‹ Traité élémentaire de conchyliologieChapitre 40 sur 54 · Iriasiana, Roemer · texte numérisé non relu

Iriasiana, Roemer

triasiana (i), d'Orb. i85o.

Pawopea TaiASiNA, Desb.

Les Cucuilées ne sont pas entièrement absentes des terrains siluriens, dans lesquels il existe, comme nous l’avons vu, un assez grand nombre d’Ârches. Deux espèces seulement y sont citées, ce sont les Cucuilœa anliqua et Cawdori, Sowerby. Celte dernière, propre au terrain silurien supérieur, serait au nombre des espèces qui passent dans le terrain dévonien.

Le terrain dévonien en contient un bien plus grand nombre; nous en comptons treize, sans y comprendre celles qui remontent des terrains siluriens. Huit espèces sont d’Angleterre et d'Irlande; quatre de l'Allemagne, et une seulement de la Russie. Aucune jusqu'ici ne paraît transmigrer d’un pays dans un autre; mais peut-être ce fait est-il dû au défaut de comparaisons suffisantes entre les espèces des différentes contrées. Parmi toutes ces espèces, nous pouvons en citer deux. VRardingii et Vangusla de Sowerby, qui toutes deux remonteraient du terrain dévonien dans le terrain carbonifère, et serviraient de lien entre deux séries de terrains qui se superposent directement.

Le terrain carbonifère est plus favorisé encore que le précédent. Nous y comptons, ou effet, dix-neuf espèces, en y comprenant les deux espèces qui proviennent du terrain dévonien. C’est la Belgique, avec ses deux localités de Tournay et de Visé, qui a offert jusqu’ici le plus grand nombre des Cucuilées du terrain carbonifère. Ces localités, en effet, en contiennent quatorze, sur lesquelles neuf leur sont propres. Deux ont été retrouvées en Irlande par M. M’Coy, ce sont les C. analina ei M'Coganay de M. de Koninck. Une troisième est commune à l’Angleterre, c’est le Cuculîœa oblusa. Une quatrième, Vargula, de Phillips, et la cinquième la Cordiericma , sont non seulement en Belgique , en Irlande et en Angleterre ; elles ont été également observées

(i) La coquille de Roemer est une véritable Ciicullce; celle de Zîeten , pour laquelle M. d’Orbigny a fait son Area triasiana, est une panopée que cet auteur avait nommée Area inœquivahn^ dans ses pétrifications du Wurtemberg.

LES AUCACÉES.

en Russie et jusque dans l’Oural. Les terrains carbonifères d’Irlande contiennent quatre espèces; deux leur sont propres, et les deux autres se retrouvent en Angleterre.

Pauvre en Arches, le terrain permien l’est plus encore en Cucullées ; deux seulement y sont mentionnées, ce sont les Cucnllœa antiqiia de Münster, et sulcata de Sowerby. L’une est d’Allemagne, la deuxième est d'Angleterre , et nous rappellerons que cette anliqua de Münster doit reprendre son premier nom de slriaia de Sclilolheim. Nous rappellerons aussi l’observation que nous avons faite au sujet des Arches, d’après laquelle le nombre des espèces, appartenant à chacun des groupes , n’esl point encore définitivement fixé, puisqu’il en est un certain nombre dont la charnière n’est point connue.

Plus riche dans ce genre que dans beaucoup d’autres, le muschelkaik compte dix espèces de Cucullées ; deux seulement dans le muschelkaik inférieur, toutes les autres sont de la fameuse localité de Saint-Cassian dans le Tyrol. appartenant, comme on le sait , au muschelkaik supérieur. Une espèce des couches inférieures , le Cucuîlœa minuta de Goldfuss, devenu le minutissima de M. d'Orbigny, se rencontre dans plusieurs localités de l’Allemagne , et M. Lebrun la mentionne dans son catalogue de Lunéville.

Le lias est beaucoup moins abondamment pourvu de Cucullées ; trois seulement y sont citées; mais nous en connaissons quelques unes de plus, deux de Mende (Lozère), une troisième du lias moyen des environs de Nancy, et une quatrième do Üeltingen, en- Allemagne. Parmi ces espèces, nous remarquons le Cucullwa înœgîu'va/msdeGoIdfuss, fort, belle espèce trouvée aux environs de Nancy et en Allemagne. Le lineata de Goldfuss serait propre au lias du Wurtemberg; nous aurons une remarque à faire au sujet de cette espèce. Si nous rapprochons de la figure de l’ouvrage de Goldfuss une cocjuille qui se rencontre souvent à Trouville et aux Vaches Noires, dans les argiles d'Oxford, nous retrouvons une ressemblance tellement 'parfaite, que nous ne pouvons metlre en doute l’ideniité do nos échantillons avec ceux figurés par Goldfuss. L’espèce passerait-elle d’une formation dans l’autre? ou bien y a-t-il une erreur matérielle dans le gisement do l’espèce do Goldfuss? telles sont les deux questions qui surgissent à l’esprit, et sur lesquelles nous ne pouvons donner aucune solution. Cependant, il faut le dire, nous serions plus porté à supposer une erreur de la part de Goldfuss, que do croire à la transmigration d’une espèce dans deux terrains si énormément éloignés , lorsque surtout cette espèce n’a laissé de traces de son existence dans aucune des couches intermédiaires.

VINGT-HUITIÈME FAMILLE

En relevant soigneusement les eàpèces de Cucullées mentionnées par les auteurs dans l’oolite inférieure, nous en trouvons seize inscrites dans leurs ouvrages. Il en existe cependant un plus grand nombre. Aussi il est à présumer que c’est parmi elles que se trouvent les neuf espèces d’ Arches nouvelles mentionnées par M. d’Orbigny dans son Prodrome de paléontologie. En réunissant à la nôtre la collection deM. Terquem, nous comptons vingt-quatre espèces de Cucullées dans le terrain oolitique inférieur, et il'est bien à présumer que plusieurs ne sont point connues de M.d'Orbigny, L’une d’elles est particulièrement plus extraordinaire que toutes les autres. Elle porte, en avant et en haut, de très grands crochets qui dépassent obliquement le côté antérieur de la coquille, et qui laissent entre eux une area très étroite et profonde. Six espèces paraissent jusqu’ici confinées dans Toolite inférieure de l’Allemagne. M. d’Orbigny admet un fait 'remarquable au sujet de l’une d’elles, Cucullœa cucuîlata de Münster, trouvée dans l’oolile inférieure de Rabenstein ; elle existe également à Papenheim, que les géologues savent dépendre du terrain oxfordien supérieur. Ce serait un exemple semblable à celui du Cucullœa Uneata de- Goldfuss ; seulement ce lineata partirait d’une formation encore plus inférieure pour se rencontrer avec celle-ci dans les couches oxfordiennes. L’oolite inférieure de la Grande-Bretagne, comprend sept espèces , parmi lesquelles nous remarquons le Cucullœa oblonga de Sowerby.

Cucullœa oblonga, pl, 37, f, 1,2.

C, testa transversa, ovato-oblouga, inœquilatcra obliqua, injlata, cordifornii, InngitudinaUter striata, umbonibiis inagnis valde separatîs', area îigamenti lata, projunde et multisuîcata, cardine in rnedio subedentulato ; àentibns latcraîibus tribus; marginibus Jimplicibtis,

Zieteu, Pétrif. du Wurtemb. pl. 56. f. 5.

Sowerby, Min, conch. pl. ao6. f. 1-2.

Desh. in Larak. An. a. vert. 2® éd. t. 6. p. i56. n° x4.

Jrca oblonga, Go\àî. Petref. germ. p. 147. pl. 123. f. 2. a, h»

Sclimith, Petref. Buch, p. 91,

Lycelt, Quart. Journal géol. Soc. t. 4. p. 188.

Morris, Cal. of Brit. foss. p. 84.

Broun, Ind. pal. t. i. p. 35g.

D’Ôrbiguy, Prodr. pal. t. i. p, 280.

Quelques paléontologistes anglais font jouer à ce Cucullœa le môme rôle

LKS AUCACEES.

quü le CiictiUœa cucullata en Allemagne, c’est-à-dire que cette espèce serait encore une de celles qui remonteraient de l’oolite inférieure dans le terrain oxfordien. En comparant les espèces des deux terrains, il en existe une, en effet, de l’oxford, très commune à Vieux-Saiut-Remy, par exemple, et qu’il est impossible de distinguer de Vohlonga de l’oolite inférieure. Nous avons dans ce moment sous les yeux des individus d’une très belle conservation des environs de Caen, et c’est en vain que nous cherchons à trouver des caractères qui les distinguent des individus de l’oxford. Le fait que nous venons de rapporter n’est pas entièrement isolé ; nous avons encore de Vieux-Saint-Remy une grande espèce de Cucullée, dont la forme se rapproche un peu de VArca Gabrîelis, Leymerie ; nous n'en trouvons dans les auteurs ni description ni figure, M. Terquem nous communique une coquille de la même forme de Toolite inférieure des environs de Longwy. En examinant ces deux coquilles, nous leur trouvons une telle ressemblance , qu’il nous est difficile de ne pas croire à leur identité. Nous signalons ces faits curieux à l’attention des paléontologistes dans le but de les faire contrôler par des personnes favorablement placées pour examiner facilement un grand nombre d’individus provenant des deux terrains. Cette obîonga, dont nous venons de parler, même en la restreignant à l oolite inférieure, est très répandue en Angleterre et en France, aussi bien en Normandie qu'aux environs de Metz et de Longwy. Nous avons encore trois espèces à citer, l’une est le pcn'vula de Münster, devenue le subparvula de M. d’Orbigny, et qui se distribue dans les terrains oolitiques en France et en Allemagne. Il nous semble reconnaître celte espèce dans une petite coquille du lias supérieur de Deltingen, en Allemagne ; la description et la figure données par Goldfuss lui conviennent parfaitement. Goldfuss , comme nous l’avons vu , a laissé échapper un double emploi pour le Cucullœa lineata ; il applique ce môme nom à deux espèces bien distinctes; nous avons trouvé l'une dans le l^as ; celle-ci est propre à l'oolite inférieure , où elle se trouve en Allemagne et aux environs de Mamers.

Il est à regretter qu’une faune aussi riche que celle de la grande oolite soit encore aussi peu connue. Depuis longtemps des collections considérables ont été formées en Angleterre dans une localité inépuisable, dans les environs de Balh , et jusqu’ici rien de ces richesses n’a été publié par les savants anglais. Nous avons aussi à Luc (Calvados), une localité qui peut rivaliser avec celle de la Grande-Bretagne ; on doit attendre avec impatience la fin do la publication de M. d’Orbigny, sur les terrains jurassiques pour pouvoir juger du nombre eide l'im-

VINGT-HUITIÈME FAMILLE

portance des espèces que nous possédons. Pour les Cuculiées, en particulier, M. d’Orbigny en rapporte dix espèces dans son Prodrome de paléontologie; presque toutes sont nouvelles. A ces dix espèces, il faut en joindre douze autres pour avoir le nombre total de celles qui se répandent dans la grande oolite. Mais ce nombre est destiné à s’augmenter encore , lorsque M. Morris aura terminé son travail sur la grande oolite de Minchinhainplon. Nous avons vu, dans les mains de ce savant , un assez grand nombre de belles espèces que nous n*avions point encore vues ailleurs. La localité de Luc est donc jusqu’ici la plus abondante on Cuculiées.

Parmi elles, le rudis de Sowerby se trouve également en Angleterre ; quelques autres espèces, tels que Vimperialis ët le cglindrica de Phillips, sont propres à la Grande-Bretagne; tandis que Vinllala et le llolJmanni do Uoemer ne quittent pas rAllemagne. Il existe à Mincliinhamplon une grande espèce très inéquilalérale; elle a de très grands rapports avec l’Arco [racla de Goldfuss , ainsi qu’une autre espèce assez commune à la partie supérieure de roolite inférieure aux environs de Metz et de Nancy.

De tous les terrains jurassiques, l’oxfordien est, sans contredit , le plus abondamment pourvu de Cuculiées. Trente et une espèces y sont actuellement connues , et ce nombre s’accroîtra probablement lorsque les paléontologistes anglais auront fait connaître les abondantes collections qu’ils possèdent provenant de ce terrain. Dans l’état actuel des publications, la France et la Russie sont les deux régions où les oxfordiens sont les plus riches en Cuculiées. M. d’Orbigny en inscrit quatorze espèces nouvelles dans son Prodrome de paléontologie. Il faut en ajouter deux plus anciennement connues; l’une est lelongata de Goldfuss, qui n’est pas, comme nous l'avons vu, ïelongala de Sowerby. M, d’Orbigny lui a imposé le nom d’^^lrca hecate.

Cucullœa hecate , d’Orbigny, pl. 36, f. 6, 7.

Area , Güldf (uoü Süworby). Peiref. Gerni. t. a. p. i58.

pi. 128. f. 9.

Area hecate^ d’Orb. Piudr, de pal. l. i. p. 368.

Elle se trouve aux Vaches Noires et encore en Allemagne. L’autre est le hipartUa de Roemer. Si M. Buvignier a deviné juste l’espèce du naluralisle allemand, elle se rencontrerait en abondance dans l'oxford du département des Ardennes, dans les riches localités de Vieux-Saint- Remy, de Neuwisy, etc.

Huit espèces ont été récemment découvertes aux environs de Moscou ;

LES ARCACEES.

quelques unes ont été publiées dans l'ouvrage de MM. de Verneuil et Murchisoii ; toutes les autres l'ont été par M. Rouillier, dans les Bulletins de la Société des naturalistes de Moscou. Aucune espèce jusqu'ici ne passe des régions septentrionales vers des climats plus tempérés de l'Europe. Los oxfords d’Angleterre ne contiendraient que cinq espèces dans l’état actuel des publications; mais il en existe beaucoup plus , et Fou doit attendre avec impatience leurs publications, soit dans l’ouvrage do M. Forbes, Memoirof lhe tjeological Survetj, soit dans le Recueil de la Société paléontographique d'Angleterre, Les espèces de Russie et d'Angleterre, aujourd’hui localisées dans des endroits assez restreints, reparaîtront probablement en espèces identiques lorsque toutes les espèces actuellement recueillies auront été convenablement publiées. Deux espèces seulement sont signalées en Allemagne, et une enfin a été rapportée de l'Inde par M. Kranz; elle provient de la province de Cutch: elle a été publiée dans le l. V des Transactions de (a Société géologique de Londres. Nous avons vu quelques espèces passer de Toolite inférieure dans le terrain oxfordien. M. d’Orbigny n'admet pas ce fait, et il a donné des noms nouveaux à celles des espèces de i'oxford et du terrain corallien que l’on considère comme identiques avec celles de Toolite. Si le naturaliste dont nous parlons se refuse à reconnaître l’analogie des espèces en question , il n'en est pas de même pour quelques unes de l’oxford, qu’il admet sans difficulté dans le corallien. Celle qu'il nomme hurpia, par exemple, à laquelle pourrait se joindre encore ïoblonga^ que l’on rencontre assez fréquemment dans le coral-ragdcs environs de Saint-MihieL A ces deux espèces, nous pouvons encore en ajouter deux autres qui , d’après les paléontologistes anglais , remonteraient du terrain oxfordien dans le coral-rag. Ce sont lesCucuUœa pectinata et triangularis do Phillips. D'après M. Lycett , celle dernière espèce descendrait môme dans Toolile inférieure! Mais nous devons laisser à ce savant la responsabilité du fait qu’il annonce, n’ayant pu par nous-môme en vérifier l'exactitude. Plusieurs auteurs ont môme mentionné le Cucullœa clongala 'de Sowerby dans la grande oolite; mais cette citation est erronée d’après les figures mêmes de l’espèce publiées par divers naturalistes. On reconnaît aisément que chaque figure représente une espèce différente que M. d’Orbigny rapporte au Phillipsiana , a VHecale et au KeijserUngii. A côté des quatre espèces précédemment mentionnées , viennent se ranger sept autres Cucullées , appartenant également à la formation corallienne; cinq sont de France, et sont pour la plupart de La Rochelle , de la Meuse et des Ardennes. Deux seulement sont de l’Allemagne, de Hildesheim et de Hanovre.

VINGT-UÜITIÈME FAMILLE.

Dans le terrain kimméridien , M. d'Orbigny inscrit cinq espèces. Parmi elles, nous remarquons le Cucullœa (exta de Roeraer, que le paléontologiste allemand dit provenir de la formation portlandionne. Cette coquille se trouve dans un grand nombre de localités de France et d’Allemagne , et il est à présumer qu'elle passe, en effet, du terrain kimméridien dans celui qui le recouvre immédiatement. Le îongirostris est presque autant répandu ; il est en France, en Allemagne, en Suisse, dans un assez grand nombre de localités. M. Roemer le donne également comme appartenant au portland. La présence de ces espèces dans deux terrains distingués des géologues , mais en réalité très voisins, aussi bien par leur faune que par leur contact , n'a rien qui doive surprendre : beaucoup d’autres exemples en sont déjà connus.

Quant aux terrains porllandiens, une seule espèce est mentionnée en Allemagne, comme lui étant tout à fait propre, c’est le Cucullœa ovalis de Roemer, auquel nous avons été obligé de donner un autre nom , pour faire disparaître un double emploi échappé à M. Roemer lui-même.

Après avoir subi une diminution très remarquable à la Gn de la série jurassique, le genre Gucullée reprend un nouveau développement en entrant dans le terrain crétacé; mais d'abord en petit nombre dans les premières assises de ce terrain , il s’accroît considérablement dans les parties moyennes , pour disparaître encore presque entièrement des terrains tertiaires et de la nature actuelle.

Dix-huit espèces sont actuellement connues dans le terrain néocomien ; trois sont nouvelles et introduites pour la première fois, par M. d'Orbigny, dans son Prodrome, Presque toutes sont de France ; parmi elles on peut citer le Cornueliana et leMoreana, parce qu’ils sont très répandus dans le terrain néocomien de France. Le Baulîni passe de France en Angleterre; il en est de môme du Gabrielis , qui, de plus , a été recueilli en Amérique par M. Boussingault , et publié sous le nom de dilalala , par M. d’Orbigny. Cet auteur a reconnu lui-même l’identité de l’espèce d’Amérique avec celle d'Europe. Deux espèces seulement sont en Allemagne et deux autres appartiennent aux terrains de même âge de l’Amérique méridionale.

Le gault est très pauvre en espèces; sept seulement y sont citées par M. d’Orbigny, deux dans le gault inférieur, les autres dans le supérieur, et parmi elles, il en est une surtout, le carinala, qui mérite l’attention des naturalistes, parce qu’elle remonte du gault dans les grès verts, et pénètre môme dans la craie chloritée. Ce carinata occupe une surface horizontale très considérable : elle est en Suisse, en Savoie, en France, en Allemagne, en Angleterre, et toujours assez abondamment pour

LES ARCACÉES.

caractériser les couches où elle se rencontre. Le Cuculîœa fibrosa est encore au nombre des espèces qui du gault passent dans le grès vert et se répandent sur une très vaste étendue. Comme la précédente , elle est citée en Angleterre, en France et en Savoie. Indépendamment des quatre espèces que nous avons déjà citées, et qui remontent du gault dans les grès verts , nous en comptons vingt autres dans cette partie importante de la formation crétacée. C'est en France que l'on en ren* contre le plus; quelques unes passent en Allemagne et en Angleterre , et parmi elles le glabra est le plus généralement répandu. Mais, ainsi que nous l’avons vu dans la liste des doubles emplois, elle est au nombre de celles dont la synonymie a le plus besoin d'être châtiée. Quant aux autres, c’est particulièrement au Mans, à Saumur, à üchaux, qu’elles ont été découvertes. Déjà la Bohême en possède quelques espèces, mais nous allons voir que ce pays l’emporte de beaucoup pour celles de la craie chloritéo. Enfin, plusieurs proviennent de cette localité célèbre de Blagdown , dans laquelle les fossiles, devenus siliceux , ont une conservation aussi parfaite que ceux des terrains tertiaires les plus favorisés.

De toute la série des terrains, un des plus riches en Cucullées est celui connu des géologues sous le nom de craie chloritée ou de craie tuffeau. En effet, nous réunissons trente et une espèces, nombre égal à celui que nous avons trouvé dans l’oxford. Nous allons éliminer celles qui sont tout à fait propres à certaines localités , pour citer d’une manière plus spéciale les espèces qui méritent l'attention des naturalistes. Cinq espèces sont de l’Inde; M. Forbes les a décrites dans le mémoire qui fait partie des Tt'ansactions de la Société géologique de Londres, Deux sont de l’Amérique septentrionale, c’est à M. Morton qu'on en doit la connaissance. Deux ont été découvertes en Portugal par M. Sharpe; l’une est nouvelle, l’autre se retrouve en France, à Rouen, et en Bohême. Elle a été nommée Passyana par M. d’Orbigny. Six espèces se répandent dans les craies de Westphalie et de l'Allemagne; l’une d’elles, ïexallala de Nilson, se rencontre aussi en Bohême et en Westphalie. M, d’Orbigny, dans sa Paléontologie française, et M. Mathéron, dans son Catalogue méthodique des fossiles des Douches-du-Hhône, ont porté à onze le nombre des espèces distribuées sur le sol français. C’est principalement dans les craies du midi de la France que ces espèces se sont rencontrées le plus abondamment. Plusieurs doivent être signalées particulièrement : le Cuculîœa Orbignyana^ par exemple, se trouve aux Martigues et à Gosau ; le Matheroniana à üchaux et en Silésie. Nous retrouvons encore ici le carinata de Sowerby, non moins

VINGT-UOITIEME FAMILLE.

abondamment que dans le gault supérieur et dans le grès vert. Grâce aux recherches de MAI. Reuss et Geinilz, mais de AI. Reuss particulièrement, la faune crétacée de la Bohême s’est onricliio d'un très grand nombre d'espèces, parmi lesquelles le genre Cucullco en compte huit. Nous avons déjà cité le Passtjuna, nous mentionnerons encore le Ringmerensis qui. de la Bohême, passe en Westphalie et en Angleterre ; les six autres espèces sont propres à la Bohême cl à la Silésie.

Il nous reste peu de choses à dire pour terminer ce qui a rapport à la distribution des Cucullées dans la série des lorrains. Dans la craie supérieure de Scanîe, AI. Niison a fait connaître autrefois, sous le nom de Ciicullœa exaltata, l’une des plus grandes connues du genre. Elle a été retrouvée depuis dans quelques autres localités analogues , mais jusqu’ici elle ne s’est point rencontrée dans le terrain pisolitique du bassin de Paris auquel quelques géologues attribuent le môme âge qu’aux craies supérieures de Alaëstricht et du nord de l'Europe, Aï. Hébert, par l'activité de ses recherches dans le terrain pisolitique, a découvert un grand nombre d’espèces, généreusement communiquées à Al. d’Orbigny, et inscrites dans le Prodrome de paléontologie uni* verselle. Les Arches y sont au nombre de trois ; mais nous ignorons si parmi elles quelques unes doivent entrer dans la division des Cucullées. D'après les courtes indications de AI. d’Orbigny, il est à présumer que les trois espèces en question appartiennent aux Arches proprement dites.

Dans le terrain tertiaire, le nombre des Cucullées est extraordinairement réduit; deux seulement y sont citées, et elles appartiennent l’une et l’autre aux sables les plus inférieurs du bassin de Paris. C'est à Bracheux, àNoailles, à Abbecourt, a Saint-AIartin-aux-Bois , qu’on les rencontre en abondance; l’une d’elles, la plus grande, le Cucullœa crassatina de Lamarck , se montre en Angleterre, à Feversliam et Herne-Bay, dans des sables qui probablement sont contemporains de ceux du bassin de Paris. Al. Hébert a rencontré cette espèce dans les sables moyens du bassin de Paris ; mais ce qui est extraordinaire, c'est que jamais elle n’a été vue dans les calcaires grossiers. On pourrait soupçonner qu’à la suite de remaniements , des individus des sables inférieurs auraient été transportés dans les sables moyens. Alais, AI. Hébert, s'appuyant sur la disposition même des ter» raiiis et la manière dont ils sont recouverts, pense que le Citcallœa crassatina a vécu successivement dans les divers lieux où on le rencontre. Aucune espèce n'est mentionnée dans les terrains tertiaires moyens et supérieurs; une seule est connue dans la nature actuelle; cependant

LES AKGACEES.

assez récemment M, Jonas en a ajouté une deuxième, qui probablement n'est qu’une simple variété locale de ia première. Cette coquille , autrefois rare et précieuse, est bien connue des collecteurs de conchyliologie sous le nom de :

Coïicamcm(a Chemnitz (mir/cuh'/era Lamk.), pl. 36 , f. 12, 13.

C. testa oblique cordata^ 'ventricosa^ decussatim st/iuta, /iiha, cardine utrinque siibbicostato.

Àrca concamerata^ Mariiii, Beschreb. Berl. naturf. t. 3. p, 272. pl. 7.

Area cuadlus^ Gmeltn, p. 33ii. 11® 23.

Area cucullata^ Chemuilz, Conch. 7. pl. 53. f. 526^ 527,

Favauue, Conch. pl. 5i, f. A.

Davila, Calai, t. s. pl. i3.

CxicuUœa auricuUfera^ Lamarrk, An. s. vert. l. 6. p. ii6.

Id. De Boissy, Buff, Moll. t. 6. pl. 68. f. 3.

Jd, Sowerby, Gciier. of shells. f. t, 2.

Id, Blainville, Maiac. pl. 65. f. 4.

Desbayes, Eucycl. meth. vers, t. 2. p, 35. n* 1.

Area concamerata^ Bruguicn*. Dict. n»’ ii.

Encycl. p. 3o4* f. r. c, bona.

C. aurienUfera, De$h. in Lamk. An, s. verl. 2® éd. t. 6. p. 454- i. Id. Reeve, Conch, sysl. pl. 8x. f. i, 3.

Id. Anton, Verz. p, 12. n° 4^5.

Id. Knnster, 2® éJ. Mart. el Chenin. Arc. pl. 4. f. 3, 5.

Id. Hanley, Doser, cal. p. i5i.

Id, Callow, Conch. nom. p. 48. n® 1.

Id, Bronn, Syst. Urwell. Conch. p. 5r. pl. 4 f. 3.

Id, Sowerby, Conch, man. f. i33,

Id. Pot. et Mich. Gai. Douai, p. 107. n® i.

Id. Defrauce, Dict. sc. nat t. 12. p. 142 (i8i8).

C’est une belle et grande coquille, mince, inéquivalve, ornée de stries longitudinales fines, serrées, rendues subgranuleuses par des stries Iransverses beaucoup plus fines que les premières. Varm de la charnière est assez large; elle ne montre point de sillons en chevrons comme dans le plus grand des espèces fossiles. D’un blanc jaunâtre sous un épiderme brun, elle est ornée de grandes taches d'un brun plus ou moins foncé sur tout le côté postérieur. Elle est blanche à l’intérieur, son bord postérieur est brun ou violacé. L’impression musculaire

VINUT-llUlTlEMli EAMILLE.

postérieure repose sur une lame mince et saillante, parcourue dans presque toute sa longueur par une linéole brune ou violâtre. La charnière est très étroite , et les dents transverses sont au nombre de deux en avant et de trois en arrière. Celte coquille vit dans l'Océan de l’Inde.

Pour comparer facilement la distribution des Cucullées à celle des Arches, nous résumons de la môme manière le nombre des espèces dans chacun des principaux groupes de sédiment :

Arches.

Cuculk5cs.

Paléozoïque. . .

2° Trias

3° Jurassique. . .

Page 1