CHAPITRE PREMIER
Des Murs.
On classifie les murs de deux manières différentes : l’une par rapport aux matériaux qui les composent, la seconde par rapport à leur emploi, comme parties constitutives des. édifices.
Par rapport aux matériaux, on les distingue ainsi qu'il suit : 1° murs en pierres de taille, ou maçonnerie d’appareil; 2" murs en moellons j 3“ murs en briques; 4“ murs bâtis par encaissement.
Quant à leur emploi, les murs sc distinguent en quatre espèces principales : 1° les murs de clôture, qui n'ont aucune autre charge à supporter que celle de leur propre masse ; 2° les murs de terrasse , qui doiveut résister à la poussée de terres ou de fluides; 3* les murs principaux des édifices, c’est-à-dire, ceux qui en forment le pourtour, et qui soutiennent plus particulièrement le comble, les planchers et les voûtes ; 4* les murs qui établissent les divisions secondaires dans l’intérieur des édifices, et que l’ou nomme ordinairement murs do refend.
Avant de nous occuper de ces diverses espèces de murs, voyons ce que Vilruvc nous apprend relativement à cet objet.
Voici un extrait de ce qu'il en dit dans le liv. II, chap. VIII ;
«Les genres de constructions sont : 1° iereticulatum (pi. IV. fig. 8,9, 10), lequel est maintenant employé très-souvent; 2” l'ancien genre, appelé inoertum (pl. IV, fig. 11), Le premier est plus agréable à la vue, mais aussi il est sujet à se lézarder, parce que les pierres qui le composent ne forment aucune liaison dans leurs lits et joints.
« Vincertum est moins beau , mais plus solide que le reticulalum , parce que les pierres qui le composent sont liées et enclavées les unes dans les autres.
« Ces deux sortes de maçonneries demandent à être formées avec de petites pierres, entourées et reliées par une bonne quantité de mortier, car s'il n'y en avait pas assez , les pierres tendres cl poreuses absorberaient toute l’humidité avant qu’il fit corps; si, au contraire, il est abondant, les murs ne se dessécheront point aussitôt, et le mortier pourra acquérir une force suffisante pour en lier toutes les parties.
« Si l'humidité était absorliéc avec trop de promptitude par les moellons arides, la chaux et le sable se sépareraient , le mortier perdrait la faculté de les réunir, et les murs tomberaient en ruine.
i « On peut remarquer cet effet dans quelques monuments des environs de Rome, dont l’extérieur est construit en marbre ou en pierres de taille, et l’intérieur en blocage battu; la pierraille intérieure ayant absorbé l'humidité du mortier avant qu’il eût acquis toute sa consistance , forme un amas incohérent, qui repousse en dehors les parements et en désunit les joints.
« Pour éviter ce défaut, on doit relier les parements, en formant, de distance en distance, des assises de moellons, de grandes briques, de pierres, ou bien les relier avec des crampons de fer scellés en plomb. L'ouvrage étant d'ailleurs construit avec ordre et régularité, les joints bien assemblés, les pierres bien posées sur leurs lits, les murs dureront très-longtemps sans altération.