit, foss. p. 102.

D’Orbigny, Paléont. franc, ter. crét. t. 3. p. 453. pj. 387. f. 4, 5.

An 'varietas? Corbula lœvigata, Sow. Min. conch. pl. 209. f. x, 2.

Thetis lœvigata, D’Orb. Paléont. franc, ter. crét, p. 45r. pl. 387. f. 1 à 3.

Habite... Fo.ssile dans le Gaullen France, en Angleterre, en Allemagne.

Coquille dont on ne trouve habituellement que le moule intérieur formé d’une substance noire et dure, mais d’une pâte ordinairement assez fine pour conserver avec la plus grande exactitude les empreintes que l’animal a laissées dans la coquille; c’est d’après ces moules que nous avons décrit les caractères du genre; quant à ceux de l’espèce que nous signalons comme la plus répandue, ils sont faciles à reconnaître. En effet, le Thetis minor est une coquille de taille médiocré, arrondie , globuleuse , renflée, subcordiforme , lisse ou marquée de stries irrégulières d’accroissement. Les crochets sont médiocres , peu inclinés ; ils partagent la coquille en deux parties presque égales. La charnière , autant qu’il est permis d’en juger par son empreinte, porte trois dents inégales, disposées à peu près comme celles desCyprines; il n’y a aucune trace de dents latérales. L’impression du muscle antérieur est ovale, oblongue, située très près du bord antérieur et non loin du bord inférieur.

^7 fi QUINZIÈME FAMILLE .

Cette coquille offre des variétés de taille, et c’est probablement Tune d’elles qui, njal conservée, a été prise pour une Gorbule par M. Sowerby, et distinguée plus tard comme espèce par M. d’Orbigny; cette variété se' trouve avec le type de l’espèce , mais beaucoup plus rarement.

GENRE quarante-huitième:

GKAT£IiOUPlE. G^'alelmqm.

PI. i4. f. i8. 19. , f

CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal inconnu.

Coquille ovale , transverse , subéquilatérale , parfaitement close; crochets bombés, peu proéminents, inclinés au-dessus d'une lunule lancéolée peu profonde. Charnière portant trois dents cardinales divergentes ; une dent latérale antérieure , et en arrière trois ou quatre dents striées , graduellement décroissantes ; ligament extérieur étroit, allongé; deux grandes impressions musculaires écartées, ovalaires. Impression palléale occupant le bord ventral dans la moitié antérieure de sa longueur, se contournant en une sinuosité large et profonde ovalaire , dont l’extrémité supérieure gagne le muscle p'ostérieur, après une inflexion anguleuse.

SYNONYMIE GENERIQUE. — Doiiax , Bastérot. — Graieloupia , Desmoulins.

OBSERVATIONS. M. Bastérol a publié en 1825 un mémoire très intéressant sur la Géologie de$ terrains tertiaires du sud-ouest de la France, et il a décrit la plupart des fossiles qui sont répandus quelquefois en profusion dans ces terrains. Ce mémoire fait partie du recueil publié par la Société d’histoire naturelle de Paris. Parmi les fossiles intéressants signalés à l’attention des naturalistes par M. Bastérot, se remarque, sous le nom de Donax irregularîs, une coquille bivalve qui a bien quelques uns des caractères des Don aces , mais qui en offre de tellement particuliers, que M. Desmoulins a cru devoir la séparer, en créer un genre distinct , auquel il a consacré le nom du savant distingué qui , pendant

LES conques.

toote sa vie, a recherché avec un soin minulieiix les espèces fossiles du bassin de l’Adour, et par la a mérité la reconnaissance de tous les amis de la conchyliologie et de la paléontologie. Le peu que nous venons de dire rappelle assez les travaux de M. Grateloup, auxquels le genre de M. Desmoulins a été dédié. Depuis la publication do M. Baslérot , un autre observateur, M. Lea, a trouvé parmi les fossiles de l’Amérique septentrionale une coquille qu’il rapporte au genre Graleloupia , et qui en offre la plupart des caractères ; malheureusement il en est quelques uns qui restent incertains parce que le savant naturaliste a négligé de les décrire et de les faire représenter.

Le genre Grateîoupia n’a pas été adopté par tous les zoologistes: les uns y ont vu un démembrement peu nécessaire des Donaces ; les autres , et nous étions du nombre , voulaient le confondre dans le grand genre Cythérée, et le rapprocher des Cyiherca corbicüla et autres espèces analogues qui ont quatre dents cardinales ; mais la forme particulière de la sinuosité palléale , ajoutée aux autres caractères de ces coquilles , en fait un genre nettement détaché de tous les autres.

On ne connaît jusqu’ici qu’un très petit nombre d'espèces dans le genre Grateîoupia ; mais comme elles appartiennent à des terrains tertiaires , dans lesquels les fossiles sont d’une conservation parfaite, il est possible de retrouver en elles tous les caractères du genre aussi facilement que sur des espèces vivantes. Les Grateîoupia connues sont des coquilles ovales, transverses ou subtrigones subéquilatérales, ayant le côté postérieur un peu plus court et subtronqué obliquement; le côté antérieur est arrondi, large, elle bord ventral presque droit, présente une légère inflexion au moment d’arriver à l’extrémité postérieure. M. Desmoulins, attachant à ce faible caractère une trop grande importance, avait pensé que le Grateîoupia doit faire partie de la famille des Tellines ; nous verrons bientôt d’autres caractères d’une plus grande valeur entraîner le genre dans la famille des Vénus. Les bords sont simples et entiers , parfaitement joints lorsque la coquille est fermée ; ils sont plus épais et plus arrondis dans la longueur du bord antérieur.

La charnière des Grateîoupia a de l'analogie avec celle de certaines Cythérées , telles que le Cytheræa corbicüla , par exemple : ainsi on y trouve les dents cardinales des Cythérées, c’est-à-dire trois dents cardinales régulières, une dent latérale antérieure , occupant la longueur de la lunule , et enfin , à la suite de la troisième dent cardinale , c'està-dire de la postérieure, se trouvent six ou sept dents graduellement décroissantes, irrégulièrement sillonnées. Ces dents s’engagent l’une dans l’autre , aussi exactement que les dents cardinales elles-mêmes, T. 1. U' PARTIE. '^7*

et par leur moyen la charnière acquiert un degré de solidité qui n‘existe pas au même degré dans les genres avoisinants. Les dents sériales, dont nous venons de parler, pourraient se comparer à celles des Arches. Elles sont obliques, rayonnantes, et elles accompagnent la nymphe dans une partie de sa longueur. Cette nymphe est longue et peu épaisse , donnant insertion à un ligament externe , comparable à celui des Cythérées. Cette charnière, dont nous venons de parler, est supportée par une lame cardinale d'une médiocre épaisseur, mais qui cependant s’avance au-dessus de la cavité des crochets.

Les impressions musculaires sont grandes et écartées; toutes deux sont comprises dans la région dorsale de la coquille et à peu près à égale distance de la charnière. L’antérieure est obliquement semi-lunaire ; la postérieure est subquadrangulaire : c’est un carré dont les angles sont obtus. Au-dessus de chacune de ces grandes impressions, et cachées au-dessous du bord cardinal, so montrent deux petites impressions, sur lesquelles s’attachaient les muscles rétractours du pied. L'impression paliéale va nous présenter quelques caractères remarquables qui , s'ajoutant à ceux que nous venons de signaler, contribuent à donner plus de certitude au genre. Cette impression se détache de l’extrémité antérieure et inférieure du muscle adducteur antérieur des valves ; de cette manière, cette impression musculaire est réellement en dedans de l’impression paliéale. Celle-ci descend obliquement en traçant une ligne courbe, comme si elle voulait sortir de la coquille vers le tiers postérieur du bord ventral; mais parvenue au voisinage du bord et très loin encore do l’extrémité postérieure , elle s’arrête subitement , se recourbe en dedans et circonscrit une sinuosité ovalaire , dont Taxe est oblique de haut en bas et d’avant en arrière. La ligne supérieure de la sinuosité n’aboutit pas directement à l'impression musculaire postérieure; elle passe au-dessous d’elle, s’arrête en s’élargissant sous forme d’une petite impression particulière, et enfin remonte perpendiculairement pour se confondre avec le bord postérieur de celte impression. Il résulte de celte disposition qvie le sinus palléal , au lieu d'être ouvert en arriére , comme dans la plupart des Mollusques siphonéS (Mye, Lutraire, Madré, etc.), est ici ouvert dans le tiers postérieur du bord ventral. Uar conséquent, le genre Grateloupia se rapproche réellement de celui desThetis, puisque les siphons, au lieu d’être dirigés dans le diamètre anléro postérieur do l'animal, sont très obliques à ce diamètre, mais ils le sont moins que dans les Thétis.

D’après l’ensemble des caraclères que nous venons d’exposer, il est évident que le genre Gnitehupin doit être conservé. Si maintenant

LES CONQUES

nous cherchons la place qu'il doit occuper dans^la méthode, nous laissant guider par l'analogie, nous serons nalurellemenl conduit à le rapprocher des Cythérées. Quoique par sa forme générale la coquille so rapproche de certains Donaces, particulièrement du Donax brasiliensis [Cnpse brasiliensis J Latnk. ), néanmoins la charnière emprunte la plupart des caractères des Cythérées ; elle a une dent lunulaire , trois dents cardinales et cinq ou six petites dents sériales etintrantes, qui remplacent la dent cardinale postérieure. Si nous considérons maintenant les impressions du manteau et des muscles, nous ne leur trouverons, il est vrai, qu’une ressemblance éloignée soit avec celles des Donaces , soit avec celles dos Cythérées ou des Vénus. Et cependant ces caractères , en conGrmant le genre , contribuent â fixer sa place dans la famille des Conques.

Jusqu’ici nous ne connaissons que quatre espèces du genre Oraleioxipia. Trois se trouvent dans les terrains tertiaires moyens des environs de. Bordeaux et de Dax. La quatrième est de l’Amérique septentrionale; elle provient des terrains tertiaires do l’Alabama, qui représentent, à ce qu’il paraît, dans la série géologique, le second étage tertiaire des terrains de l’Europe, Elle a été décrite par M. Lea , sous le nom de Graleloupia Moulinsii. Les espèces de France sont le Oraleloupia donaciformis , la plus répandue et la seule citée ; le Graleloupia diflicilis [Donax difficilis , Bast.); la troisième ressemble par sa forme générale au Cijtheræa polita de Lamarck : nous proposons pour elle le nom 4e Graleloupia cuiieata.

Grateloupie donaciforme. Grateloupia donaciformh^ Desmoul. PI. 14. f. 18. 19.

Testa transversâ ^ ovaco-trigond , stibœquilaterd^ posùcè obliqué truncaldf nnCicè latiore retiiudatu^ lateraliler compressa ^ lœvigatd • unibomhus parvis oppositis ; lunulâ depressa ^ ovnto-lanceoîatâ.

Donax irregidaris. Bastérol, foss. de Bord. p. 84. n” 4, pl. 4. f, 19.

Grateloupia donaciformis, Desmoiillns, Bull, de la Sor. linn. d.* Bord.

Broun, Lleli. t;fog. I. 2. p. 906. p!. 3;. f. 19.

Onili'loiip, Car. 7.00I. p. f>3.

Sow. Coii' li. niau. p. i55. f. 102.

Brftwu, Klom. of fos*!. Corjcli. p. 108.

Kang, Man. de Concli. p. 307.

Poliez Mirl». r»nl. des Moll, de üonai. t. 2. j». 197,

Gtinllz, nrniid. p, 419, 420.

lïaLUc... Foî.sil^’ il Bordeaux rt h Dax.

Coquille transverse, ovale, snblrigone, presque équilatérale , ayant le côté postérieur tronqué à la manière du Donax brasiliensis , un peu plus court que l’antérieur ; toute la surface est lisse, polie, brillante, marquée de stries irrégulières d’accroissement; les crochets sont petits, opposés, rapprochés, à peine obliques; ils dominent une lunule peu étendue, nettement circonscrite, déprimée, ovale, lancéolée. Le côté antérieur est large, comprimé, arrondi; le postérieur sé termine en un angle obtus. Les bords sont simples, peu épais: l'inférieur est presque droit. La charnière porte trois dents principales sur la valve gauche ; elles sont étroites ; l’antérieure est parallèle au bord de la lunule, et se place dans la môme direction que la dent latérale ; les deux autres dents cardinales sont très rapprochées, parallèles et perpendiculaires. La valve droite porte également trois dents : l'antérieure est très petite et soudée au bord de la lunule; la dent moyenne est très grosse, triangulaire, subpyramidale; la postérieure est très mince et lamelliforme. En avant de ces dents cardinales se trouve une dent latérale antérieure comprimée, conique, très pointue au sommet ; en arrière, et continuant les dents cardinales , se montre la dent découpée et striée qui caractérise le genre. La sinuosité palléale a une forme particulière dans eette espèce qui la distingue de toutes les autres; elle est ellipsoïde, un peu pointue au sommet, moins large que longue ; une ligne qui passerait par son axe aboutirait d'un côté à l'angle inférieur et postérieur des valves, et de l’autre à l’extrémité inférieure du muscle adducteur antérieur.

Les grands individus de cette coquille ont 57 millimètres de long et 38 de hauteur.

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