GENRE SOIXANTE-SEPTIÈME
ISOCABJ>E. Isocardia^ Lamk.
CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal. arrondi , globuleux; les lobes du manteau réunis dans leur moitié postérieure, et présentant, sur un ^phé large, deux trous inégaux et ciliés; pied court, subquadrilatëre, comprimé; branchies presque égales et oblongues, réunies postérieurement; palpes labiales, grandes, triangulaires, libres.
Coquille équivalve, cordiforme, très ventrue, à crochets écartés , roulés en spirale régulière. Charnière étroite ; deux dents cardinales étroites , aplaties , intrantes , dont une se courbe et s’enfonce sous le crochet ; une deiit latérale postérieure, allongée. Ligament extérieur, bifurqué antérieurement. Impression palléale. simple; impressions musculaires grandes, subcirculaires, inégales, superficielles, très écartées.
VINGT ET UNIEME FAMILLE
SYNONYMIE GENERIQUE. — Blicarüia , Wormc , Moscarclo, Scilla , Ferrante Imperato, Bonanni, Lister, Ginanni. — Bucardiies , Laugius, Bourguet. — Liihocarcliles , Besler. — Conchiies ^ Bajerus. — Coucha cordiformis, Gualtieri. — Cardhim hitmamim^ Linné. — Chama^ Spe. Linné, Chemnitz, Boni, Gronovius, Schroeter, Gmelin, Olivi, Pennant, Dorset, Donnvan , Montagu , etc., Cuvier, Dilhvyn. — Cardiia , Bruguière. — Giossus , Glossoderma , Poli. — Isocardium , Blainville. — Isocardia^ Lamarck, Roissy, Cuvier, Férussac, Sowerby, Bronn , Fitton , Oken , Nyst , Anton , Swainson , Reeve, etc.
Observations. En jetant les yeux sur la synonymie précédente, le lecteur s’assurera que le genre dont nous allons nous occuper a été connu de nos premiers naturalistes , mais que depuis eux il a subi des changements, non seulement dans son nom, mais aussidans sa constitution.
Les auteurs anciens n’ayant connu qu’une espèce, soit vivante, soit fossile, la désignèrent sous un nom commun que Lamarck aurait bien fait de conserver : c’est celui de Bucardia, que l’on trouve dans les ouvrages d’AIdrovânde, deMoscardo, etc. Introduit dans la nomenclature moderne, ce nom aurait rappelé les travaux des hommes auxquels les sciences naturelles doivent une puissante impulsion. Linné a conservé quelquefois dans sa nomenclature la tradition des travaux des anciens; mais ici il en a perdu la trace, et il entraîne dans un genre trop étendu la coquille connue avant lui sous ce nom de Bucardia : il la comprend dans son genre Came, et bientôt nous verrons dans l’histoire de ce genre de combien d’éléments hétérogènes il est composé. Bruguière, le premier, en tenta la réforme dans V Encyclopédie méthodique. Ce savant observateur comprit la différence profonde d’organisation qui doit résulter chez des animaux, dont les uns sont toujours fixés et irreguliers, tandis que les autres sont toujours libres et parfaitement symétriques. Il laissa dans le genre Came les coquilles adhérentes et entraîna parmi les Cardites le Bucardia des anciens, pour lequel Linné avait fait le Chamacor. Lorsque Lamarck, après s’ôtre fait une grande réputation de botaniste, commença à s'occuper de zoologie, il jeta les fondements d’une nouvelle classification des coquilles, et il en publia le prodrome en 1709 dans les Mémoires de la Société d'hisloire naturelle dé Paiis. C’est li^ que l’on trouve, pour la première fois, le genre ïsocarde délaché
LKS CAIIDIACES.
des Cardiles et fondé sur de bons caractères ; car ou ne peut pas considérer commo un genre celui qui porte le môme nom dans les ouvrages de Klein, parce qu’il est en effet un assemblage incohérent de coquilles cordiformes appartenant à des genres très divers. Le genre de Lamarck ne fut pas plus tôt proposé qu’il fut généralement adopté par les zoologistes français. Ils eurent d’autant plus de raisons de se ranger à l’opinion de l'éminent professeur, qu'ils purent trouver de nouvelles preuves de son utilité dans le grand ouvrage do Poli , que l’on commençait à peine à connaître en France à cette époque.
Tout en conservant la nomenclature de Linné pour rendre plus facile l’exposition des faits nouveaux qu’il avait observés , Poli avait néanmoins proposé une nomenclature spéciale dans laquelle de nouveaux genres étaient limités d'après leurs caractères zûologiqueS. Le savant anatomiste napolitain, ayant examiné l’animal vivant des Isocardes, reconnut en lui des caractères génériques assez im^wrlants pour le déterminer à fonder pour lui seul un genre spécial sous le nom de Glossus. Quoique ce nom fût antérieur à celui do Lamarck, il ne lui fut point préféré, et aujourd’hui encore, malgré la rigueur que l’on met à restituer les noms génériques et spécifiques d’après leur date, le nom û' Isocarde a toujours prévalu.
Nous n’avons plus à nous occuper d'une question intéressante, celle des rapports du genre, parce que nous l’îivons soumise à notre examen en traitant de la famille des Cardiacés. Quoique les Isocardes ne présentent pas une identité parfaite de caractères avec ceux des Bucardes il suffit qu’ils en conservent quelques uns de communs pour en être rapprochés. Les espèces actuellement connues, vivantes ou fossiles, sont très globuleuses, quelquefois oblongues, et leurs crochets sont toujours grands, proéminents, et contournés en spirale en avant. L'animarcontenu dans ces coquilles est lui-même épais et globuleux. Le manteau qui le revêt s’applique exactement sur la surface interne des valves , d’où il résulte que l’animal présente dans son ensemble la forme du moule intérieur de la coquille.
Les lobes du manteau sont ouverts en avant et en bas. Un peu en arrière du milieu du bord .ventral, ils sc soudent entre eux et produisent une large commissure eiî arrière de laquelle s’ouvrent deux siphons très courts, inégaux, et dont le bord externe membraneux est couronné par une seule rangée de fins tentacules cylindracés. Les organes dont nous parlons res.semblent beaucoup à ceux des Gyprines, mais il y a celle différence que dan.s ce dernier genre les siphons sont plus inégaux et la commissure du manteau beaucoup moins étendue. Ces organes resseni-
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blent aussi à ceux des Bucardes ; ils sont courts comme eux, d’une forme conique, lorsque l’animal les distend'; mais leur surface extérieure n’est point hérissée de nombreux tentacules comme dans les Bucardes.
La masse viscérale est fort épaisse dans les Jsocardes : elle se termine en avant .en un pied linguiforme, triangulaire, peu épais, coudé en 'arrière et plus semblable à celui des A^énus qu’à celui des Bucardee. Cet organe est robuste; il est susceptible de s’allonger considérablement, et les conditions de cette organisation sont nécessaires pour que l'animal puisse se placer dans les circonstances favorables à sa manière de vivre ; il s'enfonce plus ou moins profondément dans la vase ou dans le sable fin. Il faut que son organe locomoteur, prépare un trou propre à loger une coquille fort grosse; il doit donc vaincre les résistances qu’il ren^contre. d’où vient sa grosseur et. surtout la diversité de ses mouvements.
La bouche est d’une médiocre étendue; elle est Iransverse, garnie de lèvres membraneuses, peu proéminentes , prolongées de chaque côté en une paire de palpes labiales, triangulaires, étroites et allongées.
Les branchies sont très larges ; elles sont sublrapézoïdales , presque égales : le feuillet branchial interne est le plus grand ; il commence en avant en un angle peu proéminent qui se prolonge entre les palpes labiales jusqu’au voisinage de la bouche. En arrière de la masse viscérale, les quatre feuillets branchiaux se réunissent et se prolongent un peu de manière à se placer au-devant de rouverlure interne du siphon anal, à se souder autour do cette ouverture pour interdire toute communication entre la cavité du siphon et celle du manteau. Les organes dont nous parlons sont en lamelles plates semblables à celles des Vénus; elles ne sont point épaisses et reployées sur elles-mêmes, ainsi que cela a lieu dans les Bucardes.
Les coquilles sont peu variables dans leurs formes: elles sont généralenaent globuleuses, épaisses et cordiformes. Quelques unes sont un peu oblongues, tantôt transversalement, tantôt longitudinalement; mais toutes, sans exception, sont reconnaissables à ce caractère particulier de crochets grande, proéminents et tournés latéralement en spirale. Dans les Bucardes, les crochets sont également grands , mais ils sont opposés et peu obliques. Dans les Isocardes , la surface. extérieure est presque toujours lisser rarement elle est striée ou sillonnée transversalement. Nous connaissons peu d’espèces qui se soustraient à la règle commune et qui sout ornées de ûnes stries longitudinales. Dans les espèces vivantes, la surface extérieure est recouverte d'un épiderme mince, brunâtre et qui se détache assez facilement. La couleur est peu
LES CAIIDIACËS.
variable; il est vrai que les espèces, vivantes sont en très petit nombre. La plus communément répandue est d’un jaune terne, légèrement rougeâtre sous son épiderme brun; les autres, plus minces et plus fragiles, sont d’un blanc jaunâtre. L’une d'elles est ornée do flammules rougeâ tres; les bords sont simples et ils se joignent parfaitement sur tout le pourtour des valves : souvent une lunule est creusée sur le côté antérieur au-dessous des crochets. 11 y a un assez grand nombre d’espèces fossiles chez lesquelles celle lunule n'existe pas. Il en est de même du corselet; tantôt il est limité par un angle plus ou moins aigu, tantôt sa surface s’arrondit et ne présente aucune limite déterminée.
Le lest des Isocardes est mince, -d'où il résulte que la cavité des valves est profonde. Il en résulte aussi que si la coquille est remplie par une matière étrangère, le moule a presque entièrement la forme de la coquille elle-même.
La charnière a une forme toute spéciale dans les Isocardes : le bord cardinal est mince, étroit et comme écrasé; il semble que toutes les parties dont la charnière se compose habituellement ont été tirées sur elles-mêmes et allongées d’avant en arrière. Aussi les dents cardinales sont étroites, lamelliformes, fortement inclinées en arrière elles suivent la forme du bord cardinal : il y en a deux inégales et parallèles sur la valve droite, laissant entre elles une fossette profonde dont la cavité semble descendre obliquement vers le sommet des crochets. Une dent saillante et très comprimée de la valve gauche pénètre dans la fossette dont nous venons de parler. En arrière de ces deux dents cardinales de la valve droite, et faisant suite à la dent supérieure, se montre une dent postérieure peu épaisse qui s’enfonce dans une cavité correspondante de la valve gauche. Enfin, plus en arrière encore, au delà des nymphes et du ligament , le bord cardinal se termine par une dent latérale sur chaque valve. Le ligament est extérieur; il est étroit, médiocrement convexe, mais il s’allonge- beaucoup sur le bord supérieur , il s’attache à des nymphes étroites et peu épaisses , et , ce qui est fort remarquable , c’est qu'il se continue en avant dans une petite rigole creusée le long de la base des crochets. Ainsi Lamarck a eu raison de dire, dans l’exposé des caractères génériques, que le ligament est bifurqué en avant.
La surface intérieure est lisse; elle présente deux grandes impressions musculaires très écartées parce qu'elles sont situées aux deux extrémités de la coquille. Ces impressions sont inégales; l'antérieure est la plus petite , elle est ojjronde, subsemiluuaire; elle est plus apparente que la postérieure : celle-ci est circulaire, superficielle, et presque autant rapprochée du bord postérieur que l’autre l’est du bord antérieur.
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Une impression palléale simple s’étend d’une impression musculaire à l'autre; elle est placée très haut dans l’intérieur des valves , ce qui annonce un muscle orbiculaire du manteau fort large. Quoique l’animal soitylerminé en arrière par des siphons rétractiles, néanmoins l’impression pqlléale ne présente de ce côté aucune inflexion qui annonce l'existence (fe muscles rétracteurs des siphons.
Le nombre des espèces vivantes est extrêmement limité. M. Reeve, dans la monographie qui fait partie de son Conchoîogîa Iconica , décrit cinq espèces seulement, dont deux des mers de l’Europe ; les trois autres proviennent des mers de l’Indo et de la Chine.
II y a une trentaine d’années qu'une seule espèce d'isocarde fossile était mentionnée par les auteurs, c’est celle qui a été figurée par Aldrovande, Scilla et enfin Brocchi. Elle a son analogue actuellement vivante dans les mers d’Europe, c’est le Chama cor de Linnée, Jsocardia cor de Lamarck. M. Sovverby, dans son Minerai conchology^ fit connaître quelques espèces, dont plusieurs ont été découvertes dans les terrains inférieurs aux terrains tertiaires. Les géologues de cette époque eurent quelque peine à admettre ces faits nouveaux, parce qu’ils supposaient que le genre Isocarde ne descendait pas au-dessous des terrains les plus récents. Mais bientôt l'élude des fossiles ayant pris un immense développement, on découvrit des Isocardes dans tous les terrains, et leur nombre s’est accru à ce point qu’il y en a cent vingt-huit espèces inscrites dans les catalogues. Il est vrai qu’un certain nombre doit être éliminé.
Nous avons vu avec M. Agassiz plusieurs Isocardes rentrer sous les caractères des Ceromyes. Presque toutes cependant ont bien la forme générale des Isocardes; elles ont les crochets détachés en avant et tournés en spirales ; mais elles présentent sur le moule de la valve droite ce sillon profond et oblique qui annonce une forme toute spéciale de la charnière. D'autres espèces non moins intéressantes que celles-ci, tout en conservant la forme extérieure des Isocardes, doivent rentrer dans la famille des Arcacés, où elles constituent pour M. de Munster un genre particulier qu’il a établi sous le nom de fsoarca. Nous aurons bientôt à en examiner la valeur. Quelques autres espèces plus aplaties et à crochets moins proéminents peuvent se ranger parmi les Cyprines, comme le soupçonne M. d’Orbigny, arrangement qui pourra être conservé jusqu’au moment où la charnière de ces espèces sera connue. Le même naturaliste déplace un certain nombre d'isocardes de ses prédécesseurs, et il les transporte dans un genre dont les caractères ne sont pas encore bien âéfiiiis, proposé par M. de Koninck sous le nom de Cardio-
LES CARDIACES.
morpha^ Les espèces dont il est question , provenant des terrains do sédiment ancien, durs et compacts, sont jugées d'après la forme extérieure seulement, et la plupart d'entre elles, en attendant que la charnière en soit connue, peuvent aussi bien rester parmi les Isocardes. Pour nous, une partie seulement restera dans ce genre jusqu’au moment ou do nouvelles observations auront fait sentir le besoin de leur déplacement. Nous pourrions encore mentionner un petit nombre d’espèces plus triangulaires, plus aplaties que ne le sont les véritables Isocardes, et qui devront probablement entrer dans le genre Astarte, car elles en ont la lunule profonde et circonscrilo. Enfin , nous devons rejeter du genre l'Isocardia cornula de M. Kloden, cette espèce ayant été établie sur lo moule intérieur d'une Cardite, voisine de l'Hippopodium de Sow'erby. Toutes ces rectifications étant faites, tous les doubles emplois étant rectifiés , les espèces douteuses elles-mêmes supprimées , il reste encore qualrc-vingt-qualre espèces d’isocardes fossiles,, et nous allons en présenter la distribution générale.
Le terrain le plus ancien dans lequel se montrent de véritables Isocardes , est connu des géologues sous le nom de dévonien. Nous y comptons huit espèces. La plupart sont do l’Allemagne et de l’Angleterre; une seule, V Isocardia tana'is a été découverte en Russie par M. de Verneuil. M. d’Orbigny, dans son Prodrome de paléontologie , a fait passer plusieurs de ces espèces dans le genre Cardiomorpha ^ parce que ce sont,*dit-il , des Isocardes à charnière simple. Quand même il serait bien constaté que la charnière est réellement simple dans la coquille dont il s’agit, ce ne serait peut-être pas une raison suffisante pour la repousser du genre Isocarde. Ce genre, en effet, ainsi que beaucoup d'autres, subit de nombreuses modifications, et, déjà, dans certaines espèces vivantes [Isocardia molthianaj Lamarckii et vulgaris)^ la charnière s'amoindrit et les dents cardinales antérieures surtout ont éprouvé une modification considérable. Pour peu que ces changements se continuent, on arriverait à des espèces dont la charnière serait simple ou presque simple, sans que cependant les véritables caractères génériques aient été suffisamment changés.
Dans les terrains carbonifères nous trouvons trois espèces : deux do Belgique ont été décrites par M. do Koninck; la troisième , VIsocardia oblonga de Sowerby, est comprise aujourd'hui parmi les Cardiomorpha, parce qu’elle aurait une charnière édentée. Cette coquille se trouve en Irlande, en Angleterre et en Belgique : elle est donc propre à caractériser le terrain dans lequel elle se répand.
Lemuschelkalk, dont la faune s’est considérablement enrichie depuis
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'lii
qu’on a pu y rapporter avec certitude. les couches longtemps contestées de Sainl-Cassian , dans le Tyrol , recèle aujourd'hui neuf espèces d’isocardes qui toutes » sans exception, proviennent delà localité célèbre que nous .venons de citer; elles ont été décrites et figurées, quelques unes par M. de Munster, le plus grand nombre par M. Klipstein.
Le genre s’amoindrit en passant dansja formation liasLque. M. d'Orbigny mentionne une seule espèce dans le lias inférieur des environs de Langres ; une autre se trouverait dans le lias moyen d’Allemagne , d'après M. Bronn; mais M. d’Orbigny la place dans la grande oolite de Bayeux. 11 est très probable que cette coquille, [socardm cmgulala de Gbldfuss, se rencontre à la fois dans deux terraius qui, étant peu éloignés l'un de l’autre-, contiennent plus d’une espèce commune. Nous pouvons citer à l’appui V Isocardia minima que nous-même avons recueillie dans le lias moyeu des environs, de Nancy, et qui a été rotrouvép en Angleterre jusque dans le cornbrasch ; elle est plus constante dans la grande oolite en France et en xMlemagne. Le lias supérieur contient encore une espèce, {'Isocardia muUicostata d'Orbigny, Cardhm mnlticostatum de Goldfuss. Elle passe dans Toolite inférieure-
Nous trouvons neuf espèces dans les couches de l’oolite inférieure. Dans ces couches, nous comprenons i’oolite de Balh, très riche, comme l’on sait, en fossiles divers. Plusieurs de ces espèces- sont incertaines pour nous : l’/socardia nucléus de Rœmer ressemble à une Astarte;il en est de môme do son Isocardia parvula. L'hocardia leporina de Kloden présente aussi beaucoup de ressemblance avec les deux espèces que nous venons de mentionner. Quant au trigona du môme auteur, le nom devra en être changé , puisqu’il a déjà été appliqué à une aulr.e espèce. V Isocardia nitida de Phillips provient de i’ooliLe de Bath et do Luc, département du Calvados ; elle doit rentrer dans le genre Cyprine , ainsi que lo prouve sa charnière.
Nous connaissons quatre espèces dans la grande oolite. L’une d’elles, nommée Isocardia bajocensis t>ar M. d'Orbigny, se trouve à Sainl- Maixenl, Bayeux, Niort, etc.; elle pourrait servir à caractériser en France les couches où elle se trouve. Sous le nom d’/socardict rostrata, nous trouvons deux espèces bien distinctes , celle de Sowerby et celle de Goldfuss. Celte dernière, confondue par le savant paléontologiste allemand , dpvra recevoir un nom nouveau ; tandis qu’il est bien à présumer qu’il faudra faire rentrer dans le rostrata de Sowerby, T/socardia gihbosa de Goldfuss. Quoi qu’il arrive à ce sujet , il n’en est pas moins certain que le rostrata se trouve à la fois en Allemagne et en Angleterre.
LES C.iKDlACÉS.
De toutes les couches jurassiques, les Oxfordiennes sont les plus riches en Isocardes.. Nous on comptons onze provenant des diverses régions de TEuropo. Nous en trouvons quatre propres à l’Allemagne, parmi lesquelles le CarcUum semiglahrum de Goldfuss, dont M. .d’Orbigoy a fait non sans raison Vfsocardia semiglabra. M. Zieten avait pris pour V Isocardia angulala de Phillips une espèce qui en est très distincte : M. d’Orbigny lui a donné le nom d'isocardia ivurtembergensis, Voltz avait consacré le nom d'isocardia elongata à une coquille qui doit faire partie du genre Isoarca de M. de Munster. M. Zieten, croyant la retrouver parmi les fossiles du Wurtemberg, a appliqué ce nom à une coquille différente. Quoique l’espèce de Voltz ne reste pas dans le genre Isocarde, nous croyons néanmoins, pour éviter toute confusion dans la nomenclature, devoir changer le nom de M. Zieten, et nous proposons; pour son espèce, le nom û' Isocardia Zieteni.
Vhocardia transversa de MunSter, qu'il ne faut pas confondre avec celle du même nom de Nyst , ainsi que le Goldfusiana , se trouvent à la fois à Straitberg, en Allemagne, et à Nantua , en France. Il en est de môme de Vhocardia truncata, qui est citée du Wurtemberg, et que l'on trouve également à Nantua. Les deux espèces nommées Campaniemis et Villersensis , par M. d’Orbigny, sont seulement connues en France.
Isocarde délicate. Isocardia tenera^ Sow.
PI. 24. f. 6. 7.
/, testa suborbiculato-gîobosâ, turgidà^ Irevigatâ; atiticè late depressâ, subtruncatâ , posticè convexiore ^ breviore ; umbonibiis parvis^ aciiminatis ^ antich declivis y distantibiis,
Sow. Min, coiich. pi. 295. f. 2.
Morris, Cat, ofBiit. foss, p. 88.
Ceromya teiiera» Broun, Ind. Pal. p. 277,
J/Orb. Prodr. de Pal. p. 3ÎS. n" 1Ô7.
Dans l’explication des planches, publiée depuis plusieurs années, nous avons attribué à celte espèce un nom qui ne lui appartient pas ; ce n'est pas V Isocardia minimal mais bien le lenera.
M. Agassiz a eu tort de faire passer celle espèce parmi les Céromyes ; elle se trouve à la fois en France, en Angleterre et en Suisse. Nous ne la citons pas d’Allemagne , quoique M. Goldfuss ait erp la faire figurer dans son ouvrage. Si la bgurç produite par ce naturaliste est fidèle,
VINGT KT UNIKMK FAMILLE
son espèce serait bien distincte de celle de Sowerby, et , selon toutes les probabilités, elle représenterait une Cérotnye , ce qui a entraîné M. Agassiz à placer cette coquille dans un genre auquel elle n'appartient pas.
L'espèce nommée Isocardia dorsata , par Rœmer, ressemble plus à une Opis qu’à une Isocarde. Si elle reste dans ce genre , elle serait la seule qui passerait de l'oxford dans le coralrag : elle s'y rencontrerait avec VIsocardia rhomboîdaîis , de Phillips, la seule qui soit jusqu'ici mentionnée dans cette formation.
üne seule espèce est citée dans le kimmeridge de l'Allemagne : c'est VIsocardia orbicuîaris de Rœmer. Nous avons encore trois espèces rapportées nu terrain jurassique , ce sont les Isocardia plicata et dubia de Munster. Les renseignements nous manquent à leur égard , et nous ne savons môme pas exactement leurs gisements géologiques. Quant à la troisième, VIsocardia exalta la dù M. Pusch , elle est également du terrain jurassique de la Pologne; mais, comme l’espèce est établie sur un moule intérieur, il se pourrait qu'elle dépendît du genre Cardium.
De tous les terrains secondaires , le crétacé est le plus abondamment pourvu d’isocardes; dix-neuf espèces y ont été constatées. Quatre espèces sont mentionnées dans le terrain néocomien : parmi elles, nous devons citer VIsocardia neocomiensis , comme l’une des plus abondantes. Nous avions donné à cette espèce le nom d'hocardia prœlonga h l’époque où M. Agassiz la plaçait dans son genre Ccromyaj sous le nom de Neocomiensis, Notre nom eût été préférable, par cela seul que nous avions reconnu le véritable genre de l'espèce. M. d’Orbigny a préféré celui de M. Agassiz, dans sa Paléontologie française. Presque toutes les autres espèces dépendent de la craie chloritée ou du sable vert. Nous devons citer particulièrement VIsocardia cretdcea de Goldfuss, qui est mentionnée en Allemagne, en Angleterre ; elle a été récemment découverte en Portugal par M. Sharpe. Sous le nom à'Isocardia ventricosa , M. Pusclï, dans sa Paléontologie polonaise, rapporte le moule d’une grande coquille qui appartient probablement plus à une Cardile qu’à une Isocarde. Si elle devait rester dans ce dernier genre, le nom do ventricosa ne pourra lui être conservé, car il y avait déjà une Isocardia ventricosa de Sowerby. Nous proposons , pour l’espèce do M. Pusch , le nom d'isocardia polonica.
Les terrains tertiaires sont moins riches que ceux qui les précèdent dans la série des formations. Nous y comptons quatorze espèces en tout, en y comprenant VIsocardia cor, qui est actuellement vivante. Deu.x espèces sont propres aux terrains tertiaires inférieurs : l’une est l’/so-
LES CARDIACÉS.
cardia sulcata de Sowerby, elle n'a été rencontrée jusqu’ici que dans les argiles de Londres. L’autre est notre Fsocardia parisiensîs , coquille très rare dans les calcaires grossiers du bassin de Paris.
La faune des sables de Fontainebleau se sépare nettement de celle des calcaires grossiers et de celle du terrain tertiaire moyen. Les quatre Isocardes qui s’y rencontrent sont distinctes de toutes les autres espèces connues et ne se montrent pas dans d’autres couches. On en doit la connaissance aux savantes recherches de M. Nyst sur les fossiles tertiaires de la Belgique. Dans l’étage tertiaire moyen , nous trouvons sept espèces, l’une à Bordeaux et à Dax ^ confondue à tort avec Vlsocardîa cor : nous l’avons distinguée sous le nom d’isocardia burdigaîensis.
Isocarde de Bordeaux, Isocardia Burdigalemis , Desh.