I. Télangiectasies des vaisseaux sanguins
1° Télangiectasies symptomatiques de troubles de la circulation générale et d’affections viscérales. — Elles sont presque toujours généralisées, diffuses, plus rarement localisées, circonscrites.
A. Généralisées, elles s’observent dans la cyanose, l’asthme chronique, l’asystolie, etc., en un mot dans les divers états morbides chroniques dans lesquels l’hématose se fait difficilement par suite de troubles de la circulation générale, affections du cœur, des artères, des veines, affections pulmonaires graves, cirrhose atrophique du foie, etc.
B. Circonscrites, ou pour mieux dire, localisées à un segment du corps, elles s’observent dans l’asphyxie locale des extrémités, où elles se cantonnent aux doigts, aux orteils, aux mains, aux pieds, à la partie inférieure des avant-bras et des jambes, au nez, aux oreilles, au menton, au pommettes; dans les affections hépatiques et spléniques où elles se cantonnent aux parois abdominales ; dans les affections des fosses nasales et des sinus, ou elles se cantonnent aux parties voisines de la face, etc. ; en un mot toute lésion viscérale chronique peut les développer dans son voisinage par la gêne qu’elle apporte à la circulation locale de la région.
2° Télangiectasies symptomatiques d’autres dermatoses. — Les télangiectasies peuvent être un des éléments symptomatiques principaux de l’affection cutanée, ou un élément tout à fait accessoire.
A. Citons parmi le premier groupe la couperose vraie, le rhinophyma, la kératose pilaire, l’angiokératome, le xeroderma pigmentosum, les lésions cutanées produites par les rayons X, etc. l.
1 Faisons remarquer en passant les liens étroits qui unissent ces trois dernières dermatoses. L' angiokératome (et nous avons été l’un des premiers, presque simultanément avec Mibelli et sans connaître ses travaux, à le décrire sous le nom suggestif de télangiectasies verruqueuses ) se développe à J a suite d’engelures, et est caractérisé par des dilatations vasculaires et des productions verruqueuses cornées; le xeroderma pigmentosum se développe chez des individus prédisposés, surtout aux régions soumises à l’action de la lumière solaire, et est caractérisé essentiellement par de l’atrophie cutanée cicatricielle, des télangiectasies et des productions verruqueuses et épithéliomateuses ; les lésions cutanées produites par V action prolongée et répétée [des rayons X sont caractérisées par des atrophies cutanées, des télangiectasies, des productions verruqueuses
TABLEAUX D ENSEMBLE ET SYNDROMES INCLASSABLES
B. Parmi les dermatoses du second groupe citons les cicatrices, et surtout les chéloïdes, les sclérodermies circonscrites et les morphées, le lupus vulgaire et le lupus érythémateux, les nodules de la lèpre, etc.
3° Télangiectasies semblant être primitives ou essentielles. — Nous les décrivons dans les trophonévroses, section des Syndromes vaso-moteurs .
II . Lymphangiectasies cutanées ( Varices lymphatiques dermiques). — Nous nous contenterons de signaler ces lésions qui sont surtout du domaine de la chirurgie et des plus rares.
E. Besnier et A. Doyon les divisent en : a) Lymphangiectasies irritatives aiguës et superficielles qui sont des plus rares et peu connues ; h) Lymphangiectasies irritatives chroniques profondes qui siègent surtout aux membres inférieurs, et se caractérisent « par des nodosités de la dimension d’un petit à un gros pois, présentant au centre un point de ramollissement, avec issue de sanie, de liquide lymphatique, lymphorragie, fistules lymphatiques, reposant sur un fond violacé, oedémateux, phlegmoneux, induré, cicatriciel ». Leur cause est ou bien un irritant banal (L. supposées simples), ou bien un irritant spécifique, en particulier le bacille de la tuberculose, (L. spécifiques). (E. Besnier et A. Doyon1.)
TROPHONÉVROSES. DERMATONEUROSES
D’après IT. Leloir, il faut entendre par trophonévrose ou mieux par dermatoneurose toute affection cutanée secondaire à une modification du système nerveux central, ganglionnaire ou périphérique.
Il est inutile d’en donner ici un tableau d’ensemble ; on le trouvera au début de la classe II des Réactions cutanées.
Le mot tumeur, qui date de toute antiquité, a été créé à une époque où les connaissances anatomo-pathologiques et cliniques étaient des plus imparfaites. Il répondait à une apparence extérieure, il s’appliquait à toute lésion caractérisée objectivement par un gonflement plus ou moins limité. Il désignait un symptôme et rien de plus.
A mesure que la médecine a fait des progrès, on a étudié ce symptôme, on l’a analysé ; on a vu qu’il était commun aux affections les plus diverses, et l’on est
qui sont parfois le point de départ de dégénérescences épithéliomateuses. 11 est impossible de ne pas être frappé de l’air de famille qu'ont ces trois ordres de lésions cutanées, comme étiologie, pathogénie et symptomatologie.
1 Lymphangiectasies des mains et des pieds. — Sous ce nom, Golcott Fox a décrit une éruption localisée aux extrémités, et caractérisée au point de vue objectif par de petites élevures d'un rouge plus ou moins sombre, qui ressemblent à des verrues compliquées de télangiectasies, et dont la couleur disparaît par la pression du doigt.
Ce sont très probablement des lésions identiques à celles que Dubreuilh a dénommées verrues télangiectasiques, que Vittorio Mibelli a décrites sous le nom à'angiokératome, et nous-même sous celui de télangiectasies verruqueuses . (voir Angiohér atome).
peu à peu arrivé à déterminer des maladies bien définies que Ton englobait primitivement dans ce groupe factice par cela seul que les parties atteintes étaient tuméfiées.
Au point de vue dermatologique pur, le groupe tumeur ne doit pas plus être conservé que le groupe papule, pustule, vésicule, etc... En fait, le mot tumeur de la peau ne veut dire que lésion circonscrite f disant une certaine saillie au-dessus du niveau normal des téguments. Vouloir donner à ce terme une précision scien tifique et l’élever au rang de groupe morbide bien défini, nous paraît arbitraire et illogique.
Ce mot ne peut plus servir, à l’heure actuelle, qu’à désigner en pratique et provisoirement les altérations cutanées dont on ne connaît pas encore la nature et qui font une saillie circonscrite.
Dès qu’une semblable lésion est diagnostiquée et classée, soit au point de vue particulier d’un malade observé, soit au point de vue général d’un nouveau groupe morbide que l’on constitue, elle cesse d’être dénommée tumeur, et prend un nom spécial et une étiquette précise.
Nombre de tumeurs de la peau ont été ainsi rangées dans les maladies microbiennes à microbes connus; telles sont les tumeurs de la lèpre, de la syphilis, le rhinosclérome, etc.
On comprend que dans l’énorme reliquat dont la nature intime, l’origine restent plus ou moins mystérieuses, il y en a encore un certain nombre qui devront dans un avenir plus ou moins lointain être également rattachées aux affections de nature parasitaire ou microbienne. Il est probable, d’autre part, que certaines d’entre elles dérivent de déviations véritables du type normal des tissus développées sous des influences encore mystérieuses.
Beaucoup d’auteurs ont rattaché leur genèse1 « à la présence en situation anormale d’éléments cellulaires ou de portions de tissus se trouvant séparés de leurs connexions habituelles et plongés au sein d’un tissu d’une autre espèce. Le déplacement en question peut être artificiel, c’est-à-dire traumatique ou expérimental ; il peut être la conséquence d’un processus pathologique ; ou enfin le résultat d’un trouble dans le développement d’une malformation. On a même exagéré l’importance de ce dernier point : pour Cohnheim, toutes les tumeurs seraient d’origine congénitale, ce qui est certainement exagéré. Il suppose qu’à un stade précoce du développement embryonnaire, qui probablement doit être placé entre la différenciation achevée des feuillets primitifs et celle des éléments de chaque organe, il peut rester des cellules non utilisées, capables ultérieurement de se développer d’une façon en quelque sorte indépendante. 11 faut avouer que cette théorie est ingénieuse et qu’elle indique d’une façon très plausible quel peut être le point de départ des néoplasmes; on lui objecte seulement qu’elle n’explique aucunement pourquoi et comment telle ou telle inclusion embryonnaire, après être restée souvent latente pendan t un grand nombre d’années, se met tout à coup, par exemple à l’âge adulte ou chez le vieillard, à proliférer et à se développer en une tumeur qui affecte parfois un caractère malin et envahissant (Darier.)
« Remack a montré que les tissus néoplasiques sont les descendants des tissus normaux et en proviennent.
« Dans la majorité des cas, c’est par le mécanisme de la prolifération de cellules
1 Tout ce qui suit est de notre excellent ami Darier, l'histologiste si connu, qui dans notre pays est l'autorité la plus incontestée dans cette partie de la dermatologie.
TABLEAUX D’ENSEMBLE ET SYNDROMES INCLASSABLES
préexistantes que naissent les tumeurs, prolifération qui conduit à la constitution de tissus nouveaux, simples ou plus ou moins complexes.
« Pour certains auteurs, le fait capital pour le développement d’une tumeur réside dans Y isolement de certaines cellules qui, détachées de leurs connexions habituelles, se trouvent ainsi émancipées des lois qui régissent leurs congénères.
« Pour d’autres, une tumeur résulte du fait que certains éléments embryonnaires ont persisté en conservant P aptitude germinative et proliférative dont ils étaient doués.
« Mais tous, à peu près, sont d’accord pour reconnaître qu’il faut, même à des éléments hétérotopiques, isolés ou embryonnaires, une incitation locale survenant à un moment donné; car il y a lieu de tenir compte de la circonstance que beaucoup de tumeurs qu’on peut rapporter à une malformation ou à une inclusion embryonnaire ne se développent qu’à un âge avancé.
« Quel est cet excitant? Il semble que parfois il suffise d’un simple traumatisme ou d’une irritation externe banale ; celle-ci pourrait agir soit directement par dynamogenèse, soit indirectement par inhibition sur le tissu voisin dont, suivant Thiersch, elle diminuerait la force de résistance. Par induction on a été conduit à soupçonner que cet excitant pouvait être d’ordre parasitaire sans avoir réussi à en fournir la preuve jusqu’ici... (Darier.)
« En tout cas, l’effet de la cause inconnue ou de diverses causes additionnées est une prolifération, surabondante toujours, atypique souvent, et que Benecké a pu qualifier d 'anarchie cellulaire . Cette anarchie est reconnaissable au nombre excessif des éléments produits, à leur siège insolite, à leur caractère
imparfait.
« On a dès longtemps remarqué que les cellules néoplasiques subissent souvent une évolution moins complète que leurs analogues des tissus normaux, qu’elles atteignent un degré de développement et de différenciation moins avancé, ce que l’on exprime en disant qu’elles sont en état mélatypique ou atypique.
« Il faut aussi mettre en relief que les éléments néoplasiques sont tout particulièrement sujets à un grand nombre de dégénérescences, variables dans leur forme et dans leur nature, lesquelles sont aussi une conséquence et un indice des conditions anormales de leur naissance et de leur existence.
« Comme il est impossible de classer les tumeurs selon leur étiologie qui est inconnue, et selon leur évolution clinique qui est sujette à varier pour des néoplasmes très analogues, voire au cours du développement d’un même néoplasme, on est contraint pour ainsi dire d’adopter une classification anatomique. On les range donc suivant le tissu ou l’espèce cellulaire dont elles sont composées, soit exclusivement, soit d’une façon absolument prédominante, et l’on rapproche ce tissu de son analogue normal dans l’organisme ».
Papillomes.
Adénomes.
Molluscum conlagiosum.
Milium.
Tumeurs i épithéliales. \ Kystes.
\ Kystes traumatiques.
A contenu séreux. [
Nævi, nævo-carcinome :
Epithéliomes.