I.KS CRASSATEfJ.IDES
Mémoires sur les fossiles des environs de Paris , publiés i^ans les Annales du Muséum , il renonça au genre Paphie , et en fit rentrer toutes les espèces parmi les Crassatelles.
A dater de celte époque. lo genre Crassatelle fut généralement adopté; cependant M. de Roissy préféra le nom de Raphia, elle conserva dans lo 6* volume de V Histoire des Mollusques , faisant partie du Buffon de Sonnini.
Jusqu’à l'époque delà publication de V Histoire nalurelte des animaux sans vertèbres . les conchyliologues anglais conservèrent les méthodes linnéennes dans leur inlégrîté, et par conséquent ils rejetèrent le genre Crassatelle; les espèces furent distribuées parmi les Vénus, ce que l'on peut constater dans l’ouvrage de Dilh^U , publié en 1817, et mênie dans celui de AVood, qui a paru en 1828.
A l’exception de ce petit nombre d'autours, tous les autres acceptèrent définitivement le genre Crassatelle , et presque tous , adoptant la classification do Lamarck, l’ont rangé dans le voisinage des Madrés, en l’introduisant dans la famille des Jlactracées. Cuvier adopta d'abord cet arrangement dans les tableaux de classification qui acconipagnent V Anatomie camparée ; mais il ne conserva pas la même opinion, comme le prouvent les deux éditions du Règne animal. Notre grand zoologiste , .supposant que chez les Crassatelles le manteau est ouvert et n'a point de siphons, ayant embrassé dans la famille des Mytilacés tous ceux dès Mollusques qui offrent ce double caractère , il entraîna le genre Crassatelle dans le voisinage des Cardiles. M. do Blainville se rapprocha de celte classificalioh dans son Traité de malacologie. M. de Férussac, en cherchant à concilier la méthode de Cuvier avec celle de Lamarck , laissa néanmoins les Crassatelles dans les Mytilacés, mais il en constitua une petite famille à part, dans laquelle il introduisit aussi le genre Aslarlé de Sowerby ; de sorte que, contrairement aux principes qui étaient le plus généralement reçus à cetto époque , il comprit dans une même famille des coquilles à ligament interne et d'autres à ligament externe. Si quelques auteurs, tels que M. Menke, adoptèrent la famille des Crassalelles, d’autres introduisirent le genre avec les Cardiles et les Vénéricardes dans la famille des Cardites, suivant en cela l’exemple de M. Fleming.
Les zoologistes se partagèrent entre les deux opinions que nous venons de rapporter, c’est-à-dire que les uns, avec Lamarck, conservèrent les Crassatelles dans la famille des Mactracées ; les autres , avec Cuvier, transportèrent le genre dans la famille des Cardiacés. Pendant plusieurs années ces deux opinions restèrent en présence et ne reçurent aucune
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VINGT-TRGISIKME FAMILLE.
modification, parce qu’en effet la science ne s’est enrichie d’aucune observation au sujet de l'animal du genre qui nous occupe. M. d’Orbigny, dans sa Paléontologie française ^ nous paraît être le premier qui ait donné, au sujet de l’animai des Crassatelles, des renseignements positifs. Ces renseignements se bornent malheureusement à une phrase caractéristique trop courte , mais au moyen de laquelle il est possible de déterminer avec plus de précision la place que ce genre doit occuper dans la mélliode. D'après le naturaliste que nous venons de citer, l’animal aurait les lobes du manteau ouverts dans, toute leur longueur; il n’y aurait aucune trace des siphons , ces organes se trouveraient remplacés par un épaississement du manteau sur lequel seraient implantés des tentacules, exactement comme cela a lieu dans les Unios et dans les Anodontes. Un autre caractère, que signale M. d’Orbigny, consiste dans une fente que présente le bord tranchant du pied , fente qui existe dans les Astartés, ainsi que dans les Cardites. il résulte de ces observations, que l'opinion de Lamarck doit être définitivement abandonnée, et que Cuvier et ses imitateurs ont eu raison dans l’appréciation des caractères génériques des Crassatelles , si toutefois on doit avoir une entière confiance dans l’observation incomplète de Al. d’Orbigny.
Ainsi que leur nom l'indique, les Crassatelles sont des coquilles solides et épaisses; elles sont généralement transverses, ovales-trigones, équivalves, inéquilatérales, obtuses en avant, anguleuses en arrière, et quelquefois rostrées de ce côté. La plupart sont lisses ou irrégulièrement striées ou sillonnées par l’accroissement; d’autres sont sillonnées transversalement; nous n’en connaissons point qui présentent des stries longitudinales. Toutes sont revêtues à l’extérieur d’un épiderme épais, brun, plus ou moins foncé, d'isparaissant ordinairement vers les crochets. Sous cet épiderme, ces coquilles sont ordinairement blanchâtres ou jaunâtres, ornées de rayons plus ou moins nombreux , fauves ou bruns, et plus rarement ornées de taches, comparables à celles des Vénus, par exemple. Les bords sont épais; tantôt ils sont simples et plus souvent ils sont finemeut crénelés. Les valves, étant rapprochées , sont parfaitement closes sur toute leur circonférence. Les crochets sont généralement grands, proéminents, pointus, opposés, rapprochés, légèrement inüéchis en avant; ils surmontent une lunule presque toujours profonde, ovale, lancéolée, quelquefois très étroite, surtout dans les espèces aplaties. Le côté postérieur est presque toujours limité par un angle obtus , plus ou moins accusé , qui descend obliquement du côté postérieur des crochets jusqu’à l’angle inférieur et
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postérieur des valves. Un autre angle , plus court que le premier, circonscrit un corselet lancéolé, rarement ovalaire , dont la longueur correspond à celle du bord dorsal supérieur. La surface interne est diversement colorée; cependant c’est la couleur brune qui domine dans ce genre. Dans la plupart des espèces, une partie de la surface est d’un beau blanc, tandis que les impressions musculaires et une partie du côté postérieur sont d’un brun plus ou moins intense^ selon les espèces ; il y en a quelques unes dont la surface interne est uniformément de couleur brune.
La charnière est ordinairement large et très épaisse; elle occupe un espace triangulaire dont la partie la plus large est immédiatement audessous du crochet. Celte charnière est remarquable par l’épaisseur et la solidité des dents qui s’y élèvent. Sur la valve droite il y en a une seule, grosse, épaisse, (juelquefois sillonnée de chaque côté. Sur la valve gauche s’élèvent deux dents un peu plus minces , divergentes ; la fossette qu elles laissent entre elles est destinée à recevoir la grosse dent de la valve opposée. En arrière de ces dents cardinales, on remarque une impression triangulaire peu profonde , et dont le sommes correspond exactement à celui des crochets. Celle impression résulte de la présence d’un, ligament interne , très épais et très robuste. Dans la plupart des genres chez lesquels le ligament est placé à l’intérieur, il est reçu sur un cuilleron plus bu moins saillant, qui est au moins égal à la largeur du bord cardinal. Dans les Crassalelles , au contraire, la fossette du ligament est plus courte que le bord cardinal , et ce caractère ne manque pas d’une certaine valeur pour distinguer les Crassatellesdes Mésodesmes.
Dans toutes les Crassalelles, les impressions musculaires sont très nettement circonscrites ; elles sont presque toujours creusées : aussi les moules des Crassalelles deviennent facilement reconnaissables par celte forme particulière des impressions musculaires. Ces impressions sont assez grandes ; l’antérieure, ovalaire, est située à l’extrémité du bord cardinal.; elle n’est point parallèle au côté antérieur de la coquille; son diamètre se dirige obliquement du haut en bas et d'avant en arrière. L’impression musculaire postérieure est sübcirculaire; elle est située à l’extrémité postérieure du bord cardinal. L’impression palléale est simple. Dans la plupart des espèces , elle est fortement imprimée sur i coquille et n’est point parfaitement parallèle au bord ; elle descend obliquement du milieu du muscle antérieur, et laisse en avant un très large espace entre elle et le bord du lest. En arrière elle se rapproche davantage du bord de la coquille , tout en laissant cependant une zone
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assez largo, el elle vient, aboutir à l’impression musculaire poslérioure, comme si elle voulait la partager en deux.
Le pied des Mollusques acophalés dimyaires se rncul au moyeu de deux muscles principaux, qui laissent habiLuelleinent leur impression sur la coquille. L’impression du ntuscle rétractenr Rnlérieur se voit très facilement dans les Crassatelles ; elle est située un peu en arrière de l’extrémité supérieure du muscle adducteur antérieur et sur le bord de la dent cardinale. L’impression du muscle postérieur no se découvre pas aussi facilement. Dans quelques espèces fossiles particulièrement, on remarque à rexlrcmité supérieure du muscle adducteur postérieur un angle peu prononcé, sur lequel vient s’attacher lè petit tendon du muscle rétracleur postérieur du pied,
M. d'Orbigny prétend qu’indépendamment des impressions musculaires que nous venons de signaler, il en existe encore une autre dans la profondeur des crochets. Quoique nous n’ayons pas aperçu celte dernière, si clic existe, elle est duo à un muscle abtfüiiiinal qui vient s’attacher à cette partie de la coquille, ainsi que nous l'avons vu dans les Lavignons.
Dix-neiif espèces de Crassatelles sont connues à l’cint vivant. Presque toutes habitent les régions chaudes de l'Océan austral, à‘’la Nouvelle-Hollande, à la Nouvelle-Zélande: quelques unes se répandent dans rOcéan de l’Inde; les autres, enfin, habitent les côtes du lirésil el d’autres points de l’Amérique méridionale. On en cite une ou deux des mers équatoriales de l’Afrique. Nos régions tempérées en sont acluellement dépourvues , tandis qu’autrefois elles y étaient d'une grande abondance , comme le témoignent les nombreuses espèces crétacées et tertiaires.
Jusqu’ici aucune espèce incontestable de Crasgatelle ne s'est montrée dans les terrains inférieurs à la craie. On trouve cependant, dans l’ouvrage de M. Rœmer [Verstein. des Tlarzgeb,)^ l’indication d’une espèce dans le terrain dévonien; mais l'auteur en aura jugé par la forme extérieure, et cette forme pourrait aussi bien appartenir au genre Cypricarde dont les espèces sont fort abondantes dans ce terrain, comrhe l'a démontré M. de Konînek.
Vingt espèces sont connues dans l’ensemble du lerraiii crétacé. M. d’Orbigny, dans sa Paléontologie française, en décrit huit seulement; M. d’Archiac en fait connaître deux des craies chloritées de la Belgique. M. Rœmer mentionné trois espèces dans la craie de l’Allemagne; M. Malhéron en ajoute deux aux espèces françaises de M, d’Oi*bigny. Enfin, MM. Sedwi'gch et Murchison , Geinitz et Pusch inscrivent
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dans le catalogue plusieurs espèces intéressantes. Nous conservons du doute à l’égard de l’espèce de M' Pusch.’-ia figure qu’il en donne n’offrant pas exactement 'les caractères distinctifs du genre. Deux espèces sont propres au terrain néocomièn ; une espèce se trouve à Gosau , Crassatella impressa; trois espèces dans le Tourtia de Belgique; l’une d'elles , le Crassatella Irapesoidalis, so rencontre aussi dans les craies de l’Allemagne.
Une espèce, Crassatella Mdrrotiana, se trouve exclusivement dans la craie blanche, d’après M. d'Orbigny. Toutes les autres se distribuent dans la craie moyenne ou chlorilée du Mans, de la Touraine, du Midi de la France et de l’Allemagne.
Nous connaissons trente espèces dans les terrains tertiaires.
11 y en a dix-huit dans l’étage inférieur de ces terrains; il faudrait en compter vingt et une si l’on admettait comme bien distinctes et comme appartenant à ce genre les trois espèces mentionnées par M. Eichwald dans son Exploration dliisloirc naturelle en Wolhynie et en PodoUe. D’après M. Pusch , ces espèces ne seraient pas différentes de celles de Paris. Ainsi le Crassatella podolica d’Eithwald serait le compressa de Lamarck; le Cmssatella dissita ne serait qu’une variété du tumida. Quant au concûma, l'espèce serait douteuse, ayant été faite sur une .seule valve.
Nous aurons quelques observations à présenter au suje^de plusieurs des espèces tertiaires.
1“ Crassatella sulcata , Sowerby.
Ce nom doit être réservé à la coquille fossile de l’argile de Londres, figurée pour la première fois , en 1760 , par Brander, sous le nom de Tellina sulcata.
Lamarck commit une double erreur en consacrant ce nom spécifique à une espèce des environs de Paris . bien distincte de celle d'Angleterre, espèce à laquelle il attribua une analogie parfaite avec une coquille vivante des mers australes, et qui reçut aussi le même nom. Le Crassatella sulcata, vivante, constitue une espèce différente de celle de Paris , et celle de Paris est également différente de celle d’Angleterre. 11 y a donc trois espèces sous le même nom spécifique. Pour remédier à ce désordre dé la nomenclature , nous proposons de nommer Crassatella Lamarkii , l’espèce vivante, de désigner l'espèce fossile de Paris sous le nom de Crnssnïe/fa bellovacina; et, enfin, de conserver è l’espèce d’Angleterre le nom de Crassatella sulcata.
Parmi les indiviiins du Crassatella sulcata de Sowerby. on en remarque de plus étroits . de pln.s enflé? , à sillons plus nombreux , presque r. lï. 8
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effacés en arrière; surtout ils n’ont pas cette inflexion postérieure déterminant un angle saillant à l’extrémité postérieure du bord ventral. Nous pensons que ces individus constituent une espèce distincte à laquelle nous donnons le nom de Crassalella angusta.
Si. Nyst a cru reconnaître .notre CrussateUa tenuislriata dans les terrains de la Belgique : la comparaison des figures prouve que l'espèce de Belgique est distincte. Nous lui donnons le nom du naturaliste qui a puissamment contribué à faire connaître les fossiles de la Belgique, Crassatella Nystii, Le même naturaliste a figuré sous le nom de 6’rassalella trùjonata une espèce qui s’en distingue, mais qui nous semble identique avec celle des faluns do la Touraine, et nommée Crassatella concentrica par M. Dujardin. Il est à présumer que la. même erreur a été commise par M. Grateloup. Il aura pris le Crassatella concentrica des faluns de Bordeaux pour le trigonata des environs de Paris.
Voici maintenant comment les espèces tertiaires se distribuent : dix-, huit dans l’étage inférieur, et trois de plus si les espèces de M . Çiclmald sont distinctes; quatre seulement dans l’étage moyen, et sept si les espèces de M. Eichvvald appartiennent à cet étage du terrain tertiaire. Jusqu’ici pas une seule espèce de Grassatelle dans les terrains supérieurs de l’Europe; elles sont, au contraire, abondantes en Amérique, où l’on en compte cinq ou six fort remarquables.
Quelques ftpèces tertiaires doivent être signalées à l’attention des naturalistes.
Le Crassatella angusta caractérise les argiles de Londres ; les Crassalella bellovacina, sculellaris , sont propres aux sables inférieurs du bassin de Paris.
Le Crassatella scutala existe en même temps dans l’argile de Londres et dans le bassin do Paris; il en est de même des Crassatella plicala et compressa.
Le Crassatella trigonala se montre dans le bassin de Paris, depuis les sables inférieurs jusqu’aux grès marins moyens, et elle se retrouve à la Pallarea dans les terrains tertiaires inférieurs des environs de Nice. *
Le Crassatella gibbosulase distribue de la môme manière que la précédente ; sôulement elle s’arrête dans les couches inférieures du calcaire grossier du bassin de Paris , mais elle y remonte aux environs de Valognes.
Le Crassatella rostralis^ propre au bassin de Paris, passe du calcaire grossier dans les couches de grès marin.
Parmi les espèces de l'étage moyen, nous citons particulièrement le
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LES CBASSATELLIDES.
Crassalella concentrica qui se rencpnt^e dans les faluns dé la Touraine , d'ans ceux de Bordeaux et à la Superga près turin.
Enfin , iiôus mentionnerons encore le Cmssatella alla de M. Conrad , parce que se trouvant dans les terrains tertiaires inférieurs de l'Amérique séptentrionkle /elle a beaucoup d’analogie avec une variété presque équilatérale du Crassalella plumbea [tumida, Lamarck) , du bassin de Paris.
, Desh . [tumida^ Lamk.).
PI. 11. fig. 1. 2. 3.
G, testa ovato-trigQiiâ ^ atate giblm, crassissima ^ anticè brtvi ^ posticè longiorCy afiÿulatàj irregtdariter transversim rugosà ;■ nadbus trans- 'verse suîcatis ; ano pnbeque lanceolatisi, profundè irnpressis ; inargitie întiis ticfitictdato» - ,
P'enus. Chenm. Nalurfor. t. 19. p. iS5. pl. 8.
Venus plùmbea. Chemn. Cuuch. t. 7. p. 61. pl. 69. f. A à D.
Venus, Sdircet. Eiul. l. 3, p. J73. 11“ 5i.
Venus ponde rosa, Gmel. p. SaSô. u® 54. dlactra. Üriig. Ency, Vers. pl. «59. f. 3. a. b.
Grassatellà gihba. Lamk. Syst, des An. s. vert. p. 119.
Crassatella tumida, Lamk. Aon. du Mus. t, 6. p. 408. èt t. 9. pl. ao. f. 7. a. b,
Paphia crassateila. Koissy, Euff, Moll, t, 6. p. 348. pl. 65. f. 4. Venus plumbea. Dilivv. Cat. t. i. p. i9r. u° 75.
Crassateila tumida. Lamk. Aü. s, vert. t. 5. p. 4^14. u** ^2,
Id. Sow. Généra ot sliells. pl. i.f. i.
ldi Desh. Coq. foss. de Paris, t. 1. p.'33. n® i. pl. 3. ï. 10, ii,
Id. Desh.'Eucy. mélh. "Vers. t. 2, p. ai. ii® 4.
Idl Del’r. Diet. sc. hat. t. ii. p. 357.
Venus plumbea, Wood, Ind. testac, pl. 8. f. 74.
Crassateila tumida. Broun, Lt'lli. Geçgu. t. 2. p. 971, pl. 37. f. 4»
Id. Galeolti, Geogn. du Brabant, p. i58. n* 148.
Id, Desh. dans Lamk. An. s. vert. 2* éd.. 1.6. p. 1 13. n" 2.
Id, Grateloup, Cat. zooh p. 65, ii° 7.55,
Id, Geinilz, Gruudriis. p, 429. pl. 18. i'. i.
* Crassateila pvndctosa. Nysl, Coq, et Polyp. toss. d»* la Belg, p. 8’i,
Nous avons dû changer le nom le plus généralement accepté pour celte[espèce. La synonymie, inscrite dans, l'ordre chronologiquej prouve qu’elle fut d’abord nommée Venus plumbea par Chemnitz. Plus lard ,
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Gmelin, ne tenant pas compte de la dénomination^ de Chemnitz, proposa pour elle la dénomination de Venus ponderosa. Oubliant ces deux dénominations , Lamarck en donna une troisième au moment où il présenta celte espèce comme type du genre Crassatelle. Il en fit le Crassateîla gibba , nom qu’il changea bientôt après pour celui de Çrassateîla tumida, que les conchyliologues adoptèrent presque généralement. Cependant, d’après les règles invariables de la nomenclature, il faut rendre à l’espèce son nom le plus ancien et abandonner tous les autres , malgré le long usage qui semblait avoir consacré définitivement l’un d’eux.
LQCrassatella p/umbtîa est l'une des plus grandes espèces connues dans le genre; elle est ovale subtrigone, devient très épaisse avec l’âge; sa surface extérieure est irrégulièrement sillonnée, surtout du côté antérieur. Les crochets présentent toujours des lamelles régulières concen triques, que l'on pourrait comparer à celles du Crassatella lamellosa. Ces lamelles , propre.s au jeune âge , di.sparaissent plus oiv moins vite selon les individus. Nous connaissons plusieurs variétés remarquables de cette espèce : l’une est plus transverse, plus ovalaire; elle a le côté postérieur en proportion plus allongé; l'autre, au contraire, est beaucoup plus courte, plus haute, et par cette forme remarquable elle se rapproche beaucoup du Crassatella alla , qui se trouve dans les terrains tertiaire? inférieurs de l’Amérique septentrionale.
Le Crassatella plumbea est une des coquilles les plus communes des environs de Paris; elle commence dans les sables inférieurs du Soissonnais, et se continue dans toute l’épaisseur du calcaire grossier. On la retrouve également dans les sables marins moyens. La variété courte est particulière au Soissonnais et aux sables inférieurs. lodépendamment du bassin de Paris, celle espèce se rencontre également à Valogne, en Belgique , à Blaye , près de Bordeaux , ainsi que dans les terrains luimmulitiques des Pyrénées. Le plus grand individu que nous connaissions a 1 2 centimètres de long el 9 de hauteur.
Crassatella lamellosa , Lairik.
PI. 11. fig, 4. 5.
C. testa oblongà , transversn , iiiœqniïaterâ , pïaniusculA , postici latà , angnlatâ ^ obliqué triincatâ^ tameUis iransversalilrus ^ remotis ^ erectis ornatti^
I.auik. AîiD. du Mus. t. C, p. 4:0. et t. g. pl. 20. fig. 4. u. 6.