I. Gangrènes primitives. — Elles peuvent être causées
a) Par l’ingestion de certaines substances toxiques, telles que l’ergot de seigle (ergotisme gangréneux) ;
b) Par des lésions vasculaires qui interrompent le cours du sang dans une zone cutanée, parfois dans un segment de membre ou dans un membre ; à cette catégorie extrêmement importante appartiennent :
La gangrène sénile que nous n’avons pas à décrire ;
La maladie de Raynaud , laquelle se rattache d’ailleurs par quelques points au groupe suivant, et dont nous donnons un court aperçu dans la classe des Trophonévroses ;
c) Par des lésions du système nerveux central ou périphérique, comme dans le décubitus aigu, dans les troubles trophiques (gangrène des hystériques, etc...); (voir la thèse inaugurale de J. -A. Bannwart : Lucerne, 11)05) (voir Trophonévroses ) ;
d) Par certains états généraux, comme l’albuminurie et surtout le diabète.
Symptômes de la gangrène diabétique. — La gangrène diabétique peut être consécutive à une lésion cutanée antérieure, furoncle, anthrax, phlegmon, ou bien être primitive.
Primitive, elle peut être totale, profonde, intéresser tout un membre ou un segment de membre, simuler la gangrène sénile, la maladie de Raynaud, mutiler les organes génitaux, etc... : nous renvoyons pour l’étude de ces formes aux ouvrages de pathologie interne ; ou bien elle est superficielle et intéresse surtout les téguments. On peut voir alors se produire de nombreuses taches noirâtres de très petites dimensions disséminées çà et là sur la peau et les muqueuses ; c'est V éruption gangréneuse des auteurs.
Kaposi a décrit sous le nom de gangrène diabétique bullo-serpigineuse , une éruption qui débute par des bulles çà et là disséminées, surtout sur les membres, et au-dessous desquelles le derme se mortifie : chaque foyer de gangrène se propage ensuite suivant un bord convexe par un soulèvement bulleux de 1 épiderme au-dessous duquel se produit l’escharification ; pendant que l’extension se fait suivant un des bords, le centre au contraire quia été primitivement atteint se déterge.
GLANDES SÉBACÉES
puis se cicatrise. Ce processus justifie donc le nom de bullo-serpigineux que lui a donné le dermatologiste viennois. Il est probable qu’il s’agit d’inoculations microbiennes, peut-être de streptococcies, développées sur une peau de diabétique.
Traitement de la gangrène diabétique. — On doit avant tout s’occuper de l’état général et traiter le diabète. Gomme soins locaux, on ouvre les bulles lorsqu’il s’en forme; on enlève tout l’épiderme soulevé; on lave avec un liquide antiseptique, eau boriquée, eau oxygénée, ou solution faible de sublimé; on touche avec une solution de nitrate d’argent allant du 1/50 au 1/10 quand il y a production de bulles et par suite probabilité d’infection streptococcique ; puis on applique de l’emplâtre rouge (formule Vidal : minium 2,50, cinabre 1,50 et diacliylon 2.6), ou bien on fait un pansement antiseptique. Après la chute de l’escarre, on se sert, soit d’iodoforme, soit d’iodol, soit enfin, si les préparations précédentes irritent trop les téguments ou sont mal supportées, de poudre d’aristol ou de sous-carbonate de fer.
e) Enfin par des infections microbiennes diverses : ce dernier groupe est de beaucoup le plus important pour le dermatologiste.
Il renferme :
1° Les gangrènes multiples disséminées de la peau chez les enfants ;
2° Les gangrènes cutanées infectieuses des adultes ;
3° Les gangrènes foudroyantes des organes génitaux.
(Nous les étudions dans la classe des Affections microbiennes.)
II. Gangrènes secondaires. — Elles semblent se produire dans certains états généraux graves, lorsque les processus inflammatoires atteignent un degré d’intensité tout à fait exagéré.
C’est ainsi qu’on voit parfois le zona, l’érysipèle, le chancre mou, la syphilis etc..., se compliquer de gangrènes cutanées.
Traitement. — D’une manière générale quand il y a gangrène il est indiqué :
A. De tonifier l’état général suivant les indications : le quinquina joue d’ordinaire un rôle important ;
B. De tenir la lésion en parfait état de propreté et de repos :
a) De favoriser dans une première période l’élimination de l’escarre par des pansements émollients aseptiques ;
b) De favoriser, après l’élimination de l’escarre, la cicatrisation de la plaie par des pansements propres, non irritants, avec des poudres appropriées, aristol, sous-carbonate de fer, iodol, etc...
Si le cas n’est pas simple, s’il y a fermentation putride, il est indiqué d’employer des lotions parasiticides et désinfectantes telles que l’eau oxygénée, le permanganate de potasse, des attouchements avec des solutions fortes de bleu de méthylène, de chlorure de zinc, et des pansements à l’iodoforme.
GLANDES SÉBACÉES
Les glandes sébacées présentent deux ordres de déterminations morbides :
4° Des troubles fonctionnels ;
2° Des lésions cutanées consécutives aux altérations de ces glandes , de quelque nature qu’elles soient.
TABLEAUX D'ENSENBLE ET SYNDROMES INCLASSABLES
1° Troubles fonctionnels. — A. Il peut y avoir exagération considérable du flux de sébum avec issue au dehors.
C’est la séborrhée grasse oit huileuse (voir Trophonévroses.)
B . Il peut y avoir défaut d’excrétion, d’où sécheresse delà peau qui, fort exagérée, en arrive à la xérodermie et à Vichthyose (voir Dystrophies.)
C. U peut y avoir rétention des produits de sécrétion dans le conduit excréteur qui est bouché et dans la glande elle-même : il en résulte les kystes sébacés (voir Tumeurs.)
2° Lésions de la glande. — Il peut y avoir :
A. Hyperkératose de V infundibulum pilo-sébacé ; il en résulte les lésions auxquelles on a donné les noms cl 'Acné kératosa ou acné cornée, de lichen spinulosus , etc... (voir ces mots aux Dystrophies).
B. Infectionpar le microbacille séborrhéique et formation du cocon séborrhéique (voir séborrhée grasse).
C. Hyperkératose de V infundibulum autour du cocon séborrhéique : c’est le comédon (voir Acné, aux Dermatoses microbiennes).
D. Diflammation et suppuration périglandulair es. — Ace groupe se rattachent :
a). L 'Acné inflammatoire juvénile avec séborrhée et comédons (voir Dermatoses microbiennes ) ;
h) L’Acné artificielle professionnelle (voir id. et Eruptions artificielles) ;
c) L’Acné artificielle médicamenteuse (voir id.)
E. Hypertrophie des glandes sébacées et des tissus périphériques. — Ce groupe comprend :
a) L’Acné couperosique proprement dite (voir Dermatoses microbiennes) ;
b) Le Rhinophyma (voir id.)
F. Associations microbiennes :
a) Acné atrophique (voir Dermatoses microbiennes) ;
b) Acné kéloïdienne ( id.);
c) Acné fur onculeuse de de la nuque (id.) ;
d) Acné décalvahte (ici.).
On pourrait à la rigueur rattacher aux lésions des glandes sébacées beaucoup d’autres lésions du follicule pilo-sébacé (voir Folliculites.)