‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 146 sur 252 · DE R M A TOSES A RT I F I C I E L LES · texte numérisé non relu

DE R M A TOSES A RT I F I C I E L LES

nium majus, phytolacca decandra, piper nigrum, aconitum napellus, anemone nemorosa et patens; clematis, delphinium consolida et staphisagria, heTleborus niger, renunculus repens, acris, bulbosus, sceleratus, cephœlis ipecaeuanha, ailanthus glandulosa, pilocarpus pennatifolius, ruta grave ol eus, populos candicans, verbascum thapsus, capsicum fastigium, daphne mezereum, tropœolurn majus, thapsia garganica, urtica, les poussières des graines des céréales, l’eucalyptus et surtout l’huile d’eucalyptus que l’on emploie en frictions.

Les primulacées peuvent déterminer des éruptions érythémateuses et vésiculeuses qui ont pour grand caractère de siéger surtout aux mains et au visage et qui simulent l’eczéma. La variété qui y donne le plus souvent lieu est la primula o b co nie a.

On a décrit : 1° des éruptions aiguës qui surviennent après un seul contact ou après un petit nombre d’attouchements au bout de quelques heures ; le malade éprouve une vive cuisson ; puis la peau rougit, s’œdématie, et se couvre de fines vésicules cohérentes, parfois de bulles, lesquelles se rompent et laissent des surfaces à vif et suintantes : il existe un prurit dos plus violents : l’éruption augmente pendant quelques jours ; puis elle guérit lentement : elle affecte surtout la face dorsale des doigts et des mains, l’interligne des doigts, la face, où les paupières sont tuméfiées, les oreilles et le cou ; 2° des éruptions chroniques qui sont dues à des actions moins intenses, mais à des contacts très renouvelés : elles ont l’aspect d’un eczéma à poussées aiguës, suintant, localisé aux mains, à la face et au cou : la peau est rouge un peu tuméfiée, un peu squameuse, fort prurigineuse : de temps en temps surviennent des poussées aiguës vésiculeuses. — La primula sinensis est bien moins toxique que la précédent^, cependant Péters, Michael, Gassmann, Itetzdorff ont décrit des dermites eczématiformes avec poussées aiguës dues à cette plante. — Enfin Dubreuilh a signalé des éruptions eczématoïdes causées par la primula cortusoides (voir le mémoire de Dubreuilh sur ce sujet, 1905).

IV. — Les irritants d’origine minérale, chimique, et les divers produits

de l’industrie d’origine ohganique

Les huiles irritantes dont sont imprégnés les métiers des manufactures contribuent à produire les folliculites et périfolliculites des fileurs et rattacheurs des filatures de laine, affection caractérisée par des folie nli tes irrégulièrement disséminées, sortes de papulo-pustules prurigineuses qui s’excorient, se recouvrent de croûtes, et prennent un aspect eczématiforme : elles siègent aux mains, aux avantbras, et aux membres inférieurs.

Les graines rances , la lanoline impure provoquent des éruptions érythémateuses et vésiculeuses.

Le savon, quand on s’en sert fréquemment, donne d’abord de la sécheresse delà peau avec fine desquamation, puis des crevasses plus ou moins douloureuses, parfois insupportables, du prurit (prurit de savon de Leredde), de la rougeur, enfin des éruptions eczémateuses d’aspect ; c’est là fort souvent une des principales causes de Y eczéma dit des chirurgiens, lequel est en outre complété par le contact de divers antiseptiques et en particulier de l’acide phénique, du salol, de l’iodoforme, du sublimé.

L 'eau elle-même peut être une cause d’irritation : elle agit par macération quand les contacts sont fort prolongés, par irritation chimique quand elle ren-

IRRITANTS D’ORIGINE MINERALE, CHIMIQUE

ferme des sels : on sait que les eaux calcaires provoquent fréquemment des poussées eczémateuses chez des individus prédisposés qui ne peuvent séjourner dans certains endroits sans avoir immédiatement des éruptions aux mains et parfois à la face. Les bains même simples, à plus forte raison alcalins, sulfureux, etc., provoquent assez fréquemment des poussées éruptives.

Le sucre , V huile de térébenthine donnent lieu à des éruptions érythémateuses parsemées d’une infinité de petites pustules miliaires.

Les résines agissent de même, ce qui explique pourquoi la plupart des emplâtres médicamenteux peuvent donner lieu à des lésions cutanées qui dépendent de la macération de l’épiderme, de la prolifération des microbes qu’il contient, et de l’action irritante de la matière servant à fabriquer l’emplâtre : les éruptions sont encore plus fréquentes dans ce cas quand les emplâtres renferment en outre comme substance active un corps capable d’irriter par lui-même les téguments, comme l’emplâtre de Vigo, l’emplâtre à l'huile de cade, f emplâtre à l’huile de foie de morue, au salol, à l’iodoforme, etc. Ces éruptions provoquées par les emplâtres sont essentiellement caractérisées par leur circonscription répondant à la forme du morceau d’emplâtre appliqué : elles débutent par de la rougeur, parfois par de la tuméfaction des téguments, puis surviennent des vésicules, des vésico-pustules, des pustules, parfois même des exulcérations.

Le goudron, Y huile de cade provoquent de la rougeur, mais surtout une éruption acnéique d’aspect, papulo-pustuleuse, à laquelle on a donné le nom (Y acné radique ; elle est souvent un sérieux obstacle au traitement du psoriasis par ces agents.

La créosote provoque de l’érythème et des vésico-pustules.

Le baume du Pérou peut déterminer des dermites pustuleuses et des accidents d'intoxication générale.

L 'acide phênique cause parfois de véritables désastres : on n’est cependant pas autorisé à le supprimer de la thérapeutique, car il rend d’immenses services, et on peut en atténuer les effets nuisibles en l’incorporant à de l’huile, et en ajoutant de la glycérine à ses solutions aqueuses et alcooliques : il provoque souvent l’apparition d’un érythème avec plus ou moins de tuméfaction des téguments, parfois des vésicules, de telle sorte que l’éruption prend un aspect eczématiforme.

L’acide phénique peut aussi produire un accident beaucoup plus grave et dont la cause est souvent méconnue, nous voulons parler des gangrènes phéniquees qui se développent surtout aux doigts ou aux orteils à la suite de pansements phéniqués permanents. Nous avons vu ainsi l’acide phénique dont l’action nocive n’avait pas été reconnue provoquer de proche en proche d’atroces mutilations.

Le salol produit des éruptions érythémateuses et vésiculeuses d’une intensité toute spéciale, simulant souvent l’érysipèle quand on a employé des poudres ou des pommades salolées pour des affections des fosses nasales ou du conduit auditif: cette substance provoque des « eczémas » rebelles des lèvres, c’est-à-

dire de la rougeur avec douleur, prurit, desquamation et suintement des lèvres, des commissures, et des régions voisines des joues chez les personnes qui font

Fig. 33. — Eruption, artificielle provoquée par du salol que l'on avait appliqué sur une petite pluie de la main.

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usage des dentifrices salolés : le salol est une substance que l’on devrait rayer de la pharmacopée.

Le dermatol d’après A. Renault (Soc. de dennat., 7 février 1906 J pourrait provoquer une éruption érythémateuse, œdémateuse, purpurique.

L’ orthoforme donne lieu par contact direct à des éruptions érythémateuses, œdémateuses, vésiculeuses, que nous avons été les premiers à faire connaître en avril 1899 : elles sont d’un rouge vif un peu bistre assez spécial comme aspect.

Fig. 36. — Type d’éruption artificielle du dos caractérisée par de petites papulo-vésicules

miliaires, chez un laveur de fûts (acides dilués.)

de telle sorte que, lorsqu’on en a vu un cas, on peut reconnaître d’emblée l’éruption d’orthoforme : il se produit parfois en outre chez le sujet intoxiqué en des zones du corps qui n’ont pas été directement touchées par ce médicament, des éruptions par toxémie générale, érythémateuses, d’un rouge bistre, nodulaires.

La paraffine peut provoquer de l’érythème. Le pétrole donne souvent lieu à des dermites érythémateuses, vésiculeuses, un peu pustuleuses, à des papillomes.

U acide pyrogallique produit de la dermite érythémateuse par contact direct et des intoxications générales que l’on décèle par l’examen des urines, lesquelles prennent une teinte noirâtre.

L 'acide salicylique provoque des desquamations de l’épiderme. L 'acide chrysophanique donne lieu à des érythèmes d’un rouge violacé assez spécial, par-

IRRITANTS D’ORIGINE MINÉRALE, CHIMIQUE

fois même à des érythrodermies intenses et prolongées simulant la dermatite exfoliative généralisée, etc.

Les acides formique , picrique, sulfureux , sulfurique , nitrique , muriatique , chromique, phosphorique produisent des dermites traumatiques d’aspect banal.

Il en est de même du chloral, du chloroforme , de Y ammoniaque , de la potasse, de la soude, de la chaux, du plâtre, du sel commun. (Éruptions érythémateuses, vésiculeuses, pustuleuses, eczémati formes, des maçons, plâtriers, cimentiers, etc.)

Le soufre provoque fréquemment chez les personnes âgées de plus de trente ans des éruptions érythémateuses, papuleuses , papulo-vésiculeuses, prurigineuses.

L’iode, sous la forme de teinture d'iode produit des desquamations de la peau et parfois de véritables brûlures, quand elle est décomposée et qu il s’y est développé de l’acide iodhydrique.

L ’iodof orme peut donner lieu à des éruptions qui s’étendent rapidement, qui parfois même se généralisent en prenant l’aspect de l’érythème desquamatif scarlatiniforme ; ces accidents se produisent surtout lorsque l’on emploie simultanément des préparations de sublimé en lotions, ou quand on applique des emplâtres mercuriels sur de la poudre d’iodoforme : comme l’a fort bien dit Audry, ce sont des iodo-hydrargy rides.

L ’ arsenic produit de l’érythème, des vésicules, des pustules, des ulcérations arrondies caractéristiques du type dit pigeonneau (voir plus loin), avec fond grisâtre ou rougeâtre, et indurations périphériques. Tunnicliffe et Rosenheim ont décrit des dermatites à la suite du port de bas renfermant de l'arsenic ( Lancet , 1904).

Le nitrate d'argent produit des pigmentations brunâtres.

Le bichromate de potasse produit des papules, des pustules, des ulcérations des téguments, des ulcérations de la muqueuse buccale, des perforations delà cloison.

L’ aldéhyde formique (le formol) provoque souvent des éruptions érythémateuses et vésiculeuses, et même, d’après Galewsky, des lésions eczémateuses rebelles, des altérations profondes des ongles et des onyxis.

Le cobalt produit de l'hyperkératose palmaire chez les sujets qui en lavent les minerais; le nickel en produit sur la face dorsale des mains des ouvriers qui en lavent les minerais (Margain, Journal des mal. eut. et syph., février 1904, p. 94).

DERMATOSES ARTIFICIELLES'

Le mercure donne souvent lieu à des éruptions érythémateuses, œdémateuses, finement vésiculeuses, pustuleuses, purpuriques, localisées aux points directement touchés, mais fréquemment diffuses et plus ou moins généralisées par absorption

de la substance nuisible; elles prennent alors l’aspect d’érythèmes scarlatiniformes desquamatifs localisés parfois à la paume des mains et à la plante des pieds; plus souvent ils envahissent aussi les plis articulaires, les aines, les aisselles, les creux poplités, les plis du coude, ou même ils se généralisent à toute la surface du corps (voir plus loin les éruptions artificielles de cause interne).

Parmi les autres substances chimiques pouvant provoquer des lésions cutanées citons : le brome, le chlore (voir au chapitre acné la description de l’acné chlorique), le tarir ale d antimoine et de potasse, le chlorure de platine , le chlorure de zinc , etc.

Les diverses teintures , les vêtements colorés par les préparations d’aniline ou par d’autres substances tinctoriales, telles que les composés arsénicaux, mercuriaux, antimoniaux, ch comiques, etc., provoquent souvent des accidents cutanés. On sait combien sont fréquentes les éruptions érythémateuses, vésiculeuses, quasi bulleuses même à la suite du port de bas de couleurs, de flanelles rouges, etc.

Éruptions causées pur le chlorhydrate de paraphénylcuc «(tontine . — NüUS devons dire un mot des éruptions produites par une teinture de cheveux des plus usitées depuis une quinzaine d’années, vendue sous des noms divers, mais surtout sous celui de teinture végétale, dénoncée par Cathelineau en 1895 comme nuisible et comme renfermant en réalité du chlorhydrate de paraphénylène diamine, et contre l’emploi de laquelle nous avons vigoureusement protesté le 13 mars 1898 {Bulletin medical, p. 237). Nous avons distingué trois degrés dans Y intensité de ces accidents.

a) Forme légère. — Il s’agit presque toujours de femmes de trente à soixante ans qui ont quelques démangeaisons au cuir chevelu, mais surtout une sorte d’eczéma récidivant des oreilles ou des paupières, du prurit de la face, parfois des éruptions eczémati formes des mains et des poignets. 11 existe une rougenr plus ou moins vive des régions atteintes, s’effaçant par la pression du doigt, érythémateuse simple, parfois urticarienne ; dans quelques cas il y a un peu de suintement séreux analogue à celui de l’eczéma, fréquemment un peu de desquamation. Ces éruptions procèdent par poussées successives qui ne paraissent avoir aucune raison apparente de se produire, mais qui sont probablement dues à ce que la malade touche constamment ses cheveux avec ses doigts, puis se frotte machinalement les paupières et la figure : en outre les oreilles et le sillon rétro-auriculaire sont lésés par le contact direct des cheveux. 11 suffit d’un peu de transpiration pour dissoudre la teinture dont les cheveux sont chargés et pour provoquer les accidents. Nous avons observé des phénomènes analogues aux lèvres et autour des narines chez des hommes qui se teignaient la moustache.

Fig. ;-ÎS. — Eruption artificielle de la face consécutive à une application d/emplàtre de Yigo.

IRRITANTS D’ORIGINE MINÉRALE CHIMIQUE

Dans ces formes légères les éruptions sont fugaces, mais essentiellement récidivantes, et il est assez souvent difficile d’en reconnaître la véritable nature.

b) Forme moyenne. — Il n’en est plus de même dans la forme moyenne : le médecin peut parfois croire à un érysipèle au début, mais il est vite fixé. Presque immédiatement après l’application de la teinture, parfois même pendant cette application, le sujet ressent des picotements et des cuissons au visage, surtout aux paupières, puis, dans les six, douze ou vingt-quatre heures, surviennent au niveau des téguments directement touchés, au niveau de ceux qui sont dans leur voisinage immédiat, cou, oreilles, front, paupières, joues, etc., des sensations intolérables de brûlure et de cuisson. La peau rougit, se tuméfie à vue d’œil; en vingtquatre ou quarante-huit heures, il se forme des phlyctènes nombreuses, irrégulières, pleines d’une sérosité transparente ou roussatre, qui donnent aux surfaces atteintes l’aspect de surfaces brûlées, qui crèvent en laissant s’écouler un liquide plus ou moins abondant suivant l’intensité de l’éruption, et que I on est parfois obligé de recueillir sur des serviettes. Vers le deuxième ou le troisième jour de l’éruption, les téguments sont d’un rouge vif, tuméfiés, suintants, couverts de débris d’épiderme, de phlyctènes, de croûtelles d'un jaune noirâtre, et l’aspect de la barbe ou de la chevelure fortement colorées, un peu délavées par place, impose tout de suite le diagnostic étiologique. Quand le sujet n’est pas très eczémateux, toute cette inflammation se dissipe avec une rapidité relative, sauf parfois de petites reprises, si par hasard un lavage intempestif remet de la teinture en contact avec les téguments. Ce sont là des feux de paille, ainsi que le disait Feulard. Peu à peu la tuméfaction diminue, le suintement cesse, la rougeur pâlit, les démangeaisons se calment; tout rentre dans l’ordre en un laps de temps qui varie de une à trois semaines.

c) Forme intense ou grave. — Ces cas sont de beaucoup les plus rares. Ils sont constitués par de très violentes éruptions d’aspect érysipélatoïde qui ont de la tendance à se généraliser en envahissant des régions du corps assez éloignées des points qui ont été directement en contact avec la teinture. Cette généralisation se fait-elle par les mains imprégnées de la substance nocive après avoir touché les cheveux, ou par la sérosité qui s’écoule des points directement atteints, ou par les linges imbibés de cette sérosité, laquelle est chargée rie chlorhydrate de paraphénylène ? Se fait-elle au contraire par intoxication générale de l’organisme? Par voie réflexe ? Doit-elle être considérée comme une poussée d’eczéma que provoque chez un sujet prédisposé l’irritation locale causée par l’action directe de la teinture? Toutes ces solutions sont possibles; on peut les proposer et les discuter à propos de la plupart des éruptions artificielles de cause externe du même type.

L’aspect objectif de ces éruptions diffuses n’est pas toujours le même. Parfois ce sont des plaques érythémateuses qui présentent une certaine tendance à la vésiculation, puis à la desquamation ; parfois ce sont des éléments papulo-vésiculeux disséminés ou groupés rappelant ce que l’on a décrit sous le nom d’eczéma papulo-vésiculeux ; parfois ce sont des lésions urticariennes incessamment récidivantes, etc.

Ces éruptions se compliquent assez souvent d’adénopathies, de folliculites, de furoncles, et même d’anthrax.

Le prurit est d’une extraordinaire i ntensité avec exacerbation vers les cinq heures du soir et entre neuf heures et minuit.

DERMATOSES ARTIFICIELLES

Le pigeonneau. — Ulcérations professionnelles des mains chez les ouvriers teinturiers en peaux. — Il nous paraît utile de donner une courte description d'un accident relativement assez fréquent chez les sujets qui manient des substances

chimiques très irritantes, acides divers, mordants, chaux, composés arsénicaux, etc., et qui s’observe surtout chez les mégissiers, les tanneurs, les teinturières en peaux, etc... Il a été signalé par Armieux sous le nom de rossignol , par Beaugrand sous celui de pigeon ou pigeonneau, par Bazin, Layet, Poincaré, etc. : il a été précisé par nous-même et par notre élève Laubry (Annales de Derrnat. 1901).

Symptômes. — Le pigeonneau est constitué par une ulcération plus ou moins considérable, ayant d’ordinaire de 3 millimètres à un centimètre de grand diamètre, de 2 à 6 millimètres de petit diamètre. Elle est donc presque toujours ovalaire, à grand axe dirigé parallèlement au grand axe des doigts, parfois, cependant, perpendiculaire à cet axe dans le sens* des plis de flexion quand elle siège au niveau désarticulations. Mais elle peut aussi être régulièrement arrondie.

Les bords de l’ulcération sont d’ordinaire constitués par une sorte de bourrelet rouge ou rosé, de 2 à 3 millimètres d’épaisseur, au niveau duquel les téguments sont épaissis, indurés, et assez souvent, autour de ce bourrelet périphérique, les téguments sont rouges, infiltrés, comme tuméfiés.

L’ulcération est taillée à pic, comme à l’emporte-pièce, profonde de 2 à 4 millimètres les bords en sont donc abrupts, mais nullement décollés : ce sont de vraies falaises, mais elles ne sont pas creusées de cavernes. Le fond est assez irrégulier, sanieux ou granuleux, selon la période de révolution. Assez souvent l’ulcération est recouverte d’une croûte noirâtre, dure, adhérente, profondément enchâssée' entre les bords qui forment bourrelet, de telle sorte que la lésion dans son ensemble a un vague aspect d’œil d’oiseau.

Les phénomènes douloureux éprouvés par les malades sont pour ainsi dire constants, et parfois d’une telle intensité que tout travail est impossible. Ils sont surtout violents lorsque le pigeonneau siège au bout des doigts, comme chez les ouvriers qui se livrent au travail des rivières. Ils sont moindres chez les teinturières en peaux ; aussi celles-ci continuent-elles à travailler longtemps encore

Fig. 40. — ■ Lésions cutanées produites par le contact direct des composés arsénicaux.

On voit sur la face dorsale de la main deux ulcérations arrondies, à pic, analogues à celles des pigeonneaux.

Fig. 39. — Pigeonneau die/ une ouvrière teinturière en peaux.

On y voit sur l'anulaire un pigeonneau typique et c à et la sur le petit doigt et le médius des lésions minuscules qui sont des pigeonneaux au début. Altérations unguéales professionnelles.

IRRITANTS PHYSIQUES ET ATMOSPHÉRIQUES

après le début des lésions qui arrivent chez elles à avoir de grandes dimensions.

Le mode de début est tout ce qu’il y a de plus banal : dès que, sous une influence quelconque (écorchure, traumatisme accidentel, gerçure survenue sous l’influence du froid ou du contact prolongé de l’eau, etc...) l’épiderme a été enlevé ou s’est fissuré, les substances caustiques que manient les ouvriers exercent leur action destructive sur les tissus qui ne sont plus protégés par l’épiderme corné, et elles agissent comme le font les caustiques ordinaires. Les téguments dénudés sont donc soumis à des cautérisations destructives lentes, continuelles, ce qui explique l’aspect si spécial de la plaie. Les ulcérations arsénicales ne sont que des pigeonneaux.

Cette lésion ne peut guérir que lorsqu’elle est soustraite au contact des substances irritantes : sinon elle continue à s’étendre en surface et en profondeur jusqu’aux aponévroses et même jusqu’au périoste. Il en résulte parfois des cicatrices vicieuses et des déformations des ongles et des doigts.

Chez les ouvriers des rivières le pigeonneau siège vers le bout des doigts et est fort petit : chez les teinturières en peaux, le lieu d’élection de ces lésions semble être la face dorsale de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce de la main gauche ; mais elles peuvent aussi s’observer au niveau de la face dorsale des autres doigts et vers les articulations des. phalanges où les crevasses et les éraflures sont si fréquentes L

Traitement. — Quand le pigeonneau est constitué à l’état d ulcération profonde, le malade doit cesser de travailler. S’il y a des croûtes sur l’ulcération, on les fait tomber avec un pansement humide : on le continue tant qu’il y a des parties sphacélées non encore détachées, puis on panse les ulcérations simples avec une poudre cicatrisante quelconque qui doit varier suivant les susceptibilités individuelles et le degré d’irritabilité des téguments, sous-carbonate de fer ou iodol si les téguments sont très irrités, sinon iodoforme, europhène, ectogan, etc...

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