‹ Traité élémentaire de conchyliologieChapitre 36 sur 54 · tumida, Sow · texte numérisé non relu

tumida, Sow

— tumida, GeiDÎi/. 1848.

A. sunTUMiD\, d’Orb.

Avec le terrain silurien inférieur commencent à se montrer les pre-

(i) M. (I Qrbigny liii-mérae comjirepdra sans doute la ncccssilé de changer cette nouvelle déuoininatioii ; elle n’a pas la sigoification qu'il lui prêle et que lui a fait choisir son habitude da snb} l’occasion est propice de lui rappeler ce vieil axiome: snblata çausay toUitur ejfcctus. Nous proppserioiH le nom d’^^rcvi errata pour celle espèce, à pioins qqe M. d’Orbiguy necraigoîl de se voir enlever sa priorilé. *

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mières espèces de véritables Arches. Ce fait iriLéressaiiL a d'abprd été signalé pour une espèce dans lo grand et important ouvrage de M. Murchison sur le système silurien; depuis, M. Portlock, sur les mûmes localités , a retrouvé six autres espèces auxquelles plus récemment M. M'Coy en a ajouté deux. Voila donc neuf espèces dans le terrain fossilifère le plus ancien, et nous devons ajouter que toutes sont de petite taille et n^offrent pas exactement les caractères des Arches, spit vivantes, soit des terrains plus récents. Leur charnière droite, ou légèrement courbée, est extrêmement étroite; elle porte un très grand nombre de fines dentelures comparables à celles de certaines l.€da , celles du côté postérieur surtout se trouvant un peu ployées, exactement comme celles du genre que nous venons de citer. Nous ajouterons que dans ce terrain silurien ne s'est montrée jusqu'ici aucune espèce appartenant au groupe des Cucullées.

Une seule espèce d'Arche est connue dans le terrain dévonien : c’est V Area canim/a de Goldfuss, "petite coquille trouvée dans l’Eifel, et bien différente de l'-^rca cannafa de Sowerby , appartenant au genre Cucullée ; elle est une de ces espèces dont le nom a dû être changé, car avant ce carmatadeGoldfuss il existait déjà un véritable .-irca cormata publié par iIM. Koch et Dunker dans leur ouvrage sur le terrain ooUtique du nord de l’Allemagne.

Le nombre des espèces s'augmente d'une manière très notable dans le terrain carbonifère: nous en comptons douze, sur lesquelles onze sont de l’Irlande et de l’Angleterre. Presque toutes ont été décrites pour la première fois par M. M’Coy; une seule, publiée sous le nom de cmxcellata, Sow. , 'est du Üerbyshire ; une autre est du terrain carbonifère de la Belgique. Nous ferons remarquer un fait intéressant ; plus on étudie les espèces du terrain carbonifère, plus on en découvre la charnière, plus on les voit passer des Arches dans les Cucullées, et il serait possible que toutes les espèces, étant plus complètement connues, allassent d'un genre à l’autre. On aurait alors dans les Cucullées des formes , aussi multipliées que dans les Arches proprement dites, et susceptibles de recevoir les mêmes divisions d après le bâillement destiné au byssus ou l'absence de ce bâillement, etc.

Le terrain permien, encore peu exploré, çi ce n’est en Angleterre, ne renfermeju.squ’ici qu’un petit nombre d’ Arches. Sixespècesy sontmentionnées : trois de l'Allemagne, deux de la Kussie et une d’Angleterre. Parmi ces espèces nous signalerons principalement l’Area Kingiana de Verneuil, qui se trouve en même temps en Kussie et en Angleterre. M. G^inilz, dans son travail sur le zechstein d’Allemagne, a cru retrouver

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l’espèce dont nous venons de parler : mais sa coquille constitue une espèce différente, à laquelle M. d'Orbigny a appliqué le nom û' Area permiana, V Area tumida de Sowerby accompagne le Kingiana'm Russie et en Angleterre.

D’après' les paléontologistes. le trias est encore plus pauvre en Arches que le terrain permien. Nous en comptons quatre seulement, mais nous pouvons appliquer aux espèces de ce terrain l’observation que nous avons faite au sujet de celles du terrain carbonifère. A mesure que l’on parvient à découvrir leur charnière, elles passent des Arches dans les Cucullées. Deux des espèces qui paraissent appartenir aux Arches proprement dites proviennent du muschelkalk infériéur de l’Allemagne; les deux autres sont du muschelkalk supérieur de Saint-Cassian.

M. d'Orbigny ne mentionne aucune espèce dans le lias inférieur; il en existe cependant plusieurs, et cinq notamment dans le grès d’Hetlange. Parmi ces espèces, il en est une qui mérite une attention spéciale; elle offre le premier exemple d’une forme qui est devenue depuis d'une très grande abondance , celle qui est particulière au groupe de VArca Noœ.

Le lias moyen contient plusieurs espèces de Cucullées, peut-être faudra-t-il encore remettre parmi elles la seule espèce que nous conservons parmi les Arches, parce que la charnière n’est point encore suffisamment connue : c’est i'Arca Munsteri, Goldf., très répandu dans tous les lias moyens de la Lorraine, de l’Alsace et de l'Allemagne.

Dans le lias supérieur, M. d’Orbigny donne deux espèces nouvelles auxquelles il joint Velegans de Roemer, qui est une véritable Cuculiée. Nous ignorons complètement si de véritables Arches existent dans cette portion des formations basiques.

Nous réservons dans Toolite inférieure six espèces seulement, et nous devons avouer que nous n’avons d’autres motifs que l’ignorance où nous sommes des caractères de la charnière. Il en est, en effet, des espèces de celte formation comme de celles des terrains précédemment examinés; en les étudiant davantage, en recherchant avec plus de soin leurs caractères, on les voit successivement passer des Arches dans les Cucullées. 11 en sera probablement de même de celles que nous conservons dans rooUle inférieure. Quatre de ces espèces sont d’Allemagne; l’une d’elles, le biloba do Roemer, s’est retrouvée dans Toolite inférieure -de Normandie. Une cinquième est d’Angleterre , elle a été mentionnée pour la première fois par M. Lycelt. La sixième enfin est la plus intéressante de toutes ; elle est des Ardennes, et M. Buvignier l'a découverte dans des perforations qu'elle a creusées dans des masses madrépowques

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du genre Aslrée, d’où le nom (ÏAslreicola que lui a imposé le savant que nous venons de citer.

Ce fait intéressant d'une Arche perforante, constaté par M. Buvignîer, vient d’être observé de nouveau par M. Terquem. Ce savant et patient observateur a fini par dégager entièrement une très jolie espèce d' Arche perforante de la loge où elle était contenue. L’espèce est entièrement nouvelle et provient de l’oolite inférieure des environs de Metz.

Aux espèces précédentes nous pouvons en ajouter deux de plus de la collection de M. Terquem ; l'une de l'oolitc inférieure des environs de Nancy, l'autre des environs de Metz, toutes deux non décrites; mais peut-être font^elles partie de celles qui sont inscrites dans le Prodrome de M. d’Orbigny.

M. d’Orbigny, dans son Prodrome, inscrit neuf espèces nouvelles; mais il est impossible de deviner si elles appartiennent aux Arches ou aux Cucullées.

Très riche en Cucullées, la grande oolite ne renferme peut-être pas une seule espèce d’Arche. Nous en conservons cependant une seule dans celle formation, r.^rca pulchra de Sowerby, dont la charnière ne nous est pas connue, et qui par sa forme semble se rapprocher des Arches proprement dites. Elle se trouve à la fois à AnclilT et à Luc.

Nous n’avons pu constater jusqu’ici aucune espèce véritable d’Arche dans rOxford; les coquilles qui en ont le plus les caractères extérieurs sont des Cucullées par leur charnière. Il faut donc voir cette partie importante de ces coquilles pour juger définitivement de la place qu'elles doivent occuper. M. d'Orbigny introduit par ordre alphabétique quatorze espèces nouvelles, tant dans le terrain oxfordien inférieur que dans le supérieur. Parmi ces espèces, celle qu’il nomma Harpia passe dans le corallien.

Les espèces d'Arches sont nombreuses dans le terrain corallien; elles se mêlent avec les Cucullées, et ici les deux sortes de coquilles sont parfaitement connues et caractérisées par leur charnière. Nous admettons quatorze espèces; parmi elles quelques unes sont encore douteuses parce que leur charnière n’est point connue ; mais en les jugeant d'après leur forme générale, elles se rapprochent plus des Arches que des Cucullées. Nous ferons d’ailleurs à ce sujet une observation sur le peu d’importance de laisser quelques Cucullées parmi les Arches, puisqu’en réalité ces deux sortes de coquilles appartiennent a un même type d’organisation. Néanmoins de nouvelles observations sur les espèces douteuses viendront définitivement fixer leur place dans l’un ou l’autre groupe. Nous retrouvons encore ici deux espèces perforantes décrites

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et fi^rées pour la première fois par M. Buvignier dans sa Géologie de la Meufie,

Il n'est pas plus étrange de rencontrer chez les Arches la propriété de perforer les pierres que chez beaucoup d'autres mollusques acéphalés, et dans ce genre celte propriété s’est nianiftfstée depuis très longtemps et n’est pas une attribution des espèces vivantes, ainsi que l’ont cru quelques conchyliologues, frappés do la decouverte récente, par M. Cuming, d’une grande Arche perforante dans les mers d’Amérique.

Six espèces ont été données par les paléontologistes allemands comme propres au terrain corallien de l’Allemagne : c’est à Nalheim particulièrement que les espèces décrites par Goldfuss ont été recueillies. A ces six espèces deux peuvent s'ajouter, le irmilcata de Munster et le hua de Dunker. La première a été retrouvée à Saint-Mihiel (Meuse), et la deuxième à la Rochelle. VArca œjinila de Phillips paraît propre, jusqu’ici, au terrain corallien de la Grande-Bretagne. M. Zieten a cru la retrouver en Allemagne, mais il a pris pour elle une espèce différente à ^ laquelle M. d'Orbigny a donné le nom û'Arca Jason. Cette espèce se trouve à la fois dans le terrain corallien du Wurtemberg et dans les environs de Châtel-Censoir.

Il n’existe peut-être pas de véritable Arche dans le terrain kimméridien. Six espèces seulement sont citées dans ce terrain, cinq par M. d’Orbigny, nne par M. Buvignijer. Deux dès espèces rapportées par M. d’Orbigny sont certainement des Cucuüées, les trois autres sont nouvelles, et nous ne pouvons préjuger auquel des groupes elles apparlietinenl. Celle de M. Buvignier provenant du terrain kimméridien delà Meuse a une forme qui la rapproche beaucoup du Gaad/ea //îpor//7a de Vieux- Sainl-Remy. Mais la charnière n’est point connue, et c’est provisoirement que nous laissons cette espèce parmi les Arches. Quant au terrain portiandien , aucune espèce d'Arcacée n.a été citée jusqu’ici. Il existerait une lacune qui est due probablement plutôt à l'état actuel de la science qu’à une interruption véritable dans l'existence d’un genre dont la continuité est démontrée depuis le moment de son apparition.

A dater de son introduction dans les terrains crétacés, legenre Arche reprend on nouveau développement qui ne cesse plus jusque dans l’époque actuelle. Une soixantaine d’espèces se répandent dans toute la série crétacée. Il en existe encore un petit nombre de douteuses, mais il est à présumer que toutes étant parfaitement connues, leur nombre s’élèvera à plus de cinijuanle. Ce nombre s’est accru surtout depuis les recherches des paléontologistes allemands sur les formations crétacées de la Westphalieet de la Bohême. MM, Geinitz, Roemer, Reuss, et plus

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récemment M. Allh, ont fait connaître dans des ouvrages précieux pour la sciénce une faune considérable, dans laquelle les Mollusques occupent la place principale. Celle faune deviendra plus complète encore lorsque sera terminé le grand ouvrage entrepris par M. Mütler sur le terrain crétacé supérieur des environs d’Aix-la-Chapelle.

Dans le terrain nêocomien nous trouvons quatre espèces : deux de France, publiées par M. d'Orbigny dans sa Paléontologie; une d’Allemagne, des environs de Brunswich, très bien décrite et non moins bien figurée par M. Koch dans le XIP volume du Fa/eon/ogfmpftica de Meyer. La quatrième est du Caucase; elle a été mentionnée par Dubois de Montpéreux sous le nom de globosa, dans le tome VIll« du Bulletin de la Société géologique de France. On aura probablement plus tard des 'renseignements plus satisfaisants sur cette espèce , la collection Dubois se trouvant actuellement au musée public de Zurich entre les mains de savants disposés à en faire connaître les richesses.

Une seule espèce existe dans le gault, c'est XArca CoUaldina de M. d’Orbigny; elle a été observée à Varennes et à Cluse, en Savoie.

Le grès vert en contient un bien plus grand nombre ; douze espèces sont inscrites dans les ouvrages des naturalistes; mais il en existe au moins treize de plus, parliçulièrement dans les iourt/a delà Belgique. Nous regrettons que dans la description donnée par M. d’Arcliiac des fossiles du touriia, ce savant n’ait pas eu toutes ces espèces à sa disposition pour les faire connaître au monde savant. Une seule a été mentionnée par lui ; mais le mauvais état des échantillons ne lui a môme pas permis d’en donner une Ogure. La localité la plus riche est incontestablement celle du Mans, si bien explorée par M. Guéranger, Cet observateur plein de zèle et de persévérance a communiqué à M. d’Orbigny toutes ses espèces, et elles s’élèvent au nombre de huit. Parmi elles, une seule, Area Taübw^gensis, s’est trouvée en dehors du département de la Sarthe, au port des Barques, à Charras et a Lamalle. L’une des espèces les plus intéressantes est l' Jrcft Mouloniana, trouvée en Franco en plusieurs localités, à Lamalle (-Var), àSouvàge, à TouVoy, et de plus a été découverte dans le terrain à liippurites du PortugaTpar M. Sharpe. Une espèce seulement a été citée par M. Geinilz en Allemagne, sous le nom de Iricarimla, et une seule en Angleterre par M. Fitton : elle vient de la localité célèbre de Blagdown, Area rotundata.

Depuis le grès vert jusqu’à la craie blanche inclusivement, il existe dans le terrain crétacé un- grand ensemble de couches acquérant parlois une puissance considérable, et dans lequel on retrouve partout les mômes espèces assez régulièrement disséminées. Les Arches de celte

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série de couches sont nombreuses, trente-six espèces y sont mentionnées; parmi elles, sept nouvelles sont inscrites dans le Prodrome de M. d’Orbigny. Elles sont peut-être du groupe des Cucullées , mais en les éliminant , il reste encore vingt-neuf espèces d’ Arches véritables dans la craie tuffeau ; T Allemagne et la Bohême en fournissent le plus grand nombre. Dix especes sont décrites dans l’ouvrage de M. Reuss ; quatre autres ont été retrouvées dans la même position , aux environs d’Amberg, par M. Alth. Parqii elles se distingue VArca striatissima de M. Hagenow, qui se trouve presque partout, en Allemagne et en Bohême. Deux autres espèces viennent se joindre encore aux précédentes : elles sont de Waldheim en Westphalie. Une seule espèce a été mentionnée en France, aux environs de Tours, par M. Dujardin ; c’est son .<4rca affinis. Eu Provence, M. Mathéron en a signalé trojs espèces, auxquelles il faudra ajouter sept espèces nouvelles inscrites dans le Prodrome de M. d’Orbigny, pour avoir le nombre total des espèces propres au sol français. Une seule espèce est mentionnée en Angleterre ; elle est de Hamsey, elle est figurée depuis longtemps dans le Min. conch. , sous le nom de siihacuta. Les craies de Tlnde ne sont pas ellesmêmes dépourvues d' Arches ; M. Forbes en a fait connaître une des environs de Pondichéry. D’après M. d'Orbigny, il en existerait dans ce môme pays trois autres espèces , que ce naturaliste a fait figurer dans le Voyage de l'Astrolabe. On retrouve également les Arches dans les craies d'Amérique, elle.s sont au nombre de quatre seulement ; deux de l’Amérique septentrionale sont décrites par Morton et Conrad. Les deux autres sont de l’Amérique méridionale. C’est au savant M. de Buch qu’on en doit la descriptiop et la figure dans son ouvrage sur les fossiles rapportés par M. do llumboldt.

Nous forons une remarque générale au sujet des espèces que nous venons de mentionner : nous ne les voyons pas passer d’une localité dans une autre; plusieurs remontent bien des couches inférieures dans les supérieures du même bassin, mais elles paraissent ne pas s’étendre sur une grande surface horizontale. Le temps et l'observation apporteront probablement des changements notables dans cet état de choses. Si les ouvrages de paléontologie étaient exécutés sur un meilleur plan, ils ne laisseraient pas régner tant d’incertitudes sur des questions d’-un grand Intérêt. Nous l’avons déjà dit, dans la plupart d’entre eux manquent les descriptions faites d’après les règles de la zoologie, et des figures médiocres ne peuvent suppléer aux descriptions absentes. Aussi ne pouvant les reconnaître, ils donnent successivement des noms nouveaux aux mômes espèces et retombent dans ce même défaut de les fi-

LES AKCACEËS.

gurer d'une manière insuflisanle. Qu’arrive-t-il lorsque l’on rapproche les ouvrages publiés sur une même matière? On reconnaît bien des analogies entre un certain nombre d’espèces , mais on reste indécis sur le degré d’identité, A ces mêmes espèces on aperçoit des ressemblances et des différences, mais sont-elles individuelles ou spécifiques? c’est ce que l’on ne saurait dire. Pour décider cette question préalable, la plus importante de toutes, ces ouvrages sont insuffisants; il faudrait donc, avant toute chose, avoir recours aux collections et aller les visiter pour reconnaître d'une manière exacte la valeur des espèces. Alors à quoi bon les ouvrages imparfaits auxquels nous faisons .allusion s’il faut d’abord visiter les matériaux en nature qu’ils sont destinés à remplacer? A dater du jour où tous les matériaux douteux de la paléontologie seront rassemblés dans une même collection et soumis à une investigation approfondie, la science obtiendra des résultats positifs qui remplaceront avec un immense avantage les tâtonnements auxquels on la force de se livrer aujourd’hui , et c’est alors seulement que l’on saura décidément si les espèces de la partie de la craie dont nous parlons , sont ou non confinées dans d’étroites localités.

La cr^ie supérieure renferme plusieurs espèces d’ Arches : M. d'Orbigny en cite trois dans les calcaires pisolitiques du bassin de Paris ; nous en connaissons une quatrième de la Norwége.

A mesure que nous avons remonté dans la série des terrains, nous avons vu s’accroître considérablement le nombre des espèces d’Arches ; soixanle-denx depuis les terrains paléozoïques jusqu’à la craie, et soixante-trois dans la formation crétacée. Nous verrons bientôt que dans les Cucullées la progression est inverse. Beaucoup plus abondantes que les Arches dans les terrains inférieurs, elles deviennent plus rares dans les terrains crétacés pour disparaître entièrement dans les terrains tertiaires. Dans ces derniers terrains, au contraire. les Arches sont d'une extrême abondance, nous en avons compté autrefois vingt-trois dans le bassin de Paris ; aujourd’hui nous en connaissons trente-six , et ce nombre est bien plus considérable lorsque l’on prend dans leur ensemble les terrains contemporains au bassin do Paris. Sept espèces appartien nent aux sables inférieurs , six sont du bassin de Paris , la septième est d’Angleterre. Dans les terrains nummulitiques des .environs de Nice, M. Bellardi fait connaître six espèces , et il en laisse deux d’indéterminées. A Castel-Gomberto, M. Brongniart en a fait connaître une espèce, sous le nom d'Arca Pandorœ ; ainsi que les précédentes, elle appartient au terrain nummulitique. M. d’Archiac a rapporté, dans son Ilisloii’e des progrès de la géologie , toutes les espèces du terrain nummulitique ,

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et il en mentionne, six de divers points de l’Inde et de l’Asie où ces terrains ont été visités par les géologues. Aux quinze espèces précédentes , appartenant au terrain nunimulitique, il faut en ajouter quatre d’indéterminées : l’une de Pau, l’autre de Eiaritz, la troisième du Cressenberg, et la quatrième de Zafranboli. 11 y aurait donc actuellement vingt-six espèces dans la partie inférieure du terrain parisien. Ces mêmes terrains, dans l’Amérique septentrionale, en contiendraient encore cinq autres espèces , parmi lesquelles nous trouvons un Area lima de M. Conrad , qui a la plus grande analogie avec Udrea rudis du bassin de Paris. Il en est de même de son Area prolracla, qui rappelle beaucoup, par l’ensemble de ses caractères, l’^rca amjusta de Lamarck. Parmi les espèces rapportées par M. d’Archiac, dans son Tableau des espèces nummuliliques, il en est une seule, l'Area gramitosa, qui existe à la fois à Nice et dans le bassin de Paris. M. d’Archiac cite également i’Arca barbatula. D'après l'auteur, cette, coquille se trouverait non seulement à Biarilz et en Asie , ainsi que dans le bassin de Paris , de Londres et de Belgique; mais elle remonterait dans les terrains tertiaires moyens, ainsi que dans les supérieurs. Pour nous, qui avons vu un grand ensemble de fossiles tertiaires appartenant aux trois groupes principaux, nous n’avons jamais vu l'Area barbatula franchir Æs limites des couches tertiaires inférieures. Elle est , en effet , à Londres et en Belgique, à Biaritz et d’autres lieux où se développe le terrain nummulilique ; mais elle est remplacée , en Touraine et à Bordeaux , par une espèce plus grande, plus épaisse , et que nous considérons comme une variété de l'Area barhata de Linné. Vingt-huit espèces se rencontrent avec plus ou moins d'abondance dans le bassin de Paris , dans celui de Londres , et en plus petit nombre dans celui de la Belgique ; elles sont du calcaire grossier, ou répandues dans les sables marins moyens. Nous avons déjà parlé du 6ar&a/u/a , et à toutes les localités que nous avons déjà citées, nous pouvons ajouter celle de Hauteville, près Valognes. Quelques autres espèces méritent également d'être mentionnées. C’est ainsi que les Area cucullaris et quadriîatera se retrouvent en même temps à Paris , à llaiiteville et en Belgique. L'Area bianguht , du bassin do Paris a, dans le bassin de Londres , une variété connue des paléontologistes anglais sous le nom d'Arca Branderi do Soworby. L’Arca planicnsta se trouve également dans les deux bassins, à Barton et dans les sables moyens de Valmondois et d'Auvert. Cinq autres espèces sont propres au bassin de Londres, et n’ont pas encore été mentionnées dans celui de Paris. Un certain nombre des espèces du calcaire grossier, et même quelques unes des sables inférieurs, remon-

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tent dans les sables moyens, et nous pouvons donner pour exemple V Area moàioUformis, abondante'dans les sables inférieurs deCompiègne, plus rare dans le calcaire grossier, mais fort commune dans les sables moyens. Les sables moyens contiennent plusieurs espèces qui leur sont propres. Nous citerons, par exemple, VArca mageîlanoides et IMrca Lyelli. Enfin, nous appellerons rattention des naturalistes sur une espèce que nous avons fait connaître sous le nom de .Imi rudiSj dans le bassin de Paris, elle apparaît dans le calcaire grossier où elle est très rare, devient très commune dans les sables moyens, et elle est la seule qui, franchissant les limites du bassin de Paris , so répand avec abondance dans le terrain tertiaire moyen de la Tourain&et des environs d’Angers. Ce qui est curieux dans celte transmigration, c’est l’absence de l’espèce dans les terrains intermédiaires, connus sous le nom desables supérieurs ou do Fontainebleau; et un aulre fait non moins remarquable, relatif à celle partie des dépôts tertiaires , c’est que jusqu’ici aucune espèce d'Arche n’y est mentionnée. Ainsi, des cinquanteneuf espèces aujourd'hui connues dans l’ensemble des terrains tertiaires inférieurs , une seule, \' Area rndis , sert de lien entre ce terrain et le Terrain moyen.

Le nombre des espèces d'Arches du terrain moyen est égal à celui du terrain tertiaire inférieur. Elles se partagent en deux séries très inégales. Dans la première, se rangent toutes les espèces actuellement éteintes; dans la deuxième, le petit nombre de colles dont les analogues subsistent encore. Pour suivre Tordre chronologique des terrains, nous mentionnerons d'abord les espèces du crag, au nombre de quatre. Parmi elles, deux sont encore actuellement vivantes, c’est i'.'îrca Nom, que nous retrouverons en abondance dans les terrains tertiaires supérieurs ; Tautre est VArca raridmtata, vivante encore dans les mers de la Suède et de l’Angleterre, et signalée, par M. W'ood, à l'état fossile dans le crag d’Angleterre. Des deux autres espèces, Tune, h juisilla deNyst, so trouve à Anvers; et Tautre , le pectuncuîoides , serait aussi en Angleterre, et de plus à Turin et dans les terrains tertiaires supérieurs de la Sicile. Les autres espèces, uniquement fossiles du tertiaire moyen, so divisent en deux groupes : les unes sont propres à quelques localités; les autres, au contraire, se montrent presque partout. Il y en a deux en Wolhynie, une à Dax, une à Turin, une en Portugal, et, enfin, une a Boom, en Belgique; cette dernière est le mullislriata ^ mentionnée dans notre liste des doubles emplois. Les autres espèces méritent, de notre part, une attention plus spéciale. L'Arca Breishiki existe à Bordeaux, à Dax, en Touraine. Tl en est de même de l’yirca

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subscapiUina de M. d’Orbigny. U Ârca cardiiformis esl commune entre îes bassins do Bordeaux et de Vienne. VÂrca snlcîcosia , Nyst , est citée à Boom et au Bolderberg. U Area Schi'tbleri de Zieten a été trouvé à Ulm et à Grimmelfingen. Nous avons vu combien il existait de confusion dans la synonymie de r.lmi diluvii de Lamarck, avec laquelle trois autres espèces sont presque toujours confondues dans les collections. Parmi elles, se trouve déjà X'Àrca luronka^ dont l’analogue vivant n’existe plus. C'est l’une des espèces les plus communes des faluns de la Touraine, et que l’on retrouve avec non moins d’abondance à Vienne, à Turin, aux environs de Valence, à Tortone, et dans toutes les molasses de la Suisse.

Une autre espèce en a été détachée par M. Eichwald, sous le nom de cucnllœ[ormis. Presque aussi commune que la précédente, elle est en Wolhynie, à Vienne et en Touraine. Enfin, une troisième espèce, autrefois figurée par Fichtel , dans son ouvrage sur le Siebenbiirg, a été de nouveau mentionnée sous le nom d’/lrca diluvii ^ par MM. Richter et Hauër ; elle est pour nous le type d’une espèce nouvelle, à laquelle nous appliquons le nom d'Jrca Fichteli. Enfin, V Area clalhrata deDefrance, nommée plus tard sgiiamosa par Lamarck, a la plus grande ressemblance avec une e.'îpéce actuellement vivante , nommée divaricuta par M. Reeve. A Pétai fossile, elle se rencontre abondamment en Touraine, à Bordeaux, à Dax , à Angers; il est à présumer qu’elle existe aussi dans d'autres bassins du tertiaire moyen. Dans cette catégorie des especes perdues, se rangent toutes celles qui sont aujourd’hui connues dans les terrains tertiaires de l’Amérique septentrionale.

Si nous nous en rapportons aveuglément aux naturalistes qui ont parlé des fossiles de l’Amérique septentrionale, ce pays en contiendrait une quantité vraiment considérable. Nous en comptons vingt-deux espèces, sur lesquelles deux seulement nous paraissent douteuses ; elles sont citées par M. Bronn, dans son Index paleontologicus ; il les a prises à un ouvrage fort peu connu de M. Wagner, et dont lui-même ne peut citer le titre. L’Amérique méridionale en possède deux espèces seulomenl, rapportées l’une et Pautre par M. d’Orbigny, Pune de Patagonie, et Pautre du Chili. Il en existe deux aussi dans les terrains tertiaires moyens de la Guadeloupe; elles ont été décrites par M. Sowerby, dans le Journal trimestriel de la Sociélé géologique de Londres. Trois espèces rattachent entre eux le terrain tertiaire moyen et le terrain tertiaire supérieur. L\l?*ca pectinata, commune à Asti et dans les sables jaunes des collines subapennines, est mentionnée à Bordeaux par M. Grateloup. Quoique nous ayons vu un très grand nombre de

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fossiles de cette localité, nous n'y avons jamais observé l’espèce en question; mais il serait possible qu’il en fut autrement pour M. Grateloup. Ce savant naturaliste, ayant fait des recherches pendant un grand nombre d’années dans le bassin de Bordeaux, a pu y rencontrer quelques rares exemplaires inconnus à d’autres observateurs.

Nous pourrions faire les mêmes observations au sujet de VÀrca mi/iiloides de Brocchi. M. Grateloup est le seul à la citer dans le bassin de Bordeaux. Enfin , la troisième espèce est VArca a [finis de M. Gêné, à laquelle M. d'Orbigny a été obligé de donner un autre nom, parce qu’il existait déjà un Area affinis de M. Dujardin. D'après le savant dont nous venons de parler et dont l’opinion est admise par M. Sismonda , cette coquille se trouverait à la fois dans le terrain moyen de Turin et dans le terrain supérieur d’Asti.

Nous avons déjà mentionné dans le crag deux espèces dont les analogues subsistent dans les mors actuelles. Une seule de ces espèces passe dans les terrains tertiaires supérieurs , c'est l’Area jYooî. On a cru pendant longtemps à son existence dans le terrain tertiaire moyen ; mais en examinant avec une nouvelle attention la coquille fossile prise pour l’Area Noœ , on lui trouve des caractères distinctifs constants ; elle se rapproche beaucoup plus du /É?/raf/oiîa,de Lamarck, ou du navicuiaris de Bruguière. On pourrait même la considérer comme une simple variété de l’espèce vivante. Cette coquille a des variétés nombreuses , dont l'une se rapproche considérablement de TA rca hijantnla du bassin de Paris , et il ne faudrait qu'une bien faible variété de plus pour forcer les conchyliologues à admettre la continuité d'une môme espèce, depuis les sables moyens du bassin de Paris jusque dans les couches supérieures du terrain tertiaire supérieur. Cependant, quelque faibles qu'elles soient, ces différences se maintiennent entre les coquilles que nous venons de mentionner, et jusqu’ici on doit , à cause de cela , les considérer comme des espèces distinctes. On a cité, dans le terrain tertiaire moyen , VArca lactea de Linné ; M. Wood la constate dans le crag d’Angleterre. Incertain d’abord sur son identité, il lui avait imposé le nom d’Arca lactanea^ dans la liste des espèces qu'il publia en 1 840, dans \gs Annales d' histoire naturelle de Londres. M. Dujardin la mentionne aussi dans les faluns de la Touraine; en comparant les individus fossiles aux vivants, nous n'y apercevons aucune différence suffisante pour rejeter l'opinion du savant que nous venons de citer. Il faut se décider daps une pareille question après l’examen d'un grand nombre d’individus vivants et fossiles ; et , comme il arrive très souvent , et môme presque toujours, que les individus du crag et de la Touraine sont

VINGT-HUITIÈME FAMILLE

roulés, il ne faut pas négliger de leur comparer des individus vivants dans le même état : c’est le moyen de se convaincre, en effet, si leur analogie est fondée sur une ressemblance suffisante dans tous les caractères.

Nous avons déjà parlé de V Area diluvii , et des trois espèces qu’il a été nécessaire d’en détacher. Ces trois espèces, nous les avons mentionnées parmi celles dont les analogues sont perdus. Pour rendre plus facile leur distinction , nous devons en indiquer les caractères principaux ; les conchyliologues sont à même de s'assurer si notre distinction est suffisamment fondée. C'est principalement dans les caraclères de l’arca cardinale que nous avons trouvé moyen de séparer les espèces en question. Dans V Area diluvii , celle area porte un petit nombre de sillons écartés, quelquefois un peu onduleux dans le milieu, et le premier, du côté postérieur, vient aboutir au-dessous du crochet , sans se continuer avec un sillon antérieur correspondant. De plus, une surface assez large, dépourvue de sillons, se remarque du côté antérieur, entre l’angle qui forme la première côte et le premier sillon de Farea. Quelles que soient les variations que l’on observe dans la forme de Pespèce , ces caractères sont d’une constance tellement absolue que nous les avons retrouvés dans un très grand nombre d'individus, soit vivants, soit fossiles, de toutes les localités. Dans VArca luronica, la surface de l’area est plus courte et plus triangulaire, et elle est circonscrite, en avant et eu arrière, par un sillon profond , très rapproché de l'angle produit par la saillie de la première côte. Cette surface est tantôt lisse, tantôt sillonnée dans sa longueur, mais de sillons très irréguliers , interrompus et toujours très profonds. Dans VArca Fichteli , l'area fort allongée est couverte également en avant et en arrière par un grand nombre de fins sillous, serrés, rapprochés, réguliers, formant un angle très ouvert, dont le sommet est adouci en une courbe très surbaissée. Enfin, L'Arca cucuUœformis de M. Eichwaîd présente une area lancéolée, qui va constamment en s’élargissant d’arrière en avant. Les crochets sont très antérieurs et fort obliques,. et sur cette area se montrent deux ou trois sillons parallèles du côté postérieur et presque toujours un seul du côté antérieur, sur lequel viennent aboutir les sillons de l’autre côté. Une fois que l'on a distingué toutes ces* coquilles à l’aide des caractères que nous venons de signaler, on en reconnaît ensuite dans chacune d’elles d'autres propres à la forme générale , aux dentelures de la charnière, à la grandeur relative des vulves, qui, S’ajoutant aux premiers, servent à les confirmer.

Nous retrouverons , un peu plus tard , VArca diluvii dans le terrain

LES. AUCACEES.

tertiaire supérieur^ et alors nous compléterons son histoire : nous indiquerons toutes les localités où elle a été remarquée. VArca barbaUi est enfin la dernière espèce que nous ayons à mentionner dans le terrain tertiaire moyen. L’analogie des individus de Dax et de la Touraine avec les types vivants est incontestable ; nous avons suivi, pour nous en assurer, le moyen que nous avions employé pour l’ytrca lactea , eh comparant aux individus fossiles des valves décolorées et d’autres provenant de terrains récents, dépendant de la période quaternaire, et pour lesquels l’identité avec l'espèce vivante ne pouvait pas être contestée. M. d’Orbigny n’a point admis l'analogie entre VArca Helbingii et l'espèce fossile à laquelle le nom est appliqué par Brocchi et par tous les autres naturalistes de l’Halie; il en a fait r.h'ca subhelbingii. Elle a été également mentionnée dans les faluns de la Touraine et aux environs de Dax; et, en effet, pour les coquilles de ces localités, il existe quelques différences, que malheureusement nous n’avons pu observer sur un assez grand nombre d’individus. Nous retrouverons celle espèce dans le terrain tertiaircsupérieur ; mais nous remarquerons, en passant, combien est défectueuse cette méthode de M. d'Orbigny, d’appliquer celle malencontreuse préposition .suè, à des noms de personnes, de localités, et môme de terrains. Ces sortes de choses ne sont pas susceptibles de plus ou de moins; elles sont elles-mêmes avec leur propre nom , elles ne sont plus dès que leur nom est mutilé d’une manière quelconque. Nous avons remarqué un Area subliashia de M. d’Orhigny, provenant des couches moyennes du lias, tandis que le mol ne pourrait s’appliquer qu’à une espèce située au-dessous du lias. Si l’on suivait avec un peu de rigueur les préceptes de Linné , mis un peu trop en oubli par le naturaliste dont nous parlons , on devrait impitoyablement retrancher tous ces noms vicieux et leur en substituer d’autres , conformes aux règles de la nomenclature. Avant de quitter le terrain tertiaire moyen . nous ne devons pas oublier de mentionner une espèce dont parle M. Graleloup, et que nous- môme avons inscrite autrefois dans le Tableau des espèces lertkiires , qui ont leurs analogues dans la nature actuelle. Tous les concbyliologues connaissent V Area semitorta de Lamarck, coquille singulière qui vil à la Nouvelle-Hollande. M. Grateloup annoncel'avoir trouvée à Tëtat fossile dans le bassin de rx\dour; mais n’ayant jamais vu d’individus fossiles de cette espèce, nous sommes obligé de laisser à M. Graleloup la responsabilité du fait annoncé.

Les terrains tertiaires siqiérieurs sont beaucoup moins riches en espèces du genre Arche que les deux précédents, et cela s'explique non seulement par l'époque plus récente des dépôts, mais aussi par leur loca-

ViNGT-HUlTIEMK FAMILLE.

lisation. Il est certain qae les couches de terrain tertiaire supérieur', étant déposées particulièrement sur le pourtour du bassin méditerranéen, ne peuvent contenir qu’une faune très limitée et particulière à une faible étendue relative. Pour l'augmenter, cette faune, il faudrait emrelrouver des lambeaux épars sur tous les contours des continents, et c'est alors seulement qu'on pourrait se faire une juste idée de sa richesse. Dans les deux époques tertiaires précédentes, àu contraire, on observe des dépôts d'une vaste étendue, couvrant une grande partie de la surface des continents; elles donnent une idée de la grandeur des mers où elles ont laissé de puissants témoins de leur durée , aussi les dépôts qui les représentent recèlent une faune dont la richesse est en rapport avec leur étendue môme. Quatre espèces des terrains moyens remontent dans les terrains supérieurs; ce sont les Area diluvUi bai’bala, lactea et Noœ. A ces quatre espèces s’en joignent treize autres, tant de l’Europe que de l'Amérique, Ces espèces se partagent elles-mêmes en deux séries inégales, colles actuellement perdues, et celles plus noni’ breuses dont les analogues subsistent. Six espèces des terrains supérieurs n’ont plus leur représentant dans les mers actuelles; deux sont de Sicile, ce sont les Area aspera et obliqua, de Philippi ; elles proviennent des terrains plus récents des environs de Palerme. La troisième est notre Jrca minuta de Morée, laquelle ne manque pas d’analogie par sa forme générale avec les petits individus de r.4rca lactea de Linné. Nous ne parlons pas de VArca didxjma de Brocchi , reconnue depuis longtemps pour le très jeune âge de VArca dÜuvU; elle doit par conséquent disparaître des catalogues. VArca mytiloides est une grande et belle coquille toute lisse dans laquelle les valves inégales ont une tendance à se tordre légèrement et a former ainsi un premier degré vers l'Arche vivante nommée smiiorta par Lamarck, Nous- avons vu que M. Grateloup prétendait l’avoir retrouvée aux environs de Bordeaux, ainsi que lopectinata, espèce également perdue.

L'.^ï’ca Noœ, pl. 35, f. 10-12.

y4. testa oblonga^ 'valdc inœquilatcra ^ radiato^snlcata ; cxtreinitate poscicn marginata; apicibus remotis, incurtis ; area cardinaïi sidds numcj'O variis instructn,

Linné, Syst^ ual. ed. la.p. 1140.

Brocchi, Candi, foss. t. 2. p. 47^.

Lamarck, An. s. vert. l. G. p, 3;.

Sowerby, Ceii. ofshells. 11° i.

Broun, liai terl. geb. p. 106.

LES ARCACEES.

Philippi, Moll. Sicil. p. 56. n® i.

Giov. Miclielotli, Terl. mioc. liai. sept. p. 102.

Wood, Mag. nat. hist. 1840. pl. i3. f. 2.

Morris, Cal. of Bril. foss. p. 78.

Bronn, Ind. pal. t. i. p. 96.

Area pseudo'Noœ, d’Orb, Prodr. pal. t. 3. p. i85.

C’est une assez grande coquille, très répandue dans l'Océan d’Europe, et particulièrement dans la Méditerranée; elle est fossile dans le crag d’Angleterre, en Italie, en Sicile, en Algérie, dans les terrains quaternaires. Nous ne donnons pas dans toute son étendue la synonymie de cette espèce J elle a d'ailleurs besoin de rectification, car il y a peu d’années encore, on confondait sous le môme nom trois ou quatre espèces, des Antilles, de l’Amérique et même de la Nouvelle-Hollande.

Nous avons vu l’^drca dî7untï se répandre en abondance dans le terrain tertiaire moyen ; elle est plus abondante encore dans le terrain tertiaire supérieur, et il n’y a guère de localités où Ton ne soit sûr de la rencontrer. Nous la connaissons de la Morée, du Plaisantin, de Sienne, delà Sicile, de Perpignan , de l’Algérie et de plusieurs îles do la Méditerranée. M. Nyst l'a retrouvée à Anvers, et nous possédons dans notre collection des individus do Turin , de Bordeaux , de Dax , de la Touraine , de Vienne, de Tortone, de la molasse de la Suisse, et nous ne mettons pas en doute sa présence dans tous les autres lieux où existe le terrain tertiaire moyen.

L’;4)’ca harhata, pl. 3b, f. 18, 19.

A. testa ùblonga , compressa^ subsinuatay utrinque rotundata , decus* satim striata ; apicibns approxlmatis^ striis longituduiaJibus, grannîosis.

Linné, Syst. nat. ed. 12. p. 1140.

Lamarclc, An. .s. vert. t. 6. p, 39.

Brocchi, Couch. foss. t. 2. p. 476.

Giov. Michelotli, Terr. mioc. liai, seplenir. p. io3.

Bronn, Ind, pal. t. i. p. 92 {excl, plerisqtie syn.),

Graleloup, Cat. zool. p. 601. n® 8.

Sismonda, Syn. ped. foss. p. i6.

D'Orbigny, Prod. de pal. l. 3. p. 184.

Elle occupe une surface moins étendue que la précédente; nous la connaissons dTtalie» de Sicile et de l’Sle de Rhodes. Elle est aussi dans les terrains quaternaires de l’Algérie. Pour les espèces de l’Europe, nous terminerons par :

VKNGT-IIÜITIEME FAMILLE.

VArca Helbingii, pl. 36, f. 10, 11.

yi. testa ovfita^ in medio depressa^ subsinuata, decnssathn striata ^ niargine hiante.

Bruguière, Ency. niélh. vers, t. i, p. 99. n° 5

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