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4° Crétacée. . . .
5° Tertiaire. . . .
6® Vivantes. . . .
En rapprochant les nombres des deux groupes , on leur voit une distribution bien différente; le nombre des Arches s’augmentant sans cesse jusque dans la nature actuelle; tandis que les Cucullées ont leur maximum dans les terrains jurassiques , diminuent sensiblement dans les terrains crétacés, disparaissent entièrement de deux périodes tertiaires, et se reproduisent sous une seule forme dans la nature actuelle. Ces faits se rapprochent beaucoup de ceux que nous ont offert les Trigonies, avec cette seule différence qu’aucune espèce de ce genre n’apparaît dans les terrains tertiaires.
Ici se termine la série des Mollusques acéphalés dimyaires réguliers, ayant le manteau complètement ouvert. Cette série est parallèle à la première dont nous avons traité dans cet ouvrage et dans laquelle sont réunis" tous les Alollusques acéphalés réguliers , chez lesquels le manteau a les lobes plus ou moins réunis et terminés en arrière par deux siphons ou par deux ouvertures qui les représentent. A la fin de ce premier ordre des Mollusques siphonés , nous avons placé un second ordre dans lequel se rassemblent ceux de ces animaux qui , en conservant la même structure, sont cependant irréguliers, ayant l’habitude de fixer leur coquille immédiatement aux corps sous-jacents, et de prendre ainsi toute l’irrégularité du lieu de leur habitation. Les acéphalés à manteau ouvert, se terminent également par un groupe de Mollusques irréguliers, dans lequel se rangent, dans deux familles très distinctes, les Ælhéries et les Rudistes. Voici de quelle manière s'établit le parallélisme entre les quatre groupes dont nous venons de parler.
LES ARCACÉES.
A. Manteau ferme', termine' M" Animaux syméti iqiies ( 21 familles, TuLicolés
en arrière par des siphons < et re'guliers . . . . à Cardincés.
ou des perforations. , . . Animaux irréguliers . j 1 famille, Camacées •
Animaux symétriques f 7 familles, CrassaleU
B. Manteau ouvert, sans si'j et réguliers ( lides ù Aréacées.
phons, San, perforations. i„eguliers . [ ®
Dans la classiûcalion que nous avons publiée, en 1830, dans VEiicy^ cîopédie méthodique, nousavons aperçu, pour la première fois, la possibilité d’établir dans le grand embranchement des Mollusques acéplialés dimyaires , des divisions primordiales parallèles entre elles et en quelque sorte symétriques, fondées sur les modifications du manteau. Cet organe cutané, chargé de la sécrétion de la coquille, y laisse l’empreinte des caractères fondamentaux au moyen desquels l'ordre méthodique a été établi. Si le manteau est régulier et symétrique , la coquille présente également ces caractères. S’il se termine en arrière par des siplions plus ou moins allongés , on trouve à l’intérieur du test l’impression du muscle rétracteur de ces organes ; avec l’irrégularité du manteau survient celle de la coquille, et cette irrégularité entraîne toujours l'adhérence immédiate du test aux corps étrangers. Lorsque les lobes du manteau sont entièrement ouverts, ils ne se prolongent plus en arrière par des siphons, et ils sont également dépourvus de perforations; aussi le muscle rétractour des siphons , devenu inutile, disparaît complètement, et le manteau laisse sur la coquille une impression simple en arrière. Dans chacun des grands embranchements dont nous venons de rappeler les traits principaox , on rencontre un certain nombre de Mollusques irréguliers. Les Mollusques dans lesquels les lobes du manteau sont plus ou moins réunis en arrière, se terminent par la famille des Gamacés. Ceux dont le manteau est entièrement ouvert sont terminés par deux familles : les Æthéries , les Rudistes.
Ces deux familles, dans l’embranchement dont il est question, forment une division parallèle à celle des Camacés.
Âu temps de Lamarck, les animaux Mollusques acéphalés, peu étudiés et peu connus, offraient des moyens fort incertains de classification; aussi Lamarck rejeta les Cames et les Ëthéries dans un môme groupe à la fin de tous les Mollusques dimyaires. Aujourd’hui cet arrangement he peut plus subsister depuis la publication de l’excellent mémoire de MM. Rang et Cailliaud, dans lequel ils ont fait connaître l’organisation des Æthéries, et ont démontré son analogie avec celle des Mulettes et des Anodontes,
Quant aux Rudistes , ils appartiennent à un type entièrement perdu
Mollusques 1 acéphales ^ dimyaires. j
VINGT-NEUVIEME FAMILLE
à la surface de la terre, à moins que le genre Chamostrea n’en soit un dernier représentant, ainsi que nous en avons déjà manifesté le soupçon, lorsque nous avons traité de ce genre. Nous verrons , en présentant les caractères des Rudistes , sur quels motifs nous nous fondons pour supposer que, dans les animaux de ce groupe , les lobes du manteau étaient complètement désunis dans toute leur circonférence. Ce double caractère de l'irrégularité de la coquille, de son adhérence aux corps étrangers, et de la séparation totale des lobes du manteau, nous engage à réunir dans un même sous-ordre, deux familles qui, à les considérer dans leurs autres caractères , ne semblent avoir entre elles aucune analogie, La plupart des auteurs méthodistes ont même fait des Rudistes seuls un ordre particulier, rattaché soit aux Ostracés, soit aux Rrachiopodes.
Nos observations sur les Rudistes, publiées depuis 1 82o, confirmées depuis par un grand nombre de faits dont la science s’est enrichie , ont prouvé surabondamment que ces Mollusques ne sont ni dos Ostracés, ni des Brachiopodes ; ils ont deux muscles; ils sont donc de la classe des dimyaires; ils ont une puissante charnière, ils ne sont donc pas des Brachiopodes ; ils sont adhérents et irréguliers, ils se rapprochent donc des Æthéries. Bour séparer les Rudistes, il faudrait peut-être une division plus importante que celle de la famille, étant eux-mêmes susceptibles d’être partagés en deux groupes principaux; mais le titre des divisions artificielles de la méthode a peu d’importance lorsque l’on est parvenu à établir les rapports naturels des groupes entre eux.
VINGT-NEUVIÈME FAMIi.LE.
lies ÆUtéries, Desh.
CARACTÈRES DE LA FAMILLE. • — Animal iri’cgulier, ovalaire , ayant les lobes du manteau désunis dans tout leur contour; en arrière une bride palléale sépare un canal anal. Pied grand , linguiforme; quatre feuillets branchiaux inégaux.
Coquille irrégulière, adhérente, inéquivalve, épidermée en dehors , nacrée en dedans , foliacée et boursouflée. Charnière simple, sans dents; ligament externe, pénétrant à l’intérieur
LES ÆTHERIES.
de la coquille. Deux impressions musculaires inégales, distantes; impression palléale courte et simple.
GENRE. — Æthevia.
Fondée par nous, en \ 830, dans Encycloi^èdie méthodique, la famille des Ætheries a été adoptée par la plupart des conchylioiogues. M. Swainson a changé son nom en celui d'Etheridæ, auquel M. Gray, plus récemment, a substitué celui d'Eiheriadæ, préférable au premier.
Le beau travail de MM. Rang et Cailliaud , en faisant connaître l’animal des Ælhéries, a rendu plus indispensable que jamais l’adoption de la famille des Ælhéries ; elle est différente , en effet, do toutes celles qui sont actuellement connues, et dans la série générale de la méthode , elle doit occuper une place différente, ainsi que l’ont prouvé les auteurs du mémoire dont nous venons de parler, à la suite d’une discussion approfondie de ses divers caractères.
La famille ne renfermant qu’un seul genre, tout ce que nous en pourrions dire ici devra naturellement se retrouver dans les généralités sur le genre lui-mème. En conséquence, nous engagerons le lecteur à prendre connaissance de tout ce qui est relatif au genre pour apprécier plus facilement les rapports dans lesquels nous proposons de mettre actuellement la famille dont nous nous occupons.
Voici un animal irrégulier, à coquille adhérente, ayant les lobes du manteau désunis et présentant cependant, comme dans les Nayades, un canal anal distinct. Si la coquille était libre et régulière , les caractères que nous venons de rappeler conviendraient parfaitement à une Mulette ou à une Anodonle. Il est évident par là que les Ælhéries ne peuvent s’éloigner beaucoup de la famille des Nayades. Aussi, dans notre manière d’envisager les rapports dos familles et des genres dans une méthode à embranchements latéraux, nous plaçons la famille des Ælhéries à l’extrémité d’une ligne partant de la famille des Nayades , rt s’avançant un peu en avant des Arcacées , pour se rencontrer avec les Rudistes, formant eux-mêmes un type isolé dans ses caractères.
Férussac avait proposé, sous le nom de Mulkria, dans les Mémoires de la Société d'histoire nalurelte de Paris , un genre en apparence très voisin des Ælhéries, mais qui, d’après les caractères assignés par l’auteur, en aurait été extrêmement différent; en effet il aurait eu une charnière crénelée et une seule impression mnsculaire latérale ; l'examen , que nous avons fait du type du genre, nous l’a fait rejeter depuis longtemps. La coquille en question n’est autre chose qu'une jeune Æthérie,
VINGT-NEUVIÈME FAMILLE
dont ia charnière a été accidenlellement altérée , et dans laquelle les impressions musculaires sont peu apparentes, surtout la postérieure , qui a complètement échappé à l’altention de Férussac. Ce genre, rapporté par quelques personnes à la famille des Æthéries , ne devrait pas s’y trouver. Ou Férussac l'a bien caractérisé, et alors il appartient à la classe des monomyaires , ou Férussac l’a incomplètement caractérisé et alors il dépend des Æthéries et ne peut s’en distinguer.