PÉNIS
(. Affections cutanées du Pénis).
La pathologie de la région tégumentaire à laquelle on est convenu de donner le nom de muqueuse glando-préputiale ne présente rien de bien spécial.
Le phimosis est du domaine de la chirurgie : il en est de même pour les tumeurs de diverse nature qui peuvent s’y développer.
Les troubles de la pigmentation de ces régions s’observent dans la maladied’Addison, dans l’argyrie, dans l’arsenicisme (voir ces mots.)
Il peut s'y développer de Y eczéma, du psoriasis, des par akér aloses psoriasif ormes, du lichen plan, de laleucoplasie, etc... C’est un des. sièges de prédilection de Y herpès (voir ce mot), de Y èléphantiasis , des végétations , du chancre simple, du chancre syphilitique, des syphilides, etc...
Mais en outre on y constate fréquemment des inflammations plus ou moins accentuées qui occupent tantôt la surface du gland, tantôt la face interne du prépuce, tantôt et surtout le sillon glando-préputial, tantôt celte région tout entière, et qui portent le nom de balanites et de balano-postliites.
Elles sont presque toujours de cause externe, et on peut les subdiviser d’après leur étiologie en :
1° Traumatiques, par irritations mécaniques directes, ou par contact de corps irritants, tels que l’urine, dans le cas de phimosis et de manque de soins hygiéniques ;
2° Mixtes, consécutives à des contacts de liquides irritants et à des pullulations de microbes banals, comme dans le diabète ( diabétides génitales) (voir ce mot) : il est probable qu’on doit y faire rentrer l’ancienne balanite simple ou catarrhale.
3° Balano-posthites microbiennes spécifiques qui comprennent :
a) La balano-posthite blennorragique;
b) La balano-posthite érosive circinée de Berdal et Bataille (voir ce mot) ;
c) La balano-posthite pustulo-ulcéreuse de du Castel (voir ce mot).
Nous allons donner ici une description d’ensemble de la Balanite considérée comme un syndrome.
TABLEAUX D'ENSEMBLE ET SYNDROMES INCLASSABLES
BALANITE
La balanite est l’inflammation de la muqueuse du gland. Presque toujours elle coïncide avec l’inflammation delà muqueuse du prépuce : c’est ce que l’on appelle la balanoposthite.
Étiologie. — Comme nous venons de’ le dire, la balanite peut reconnaître les causes les plus diverses : ce n’est pas une entité morbide bien définie. Elle peut se développer primitivement, ou dans le cours d’une autre maladie qu’elle vient compliquer.
C’est ainsi qu’elle peut être un des symptômes ou une complication du chancre simple, de l’herpès, de la syphilis, de la blennorrhagie, du diabète (voir ces mots).
Certaines personnes semblent y être prédisposées soit par une hypersécrétion considérable des glandes préputiales, soit par un phimosis accidentel ou congénital, qui favorise l’accumulation dans le sillon glando-préputial des matières sécrétées par la muqueuse, la stagnation des urines, et qui rendent plus difficiles les soins de toilette.
La masturbation favorise le développement de la balanite.
Symptômes. — La balanite est souvent consécutive à ces simples conditions d’hygiène défectueuse, soins de propreté incomplets, stagnation de quelques gouttes d’urine qui fermentent entre le prépuce et le gland, traumatismes. On voit alors la muqueuse s’enflammer, rougir, se tuméfier même. D’ailleurs rien de plus variable que l’intensité du processus : son maximum siège d’ordinaire vers le sillon glando-préputial : la muqueuse est atteinte en totalité ou en partie : parfois la rougeur est disposée par petites plaques ; parfois elle est superficielle, légère, à peine rosée; parfois elle est rouge vif, avec suintement abondant d’un liquide puriforme, œdèmes, hypertrophie des papilles, démangeaisons plus ou moins vives, souvent sensibilité au toucher. Il peut même survenir des érosions plus ou moins étendues, parfois sanguinolentes, et enfin de véritables ulcérations qui siègent surtout vers la base du gland, et, qui par leur cicatrisation donnent naissance à des synéchies entre le prépuce et le gland. Dans les balaniîes chroniques, comme celles du diabète, le prépuce peut s’infiltrer progressivement, se scléroser et former un phimosis cicatriciel inextensible.
On a déjà essayé de préciser quels sont les microbes qui pullulent dans le sillon balano-préputial et qui y jouent un rôle pathogène : mais on n’a pas encore épuisé cette question. Dans une fort intéressante communication à la Société de Dermatologie, le 1 1 avril 1904, Rist a prouvé que des microorganismes strictement anaérobies peuvent jouer une action prépondérante dans certaines balanites, ce qui explique qu’un des meilleurs traitement de ces affections consiste à découvrir le gland.
(Voir en outre le mémoire de IL Vincent, Recherches bactériologiques sur la balanite vulgaire. Annales de Derniat. et de syph., juin 1904, p. 497, et les travaux de Queyrat, 1905.)
Les complications possibles de la balanite sont les lymphangites, les adénites inguinales. Dans les balanites secondaires avec phimosis on a pu observer de la gangrène du prépuce.
Traitement. — Le traitement de la balanite simple consiste essentiellement en soins d’hygiène.
PITYRIASIS
Avant tout, on lavera soigneusement le prépuce et la rainure glando-préputiale avec de l’eau bouillie pure ou additionnée d’un peu d’eau blanche ou de coaltar saponiné ; on les savonnera même si c’est possible, et on les poudrera avec une poudre inerte non fermentescible, talc, sous-nitrate de bismuth, oxyde de zinc, kaolin, ceyssatite, etc... Au besoin on interposera un fin morceau de toile fine et usée imprégnée de poudre entre le prépuce et le gland.
En outre on recommandera au malade de ne jamais uriner dans son prépuce, et de ne jamais laisser stagner de l’urine entre le prépuce et le gland. Avant d’uriner, on retire le prépuce en arrière, puis on sèche le méat avant de lui laisser prendre sa position normale.
Il est rare que ces soins ne suffisent pas.
Dans les cas rebelles on a recours aux badigeons quotidiens avec des solutions de nitrate d’argent au 1/100, au 1/50, avec des solutions d’acide picrique au 1/100, de bleu de méthylène au 1/250, parfois aux applications de préparations mitigées de goudron ou d’ichthyol.
Dans les cas de phimosis extrêmement étroit, on fait des injections fréquentes entre le prépuce et le gland avec des liquides légèrement antiseptiques, en particulier avec de l’eau oxygénée diluée, ou avec des solutions de résorcine à 2 ou 10 p. 500 suivant la tolérance des sujets.
PITYRIASIS
Le mot pityriasis (de tutuoov, son) signifie affection cutanée caractérisée par une fine desquamation. Ce n’est qu’un symptôme qui s’observe dans plusieurs dermatoses distinctes les unes des autres comme nature, aspect, évolution. Il ne faut donc jamais, quand on veut faire un diagnostic précis, se servir du mot pityriasis seul ; il faut toujours ajouter une épithète qui caractérise l’affection dont il
s’agit.
Voici quelles sont les dermatoses qui sont encore à l’heure actuelle désignées sous le nom de pityriasis.
Le pityriasis simplex de la face et du cuir chevelu, affection banale qu’Ünna a rattachée à son eczéma séborrhéique, à laquelle nous avions donné le nom de sèborrhèide pilyriasique, et à laquelle Sabouraud veut restituer définitivement sa dénomination ancienne de pityriasis simplex, proposition à laquelle nous ne faisons aucune objection (voir Dermatoses parasitaires).
Le pityriasis rosé de Gibert, sorte d’exanthème spécial sans gravité (voir Réactions cutanées pures) ;
Le pityriasis circiné et marginè dé E. Vidal qui n’est sans doute qu’une variété de la précédente affection ;
Le pityriasis rubra typique de Hebra, affection des plus graves, et ses variétés bénignes (; pityriasis rubra subaigu bénin), que nous avons rangés provisoirement dans le groupe des réactions cutanées ;
Le pityriasis rubra pilaris de Devergie, Besnier, Richaud, alfection bénigne, mais des plus tenaces, que nous rangeons à côté du psoriasis ;
L c pityriasis versicolore, affection parasitaire tenace, mais des plus bénignes, (voir Dermatoses parasitaires).
Enfin dans ces derniers temps Sabouraud a proposé de désigner sous le nom de
TABLEAUX D’ENSEMBLE ET SYNDROMES INCLASSABLES
pityriasis, stéaioïde toute une série d’affections qui ont été décrites sous les noms les plus divers, qui faisaient partie de l’eczéma séborrhéique d’Unna, et qui nous paraissent répondre : 1° h notre dermatose figurée médio-thoracique ; 2° à une partie de nos parakératoses psoriasiformes eczématisées, et 3° probablement aussi à certaines de nos parakératoses psoriasiformes typiques (voir ces mots).
Comme on le voit, on ne peut établir aucun lien entre ces diverses affections, et par suite on ne saurait conserver un groupe morbide Pityriasis.