‹ Traité élémentaire de conchyliologieChapitre 33 sur 54 · GENRE QUATRE-VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

GENRE QUATRE-VINGT-CINQUIÈME

FÉTONCli£. Pectunculus , ï^amk.

CARACTÈRES GENERIQUES. — Animal arrondi, comprimé; les bords du manteau simples et desunis. Bouche très grande , transverse, placée entre deux lèvres épaisses , continuées par les palpes labiales allongées, étroites, tronquées postérieurement. Pied comprimé, bilobé à son bord. Branchies larges, allongées, minces et désunies postérieurement.

Coquille orbiculcure, à crochets opposés , subcordiforme , subéquilatéfale , épidermée. Charnière inultidentée , courbée dans sa longueur. Impressions musculaires, grandes, écartées ; impression palléale simple.

SYNONYMIE GENERIQUE. — Glycimevis ^ Belon , Aldrovande, Da Costa, Humphrey. — Coucha denticulala^ Bonanni. — Peciunculus pohjlepiocjimjhjmus ^ Lister. — Osirea midiariicxilaia^ Grew. — Coxicha crassay Gualtieri. — Axinæa axinmoderma y Poli. — Area [ex parle] ^ Linné, Chemnitz , Sçhroeter , Boni , Gmelin , Pennant , Dillwyn , Wood , etc. — Limopsù , Sassi , Broun , Gray. ■ — Crènella , Prown , Beck , Macgillivray [Nucula spec.y Sowerby), Trigonoc^liay Nyst et GaleoUi , Bronn . Sismonda, Potiez et Michaud, Gray. — Peciunculina^ d’Orbigny. — StaJagmixim ^ Conrad, Morton, Bronn , Menke, — Mgoparo , Lea , Férussac , Sowerby.

OfiSERVATioNa. On commellrait une grave erreur si l’on espérait trouver, dans les Pétoncles des anciens naturalistes, les mômes coquilles que celles rassemblées par Lamarck sous celle même dénomination. Pour la plupart d’entre eux , ce mot Pétoncle était quelque chose d'équivalent à celui de Conque, et il était destiné k rassembler une grande partie des coquilles suborbiculaires ayant, pour le plus grand nombre, la surface extérieure lisse. Le nom de Ghjcimeris était plus spécialement appliqué par Belon, Aldrovande et les autres naturalistes du même temps , à quelques espèces de coquilles comprises par Linné dans son genre Area, rassemblées, à cause de leur forme^ en une section

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du genre Arche, par Bruguière , et en6n détachées définitivement sous le nom de Pétoncles , par Lanfiarck, dans sa première classification des coquilles. La synonymie générique qui précède rapporte les principales dénominations successivement appliquées aux coquilles qui font aujourd'hui partie du genre de Lamarck.

Tout récemment, M. Gray a voulu contesterà Lamarckla priorité de son genre Pétoncle, et substituer à ce nom celui à'Axinæaf proposé par Poli, dans son grandouvrage sur les Testacés desDeux-Siciles. Nous n'acceptons pasTopinion duzoologiste anglais, et peu de personnes, sansdoute, seront disposées à l’admettre, lorsque l’on voudra se souvenir que Poli, nonobstant les dénominations qu’il a imposées aux animaux qu’il a observés, a conservé intégralement la nomenclature linnéenne, considérant la sienne comme un arrangement propre à faciliter l’élude des animaux , et qui cependant n’était point destinée à remplacer celle de l’auteur du Systema jiaturœ. Si Poli n’avaitpas eu celle intention, parloutdans son ouvrage il aurait remplacé les dénominations linnéennes par les siennes propres , et alors , en effet , rien de plus juste que de faire droit à sa priorité. Mais l'ouvrage de Poli est là lui-même tout entier pour protester contre l’opinion de M. Gray, puisque la nomenclature proposée par l’auteur se trouve reléguée dans des tableaux et non appliquée dans les parties les plus importantes de l’ouvrage. Une fois le genre Pétoncle signalé et convenablement caractérisé par Lamarck, tous les zoologistes s'empressèrent de l’adopter, à commencer par Cuvier, qui, dans ses Tableaux du premier volume d'anatomie comparée ^ l’admet comme sous-genre dans le grand genre Arche de Linné. Nous savons actuellement, à la suite de tant de genres où nous l’avons répété , que les sous-genres de Cuvier équivalent à de bons genres , et que les groupes auxquels il conserve le nom de genre représentent de véritables familles. Les auteurs n’ont pas varié sur la place que le genre lui-même doit occuper ; tous, sans exception, l’ont conservé dans la famille des Arcacées, à laquelle différents noms ont été donnés, sans que sa constitution intime ait été modifiée,

A mesure qu’aux espèces connues des naturalistes du dernier siècle et du commencement de celui-ci l’observation en a ajouté de nouvelles, on a reconnu chez un certain nombre d’entre elles quelques modifications pour lesquelles des genres nouveaux ont été proposés. Ces genres, fondés sur les caractères des coquilles seules, ne peuvent être acceptés , parce que, dans son organisation, l’animal no s’est point ressenti profondément des légers changements survenus dans son enveloppe testacée.

LES ÂRCAGÉES.

Toutes les coquilles que nous réunissons dans le genre Pétoncle sont habitées par des animaux semblables. Ces animaux sont, sans exception, orbiculaires , à peine sublransverses. Ils sont «peu obliques; le côté antérieur est presque égal au postérieur ; ils sont toujours réguliers, symétriques , et leur manteau , formé de deux lobes égaux, est ouvert sur toute la circonférence. Cet organe n’offre sur ses bords aucune saillie quelconque, et en arrière rien de ce qui pourrait représenter d"une manière quelconque les siphons des autres Mollusques. Les bords sont simples , bilabiés et dépourvus de tentacules. Le pied est grand, sécuriforme , comprimé latéralement, un peu rétréci au point où il s'attache à la masse abdominale ; cette masse abdominale est épaisse et solidement enveloppée d’une tunique musculaire qui se continue avec l'appareil musculaire de l'organe locomoteur. Le bord inférieur de ce pied est profondément fendu dans toute sa longueur, ce qui permet à l'aniinal de dilater, en un véritable plan ellipsoïde , celte portion de l’organe locomoteur. 11 ne faut pas croire néanmoins que celte disposition lui soit donnée pour favoriser la reptation sur les corps solides, ainsi que l’ont prétendu quelques naturalistes qui n'ont point observé les mœurs des Pétoncles vivants. Quand on place un de ces animaux dans un vase rempli d’eau de mer, au fond duquel on a préalablement établi une couche de sable marin , on voit le Pétoncle , couché sur le flanc , sortir obliquement son pied , auquel il donne dans ce moment la forme d'un coin tranchant en joignant très exactement les deux lèvres du bord. Par des mouvements ondulatoires, il fait pénétrer la plus grande partie possible du bord inférieur du pied dans le sable , et lorsqu'il est allé aussi loin que le permet l'extensibilité de l'organe , il ouvre alors les lèvres du pied, les fait pénétrer à droite et à gauche sous la couche de sable , et lorsque ce sable est retombé sur ces parois larges et plates, Tanimal, se sentant un point d’appui, commence au moyen d’une première contraction par se relever sur les bords tranchants et inférieurs de sa coquille , et par un second effort il la fait déjà un peu pénétrer dans la couche sableuse. Ce premier point obtenu , il recommence la même opération., et en peu de moments U s’enfonce et disparaît dans la profondeur do la couche sableuse. Le disque des Pétoncles a donc exactement le même usage que le renflement du pied des Solen; il fournit à l'animal un point d’appui pour vaincre la résistance de la couche sableuse dans laquelle il doit se cacher.

La bouche est grande, ovale, transverse, dans les Pétoncles; elle est, située un peu plus en avant et en bas que dans les autres Mollusques , et cela tient à la manière dont la masse abdominable s’attache au muscle

VINGT-flÜITIÈME FAMILLE.

adducteur antérieur et en enveloppe la surface interne. Celte bouche est accompagnée de deux lèvres auxquelles nous allons trouver une disposition qui ne s’eSt point jusqu’ici offerte à nos regards. Dans les Mollusques des familles précédentes , les lèvres sont courtes et se transforment immédiatement en palpes labiales plus ou moins grandes. Chez les Pétoncles , ces lèvres se rétrécissent, se prolongent de chaque côté du corps, contournent le bord interne du muscle adducteur antérieur, auquel elles s’attachent solidement, remontent dans la région dorsale et se prolongent en s’atténuant insensiblement jusqu’au sommet de la cavité palléalo, correspondant aux crochets de la coquille. Elles se trouvent ainsi placées entre les deux paires de feuillets branchiaux et forment entre eux une espèce de commissure saillante. Nous constatons cette disposition des lèvres dans les Peclunculus pilosüs et vioïaeescens ; peut-être subit-olle quelques légères modiOcations dans d’autres espèces, ainsi que cela a lieu chez les Arches , comme nous le verrons bientôt.

Les branchies sont au nombre de deux de chaque côté du corps ; élargies en avant, elles se terminent en arrière en pointe aiguë ; elles sont presque égales, néanmoins la branchie externe reste toujours un peu plus étroite qu6 sa congénère. Ces organes sont disposés obliquement de haut en bas et d’avant en arrière; ils se trouvent, par conséquent, dans une direction opposée à celle de la plupart des autres lamellibranches, chez lesquels, comme nous l'avons vu, ils sent dirigés de bas en haut et d’avânt en arrière. Soudées en avant aux parties latérales du corps, les branchies sont supportées en arrière par des pédicules membraneux, dont le bord libre est taillé en croissant. Réunies entre elles de chaque côté, elles ne se joignent pas au-dessous de la masse abdominale, elles restent constamment libres. Ces organes ont une composition qui les rapproche beaucoup de celles des Mylilacés; chaque feuillet est, en effetj formé d'un très grand nombre de filaments juxtaposés et réunis entre eux comme les barbes d'une plumé; ils se détachent avec la plus grande facilité lorsque l’animal est mort : on obtient même une décomposition rapide des organes branchiaux si l'on plonge dans l’eau douce l’animal vivant, une matière mucilagineuse se détache des filaments; leur axe, plus solide, subcartilagineux et transparent, résiste seul.

Les coquilles produites par l’animal dont nous venons de donner la description sommaire ont une forme semblable à lui ; seulement elles sont plus épaisses 61 plus cordiformes, parce que leur test, dans le plus grand nombre d‘enlre elles , acquiert «ne épaisseur considérable. Tous les Pétoncles ont une forme orbiculaire ; quelques uns , en très petit nombre, sont subtransvetses: quelques autres, ihoins nombreux

LES ARGACÉfiS:

Big

encore, sont un peu plus longs que larges; ils soht réguliers et presque symétriques, tant ils sont équilatéraux. Le côté postérieur, à cause do cela, se distingue diFûcilement de l’aiilérieur.

La surface extérieiîTe est recouverte d'un épiderme épais, composé de poils courts et réguliers que l’on a justement comparés à un velours un peu grossier. Ordinairement très tenac», surtout vers les bords, cet épidermeesl facilement enlevé descrochets, là où ü est le plusexposéau contact des corps étrangers et où l'animal l’a produit le plus mince. Beaucoup de Pétoncles ont la surface üsse ou simplement striée, soit par des accroissements transverses, soit longitudinaux. Des ponctuations que l’on remarque sur le trajet des stries indique les points d’insertion épidermique. D’autres espèces sont ornées de côtes longitudinales et rayonnantes, de la même manière que chez les Cardites ; mais que! que soit à cet égard l’état de la surface, les bords, dans toutes les espèces, sont découpés en crénelures plus ou moins profondes et réciproques. La présence de ces crénelures , chez les espèces lisses, annonce que les côtes extérieures ont été comblées par la sécrétion do la coquille , et cela est prouvé par la décomposition que subissent ces Pétoncles dans certaines couches des terrains tertiaires. La décortication de lèur surface externe met à découvert des côtes rayonnantes, aboutissant aux crénelures qui se trouvent sur les bords. Les crochets sont grands et protubérants chez les Pétoncles ; ils sont opposés, rarement un peu inclinés en avant. Au-dessous d’eux se montre celte surface plane, d’une forme subtriangulaire , le plus ordinairement couverte do sillons en chevrons et sur laquelle s'attache le ligament. Ce ligament , au lieu d’être saillant, comme celui des Vénus, ou concentré dans une fossetto, comme celui des ^lyes on des Crassalelles , est étalé en dehors sur une surface rugueuse et plane où il est solidement fixé.

Dans un petit groupe d’espèces , non seulement les sillons disparaissent, mais un partie du ligament se concentre dans une fossette large et triangulaire peu profonde et tout à fait comparable à celle des Limes, ce qui n’empôche pas une partie, plus mince du ligament de s’étendre sur le reste de la surface non occupé par la fossette. C’est avec les espèces qui offrent celte disposition que M. Sassi, en 1827, a fait son genre Limopsia, et la môme année , M, Brown, le genre CreneUa. Il faut que celle modification soit d’une faible importance, puisque l’animal, examiné par nous et M. de Kôninck, ne nous a offert aucune différence appréciable avec celui des autres Pétoncles. Ces deux premières dénominations oubliées pendant un certain nombre d’années , le même genre a été reproduit sous le nom de Trigonocœîia ,

VINGT-HUITIÈME FAMILLE

par MM. Nysl et Galeotli , qui , dans le premier moment, y réunissaient les Lédas, et beaucoup plus tard, il reçut enfin le nom de Pectunculina^ par M. d’Orbigny. Pour nous, ce genre Limopsis constitue une simple section dans le genre Pétoncle , puisque nos genres sont limités . non d'après des accidents de celle faible importance , mais d’après des modifications constantes , et pa^* conséquent faciles à apprécier dans l’organisation des animaux.

La charnière est composée d’une série de dentelures réciproques, formant une ligne courbe, toujours plus longues aux extrémités de celte ligne que dans son centre. Le bord supérieur de la charnière est coupé en une ligne parfaitement droite, sur laquelle s’opère le mouvement réciproque des valves. Les dents sériales sont généralement moins nombreuses du côté antérieur que du postérieur ; elles sont toujours plus étroites dans le centre de la charnière , et quelquefois elles en disparaissent complètement, surtout chez les vieux individus de certaines espèces. Cette charnière reste toujours la même dans les Limopsis et dans les Pétoncles proprement dits. Il existe un petit groupe d’espèces qui mériterait, peut-être mieux que les Limopsis, de former un petit genre séparé des Pétoncles; les crochets sont plus obliques et les coquilles se rapprochent un peu des Vénéricardes. Dans cette inclinaison , la charnière a subi une modification dans laquelle la rangée postérieure des dents sériales s’élève au-dessus de la rangée antérieure , et passe devant elle. La surface du ligament devient par cela môme beaucoup plus petite , tout en conservant cependant la même position que dans les Pétoncles, mais elle est réduite à la portion occupant la région postérieure des crochets, et, au lieu d’avoir des sillons en chevrons , .ces sillons sont parallèles entre eux. M. Lea a fait, de ce petit groupe, son genre Myoparo, et M. Conrad, un peu antérieurement , son genre Stalagmium , qui a été adopté par un assez grand nombre de paléontologistes.

La surface intérieure des Pétoncles n’est jamais nacrée ; elle est lisse , souvent blanche , diversement tachetée de rouge brun ou violacé. On remarque, aux extrémités du diamètre antéro-postérieur, deux impressions musculaires, ordinairement superficielles, dont le bord interne est légèrement saillant. Dans l’impression musculaire postérieure , celte saillie du bord est toujours un peu plus considérable. Une impression palléale simple, sans aucune inflexion du côté postérieur, s’étend d’une impression musculaire à l’autre en restant parallèle aux bords de la coquille. Il arrive quelquefois dans les Pétoncles fossiles une décomposition particulière sur laquelle nous devons appeler l’atten-

LES ARCACEÏS.

lion des paléontologistes, pour qu’ils ne se laissent point abuser par elle, ainsi qu*il est arrivé à M. Philippi, dans son Histoire des Mollusques de îa Sicile, En examinant la surface intérieure d’un Pétoncle , on voit circonscrites par les bords internes des impressions musculaires , et, par l’impression palléale, toute la portion delà surface sur laquelle l'animal sécrète une couche épaisse de son test ; il arrive assez fréquemment, dans les Pétoncles fossiles des terrains tertiaires, que toute cette partie de la surface se détache et présente alors un test qui ne semble avoir aucun rapport do forme ni de composition, avec ce qui est connu chez les lamellibranches. Trompé par l’apparence, M. Philippi, ayant trouvé isolément dans les terrains tertiaires de la Sicile une de ces parties intérieures de Pétoncles, y a vu l'osselet intérieur d'une Aplysie ou d’une Dolabelle, et lui a donné le nom d'Aplysîa grandis. On peut facilement produire cette disjonction dans les Pétoncles fossiles de diverses localités , en Sicile , par exemple , mais surtout sur le Peciu/icu/us terebratularis des sables inférieurs du bassin de Paris , et sur celui des sables marins supérieurs des environs d'Étampes.

Tous les Pétoncles sont des coquilles essentiellement marines; presque tous sont littoraux. Ils choisissent les plages sableuses ou vaseuses , où ils se propagent quelquefois en immense abondance. Ils se répandent sur presque toutes les régions de la terre, et cependant ils ne remontent pas très loin vers le Nord. M. Gould n’en cite aucune espèce dans son Rapport sur les invertébrés du Massachusetts; M. Lovèn n'en mentionne pas non plus dans son Index MôlluscorumScandinavice ; MM. Forbes et Hanley, dans leur Histoire des Mollusques de îa Grande- Bretagne , en décrivent une seule espèce, mais déjà la Méditerranée en contient quatre constatées par M. Philippi. Ils deviennent , comme on le voit, plus abondants dans les mers tempérées des deux hémisphères, et, dans l’état actuel de l’observation, c'est là qu’ils sont le plus abondants et que se rencontre la plus grande espèce. Le nombre des espèces vivantes est peu considérable , et il est à présumer qu’il s’accroîtra assez rapidement lorsque Ton fera une étude plus attentive des individus provenant de diverses régions et qui semblent appartenir à un même type. Dans sa Monographie ^ publiée en i 843 , et faisant partie de son Conchologia iconica, M. Reeveen a décrit cinquante-deux espèces ; nous en relevons soixante-quatre dans les divers auteurs , et il y en a certainement un plus grand nombre de connues dans les collections. Dans l’état actuel de nos connaissances, l’Afrique serait très pauvre en Pétoncles: un du Sénégal, un du cap de Bonne-Espérance, deux du

T. II

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délroit (le Mozambique ; aucun n’est cité aux îles de France el de liourbon. M. Dufo, dans son Catalogue des Séchelles^ n’en cUe pas non plus une seule espèce. II en existe cependant deux dans la mer Rouge ; ils se retrouvent aussi dans les mers de l’Inde. Dans ces mers , on en compte huit autres espèces, rapportées des Philippines par M. Cuming ; plusieurs gagnent les mers de Chine et du Japon. Deux espèces seulement dans les mers de Californie ; seize espèces habitent l’Amérique centrale, tant dans l’océan Atlantique que dans l’océan Pacifique. C’est la région du monde qui en oonlient le plus ; cependant dans on récent catalogue, publié par M. Dean, dans le Journal de conchyliologie , aucune espèce n’est citée à la Guadeloupe. Les mers de l’Amérique centrale comptent dix espèces , parmi lesquelles quelques unes dépendent du genre Limopsis.

Les espèces fossiles du genre Pétoncle sont peu abondantes dans les terrains anciens de sédiment; leur nombre s’accroît assez rapidement en passant dans le terrain crétacé , mais c’est surtout dans le terrain tertiaire qu’elles se multiplient parfois avec une abondance prodigieuse. Nous allons examiner avec tout le détail nécessaire les espèces aujourd’hui inscrites dans les travaux des paléontologistes.

M. Portlock , dans son Rapport géologique , a signalé sous le nom de Pétoncle, dans les terrains siluriens, trois coquilles qui, en effet, ont la plupart des caractères des Pétoncles. Elles sont suborbiculaires ; seulement les dents de la charnière sont plus égales que dans les Pétoncles actuels ; et comme ces coquilles sont connues par leurs moules seulement, M. Portlock n’a pas fait représenter le plan incliné de la charnière sur lequel s'étend le ligament. On peut donc conserver quelques doutes au sujet des espèces dont nous parlons; néanmoins ce qui en est connu les place dans le voisinage le plus immédiat des Pétoncles, list-ce pour celte raison que M. d’Orbigny ne les a pas mentionnées dans son Prodrome? Ce naturaliste a cependant cité des espèces infiniment plus douteuses que celles-ci.

Le genre Pétoncle ne fie reproduit plus dans le reste de la série paléozoïque. Toute la formation du trias paraît en être dépourvue ; il manque également dans le lias , cette première formation des terrains jurassiques. 11 reparaît de nouveau dans l’oolite inférieure , sous la forme de Limopsis, el il n’y a laissé que deux espèces mentionnées par M. d'Orbigny. Elles sont toutes deux de Bayeux.

La grande oolite en contient trois appartenant également à la section des Limopsis. II en est deux , Voblongusel le minimus, qui se trouvent en même temps à Ancliff, en Angleterre et à Luc. La troisième, noih-

LES ARCACÈES.

ïTitie Pecturicuhis ooliticiis par M. Buvignier, a été (i’a!)or(i déconvertR à Vierzon et à Aubenton , et ensuite à Luc.

Deux espèces appartiennent h l'oxford de Russie. L'une est le Pectunculus elajans , Fischer; Ü a été trouvé aux environs de Moscou. Lo deuxième, \& Pectnnculus Petschoræ . Keyserl., est de l’oxford supérieur des environs de Petschora ; il dépend encore de la section des Limopsis. *

Nous trouvons deux espèces dans le terrain corallien de Saint- Mihiel ; Lune inscrite par M. d'Orbigny, sous le nom de Moreau^ siana; l'autre, par M. Buvignier, sous la dénomination de corallensis.

Il est probable que ces deux espèces en constituent une seule, ce que l’on pourra constater le jour où M. d’Orbigny aura publiéJa sienne de manière à la rendre reconnaissable. Les personnes qui ont récolté avec le plus d’attention les fossiles de Saint-Mihiel n’y ont jamais trouvé qu'une seule espèce de Pétoncle , et c’est de là que notre soupçon a pris naissance , que la môme espèce est désignée sous deux noms différents. M. Buvignier est le premier qui ait mentionné le genre Pétoncle dans le terrain portlandien. Ce savant géologue a découvert une espèce intéressante, à Dammarie , non loin de Bar-lê-Duc; elle vient combler une lacune dans la série générale des terrains jurassiques.

Trente-trois espèces se distribuent dans la série des terrains crétacés. Une seule, Pcclunctilus Marullensis, se montre d’abord dans le terrain néocomien. Trois autres lui succèdent dans le gault ; deux sont de Varennes et de Novion ; la troisième est de Blackdown , en Angleterre. Jusqu’ici ces espèces paraissent propres aux régions où elles ont été rencontrées. Cinq espèces appartiennent aux grès verts ; trois ont été citées au Mans : ce sont les Pectunculus subconcentriens , Lamarck , Guerangeri et convplanutiis, d’Orbigny; ce dernier est do la section des Limopsis. M. d'Archiac a fait connaître une espèce des toiirlia de Belgique, sous le nom do subpuloinatus. Enfin, la cinquième espèce, Pectunculus sublævis , Sowerby, se répand non seulement dans les grès verts de l’Angleterre , mais encore dans ceux de France , de la Saxe et de la Bohême.

Dans la craie tuffeau, le nombre des espèces s’accroît assez rapidement: nous en comptons seize, sur lesquelles dix proviennent de ces grandes formations crétacées de la Weslphaüe et de la Bohème , connues des géologues allemands sous le nom de planer. Aucune de ces espèces ne se montre dans d’autres régions de l’Europe. Parmi elles , nous voyons un PecUmculus sulcatus, de Roemer, dont le nom devra être changé, car M. Defrance l’avait déjà employé pour une espèce toute

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différente des terrains tertiaires. M. d’Orbigny, selon son habitude, a fait cette rectification par l’adjonction de la préposition sub au noni de Roemer. Une autre espèce, de M. Reuss, a été le sujet d'un double emploi semblable au précédent. Il la nomme brevirostris , oubliant qu'une espèce très différente avait été longtemps avant nommée de la même manière par Sowerby. Pour celle fois, M. d'Orbigny s’est départi de son habitude, et il a proposé le nom de Pectuncuhts Réussi pour l’espèce dont il est question. Deux autres sont de la célèbre localité de üchaux, ou de Saint- Paul-Trois-Châteaux ; elles ont été décrites par M. d’Orbigny dans sa Paléontologie française (terrain crétacé). Une autre espèce est seulement mentionnée par le même auteur dans son Prodrome de paléontologie. Sous le nom de Peclunculus calvus , M. Sowerby a fait connaître, dans le mémoire de MM. Sedgwich et Murchison, une petite espèce de Gosau, dont la forme générale se rapproche un peu du Peclunculus auritus des terrains tertiaires. Il serait possible que l'on dût y rapporter le Peclunculus planus de Roemer, qui , d’après une figure très imparfaite , semble avoir une forme semblable ; mais il conviendrait de comparer en nature les deux coquilles pour décider la question de leur analogie.

La craio supérieure renferme un nombre beaucoup moindre de Pétoncles, six seulement y sont mentionnés. Trois sont en Europe : ce sont les Peclunculus Hœninghausii de Müller, trouvé à Aix-la-Chapelle; le î7»otn6oidah's de Alth , des environs de Lemberg; et, enfin, le subdecussalus de d'Orbigny. Cette dernière espèce mérite de nous arrêter un instant. Quoique bien distincte du Peclunculus umbonatus de Sowerby, Goldfuss lui donne néanmoins le même nom. Roemer, voulant réparer cette erreur, laisse à l’espèce de Sowerby son nom, et impose celui de decussaïua à la coquille de Goldfuss. Mais, par malheur, ce nom était très mal choisi , puisque Sowerby lavait antérieurement employé pour une autre espèce. La coquille de Goldfuss dut donc changer une troisième fois de nom, et M. d’Orbigny lui a imposé celui de subdecussalus dans son Prodrome de paléontologie, M. Forbes, dans l’intéressant travail qu’il a publié sur les fossiles de ITnde, a fait connaître sous le nom de su6aur/cu/aius une espèce des environs de Pondichéry, Les craies supérieures de l'Amérique septentrionale ne sont point dépourvues de Pétoncles. Deux espèces y sont mentionnées par M. Morton ; l’une de l’Alabama, sous le nom de Peclunculus hamulaÿ la seconde, sous celui d’aMs(rofïs. Mais comme U existait déjà sous ce nom une espèce vivante de MM. Quoy et Gaimard, M. d’Orbigny lui a substitué le nom mal choisi de subaustralis.

LES ARCACÉES. 32S

Les terrains tertiaires sont de toutes les formations sédimenlaires les plus abondamment pourvues de Pétoncles , soit que Ton compte les espèces , soit que Ton considère la quantité quelquefois innombrable d’individus. Parmi ces terrains, le plus ancien de tous est plus riche que les autres; nous y comptons, en effet, quarante-sept espèces. Plus de la moitié appartiennent à l’Europe , les autres sont de l’Amérique septentrionale.

Dans les sables inférieurs du bassin de Paris , nous trouvons plusieurs espèces , dont Tune surtout est intéressante , parce qu'elle se retrouve invariablement dans tous les lieux où ces dépôts sableux sont fossilifères : c’est le Peciunadus terebratularis, nommé ainsi par Lamarck, dans le tome YI des Annales du Muséum, et auquel ce savant substitua plus tard le nom de platiicoslalis , en le confondant avec une espèce parfaitement distincte, à laquelle il le rapporta à titre de variété. Nous avons cru, avec Defrance et plusieurs autres naturalistes, que ce Peclunculus terebratularis ^ des sables inférieurs, se retrouvait identiquement le môme dans les sables supérieurs de Fontainebleau. Un nouvel examen , plus approfondi sur un grand nombre d'exemplaires des coquilles des deux localités, nous a permis de rectifier notre erreur en découvrant quelques caractères constants , au moyen desquels les deux espèces se distinguent aisément. Lamarck, au reste, avait précédé tous les naturalistes, car il avait donné un nom à l'espèce des sables supérieurs de Fontainebleau. Une seule espèce est jusqu’ici absolument propre au bassin de Paris, c'est le Peclunculus nucuîatus. Une autre espèce , Peclunculus nanus , est commune au bassin de Paris et à celui de la Belgique. Une troisième espèce, Peclunculus dispar, est abondante à Parnes, à Chaumont, etc., dans le bassin de Paris, et elle n’est pas moins commune à Valognes. Peut-être est-ce une de ses variétés, dont les côtes extérieures seraient exagérées, qui serait connue dans le bassin de Londres sous le nom de Peclunculus Plumslediensis. Une petite espèce, de la section des Limopsis, le granulatus, très abondante aux environs de Paris, dans les calcaires grossiers et même dans les sables du Soissonnais , se retrouve également en Belgique et en Angleterre. Elle est même citée aux environs de Magdebourg, par M. Philippi; mais ne l’ayant point vuje de celle localité, nous laissons à M. Phi- Üppi la responsabilité de son opinion. Nous devons faire une réserve aussi pour la coquille qui porte le môme nom dans l’ouvrage de Goldfuss, La figure que ce naturaliste en donne présente , en effet , bien de la ressemblance avec l'espèce de Paris , et cependant il indique le type de l’espèce de localités où l’on ne devait guère s’attendre à la ren-

VINGT-HUITIÈME FÀMILLE.

contrer, celle d’Alzey, par exemple, dépendant des sables supérieurs de Fontainebleau. Si, à la suite d’un examen minutieux , Pidenlilé des deux coquilles était établie irrévocablement, celle espèce aurait un intérêt de plus pour les paléontologistes, car elle serait du petit nombre de celles qui passeraient des calcaires grossiers dans les sables supérieurs. Voici encore une espèce qui se trouverait dans le cas de la précédente : elle a été décrite autrefois par Brander, sous le nom d'.'lrca deleta; elle doit être aujourd’hui inscrite sous le nom de Pectunciilus delefus. Très reconnaissable par les côtes longitudinales et saillantes dont elle est ornée à l’extérieur, celte coquille, recueillie dans plusieurs localités, a reçu un grand nombre de noms. Sowerby, le premier, oubliant la dénomination de Brander, proposa le nom de cofitatus. Bientôt après. M. Defrance, pour deux variétés de Versailles et d’Élampes. ût les Pectunculus coslarius et peclhiatus. Ce dernier nom, dans tous les cas, n'aurait pas pu subsister, puisqu’il était déjà consacré par Lamarck à une espèce vivante. Mais avant toutes ces dénominations , Lamarck avait proposé celle d’angusficos/atus , dans les Annales du Muséum. Lorsque l’on vient à rapprocher les coquilles de ces diverses localités , on reconnaît aisément qu’elles appartiennent à un même type tellement variable , qu'il est presque impossible d’y rencontrer deux individus absolument identiques. Assez commune à Barton, dans l’argile de Londres , celte coquille se trouverait en Angleterre dans un gisement qui correspond aux sables moyens du bassin de Paris, tandis que dans le bassin de Paris, elle est constamment dans les sables supérieurs , à Versailles , à Montmorency et aux environs d'Étampes. Cette espèce aurait donc vécu à deux époques très différentes, sans laisser aucune trace de son passage à travers les couches qui séparent les deux formations sableuse , moyenne et supérieure du bassin de Paris.

Nous réservons pour la dernière des espèces parisiennes :

Le Pectunculus pnlvinatus, Lamarck, pl. 35, fig. I, 2.

P. testa orbiculata^ transversa ^ subœquUatera ; mîcis striisque lon^itinUnalibus costelias simulantibus^ natibus parvis media/iis.

Pectunculus Laraarck, Ann. du Mus. t. G. p. a 16. h*" a. el

t. fL pl. ï 8 L 9, a. b. ^

Pectunciihis pulvinutus^ Defrance, Dicl. sc ual. l. 39. p- aa3. {Syn. excL).

Deshayes, Coq. caract, pl. 5. f. 9-10.

IJ. De.scr. coq. foss. Paris. !. i. p. aiq. n® t. pl. \ >. I.

Id, iij Lamarck, An. ve»l, a* éd. t. 6. p 496. h" i.

LES ARGACEES.

Biirlin, Orvet, hrux. pi, 18. f. A, m.

Deshayes, Encycl. mélh. Vers. l. 3, p. 741. n® 3.

Nyst, Coq. foss. Belg, p. aSo. pl. 19. f. 8. a, b.

Pot. et Mich., Gai. Douai, p. 1 14. n® a.

Morris, Cat. of Brit. foss, p. 97. H

D’Arrhiac, Hist. des prog. géoU t. 3. p. a66,

J)*Orbigiiy, prod. pal. l. -a. p. 38g.

Devenu l’occasion d’erreurs multipliées, que déjà nous avons rectifiées en partie dans nos précédents travaux , et qu’il convient enfin de rétablir ce qu’il devra rester dans l’avenir, le Pectunculus pulvinatus ne remonte pas dans les terrains moyens ou supérieurs, comme l’ont cru un assez grand nombre de naturalistes. Il commence dans le bassin de Paris par une variété propre aux sables du Soissonnais ; il se continue dans les calcaires grossiers , où il se propage en immense quantité. Il remonte dans les sables marins moyens, où il est beaucoup plus rare. Là, il s'arrête et ne remonte même pas dans les sables marins supérieurs de Fontainebleau. Quant à l’espace horizontal qu’il occupe, il reste encore considérable, quoique beaucoup moins étendu qu’on ne l’avait supposé, à la suite de la confusion de plusieurs espèces. 11 est en France, en Angleterre, en Belgique, dans les terrains nummulitiques des Pyrénées , ainsi que dans ceux des environs de Nice. Une espèce, qui en est très voisine, a été considérée par M. Conrad comme une simple variété ; elle provient des couches tertiaires inférieures de l’Alabama.

Indépendamment des espèces dont nous venons de parler, le terrain tertiaire inférieur de l’Europe contient encore d’autres espèces. Nous citerons, par exemple, le depressus^ caractéristique des sables moyens du bassin de Paris, et qui se retrouve dans les terrains plus inférieurs des environs de Nice. Deux autres espèces l’accompagnent dans la même localité : ce sont les gra?i0sus et striatissimus ^ de M. Bellardi. Deux espèces sont citées datis les terrains inférieurs du Kressenberg : l’une d’elles, le dubius, mérite d'être étudiée de nouveau dans ses caractères ; elle est, en effet, douteuse, ainsi que son nom l’indique. Enfin, une espèce a été récemment trouvée dans les terrains nummulitiques de l’Inde, et décrite dans les Tratisactions de la Société géologique de Londres, sous le nom de Pec(«ncuf«s pecten, par M. Sowerby.

Dix-neuf espèces sont actuellement mentionnées dans les terrains tertiaires inférieurs de l’Amérique septentrionale; presque toutes vien nent de l’Alabama , et ont été mentionnées , soit par M. Lea , soit par

VlNüT-HümÈME FAMILLE.

M. Conrad. C’est à ce dernier naturaliste surtout que l’on doit la découverte récente, sur les bords du Mississipi, d’espèces très rapprochées de celles du bassin de Paris , et provenant des terrains les plus inférieurs de l’Amérique.

Nous avons déjà mei^onné une des espèces les plus abondantes des sables supérieurs de Fontainebleau , le Pectunculus deletus , parce que nous l’avons vu apparaître dans les sables marins moyens. A celte espèce, deux autres s’ajoutent : l'une , le Goîdfussiij de la section des LiinopsiSj ne s’est pas rencontrée, jusqu'ici, en dehors de la Belgique; l’autre est excessivement abondante partout où les sables de Fontainebleau sont fossilifères. D'abord confondu avec le Pectunculus terehra^ tulariSf il a été nommé obovatus par Lamarck, et néanmoins confondu par les divers auteurs , soit avec le rhomboidetts de Borson , soit avec le puiumatus, et, enfin, M. Philippi lui a récemment donné le nom de crassus. C’est lui qui a été figuré il y a très longtemps dans l'ouvrage de Wolfart, dans son Hisloria naturalis Hassîœ inferioris. Goldfuss l’avait rapporté à son pohjodonta, dans la synonymie duquel il réunissait plusieurs espèces. M. Bronn a reconnu l’erreur de Goldfuss, mais U en a commis une autre , non moins grave , en confondant l’espèce dont il s’agit avec le Pcchmcu/us rhomhoideus de Borson, qui, par ses caractères , se distingue facilement de toutes ses congénères. A la suite des rectifications dont le Pectunculus obovatus est susceptible , on voit qu’il ne dépasse pas les sables supérieurs de Fontainebleau , mais qu’il se répand à profusion dans tous les lieux où ces sables sont fossilifères. D’abord dans le bassin de Paris, puis à Kleyn-Spawen, dans les dépôts analogues du Limbourg , ainsi que dans ceux d’Alzey, Bünde , et tous ceux de la Weslphalie et des bords du Rhin. D’après quelques personnes , le Pectunculus cor, Lamarck , extrêmement abondant dans tout le terrain tertiaire moyen , apparaît d’abord dans les terrains inférieurs du Kressenberg , dans le terrain nummulilique des environs de Nice. M. d’Archiac lui-méme le mentionne dans son tableau des espèces nummuliliques , mais il ne l’admet qu'avec doute. Nous partageons nous-môme les doutes de M. d’Archiac; il est à présumer que l’espèce du Kressenberg aura été déterminée d'après les formes extérieures seulement, susceptibles de trop de variations pour ne pas entraîner à des erreurs, si l’on ne peut contrôler en même temps les autres caractères spécifiques. Si le Pectunculus cor ne se trouve réellement pas dans le terrain tertiaire inférieur, aucune espèce ne franchirait les limites de ce terrain pour se produire dans les terrains tertiaires moyens.

Les auteurs ont mentionné douze espèces seulement dans les ter-

LES ABCACEES.

rains tertiaires moyens , mais les collections en contiennent un plus grand nombre. Nous en connaissons une vingtaine au moins ; la difficulté d'en reconnaître les caractères a jeté parmi elles une grande confusion , et il faudrait un travail de monographie entrepris avec des matériaux considérables pour faire disparaître les doubles emplois, redresser la synonymie et établir les espèces d'après leurs vrais caractères. Nous ne pouvons entreprendre ici ce travail; d’ailleurs, quoique nombreux , nos matériaux sont encore insuffisants : nous devons donc nous contenter de rectifier le mieux possible les espèces actuellement inscrites dans les catalogues. Ici nous ne trouvons presque point d'espèces dont les analogues vivants subsistent encore. Une seule fait exception, et encore conservons-nous quelques doutes à son sujet. On rencontre, en abondance dans tous les terrains tertiaires moyens, une très grande espèce de Pétoncle; Lamarck en avait fait la variété À du pulvimtus J et Brongniart, dans les (errams du Vicentin, l'avait prise comme type de l’espèce. Cette grande coquille est à Dax, à Bordean.\ , dans les faluns de la Touraine , à Angers , à Turin , à Vienne , en Podolie, et nous l’avons longtemps rapportée au Peclunculus glycimeris de Lamarck, lequel se répand non moins abondamment dans les terrains tertiaires supérieurs, et vit encore aujourd'hui dans la Méditerranée. Lorsque l'on compare entre eux les individus des diverses localités que nous venons de citer, malgré quelques variations dans la forme , on reconnaît que toutes ces coquilles appartiennent incontestablement à une même espèce. La surface cardinale n’offre point de sillons en chevrons ; les dents de la charnière , variables dans leur nombre, ont une tendance à s'effacer sur le milieu du bord cardinal , et la série postérieure est toujours un peu plus longue , et à dents plus serrées que l’antérieure. Lorsque la surface extérieure est bien conservée, on y remarque non seulement des lignes un peu déprimées et as^ez écartées, mais encore des stries longitudinales et des transverses fines, régulièrement entrecroisées, et quelquefois finement ponctuées. Plusieurs variétés doivent être signalées parce qu'elles s’attachent à certaines localités. C’est ainsi que dans les faluns de la Touraine, par exemple , la plupart des individus sont plus bombés et plus cordiformes. Ceux d'Angers ont les stries longitudinales plus fortes ; il en est de même chez la plupart des individus du bassin de Vienne. A Dax, au contraire, et à Bordeaux , la coquille est un peu plus déprimée. Celles de Turin , pour la charnière et pour la forme extérieure , se rapportent fidèlement à celles des sables jaunes d’Asti, et dont le type est actuellement vivant dans la Méditerranée.

VINGT-HÜITIÉM15 FÀMiLLK.

il existe dans le |Siebenburg des terrains tertiaires moyens , autrefois visités par Fichtei, et dans lesquels ce savant naturaliste a trouvé de très grandes espèces , dont il a donné de fort bonnes figures. Parmi elles, ôe trouve un grand Pétoncle confondu par MM. Ritter et Hauer avec le poiyodmta de Goldfuss, mais qui se distingue à la fois de toutes les variétés du glycimeris et des antres espèces confondues par Goldfuss sous le nom de potxjodonta. Nous proposons pour cette espèce le nom de Pectunculus PlcIitelL II se distingue par une forme un peu plus oblique, une charnière à dents plus serrées, et enfin par des sillons assez nombreux sur la surface du ligament. C’est encore au polyodonta que quelques auteurs rapportent une grande et magnifique espèce distincte de toutes celles qui nous sont connues , et pour laquelle nous proposons le nom du savant observateur qui, l un des premiers , l'a répandue dans les collections. Le PectunciUus Haueri est remarquable non seulement par son épaisseur, la brièveté de ses crochets , mais encore par la grande largeur de son bord cardinal , occupé en grande partie par des dents cardinales très grandes, rapprochées et irrégulièrement sillonnées de chaque côté. La surface du ligament est très large , peu inclinée et couverte de nombreux sillons. Enfin , des côtes longitudinales très obsolètes sont indiquées par des stries rayonnantes très écartées. Cette belle espèce acquiert un volume égal à celui des grands individus du glycimeris, mais elle est plus com^ primée, moins Iransverse et un peu plus oblique.

M. Dujardin ne mentionne que quatre espèces dans les faluos de la Touraine. Nous en connaissons trois de plus, parmi lesquelles Tofifusatus de Partsch se retrouve dans le bassin de Vienne. Notre Pectuncùlus semiaitritus , de la section des Limopsis , se trouve à Angers , en Touraine et dans les environs de Vienne. Il est à présumer que c’est celle espèce désignée par M. Anton sous le nom de Pectuncuhis hemimrdo. Le Pectunculus cor, dont nous avons déjà parlé, est très abondant , particulièrement aux environs de Dax et de Bordeaux ; c'est là qu'il acquiert son plus grand volume. II est moins abondant dans les Jaluns de la Touraine/ moins encore aux environs d'Angers; il est répandu dans toutes les mollasses de la Suisse et du midi de la France, et on le connaît également dans le bassin de Vienne, particulièrement à Buitor, Où il se rencontre avec une autre espèce beaucoup plus triangulaire , et qui nous paraît entièrement nouvelle. Nous en devons la connaissance à la généreuse communication de M. de Hauer. Deux espèces paraissent propres aux terrains tertiaires moyens des environs de Turin : l'une est le Pectunculus modiolus de Bonelli,.ei l'autre le

LUS AHCÀCËES.

cancQilatus de Michelotti. Ces espèces, plus rares à ce, qu’il paraît, n’étant point répandues dans nos collections , nous n’avons pu les comparer à leurs congénères; nous conservons des doutes ü leur sujet. Le cancellatus de M. MicheloUi, par exemple, paraît avoir plus d'un rapport avec le Pectunculus lextus. de iVl. Dujardin.

Plusieurs espèces ont été signalée^ en \Yolhynie et en, Podolie par MM. Dubois deMootpéreux, Pusch et Andrejowski.Nous trouvons parmi elles des coquilles qui ont beaucoup d analogio ayec cé.lles de nos terrains do France, mais il nous est impossiblp de d^cidçr sL elles leuç sont analogues. Il est certain que le pulvinalu^ dç.AÇ Dubois, par exemple, constitue une espèce parfaitement distincte, non seulement de celle du bassin de Paris , mais encore du glyciniei'is et de toutes celles qui nous sont connues. II se pourrait qu’il eût reçu un nom de MM. Pusch ou Andrejowski , sans qu’il soit possible de nous en assurer. Dans cette incertitude , nous proposons pour lui le nom de Peclunculus Duboisi.

Bronn rapporte aux terrains tertiaires moyens une coquille décrite par Wagner, et provenant de la Virginie; elle porte le nom de Fectmculus Virginiœ. Une autre espèce a été découverte à Saint-Domingue , dans les terrains tertiaires dans lesquels un grand nombre d'espèces sont actuellement éteintes. Les géologues anglais ont naturellement rapproché ce terrain de l’époque miocène de l'Europe, el M. Sowdrby y a fait connaître une espèce fort intéressante de Pétoncle, sous le nom de acuticostalus.

Les espèces du crag sont peu nombrénses: M. Wood en cite trois dans son travail remarquable sur le crag d’Angleterre, parmi lesquelles deux appartiennent à la section des Limopsis, U. Wood rapporte au glycimeris dci Linné toutes ces innombrables variétés si abondamment répandues, avec lesquelles les auteur:^ ont fait jusqu à quatre ou cinq espèces. U est certain que plus on voit dè ces coquilles^, plus on est embarrassé do déterminer rigoureusement leurs caractères spéciOques. On les voit so nuancer les unes dans les autres ; cependant si l’on considère les caractères déjà charnière et l'aspect de certaines d'entre elles, on serait tenté d'admelire, coiUrairemeql à l'opinion de M. Wood , le Peclwiculm variabilis^ de Sowerby comme une ^onne espèce. 11 se distinguerait par des valves plus comprimées jçL généralement plus minces que ne le sont celles d’une espèce beaucoup pliis globuleuse, que l’on trouve également dans ie crag d'Angleterre. En admettant, avec M. Wood, le varipbüis comme l'analogue fossile du glycimeris, Linné, il faudrait ajouter dans le crag une seconde espèce (beaucoup plus rapprochée, du Peclunculus piiosus, cl toujours distincte

VINüT-HtIITlEME EAMILLE.

par la charnière et surtout par la forme extérieure. On trouverait ainsi à lafois.dans celte portion des terrains tertiaires moyens, les représentants des deux espèces les plus répandues dans les mers de l’Europe. L’une de ces coquilles, le mriabilis , se rencontre en très grande abondance aux environs d’Anvers; on observe aussi dans cette localité une forme qui se rapproche davantage du pf/osus. Quant aux espèces de Limopsis, M. Wood observe parmi elles celle qui est répandue en très grande abondance dans les terrains subapennins, et qui se trouve aussi dans les terrains plus récents de Tlle d’Ischia. Brocchi l’a figurée le premier sous le nom de Pectunculus auritus.

Pectuncuius auritus ^ Brocchi, pi. 34, f. 49, 20.

P, testa oblique ovata^ subatirita , convexa ; Uneh rugisque conceutricis, striisque radiantibus decussatis i Jovea ligamenti trianguîa; margine inferiore Icevi,

Area aurita, Brocchi, Cooch, foss. t. a. p. 63. pl. ii. f. 9. a, 4,

I fJmopsis aurita, Strickland, Quart» journ. Soc, Lond. t. 3. p. i 10.

Id» Sa&si, Gioro. Lig. x83o. 1827.

Pectunculus auritus, Broun, Ital. tert. geb. p. 108.

Giov. Mich«lotti, Terr. mioc. Ital. sept. p. to6.

Phillipi, Eoum. Moll. Sic. t. i. p. 63. vol, 2, p. 45.

Wood, Moll. crag. p. 70, n® i. pl. 9. f. 2,

Limopsis aurita, Sismooda, Syn. Ped. fo&s. p. t5.

Id. Broou, lodex pal. t. 1. p. 654.

En y comprenant la précédente, douze espèces se répandent dans les terrains tertiaires supérieurs. Comme dans la plupart des autres genres, elles se partagent en deux catégories inégales : dans la première , sont comprises celles des espèces actuellement éteintes; dans la seconde, celles dont les analogues vivants nous sont connus. Le Pectunculus auritus est l’un des plus répandus dans les terrains subapennins; on le rencontre également en Sicile et dans l'île d’Tschia, que l’on pourrait attribuer à l’époque quaternaire. Avec lui noos trouvons les Pectunculus inflatus et /ransümws, le Limopsis Reinwardli, et, enfin, une espèce nommée aunculatus par M. Bronn , et qui nous est inconnue. Ce sont là les espèces perdues des terrains supérieurs de l'Europe. Nous ne parlons pas du nummaWus de Brocchi, rapporté à l'^rca numman'ade Linné , et que l’on rejette d’une espèce à lautre par rincertitude que laissent ses caractères. Une seule espèce, des États-Unis, les«6ora(ws de Say, se range avec les précédentes, parce que son analogue semble

LES ARCACÉES.

anéanti. Il paraît qu’il faut encore y ajouter le Peclunculus Kaschewa^ rowi, découvert par M. Grewingk, dans les terrains tertiaires supérieurs des îles Aléoutienoes. Les terrains supérieurs de l’Amérique méridionale ne sont pas eux-mômes dépourvus de Pétoncles ; une espèce a été signalée par M. d’Orbigny sous le nom de Peclunculus Paylensis.

Trois espèces seulement, répandues en grande abondance dans les mers de l'Europe, se retrouvent non moins communément à l'état fossile dans les terrains tertiaires supérieurs. Déjà deux de ces espèces nous sont connues, car nous les avons rencontrées dans les terrains tertiaires moyens , où elles se répandent en grand nombre : ce sont, les Peclunculus pilosus et glycimeris de Linné. Nous devons rappeler encore qu’une substitution s’est faite chez les auteurs, et que Lamarck nomme le pilosus glycimeris, et celui-ci pilosus. Cette rectification, nous l’avons faite depuis plusieurs années, dans la 2* édition des ^4ntmaux sans vertèbres,

Peclunculus pilosus, Linné, pl. 34 , f. 21 , 22.

Peclunculus gljcimeris , Lamarck, An, s. vert, t. 6. p, 69. éd. Desh.

Brocchi, Conch. foss. t. 2. p. 487.

Philippi, Moll. Sicile, p. 60.

Dujardin, Foss. Tour, p, 267,

Giov. Micbelotti, Terrain mioc. Ital. septent. p. io5.

Poli, Test. de< Deux*Sicties. t. 2, pl, 25. f. 17-18*

.4rca pilosa, Linné, Syst, nat. p. ti43.

Peclunculus pulvinatus, ^voüs^ïixdiVK, Yicent, pl, 6. f, i5-(6.

Raslérot, Mém. Soc, hist. nat. de Paris, t, 2. p. 77, n^ 2.

Dcshayes, Expéd. sc. de Morée, p. 110. n® 75.

Pot. et Micbaud, Gai. Douai, p, 1 14. u** 4,

L’origine de cette espèce remonte jusqu’au moment où commença la grande époque des terrains tertiaires moyens. Nous avons vu l’une de ses variétés , à laquelle Brongriiart avait appliqué le nom de pulvinatus, caractérisée par son abondance dans tous les bassins fossilifères miocènes de l’Europe. Elle passe en identique dans les terrains tertiaires .supérieurs, en subissant de légères modifications dans sa forme, et en acquérant souvent un volume plus considérable. Tous les auteurs qui en ont parlé jusqu’ici, partageant l’erreur commune au sujet de cette espèce, l’ont nommée Peclunculus glycimeris^ quoique en réalité elle dût conserver celui de pilosus. M.Wood retrouve cette coquille dans le crag d’Angleterre; elle n’acquiert jamais dans ces dépôts un aussi

VINGT-HiriTlÈMK FAMlLLK.

grand déVèloppement f|Uf* dans ceux de l'IlaHe ét de la Sicile. Les variélés des TaUins de la Touraine et du terrain tertiaire moyen sont eües-mêmes plus grandes que celles du crag. Cette différence de Volume se remarque aussi dans les individus vivants, soit qu’ils proviennent des mers tempérées ou septentrionales , soit qu’ils aieiil vécu clans la Méditerranée ou sur la côte d’Afrique. Ce sont ces différences qui probablement ont trompé M. Wood, et l'ont déterminé à réunir en une seule les deux espèces du crag. Le Pectmailus pilosus se rencontre dans les mers d'Angleterre , sur les côtes de France ; il existe probablement dans les mers d'Espagne, car il est très multiplié dans le détroit de Gibraltar même, les plages en sont quelquefois jonchées. Dans la Méditerranée , il paraît habiter des régions assez profondes ; on le voit rarement échouer sur les plages avec le glycimeris, et surtout le violacescens.

Ce que nous venons do dire au sujet du pilosus de Linné peut s’appliquer exactement au Pectunculuff glycmeris do Linné [Pèctuncu^uspî7osus, Lamarck).

Pectunculus glycimeris , Linné, pl, 34, f. 23, 24.

Pectunculns pilosus^ Lamarck, An. 5. vert. t. 6. p. 49- éd. t. 6.

Pliilippi, Muil. Sic. t. i. p. 6r, .

Rrocchi, CotMih. füss. l. 2. p. 489.

Area Jlamunihtta^ Kenieri, Adriat. calai.

Id. undnta^ Cheraiiitz, Couch. I. 7. p. 224. pL ^>7. 1. 56o,

Pectunadus. polyodanta^ Broun, I«al. lei l. {«eb. p. 107. u® 62 ^.

Id. huiarctt^ Micb. Braclu ed acel’, ]», 12. i»® i.

Id. pnsdlns^ Dujardin, Foss. Tour, p. afi;.

(iiov. Miclielotlî, TetTiiiii mior. Ital. septeni. p. io5.

Munis, ÇuL of Bril. fuss. p. 97.

Sismojidü^ Syu, pcd. toss. p. 16

Broun, litd. pul. t. 2. p. 938.

D’Archiac, Hist. prog. géol. t. 3. p. 266,

Erocchi a décrit depuis longtemps, sous le nom d’msiibrrcîw , une coquille fossile très commune dans les terrains subapennins. D'un autre côté, Lamarck fait connaître, sous le nom de xyfolace&cenfij une coquille excessivement abondante dans toute la Méditerranée. Lamarck adopte également Tôisufertcus de Brocchi, Lorsque l’on vient à rapprocher cés deux espèces et que l’on en étudie les caractères sur un grand nombre d’individus , il dévient impossible dé les séparer, si ce n'est parce qüe

LES ARCACEES.

l’une est vivante et l’autre est fossile. L’identité une fois établie , il convient , par droit de priorité , de substituer au nom de violacesceris celui ô'insubnciis. Cette espèce est propre aux terrains tertiaires supérieurs; quelques personnes ont cru la retrouver dans le Pectunculus cor des terrains tertiaires moyens, mais ce dernier se distingue toujours avec facilité. Nous ne connaissons pas cette espèce en dehors de la Méditerranée . et ses représentants fossiles ne quittent pas jusqu’ici les terrains situés non loin des bords de cette mer. Elle se continue dans les terrains quaternaires , et elle constitue à elle seule des couches assez puissantes , sans autre ciment que celui produit par ses fragments. Aux environs d’Oran, par exemple, il existe des couches de 5 ou 6 mètres d’épaisseur, et qui en sont entièrement formées. Ces couches, soulevées par de récents phénomènes géologiques , plongent encore doucement dans la mer, forment des plages basses où viennent se rencontrer les individus fossiles et ceux qui vivent actuellement sur les mêmes lieux.

M. Conrad a cité un fossile, auxÉtat^-ünis , h Pectunculus pectinatus de Lamarck, qui vit actuellement dans la mer Kouge et dans l’océan de l’Inde. Il est à présumer que, trop confiant dans des ûgures médiocres, M. Conrad aura assimilé deux espèces réellement distinctes.

Nous n’avons pas mentionné un assez grand nombre d’espèces, particulièrement celles que Defrance a inscrites à l’article Pétoncle du Dict. des sciences naturelles. Imparfaitement décrites , sans figures , il est impossible de raccorder à la synonymie de ces espèces celles qui ont été publiées depuis , et qui probablement leur sont identiques. Il en est de même pour quelques unes de Schlotheim, do Munster, et même de Lamarck; cm doit s'abstenir jusqu’au moment où de bonnes figures auront été publiées des types provenantdes collections mêmesdes .divers auteurs dont nous venons de parler. On s’épuiserait en de vaines recherches a vouloir déterminer, avec des documents si insuffisants, des espèces d’un genre où l’on ne saurait trop avoir de ces documents pour ne point commettre d’erreurs., même pour celles qui paraissent le mieux connues. Une bonne monographie du genre Pétoncle serait un ouvrage des plus utiles, dans l’état actuel de la science. Un paléontologiste dont les travaux sont estimés de tous ceux qui Içs consultent, M, de Kôninck , avait fait espérer un travail générai sur le genre ; nous regrettons de ne l’avoir pas eu sous les yeux pour en rendre l’histoire plus complète.

VINGT-HÜITIÈME FAMILLE.

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