‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 154 sur 252 · SUBSTANCES ALIMENTAIRES. — PELLAGRE · texte numérisé non relu

SUBSTANCES ALIMENTAIRES. — PELLAGRE

par le mode de production de ses accidents cutanés aux éruptions artificielles de cause externe (voir plus haut.)

On tend de plus en plus à l’heure actuelle à ne considérer comme étant vraiment de la pellagre que les accidents qui surviennent chez les sujets intoxiqués par le maïs avarié, et on donne le nom de pseudo-pellagre ou de pellagroïdes aux cas dans lesquels cette pathogénie n’existe pas, mais que caractérisent au point de vue cutané de l’érythème de la face dorsale des mains, et au point de vue général une débilitation dépendant d’une cause quelconque.

La pellagre zéique s’observe surtout dans la Lombardie, dans le Tyrol autrichien, en Hongrie, en Pologne, et en France dans les Landes.

Symptômes de i érythème pellagreux. — Lérytlième pellagreux se produit sur les régions du corps qui sont habituellement découvertes. Il est surtout fréquent à la face dorsale des mains où il débute brusquement par une rougeur un peu sombre ou cramoisie qui disparaît par la pression : en quelques points, le processus congestif va jusqu’à l’extravasation sanguine (Raymond). Cet érythème s’accompagne de gonflement, de tension de la peau et de sensations de chaleur ou de brûlure. La face dorsale des deux dernières phalanges est presque toujours respectée (Raymond).

La rougeur s’arrête d’ordinaire à la face dorsale du poignet; cependant elle envahit parfois l’avant-bras jusqu’au coude. L’érythème peut siéger aussi à la face dorsale des pieds, au cou, à la partie supérieure de la poitrine, à la face chez les enfants et chez les femmes.

Il dure de dix à dix-huit jours : si la poussée est intense, il peut se compliquer de huiles de dimensions variables.

Après cette première période survient la desquamation qui se fait en lames foliacées grisâtres, plus rarement en squames furfuracées. En même temps l’érytlième s’efface et la peau brunit, se pigmente par petites places, lesquelles s’agrandissent au fur et à mesure des nouvelles poussées érythémateuses, de telle sorte que les lieux d’élection de l’éruption finissent par prendre une teinte générale foncée brunâtre.

Les poussées érythémateuses se font le plus souvent en mars ou en avril, plus rarement en septembre.

Après une phase plus ou moins longue pendant laquelle les téguments sont ainsi épaissis et pigmentés, on voit survenir une troisième période (Raymond) qui est caractérisée par l’atrophie de la peau. « Les téguments se sèchent, se rident, se flétrissent : leur couleur se fonce encore davantage. Ils sont lisses ou plissés, luisants, et ressemblent alors beaucoup à la peau sèche, ratatinée de certains vieillards cachectiques. En prenant entre les doigts la peau delà main, on se rend compte de son amincissement extrême. »

Au point de vue anatomo-pathologique, il n’y a pas d’altération des lilets nerveux, mais un processus de congestion et d’irritation légère et surtout une hyperkératinisation marquée avec atrophie du corps muqueux. » (Raymond, Annales de Dermat., p. 627 et suivantes, 1889.)

Telles sont les altérations cutanées de la pellagre ; elles se développent avec une facilité toute particulière chez les pellagreux sous l'influence des agents atmosphériques et en particulier du soleil. Elles ne constituent, comme nous l’avons dit, qu’une partie insignifiante de la symptomatologie de cette affection que caractérisent surtout des troubles du côté système nerveux, de l’appareil

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digestif, et de l’état général. Aussi doit-on étudier la pellagre avec les grandes cachexies dans les ouvrages de pathologie interne.

Traitement. — L’érythème pellagreux sera localement traité par des applications émollientes et humides, quand la peau est très enflammée, puis par des pâtes protectrices épaisses, des emplâtres de zinc, des poudres, etc... On s’attachera surtout à protéger les parties atteintes, contre l’action des rayons de soleil (voir, pour plus de détails, l’article Érythème.)

B. — Médicaments

Nous allons signaler, par ordre alphabétique, les principaux médicaments qui peuvent causer des éruptions (voir pour plus de détails, Pr. Morrow, Drug Eruptions , New-York, 1887).

Acide benzoïque et benzoate de soude. — Elrythème avec desquamation, maculopapules.

Acide boracique et borate de soude. — Erythème parfois fort étendu, rarement papules et bulles, éruptions eczémateuses.

Acide phénique. — Erythème, urticaire.

Acide nitrique. — Eruption pustuleuse.

Acide salicylique , salicylate de soude. — Eruptions érythémateuses, parfois •fort intenses et prolongées, simulant l’érythème desquamatif scarlatiniforme, éruptions rubéoliques, urticariennes, vésiculeuses, bulleuses, pétéchiales, noueuses, pustuleuses. — Elles sont surtout érythémateuses et ressemblent à celles de l’antipyrine, de la belladone, du chloral, etc...

Acide tannique. — Erythème.

Aconit. — Eruption vésiculeuse, avec fourmillements et prurit violent.

Amandes amères. — Eruption urticarienne.

Anacardium . — Erythème, urticaire tubéreuse, eczéma vésiculeux.

Antimoine : tartrate d' antimoine et de potasse. — Urticaire, érythème, lésions vésiculo-pustuleuses.

Antipyrine . — L’antipyrine peut produire des éruptions fort diverses, importantes à cause de l’usage si répandu de ce médicament (voir la thèse de Poncetton, Paris 1904).

L’éruption la plus simple consiste en un érythème en plaques petites, irrégulières, légèrement surélevées : elles peuvent confluer de manière à former de vastes plaques. L’éruption peut même revêtir l’aspect de l’érythème scarlatiniforme. Toutes ces manifestations disparaissent d’ordinaire en quelques jours avec ou sans desquamations consécutives : elles simulent parfois la rougeole, la rubéole, la scarlatine. Il faut donc toujours songer à la possibilité d’une antipyrinide en présence de semblables éruptions.

L’antipyrine peut aussi provoquer l’apparition de Y urticaire : elle est fréquemment intense et généralisée.

Plus rarement surviennent des vésicules et des bulles , lesquelles se forment sur des taches érythémateuses et simulent l’érythème polymorphe. Ge.s lésions siègent en un point quelconque du corps, mais surtout aux parties génitales, aux lèvres, à la gorge : elles n’ont pas cependant tout à fait les mêmes localisations électives que l’érythème polymorphe véritable aux poignets, aux mains, au cou, à la face d’exten-

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sion des grandes articulations. Elles se compliquent dans quelques cas de purpura. Le purpura peut d’ailleurs être directement provoqué par l’antipyrine. Il en est de même des œdèmes localisés.

Les éruptions érythémato-vésiculeuses et érythémato-bulleuses disséminées sans ordre que nous venons de décrire sont déjà assez spéciales comme aspect et permettent de soupçonner que l’antipyrine en est la cause provocatrice; il est toutefois impossible de les considérer comme étant absolument pathognomoniques de l'ingestion de cette substance ; il n’en est pas de même des lésions cutanées que nous avons décrites en 1894 sous le nom dé éruptions érythémato -pigmentées fixes de l'antipyrine.

Elles sont caractérisées par des placards, d’ordinaire peu nombreux, assez souvent uniques, surtout lors des premières poussées, arrondis ou plutôt ovalaires, atteignant parfois d'assez grandes dimensions, jusqu’à huit centimètres de diamètre dans leur grand axe, isolés les uns des autres, et siégeant çà et là sur le corps sans aucune symétrie.

Ils sont d’abord d’un rouge bistre , ne s’accompagnent que de sensations de cuisson ou de tension, rarement de prurit, puis ils deviennent tout à fait indolents; la rougeur disparaît peu à peu, et il persiste une teinte brunâtre plus ou moins foncée, pouvant aller jusqu’au noir après plusieurs poussées successives; parfois ils se phlycténisent et se rapprochent alors des éruptions bulleuses ci-dessus décrites. Presque toujours ils sont le siège d’une desquamation lamelleuse lorsque la teinte érythémateuse a disparu. Leurs bords sont assez nettement arrêtés : ils s’accompagnent parfois d’une tuméfaction accentuée des téguments qui paraissent épaissis, mais qui sont toujours mobiles sur les parties profondes. A mesure que l’on s’éloigne de l’époque du début, la pigmentation tend à s’effacer, et sur les petites plaques elle disparaît même assez vite au bout de deux ou trois semaines, pourvu que le malade ne prenne plus d’antipyrine; mais au niveau des grandes plaques, elle a de la tendance à persister plus longtemps; et, si le malade reprend du médicament, il se produit une nouvelle poussée érythémateuse congestive du côté de ces plaques anciennes, qui redeviennent rouges et dont la pigmentation semble s’accroître. Ce sont donc en somme des éruptions remarquables par leur circonscription, par leur pigmentation et par leur fixité.

Leur diagnostic s'impose dès qu’on en a vu un cas; elles ont été prises pour des sarcomes, pour des plaques demycosis, etc... Nous conseillons vivement ceux que cette question intéresse à parcourir la thèse de F. Poncetton (1904) : on y trouvera un exposé complet des diverses théories pathogéniques qui ont été émises et en particulier un résumé des travaux d’Apolant.

Argent (nitrate d'argent) ( Argyrie ). — Chez les personnes qui prennent du nitrate d’argent ou tout autre sel d’argent à l’intérieur, il se développe parfois une coloration des téguments, presque toujours générale, mais beaucoup plus marquée aux points qui sont directement exposés à la lumière. Les muqueuses, telles que les conjonctives, la face interne des joues, peuvent être intéressées ; d’après Duguet, le premier symptôme de l’argyrie serait même constitué par un liséré bleuâtre

Fig. 49. — Éruption érythématopigmentée fixe d’antipyrine (face palmaire de la main gauche).

situé aux gencives près de la dent, et analogue au liséré saturnin. La teinte de la peau dans l’argyrie est ardoisée, ou un peu brunâtre avec des reflets bleuâtres presque métalliques. Cette coloration, qui serait due à un dépôt d’argent métallique ou de sel d’argent dans les tissus, ne survient qu’après une administration longtemps prolongée de la substance; mais, une fois produite, elle est pour ainsi dire indélébile et résiste aux médications les plus variées, iodure de potassium à l’intérieur, lotions alcalines à l’extérieur, etc. ..

Cette teinte simule celle de la maladie d’Addison; cependant elle ne lui est pas tout à fait identique : elle est plus métallique, tire davantage sur le bleu ardoisé.

Le nitrate d’argent peut aussi produire des éruptions érythémateuses, papuleuses, prurigineuses.

Arsenic. — (Voir les mémoires récents de H. -G. Brooke et L. Roberts (1901), de

Stark, de F. -IL Barendt, la thèse de Dupoux, etc...)

L’arsenic peut provoquer de fort nombreuses éruptions. En 1901 on en a observé en Angleterre chez beaucoup de sujets à la suite de l’ingestion de bière renfermant de l’arsenic.

Les ouvriers qui manipulent les composés arsénicaux ont parfois des ulcérations des muqueuses.

A la suite de l’ingestion par la bouche ou des injections hypodermiques de préparations arsénicales diverses, y compris le cacodylate de soude et l’arrhénal, on a signalé des érythèmes roséoliques, scarlatiniformes, de véritables érythrodermies exfoliantes généralisées intenses, des tuméfactions avec rougeur des téguments simulant l’érysipèle, des éruptions papuleuses, pétéchiales, ur tic arienne s, vésiculeuses et bulleuses semblant se rapprocher du type de l’érythème polymorphe, des éruptions pustuleuses , ulcéreuses et croûteuses, gangréneuses.

Il semble que le zona se développe avec une fréquence toute particulière chez les sujets qui sont soumis à la médication arsénicale.

Les deux manifestations cutanées de l’arsenicisme les plus intéressantes pour le dermatologiste sont les mélanodermies et les

Fig. 50.

• Mélanodermie arsenicale chez une jeune malade atteinte de psoriasis et traitée par de fortes doses d'arsenic.

kératodermies arsenicales .

Mélanodermies arsenicales. — Il est très fréquent de voir se développer chez les personnes qui prennent de l’arsenic des pigmentations d’un jaune plus ou moins brunâtre qui va parfois jusqu’au brun sombre. Elles surviennent dans quelques cas avec une étonnante rapidité, au bout de quelques jours; plus souvent elles ne se développent qu’après un ou plusieurs mois de médication. Le dépôt de pigment

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semble se faire surtout au niveau des régions de la peau qui sont lésées soit par une dermatose antérieure, soit par un traumatisme : il est imprudent de faire des applications irritantes sur les téguments des sujets qui sont soumis à une médication arsenicale. 11 n’est pas rare, d’autre part, de voir chez des malades atteints de psoriasis, de lichen plan, etc... soumis au traitement par l’arsenic à hautes doses, chaque élément éruptif, quand il disparait, être exactement remplacé par des taches pigmentaires plus ou moins foncées, de telle manière que la peau est en quelque sorte tigrée. Il est donc indiqué dans les dermatoses chroniques qui ont déjà par elles-mêmes une certaine tendance à la pigmentation, comme le prurigo, les dermatites polymorphes douloureuses, le psoriasis, le .lichen plan, etc..., de n’administrer l’arsenic, surtout chez les jeunes filles, qu’après avoir prévenu les malades et leur famille de la possibilité de ce résultat. En dehors de ces circonstances, l’arsenic contribue puissamment à développer en certains points des téguments primitivement indemnes, tels que le front, la face, les épaules, le cou, etc.., des pigmentations d’un jaune plus ou moins brunâtre, disposées par petites taches isolées ou par plaques irrégulières plus ou moins étendues. On est souvent consulté par les femmes pour ces petits accidents, et il convient de ne pas en méconnaître la pathogénie.

Kératodermies arsenicales. — Les kératodermies d’origine arsenicale sont maintenant bien connues (E. Besnier). Elles se localisent aux régions palmaires et plantaires et se caractérisent par une exagération des papilles dermiques qui sont recouvertes d’un épiderme corné d’une excessive épaisseur, jaunâtre, comme un peu translucide, donnant à l’œil et au doigt une sorte d’impression de succulence. Il semble en outre que la production morbide dans son ensemble soit constituée par une infinité de petites saillies verruqueuses pressées les unes à côté des autres.

On a signalé une certaine fréquence du cancer épithélial à. la suite de l’administration prolongée de l'arsenic : cette dégénérescence se produirait d’ordinaire par l’intermédiaire d’un papillome dont le développement serait également favorisé par l’intoxication arsenicale chronique.

On a désigné sous le nom d 'acrodynie une singulière maladie épidémique que caractérisent « des douleurs et des engourdissements dans les membres, plus particulièrement dans les extrémités inférieures, des troubles digestifs, des taches érythémateuses, parfois des papules, des phlyctènes suivies de desquamation, et plus rarement une coloration noirâtre de l’épiderme ». (E. Vidal.) On croit généralement que l’acrodynie n’était que de l’intoxication arsenicale chronique.

Balsamiques ( Copaliu , cubèbe , santal). — Les éruptions provoquées par ces substances, autrefois si fréquentes, sont devenues très rares depuis qu’on soigne beaucoup moins les blennorragies par les balsamiques. Il est remarquable de voir que parallèlement la fréquence des érythèmes dits blennorragiques a beaucoup diminué 1.

L’éruption la plus fréquente est l’érythème : elle est localisée aux poignets, aux mains, aux avant-bras, aux chevilles, aux genoux, à la poitrine, à l’abdomen, parfois elle occupe tout le corps. Elle est caractérisée par des taches rosées ou rouge vif, arrondies, parfois irrégulières, parfois coalescentes , prurigineuses. On a signalé des éruptions papuleuses, urticariennes, œdémateuses, vésiculeuses, bulleuses, pétéchiales.

1 Nous n’avons jamais observé un seul érythème chez un blennorragique qui ne fut imputable à l’absorption d'un médicament quelconque. Or nous avons été neuf ans chef de service à l’ancien Lourcine, c’est dire que nous avons vu un certain nombre de blennorragiques.

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Belladone et atropine. — Elles provoquent des éruptions érythémateuses, d’un rouge brillant, scarlatiniformes, prurigineuses, parfois papuleuses.

Bromures. — (Bromures de potassium, de sodium, d’ammonium, de strontium, de lithium.)

La pathogénie des éruptions bromiques a été admirablement étudiée par Pasini dans un travail des plus consciencieux qui a paru en janvier 1906 dans les Annales de Dermatologie. Il y décrit une transformation spéciale des cellules conjonctives qui présentent d’abord tous les caractères des cellules écumeuses d’Unna, puis qui acquièrent la propriété d’englober des globules blancs et d’exercer un pouvoir phagocytaire : aussi leur a-t-il donné le nom d ’écumo-phagocytes ou cellules écumophagocytaires. D’après lui la substance toxique est le brome libre, qui provient des bromures et prend naissance par suite d’une condition pathologique spéciale qui lui paraît être de l’achlorliydrie gastrique. Il pénètre dans la circulation, arrive par l’intermédiaire des vaisseaux au contact des tissus, et exerce sur eux : 1° une action chimiotactique qui donne lieu à des manifestations appréciables même cliniquement, à la formation d’abcès leucocytaires; 2° une action dégénérative qui s’exerce sur les cellules conjonctives et produit les lésions histologiques dont nous venons de parler (Pasini).

C’est surtout le bromure de potassium qui provoque les accidents cutanés. Ils sont multiples : les auteurs ont décrit des érythèmes qui s’observent vers les pieds, des urticaires, des éruptions papuleuses , noueuses semblables à l’érythème noueux, vésiculeuses , bulleuses, squameuses, furonculeuses, papal o-pustuleuses, c’est-àdire acnéiques.

Ces dernières sont de beaucoup les plus fréquentes, surtout chez les sujets qui

prennent du bromure d’une manière permanente et à haute dose comme les épileptiques. On voit survenir chez eux à la face, aux lieux d'élection de l’acné, sur la poitrine et dans le dos, parfois même sur le reste du corps, de la séborrhée, des comédons et une acné papulo-pustuleuse d’intensité variable, à éléments assez irréguliers de volume, mais parmi lesquels il y en a presque toujours de considérables, d’un rouge foncé ou violacé : ils sont suivis de cicatrices déprimées indélébiles dont la coloration violacée ne disparaît que fort lentement. Cette éruption tout particulièrement défigurante fait le désespoir de ces malades.

Parfois l’épiderme est soulevé par de la sérosité purulente, et il se forme ainsi d’assez larges ulcérations arrondies ou ovalaires, à fond irrégulier et bourgeonnant, qui ne guérissent qu’avec la plus grande lenteur, surtout quand elles siègent aux membres inférieurs.

il est enfin une lésion éruptive tout à fait particulière au bromure, pathognomonique de l’administration de ce médicament, qui s’observe chez certains prédisposés, et qu’il convient de bien connaître malgré sa rareté, car elle est relativement sérieuse. Elle est constituée par des sortes d epapulô- tubercule s géants, de quelques millimètres à 2 ou 3 centimètres de diamètre, arrondis ou ovalaires, faisant une saillie de 1 à 3 ou 4 millimètres au-dessus du niveau normal des téguments, à

Fig. 51. — Éruption nodulaire de bromure de potassium; partie inférieure et latérale de la face.

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bords abrupts nettement arrêtés, d’un rouge plus ou moins violacé, h sommet en plateau aplati d’un rouge vif ou d’un rouge bistre, piqueté de points blancs et rouges qui ne sont que des papilles du derme fort hypertrophiées. Ce sont donc des papillomatoses géantes, de consistance molle, circonscrites, qui peuvent être sèches, qui plus souvent sont exulcérées, et qui se recouvrent parfois de croûtes épaisses, brunâtres, au-dessous desquelles on peut faire sourdre, par la pression, de petites gouttelettes de pus. Elles évoluent fort lentement, même après la suppression du bromure, et laissent des macules persistantes, parfois même des cicatrices indélébiles quand elles ont suppuré. Elles occupent souvent le visage et les membres, mais elles peuvent siéger sur tout le corps. Nous les avons observées plusieurs fois chez des enfants en bas âge dont la nourrice prenait du bromure de potassium.

On a recommandé comme antidotes l’arsenic, le sulfure de calcium, le salol, l’acide borique, etc.., et dans ces derniers temps la levure de bière, enfin des préparations auxquelles on a donné le nom de sérums antistaphylococciques. L’efficacité de tous ces produits est douteuse.

En soumettant les malades au régime déchloruré il semble que l’on augmente considérablement l’efficacité des bromures et qu’on évite en partie les accidents cutanés.

Calcium. — (Sulfure de calcium). Eruptions vésiculeuses, pustuleuses et furonculeuses.

Cannabis indica, haschisch. — Eruptions papuleuses et vésiculeuses.

Cantharides. — ■ Eruptions érythémateuses et papuleuses.

Capsicum. — Eruptions érythémateuses.

Chloral. — L’éruption que produit le plus fréquemment le chloral est l’érythème : il revêt l’aspect d’une rougeur uniforme à la figure et à la surface d’extension des articulations : cependant il est parfois constitué par de petites plaques disséminées. Il peut être fort prurigineux. Il se complique dans certains cas d’éruptions urticariennes, scarlatiniformes, purpuriques, vésiculeuses. L’alcool, le thé, favorisent son apparition.

Chlorate de potasse. — Eruptions érythémateuses et papuleuses.

Chloroforme. — Purpura.

Cinchonine , quinine. — La forme éruptive la plus fréquente est l’érythème qui peut être simple, scarlatiniforme, rubéoliforme, érysipélatoïde, etc... ; il est localisé à la face et au cou, ou généralisé. On a aussi observé des éruptions urticariennes, papuleuses, lichénoïdes, vésiculeuses, eczématiformes, bulleuses, pétéchiales, gangréneuses. L’acide bromhydrique aurait une certaine action sur ces éruptions.

C onium. — Erythèmes, poussées quasi érysipélatoïdes, parfois papuleuses.

Digitale. — Eruptions érysipélatoïdes, érythémateuses, érythémateuses circinées, scarlatiniformes, desquamatives, papuleuses, urticariennes, prurigineuses.

Douce-amère. — Erythème, urticaire.

Exalgine. — Erythèmes généralisés, érythème bulleux.

Fer. — Eruption acnéique.

Goudron. — Eruptions érythémateuses, rubéoliformes, urticariennes.

Huile de foie de morue. — Eruptions vésiculeuses, miliaires, acnéiques.

Huile de ricin. — Erythème et prurit.

Iode. lodures. (Iodures de potassium, de sodium, d’ammonium). — Tous les iodures peuvent donner lieu à des éruptions artificielles, mais les plus fréquentes de beaucoup sont celles qui sont causées par l’iodure de potassium. L’iode ne provoque qu’assez rarement des accidents cutanés ; cependant on doit se défier de

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son administration soit pure, soit sous la forme de composés divers, tels que l’iodure de fer, la peptoniode, l’iodipin, le sirop iodo-tannique, etc... chez les sujets prédisposés à l’acné et à la séborrhée, car elle semble augmenter d’une manière assez nette l’intensité de ces dermatoses dans la majorité des cas. Par contre, l’iodure de potassium détermine l’apparition de certains accidents cutanés chez la plupart des sujets qui en prennent. Voici comment Pr. Morrow les classifie :

1° Érythèmes diffus ou en plaques irrégulières qui siègent au visage, aux bras, à la poitrine ; ils sont rarement généralisés. /Y la face ils s’accompagnent souvent de tuméfactions œdémateuses, surtout vers les paupières, de larmoiement, de coryzas, d’érythèmes des muqueuses nasales, buccales et pharyngées.

2° Éruptions papuleuses et ur tic ariennes. — Elles siègent surtout aux extrémités, à l’hypogastre et au visage.

3° Éruptions vésiculeuses et eczémateuses (rares).

4° Éruptions bulleuses, pemphigoïdes, végétantes.

L’iodure de potassium peut provoquer l’apparition d’une véritable éruption de pemphigus. Quand on le donne à un sujet atteint d’érythème polymorphe à forme exsudative, il se produit fréquemment des poussées bulleuses intenses accompagnées de fièvre et parfois d’hémorragies . Cependant quelques auteurs ont prétendu avoir amélioré par ce médicament des dermatites herpétiformes. D’autre part on a publié des cas de véritables éruptions de dermatite herpétiforme avec éosinophilie qui ont été provoquées par l’administration de l’iodure de potassium.

Dans quelques cas le plancher de la bulle consécutive à l’ingestion de l’iodure de potassium végète, se papillomatise ; il se recouvre de croûtes épaisses, souvent noirâtres par hémorragies ; et l’on se trouve en présence d’accidents qui simulent le pemphigus vegetans, ou encore les syphilides végétantes. Ces lésions élémentaires, quand on continue l’administration de l’iodure, deviennent parfois extrêmement volumineuses, arrivent à avoir plusieurs centimètres de diamètre. Elles siègent surtout à la face, aux mains, aux avant-bras, à la bouche, mais elles peuvent envahir tous les téguments. Elles évoluent avec une extrême lenteur, et guérissent quelques jours ou quelques semaines après la suppression du médicament en laissant des cicatrices plus ou moins profondes; parfois, à la face, elle entraînent de véritables mutilations. Quand on ne reconnaît pas la réelle nature du mal, quand on persiste dans la médication iodurée, les accidents cutanés se multiplient, prennent un développement extraordinaire, envahissent les muqueuses, deviennent hémorragiques ; le malade a de l’albuminurie, de la diarrhée, se cachectise graduellement et peut succomber.

5° Eruptions papulo-pustuleuses. — - Ce sont de beaucoup les plus fréquentes : ce sont elles qui constituent Vacnë iodo-potassique si fréquente à la face, au cou, aux épaules, aux fesses de ceux qui prennent de l’iodure de potassium. Elles sont pour ainsi dire identiques comme aspect h l’acné vulgaire, peut-être cependant ont-elles une hase d’un rouge plus vif. un type plus nettement inflammatoire.

6° Éruptions anthracoïdes (acné anthracoïde iodo-potassique d’E. Besnier). — Les folliculites iodo-potassiques peuvent affecter une forme plus grave que la précédente et prendre l’aspect de placards saillants, d’une grandeur qui varie de celle de l’ongle à celle d’une pièce de 5 francs en argent. Ces placards sont rouges, ou violacés, recouverts de croûtes jaunâtres ou noirâtres au-dessous desquelles se voient des orifices qui laissent sourdre du pus par la pression : l’aspect de la surface

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de l’élément est légèrement papillomatenx : en somme c’est une sorte d’anthrax superficiel d’où le nom qui lui a été donné.

7° Gangrènes vraies de la peau. — Elles ont été décrites par Audry (gangrène disséminée de la peau d’origine iodo-potassique, Journal des mal. eut. et syph. 1898, p. 81.)

8° Éruptions pétéchiales ou purpuriques. (Purpura iodo-potassique d’E. Besnier). — Nous les avons surtout observées sur les membres inférieurs sous la forme de petites taches purpuriques disséminées. Elles peuvent affecter les allures du purpura exanthématique rhumatoïde ou celles du purpura hémorragique à plaques

étendues.

9° Eruptions nodulaires ou tubéreuses. — Elles forment des sortes de tumeurs ou mieux d'indurations rouges et douloureuses plus ou moins volumineuses ressemblant à des éléments d’érythème induré ; elles peuvent dans quelques cas suppurer et s’ouvrir comme des gommes.

10° Eruptions polymorphes. — On trouve parfois réunies chez le même sujet des lésions érythémateuses, papuleuses, papulo-pustuleuses, furonculeuses, etc...

Rappelons que dans quelques cas, dès le début de l’administration du médicament, il se produit de véritables phénomènes d’intoxication des plus intenses avec douleurs céphaliques, coryzas, angine, laryngite, tuméfaction et rougeur des paupières, des conjonctives, de la face. D’autres fois les éruptions ne surviennent qu’au bout d’un ou de plusieurs jours, d’une ou de plusieurs semaines. Souvent les petites doses sont plus mal tolérées que les fortes doses.

Comme antidotes on a préconisé l’arsenic, la belladone, l’atropine, l’eau de Vichy, le chocolat, les antiseptiques intestinaux, le salol, les levures de bière, les sérums antistaphylococciques (?), une hygiène alimentaire rigoureuse, etc..., mais en réalité on ne connaît pas de moyen vraiment efficace d’empêcher les éruptions de se produire.

lodoforme. — Ce sont surtout des éruptions artificielles d’origine externe que produit l’iodoforme. Cependant on en a observé après son administration à l’intérieur. Les plus fréquentes sont l’érythème passager bénin ou l’érythème intense prurigineux, douloureux, fébrile, prolongé, scarlatiniforme desquamatif, quelquefois érysipélatoïde, plus rarement multiforme, ortié, papuleux, bulleux, vésiculeux ; on a aussi signalé des éruptions d’emblée vésiculeuses, bulleuses, eczématiformes, purpuriques.

Ipécacuanha. — Erythèmes, éruptions érysipélatoïdes.

Jusquiame. — Erythèmes avec ou sans œdème, prurit, urticaire, quelquefois éruptions scarlatiniformes.

Matico. — Erythème.

Mercure. Hydrargyrisme — Le mercure est une des subtances qui provoquent le plus fréquemment des éruptions artificielles. Toutes les fois qu’il existe chez un malade de l’érythème scarlatiniforme localisé aux grands plis articulaires, surtout aux aines, aux paumes des mains et aux plantes des pieds, toutes les fois qu’on est en présence d’une érythrodermie exfoliante généralisée à marche aiguë, il faut songer à l’intoxication hydrargyrique.

Tous les composés mercuriels peuvent provoquer ces éruptions. On les a signalées avec le sublimé, le protoiodure de mercure, le salicylate de mercure, le calomel, etc... Des doses infinitésimales peuvent suffire pour déterminer l’apparition d’éruptions de la plus grande intensité.

Joseph (Demi, centr., oct. 1904, p. 2) a publié un fait d’exanthème mercuriel

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consécutif à un plombage de dent avec un composé contenant du mercure. Nous en avons observé nous-même avec Martinet un autre exemple absolument incontestable.

On peut diviser les éruptions causées par le mercure en deux grands groupes. Les unes sont érythémateuses et vésiculeuses, les autres érythémateuses desquamantes.

A. Éruptions éry thémato-vésiculeuses (dites eczémateuses).

On en a décrit trois degrés qui sont :

1° L’ Hydrargyria mitis, dans laquelle on observe une rougeur érythémateuse légère, du prurit et quelques vésicules.

2° L’ Hydrargyria febrilis que caractérise une rougeur plus intense, érysipélatoïde ou scarlatiniforme, sur laquelle apparaissent des milliers de petites vésicules ou vésico-pustules qui simulent parfois la variole et qui donnent lieu à des croûtes et à des desquamations plus ou moins prolongées; il existe parfois du purpura aux points où l’éruption est le plus intense. 11 est fréquent d’observer quelques phénomènes généraux.

3° L 'Hydrargyria maligna, dans laquelle tous les symptômes précédents prennent un degré d’intensité de plus, et dans laquelle il peut survenir des angines avec sphacèle, des adénites, des abcès, des furoncles, des ulcérations gangréneuses, de l’abattement, du marasme, une terminaison fatale.

Ajoutons que ces formes éruptives sont relativement rares.

B. Éruptions scarlatiniformes . — Ce sont celles-ci qui sont de beaucoup les plus fréquentes. Elles durent de quelques jours à quelques semaines et même plusieurs mois. Elles se circonscrivent parfois aux paumes des mains et aux plantes des pieds, déterminant ainsi des formes larvées dont l’origine échappe pendant longtemps à la sagacité des observateurs ; plus souvent elles siègent aux grands plis articulaires avec prédominance aux régions inguinales : elles peuvent envahir toute la surface du corps et revêtir tout à fait l’aspect des érythèmes scarlatiniformes desquamatifs récidivants (voir ce mot). Il est probable que le plus grand nombre des cas de cette dernière forme morbide qui ont été publiés n’étaient que des cas d’hydrargyrie. Les téguments sont d’un rouge plus ou moins intense ; parfois vers les plis il peut y avoir un peu de suintement; mais d’ordinaire les téguments sont parfaitement secs et desquament abondamment (voir

pour les détails de l’éruption l’article Erythème scarlatiniforme) . Il est assez rare que l’état général soit grave. On peut cependant observer de la diarrhée, de l’albuminurie, de la fièvre, etc...

Quand ces intoxications s’accompagnent de stomatites graves, d’anorexie, d’épuisement, elles peuvent même avoir assez rapidement une issue fatale, mais la guérison est la règle.

Noix vomique, strychnine. — Prurit, fourmillements, érythème scarlatiniforme.

Opium, morphine . — Eruptions érythémateuses plus ou moins intenses, scarlatiniformes desquamatives, papuleuses, prurigineuses, urtieariennes, rarement ulcéreuses. — Les injections sous-cutanées de morphine peuvent laisser des nodules indurés, simulant des tubercules ou des tumeurs de la peau. Les sujets soumis aux injections de morphine ont assez souvent du prurit violent sans lésions cutanées appréciables.

Phosphore. - — Eruptions bulleuses.

Plomb. — Erythème, pétéchies.

Santonine. — Eruptions urtieariennes, vésiculeuses.

MÉDICAMENTS

Soufre. — Eruptions érythémateuses, papuleuses, eczématiformes, furonculeuses.

Stramonium. — Erythème scarlatiniforme, érysipélatoïde, pétéchies.

Sulfonal. — Eruptions roséoliques, scarlatiniformes, purpura.

Tanacetum ( Tanaisie ). — Eruption varioliforme. (Rare.)

Thallium. (Acétate de) — Alopécies pouvant être généralisées, d’ordinaire symétriques, sans rougeur ni douleur des régions velues, extrêmement rapides.

T ér ébène. — Eruptions érythémateuses, papuleuses, fort prurigineuses.

Térébenthine (Essence de). — Les éruptions les plus fréquentes sont érythémateuses fort intenses, avec teinte livide, avec papules et papulo-vésicules, puis papulo-pustules minuscules. Parfois urticaire.

Toxines et antitoxines microbiennes. Sérums animaux — La tuberculine de Koch détermine des éruptions roséoliques, urtieariennes, érythémateuses, scarlatiniformes, rarement vésiculeuses. — Le sérum antidiphtérique, le sérum antitétanique, les sérums provenant des divers animaux (car on croit que c’est plutôt le sérum de l’animal lui-même que les antitoxines qu’il contient qui provoquent les éruptions) peuvent produire des érythèmes rubéoliformes, scarlatiniformes, urticariens, purpuriques, prurigineux.

Veratrum viride. — • (Eruptions érythémateuses, pustuleuses.)

Yohimbine. — Eruption généralisée prurigineuse, roséolique, maculeuse et papuleuse (G. Coulon).

Traitement. — Le traitement de toutes ces éruptions médicamenteuses ne saurait être que prophylactique. Il faut immédiatement (quand on le peut) cesser de donner la substance nuisible, et, quand la susceptibilité du malade au médicament est extrême, ne plus l’employer chez lui.

Presque toujours cette suppression de l’agent toxique suffit pour que les accidents cutanés disparaissent rapidement. Cependant il n’en est pas toujours ainsi, et cela pour les raisons multiples suivantes :

1° Parce que le médicament n’est éliminé que lentement; 2° parce que les lésions cutanées produites ont une évolution propre assez longue, comme certains des accidents que causent les bromures et les iodures ; 3° parce que, dans certains cas, l’ingestion du médicament n’est en quelque sorte que la cause occasionnelle de l’apparition d’une dermatose de longue durée. C’est ainsi qu’une seule pilule de protoiodure peut déterminer une éruption scarlatiniforme desquamative en tout semblable à l’érythème scarlatiniforme desquamatif, ou même à la dermatite exfoliative généralisée. Nous ne pouvons que répéter ici ce que nous disons au début de cet article : ce sont les prédispositions individuelles qui font tout : le médicament peut ne jouer que le rôle de cause occasionnelle réveillant la disposition de l’organisme à une dermatose donnée, en particulier à un érythème scarlatiniforme.

On a donc cherché : 1° à faciliter l’élimination du médicament ; 2° à en combattre les effets nuisibles par des antidotes; 3° à modifier la lésion cutanée ellemême.

1° Il faut s’efforcer d’activer tous les émonctoires ; il faut en particulier agir sur les reins par les diurétiques et sur le tube digestif par les laxatifs.

Dans cet ordre d’idées, nous ne saurions trop préconiser : a) le régime lacté complet associé à l’eau de Vichy, à l'eau de Vais, à l’eau de Vittel, etc... ; b) les grands lavages quotidiens ou biquotidiens de l’intestin avec de l’eau bouillie.

Quand on abandonne le régime lacté complet, il faut ne reprendre que très

DERMATOSES ARTIFICIELLES

progressivement le régime ordinaire en commençant par les végétaux, le poulet, etc... ;

2° On ne doit pas attacher trop d’importance aux prétendus antidotes que l’on a préconisés ; cependant il en existe quelques-uns qui semblent avoir un peu d’efficacité : nous les avons mentionnés à propos de chaque substance ;

3° Quant au traitement local des éruptions, on se bornera le plus souvent à donner des bains calmants, à faire des lotions émollientes et antiprurigineuses et à saupoudrer avec de la poudre d’amidon, de lycopode, ou avec une poudre minérale s’il y a trop de suintement. On pourrait aussi appliquer d’abord quelques pommades calmantes, comme la belle vaseline, le cérat frais, l’axonge fraîche, etc..., pures ou additionnées d’oxyde de zinc de manière à en faire des pâtes, puis saupoudrer par-dessus. Nous renvoyons, pour plus de détails sur ce point, au chapitre des Éruptions artificielles de cause externe.

ENTITÉS MORBIDES VRAIES

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