CHAPITRE VIII
Monuments religieux.
Vitruvc, livre III, décrit les temples antiques delà manière suivante :
« Les temples se subdivisent en plusieurs especes , auxquelles on a donné le nom d'antes, de proslyle, d’ampliiprostyte , de pèriptère , de pseudodiptère, du diptère et d'hypèthre.
» Les temples nommés antes, ont des pilastres dans les encoignures (pi. XVIII, fig. 4), et sont surmontés d'un comble à deux égouts, qui forme fronton aux deux faces.
« Les temples prostyles ne sont ornés de colonnes qu'à la face de devant (pl. XXV11I , fig. 2).
« L' dmphiprosly/e a des colonnes aux deux faces de devant et de derrière, et des frontons formés par les pentes du toit.
• Le pèriptère est environné de colonnes (pl. XXVIII, fig. 5); ordinairement il en a six aux faces antérieure et postérieure et on/e à chacun des lianes. La largeur du portique formé par ces colonnes est égale à celle dos entrc-colonncroents. Le temple de Jupiter Stator, que Metellus lit construire par llennodorus, est aiusi construit, de même que celui de t' Honneur et de ta Vertu, érigé par ordre de Marius.
• Le pseudodiptère a huit colonnes aux faces de devant et de derrière, et quinze à chacun des flancs, y compris celles des angles', de plus, les murailles doivent se trouver sur l’aligucment de la troisième colonne des faces de chaque colé , de manière que le portique aura la largeur de deux enlrc-colonnemcnls et d'une colonne. On ne voit point à Rome de temples de cette espèce, llcrmogèue Alabandin donna la forme pseudodiptère au temple de Diane à Magnésie.
a Le diptère a huit colonnes aux deux faces, et chacun des flancs est garni de deux rangs de colonnes qui forment un double portique. Le temple de Quirinus, d'ordre dorique, et celui de Diane d'Ephèse, sont de ce genre. Ctésiphon fut l'architecte de cc dernier.
« Uhypèthrc a dix colonnes aux faces, et un double portique sur les flancs comme le diptère : mais ce qui le distingue particulièrement, c’est que l’intérieur est découvert. 11 a des portes aux deux façades. Rome n’a poiut de temple de cette espèce ; il en existe un à Athènes, mais il n'a que huit colonnes aux façades; c’est le temple de Jupiter Olympien.
« Les divers espacements des entrc-colonnements occasionnent une seconde, subdivision des temples en cinq espèces nommées pyenosty/e, syslyle, diaslyle, arèostyle et euslyh.
« L'enlre-colonnement du pycnostyle est le plus resserré , et n'a que la largeur d'un diamètre et demi , comme on le voit au temple de J ules-César et à celui de V énus situé dans la place publique qu'il a fait bâtir.
« Le ty style a un entre-colonnemcnt de deux diamètres, comme on le voit au temple de la Fortune , près le théâtre de Pompée.
« Ces deux manières ont le défaut de ne pas permettre le passage à deux à deux aux femmes qui font partie des pompes religieuses. De plus, les colonnes très-resserrées masquent les ouvertures des portes , empêchent de voir les images des dieux, eL gênent la circulation dans les portiques.
. L'enlre-eolonncmeul du diaslyle est de trois diamètres de colonnes, comme on en
voit un exemple au temple d’Apollon et de Diane. L’inconvénient de cette disposition est que les architraves sont en danger de se rompre à cause de la grandeur des intervalles.
« L'entrc-colonnemcnt des aréostyles étant encore plus large, on ne peut leur adapter des architraves de pierre ou de marbre comme on le fait aux autres espèces de péristyles, et on y supplée par des poutre couchées sur les colonnes. Ce mode rend les farades des édifices lourdes , basses et larges. L'usage est d'orner les frontons de ces sortes du temples de statues en poterio ou en cuivre doré, à la manière étrusque, comme on le voit aux temples de Cérès et d'Hcrculc près du grand cirque.
« Veiutylc est, de tous les modes d'enlre-colonnement, le meilleur par sa beauté , sa solidité et sa commodité. La largeur de l’enlrc-colonnemenl est de deux diamètres et un quart ; mais on donne à l'entrc eolonnement du milieu (aux deux faces) la largeur de trois diamètres, pour que l’entrée soit plus dégagée.
« Hermogènc a été inventeur du pteudodiplére, invention très-estimable, parce qu’en élargissant le portique, un plus grand nombre de |iersonncs peuvent s’y abriter en cas de pluie. Un temple pteudodiplére , vu extérieurement, offre d’ailleurs la même richesse et la même beauté que le diptère , soit par le nombre de colonnes qui se présentent à la vue, soit par leur rapprochement.
« La proportion d’un temple doit être telle , que sa largeur soit la moitié de sa longueur. La cella (partie interne) aura un quart de plus en longueur qu’en largeur. Le pronaos (porche qui précède la cella) sera compris entre les murs prolongés de la cella et le portique ; les deux bouts de ces murs auront des pilastres de même dimension que les colonnes du portique , auquel elles correspondront. Si le temple a plus de vingt pieds de large, il faut placer deux colonnes entre les pilastres qui en font la devanture. On pourra mettre, entre les eulre-colonnements du porche, des parapets ou des balustrades, soit en marbre (plutei), soit en menuiserie, garnies de portes.
« Si le temple a plus de quarante pieds de largeur en dedans , on placera dans son intérieur des colonnes dont le diamètre sera moindre d’un huitième ou d’un dixième de celles extérieures.
« L’épaisseur des murs des temples doit être proportionnée à leur grandeur, en faisant les pilastres des extrémités de la grosseur des colonnes.
« Les temples des dieux doivent être tournés de telle sorte , que , pourvu qu’il n’y ait rien qui l’empêche , le simulacre regarde vers l’occident , de sorte que le peuple, en fai* sant ses prières, voie le soleil levant. Si néanmoins cela ne peut se faire commodément, le temple doit être tourné de telle sorte que la vue domine une portion de la ville ; s’il est placé sur le bord d’un fleuve, il sera tourné vers la rive; s’il est situé sur une grando rue, il regardera vers la rue, afin que les passagers puissent voir et saluer la divinité qn’on y adore.
« Les temples à la manière étrusque sont ainsi distribués : La longueur de remplacement que l’édifice doit occuper se divise en six parties , et on en donne cinq il la largeur; puis on partage de nouveau la longueur en deux parties, dont la première contient lé péristyle et le porche: la seconde, les chapelles. La largeur de cette seconde partie se divise en dix parties, dont trois de chaque côté indiquent remplacement des chapelles.
* Les colonnes angulaires du péristyle feront face aux pilastres, du porche entre lesquels seront placées deux colonnes qui correspondront aux deux colonnes intermédiaires de devant.
« La grosseur des colonnes, à la base, sera la septième partie de la hauteur, et cette hauteur sera égale au tiers de la largeur du temple. Les colonnes seront diminuées d’un quart du diamètre au sommet; les bases auront en hauteur la moitié du diamètre du
bas des colonnes; la hauteur du chapiteau sera également la moitié de ce diamètre. Des pièces de bois , jointes ensemble dans le sens horizontal, formeront l’architrave et auront la hauteur requise par les proportions de l'ordre. Ces pièces , réunies, auront une largeur égale au diamètre supérieur des colonnes. La réunion sera formée par l'insertion des clefs ou tenons en queue d’aronde {, tubscude *). Les pièces ainsi assemblées ne se toucheront pas, il restera entre elles un vide de la largeur de deux doigts ; car si elles se touchaient immédiatement, elles s'échaufferaient faute d'avoir de l’air et se pourriraient bientôt.
« L'entablement, composé de ces poutres, d'une frise en maçonnerie et d'une corniche soutenue par des modillons , aura en hauteur le quart de l'élévation des colonnes.
« Au-dessus de l’entablement, s'élèvera le fronton en maçonnerie ou en charpente, qui soutiendra le comble , et qui aura des pentes égales à celles du frouton , dont la hauteur sera le tiers de la base ( lertiarium ).
« On construit des temples circulaires de deux espèces. Les uns, appelés monoptiret, n’ont point de murailles , mais seulement des colonnes dans leur pourtour. Les autres , nommés piriplères, ont une muraille circulaire qui environne la cella et un péristyle tout autour (pi. XXIX, fig. 1 , 2).
« Les monoptères sont environnés d’un soubassement à gradins circulaires. Le cercle du premier gradin aura un diamètre qui surpassera celui du temple de deux cinquièmes. Les colonnes , y compris les socles sur lesquels elles seront posées, auront une hauteur égale au diamètre du temple.
« Le temple périplère n’est posé que sur deux degrés. La largeur du péristyle est environ un cinquième du diamètre total. La cella aura intérieurement un diamètre égala la hauteur des colonnes, sans y comprendre le socle. La voûte sphérique aura une hauteur égale au demi-diamètre de la cella, et sera surmontée d'un fleuron qui aura la grandeur d’un des chapiteaux corinthiens de l'ordre.
• On connaît d'autres temples dont la distribution diffère de ceux décrits précédemment. Les uns ont la cella intérieure deux fois aussi longue que large ; dans d'autres des colonnes garnissent le pronaos; dans d’autres enfin on a supprimé les portiques latéraux et reculé les murs de la cella jusqu’à la rencontre de l'alignement des colonnes extérieures (pl. XXV III, fig. 2, et pi. XXlX, fig. 5 et 8). On a introduit ces changements pour la commodité des sacrifices; car on ne peut faire à tous les dieux des temples d'une même sorte, à cause de la différence des cérémonies qui sont particulières à chacun d'eux.
« Les autels seront moins élevés que les images des dieux; mais ils auront des hauteurs différentes, suivant la dignité du dieu auquel ils sont consacrés. Ainsi les autels de Jupiter et des autres dieux du ciel seront les plus'élevés; conséquemment ceux de Vesta et des dieux de la terre et de la mer seront plus bas.
« Les temples des dieux tutélaires et ceux de Jupiter, de Junon et de Minerve, seront situés au lieu le plus éminent, afin que de là on découvre la plus grande partie de U ville ; ceux de Mercure , d’Isis et de Serapis , seront dans le marché ; ceux d’Apollon et de Bacchus, proche le théâtre; celui d’Hcrcule dans le cirque; celui de Mars dans un champ hors la ville, de même que celui de Vénus, qui doit être près des portes. La raison de cela se trouve dans les écrits des aruspices étrusques , qui veulent que les temples de Vénus, de Vulcain et de Mars, soient mis hors de la ville ; afin d'ôler aux jeunes gents et aux mères de famille, par l'éloignement du temple de Vénus, plusieurs occasions de débauche ; et pour délivrer les maisons du péril des incendies, attirant hors de li ville, par des sacrifices à Vulcain , tous les mauvais effets de ce dieu qui préside au
feu ; et aussi , en mettant le temple de Mars hors des murailles , empêcher les meurtres et les querelles parmi les citoyens et les préserver des atteintes des ennemis. Le temple de Cérès doit être bâti hors de la ville , en un lieu reculé, et où l’on ne soit obligé d'aller que pour y sacrifier, parce que ce lieu doit être traité avec beaucoup de respect et avec une grande sainteté de moeurs. Les temples des autres dieux doivent aussi avoir des lieux commodes à leurs sacrifices. »
Il parait que ce dernier précepte de Vilruvc n'était pas généralement reçu, puisque le temple de Vesla se trouvait, à Rome , situé sur le Forum ; celui de Vénus et de Rome était situé sur la Voie Sacrée auprès du Forum. Le temple de Mars Vengeur se trouvait également à un petit éloignement du Forum , dans un des lieux les plus habités de Rome antique.
Nous avons réuni, dans les pi. XXVIII et XXIX, les plans de plusieurs temples antiques.
On voit (pl. XXIX, fig. 3) le temple dit des Géants, à Agrigente, qui est le plus colossal que l’on connaisse. Ce temple, d'ordre dorique grec , a 190 pieds de longueur et 410 de largeur; les colonnes ont 14 pieds de diamètre et 75 de hauteur; l'ordre complet a 105 pieds d’élévation.
La fig. 4 représente le temple de Jupiter Olympien dans la même ville. Il est de l'espèce nommée par Vitruve diptère.
Les fig. 6 et 7 indiquent l'élévation et le plan du Panthéon d’ Agrippa à Rome. On doit remarquer que cette construction a été faite primitivement pour servir de salon aux thermes d'Agrippa , et qu' Auguste ayant fait changer cette destination en celle d'un temple, on y ajouta le magnifique portique en colonnes de granité qui le précède.
On voit, fig. 1, 4, un petit temple periptére, existant à Rome sur le rivage du Tibre. Les deux temples antiques que Nîmes possède sont indiqués fig. 8 et 9; le plan fig. 8 est celui de la maison carrée.
Le temple fig. 5 est celui d'Antonin et Faustine à Rome ; il était précédé par une cour ornée avec magnificence, au milieu de laquelle était autrefois placée la statue équestre de Marc-Aurèle, que l'on voit maintenant sur la place du Capitole.
Le temple de Nerva (fig. 1 , 4, pl. XXVIII) était également précédé d'une grande cour somptueusement décorée. •
Les fig. 4, 5 représentent le temple de Mars Vengeur. Le mur de son enceinte avait deux rangs de niches dans lesquelles on plaçait les statues des guerriers qui avaient mérité les honneurs du triomphe.
On voit fig. 3 le plan du temple de Vénu a et de Borne placé entre deux portiques, et dont l’empereur Adrien fut architecte. Ce temple renfermait deux oellœ tout à fait semblables ; son péristyle était formé par des colonnes colossales cannelées en marbre blanc. Les portiques latéraux avaient des colonnes monolithes en granité. On voit les magnifiques débris de ce monument le long de la Voie Sacrée, entre le Colisée et l’arc de Titus. Le plan indiqué pl. XXII , fig. 4 est celui du temple de Scrapis.
L’intérieur des temples antiques n’était nullement comparable à l'extérieur, ni par la grandeur ni par la richesse de la décoration. On doit observer à cet égard que la cella n'était autre chose qu'une espèce de sanctuaire dans lequel on déposait le simulacre de la divinité. Les sacrifices se faisaient ordinairement dans le pronao t ou vestibule , et le peuple qui assistait à ces cérémonies n’entrait point dans le temple : voilà pourquoi ceux des temples qui n'étaient pas situés sur une place publique avaient une grande cour qui les précédait. Ainsi les cérémonies se faisaient à l’extérieur.
Dans les églises chrétiennes, au contraire , le peuple doit se trouver dans l'intérieur,
voilà le véritable motif <|ui a fait abandonner le modèle des temples antiques, n étant plus approprié à cet usage; et l’on a choisi celui des basiliques (voyez page 269), dans lesquelles les portiques, beaucoup plus larges, sont placés dans l'intérieur. Les plus anciennes églises de Rome ont un plan à peu près semblable à celui des basiliques décrites par Vitruve.
Deux ou quatre rangs de colonnes séparent l'intérieur en trois ou en cinq nefs, dont celle du milieu est plus large que les autres. Les portiques des nefs latérales sont souvent surmontés d’un second portique. Au fond de la grande nef se trouve un hémicycle semblable aux chalcidiqocs (voyez pag. 269). C'est dans cet hémicycle que le cbeeur est placé.
On a ensuite ajouté à ce plan une nef transversale pour lui donner une conformation semblable à celle d'une croix.
Les plus anciennes basiliques ont des portiques composés de colonnes en marbre ou en granité , prises dans les monuments antiques, que l'on détruisait h cet effet, de manière que souvent ces portiques présentaient des colonnes de différents ordres et ayant des proportions inégales.
Lorsque l'on ne put se procurer un assez grand nombre de colonnes antiques pour en former les portiques des basiliques, on substitua à ces colonnes des arcades dont tes dimensions furent d’abord massives; elles acquirent successivement plus de légèreté; l’Architecture gothique s’introduisit alors, et les arcs à plein-cintre furent changés en arcades à ogives. L'élévation de ces édifices, quoique trop grande , leur donne cependant un caractère de grandiose et de majesté. Les pians gothiques ne sont pas dénués de beauté, et ils méritent d'étre étudiés sous le rapport de la partie technique de l'Art.
Les fig. 1 , 2, pl. X, représentent deux des plus célèbres édifices gothiques que l'on connaisse. Le premier plan est celui de la cathédrale de Milan, construite en marbre blanc , et laquelle, par sa grandeur et par la richesse étonnante de sa partie extérieure, a été mise au nombre-des merveilles du monde. Le plan fig. 2 est celui de Notre-Dame de Paris.
Dans le seizième siècle, on abandonna le style gothique , et l'on adopta l’Arcliitecture grecque et romaine ; mais comme les temples antiques présentaient une conformation qui ne remplissait plus les convenances exigées par les nouveaux temples , on chercha i combiner les plans gothiques avec legenre de décoration antique. On diminua la hauteur de la grande nef; on donna aux voûtes et aux arcades la forme circulaire à pleincintre ; on plaça des entablements et des impostes pour marquer la naissance des voûtes; ces entablements furent soutenus par des colonne» ou des pilastres en relief. On donna aux arcades, aux portes et aux fenêtres une hauteur égale à deux fois la largeur; on supprima les nervures , les clefs pendantes , les ornements minutieux et insignifiants, pour les remplacer par des archivoltes régulières, par des niches ornées de statues, par des bas-reliefs, par des rinceaux et autres ornements imités de l’antique. Tels sont les principaux changements que l’on introduisit. 11 est fâcheux que la combinaison de deux genres aussi opposés que le gothique et l’antique d’où résulte l’Architecture de nos églises actuelles, ne puisse se faire sans qu'il en dérive des défauts d’harmonie, d’unité et de correspondance plus faciles à indiquer qu’à corriger. Palladio est un des architectes qui a su le mieux éviter les écueils nombreux que présente la distribution des églises.
Les fig. 1 , 2, 3, 4, pl. XXX, représentent deux coupes, un plan et une élévation de la magnifique église del Rcdentore à Venise, que l’on peut regarder comme un des chefsd’œuvre du Palladio, et une des égbses modernes les plus parfaites que l’on connaisse.
Sa grandeur n'est point extraordinaire, puisqu'elle n’a intérieurement que 160 pieds de longueur (sans y comprendre le chœur, qui est pour ainsi dire séparé de l'église ), 66 de largeur totale et 58 de hauteur dans la nef. Cependant ses proportions sont si harmonieuses, les détails sont d'un si lion choix, l’exécution en est si belle, que les connaisseurs la préfèrent aux temples plus vastes et plus somptueux que l'on admire à Rome et en plusieurs autres villes d’Italie.
Les colonnes isolées qui séparent le chœur de l'église produisent un effet admirable.
Cette église était autrefois desservie par les Capucins ; voilà pourquoi Palladio , qui était fidèle observateur des convenances, en séparant le chœur de l'église, lui a donné cette simplicité sévère qui convenait à l’ordre des religieux desservants. Ce grand architecte a ainsi satisfait à cette condition, sans troubler aucunement l’admirable harmonie et la correspondance des parties de ce précieux monument , lequel , semblable aux productions de Raphaël, ne surprend point au premier abord, mais dévoile progressivement une suite de beautés du premier ordre à l'observateur attentif dont le goût est assez formé pour pouvoir les apprécier convenablement.
Le plan démontre l'art avec lequel les masses sont allégées, et combien ces allégements introduisent d'élégance et de variété sans nuire à la solidité.
Une très-jolie église, érigée par Palladio à Mater, dans le Trévisan, est représentée pl. XXX, fig. Set 6. C'est une rotonde élégante de 35 pieds de diamètre, dont la façade extérieure est, à l'imitation des temples antiques, ornée d’un péristyle élégant.