‹ Traite elementaire de construction appliquee a l'architecture civileChapitre 24 sur 47 · Partie d'une heure d’un tombereau · texte numérisé non relu

Partie d'une heure d’un tombereau

sont pas formés d'une seule pièce avec les poulina, qui finissent à un pied environ du devant de la caisse ; ils sont traversés par un fort boulon de fer qui traverse aussi les extrémités des limons. Ce boulon sert de point de rotation à la bascule, qui est retenue par une pièce de bois, laquelle, passaut par deux étriers de fer posés solidement sur chaque limon, retient les bouts des poulins. Lorsqu’on veut faire jouer la bascule et décharger le tombereau, il suffit d'ûter celle traverse, au-dessous de laquelle les limons sont assemblés par un épart de Fer, qui en empêche l'écartement.

On transporte quelquefois des terres par eau, sur des bateaux pontés qui en contiennent 40 ou 50 mètres cubes. On estimera facilement, à l'aide de ce qui précède, le chargement et le déchargement, qui se font avec des brouettes, ou en jetant les terres à la pelle. Quant au transport, il varie beaucoup suivant les circonstances, et on ne peut l'évaluer qu'en apprenant, dans chaque localité, la dépense que le bateau occasionnera chaque jour.

Le transport des terres se fait souvent en les conduisant d'un lieu bas à un lieu plus élevé; alors il faut pratiquer des rampes auxquelles on donne ordinairement huit pour cent de pente. Les transports par camions et par tombereaux deviennent également phs pénibles en montant qu'avec les brouettes, et on fait moins de chemin dans le même temps. Si le déblai devait descendre à une grande profondeur, le transport par brouettes exigerait des rampes d'un développement considérable, et dont la formation entraînerait des déblais inutiles. Il peut être plus avantageux alors de renoncer à ce genre de transport et d'élever les terres en les jetant à la pelle, à différentes reprises, sur des banquettes disposées par étages et qu'on place ordinairement à 6 pieds les unes des autres. Ce dernier mode d'exécution convient pour le cas d'une fondation étroite et profonde , où on serait gêné par le manque d’espace. II y a d'autres cas où le déblai doit être fait sur une plus grande largeur , et où les terres doivent être élevées à une hauteur plus ou moins considérable sur le bord de la fouille : tel est celui d'un canal ou d’un bassin lorsque les terres fouillées dans son emplacement servent à former des levées à l'entour. L’usage alors est de faire suivre, aux brouettes, des rampes placées sur le talus des levées et qu'on fait disparaître quand l'ouvrage est terminé ; mais quand la hauteur est considérable, le transport devient très-cher à raison des grands développements des rampes. On a employé , dans un cas pareil, aux ouvrages exécutés dans l'Ile des Chiens, près de Londres, un procédé qui consiste à établir, sur le talus, des levées de rampes formées par des madriers de sapin portés sur des chevalets , dirigées perpendiculairement à la base du talus cl espacées à 9 ou 10 toises. Au sommet de chaque rampe étaient placées des poulies de renvoi, sur lesquelles { assait une corde, aux deux extrémités de laquelle étaient attachées des brouettes; et à un point intermédiaire était fixé le palonnicr d’un cheval ; ce cheval parcourant l'intervalle des deux rampes, une brouette chargée montait dirigée par son conducteur, et l'autre brouette vide descendait; celle-ci étant ensuite chargée, on faisait retourner le cheval, et ainsi de suite. Il est aisé de s'assurer que, quand la hauteur des remblais passe 3 à 4 toises, ce procédé doit moins coûter que celui qui est en usage.

On lit dans les Annales des Arts et manufactures, tome 44, qu’un agriculteur, voulant former promptement une digue , imagina le moyen suivant, qui réunit à l'économie du temps celle des bras et de la dépense. 11 éleva deux forts poteaux, en laissant entre eux un espace de 90 pieds, et il tendit fortement de l'un à l’autre de ces poteaux une corde inclinée, le long de laquelle devait descendre le seau rempli de terre: la hauteur de ce seau détermina l'inclinaison de la corde , dont l'une des extrémités fut attaché? au premier poteau à 10 pieds de hauteur, et l'autre au second poteau, de manière que lo

seau ne pouvait toucher la terre ni être arrêté dans sa course. La corde inclinée portait un moufle garni d'un double crochet, auquel le seau était suspendu ; la poulie, de petit diamètre, avait une gorge profonde, afin qu'elle pût se retourner sur la corde lorsque le seau était enlevé, et qu'elle fût constamment maintenue dans sa position verticale.

On aurait pu placer plusieurs poulies sur la corde inclinée, et suspendre tel nombre de seaux qu’on aurait voulu , en supposant toujours que sa force fût suffisante pour les soutenir. On décroche les seaux aussitôt qu'ils sont arrivés au bout de leur course , on les vide pour les ramener à l’endroit d'où ils sont partis; une autre corde, inclinée en sens contraire , sert pour les ramener au point de départ.

Ce moyen peut être utile lorsqu'il s’agit de former des déblais dans des terrains mous et humides , où les roues des brouettes s'enfoncent et forment de profondes ornières.

Du remblai.

Le remblai est l’opération inverse du déblai; elle consiste à rapporter des terres ou des gravois pour élever un terrain ou combler un creux. Pour exécuter un remblai , on dépose la terre rapportée par couches de 6 pouces d'épaisseur ; ou doit régaler chaque couche, c’est-à-dire la mettre de niveau ; et enfin on doit la damer avec soin, c'est-à-dire la battre avec des pilons pour l'alfaisser et la comprimer.

On a observé qu'une terre ordinaire, portée en remblai, foisonne, c’est-à-dire augmente de volume avant d’élre pilonnée d’environ j.

Le régalage des terres et le pilonnage exigent, en terme moyen, 0,017 partie d’uuc journée d'ouvrier pour chaque mètre cube.

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