DERMAT0Z0A1RES VRAIS. — GALE
3° On applique ensuite avec une brosse la pommade suivante : on frictionne vigoureusement sur les points malades, fort légèrement partout ailleurs :
Lanoline . . . 100 grammes.
Axonge ou vaseline . 100 —
Carbonate de potasse . 10 —
Soufre précipité . 40 — -
Menthol . de 0sr,25 à 1 —
Le malade conserve sur la peau la pommade pendant une heure, durant laquelle il se recouvre le corps complètement, mettant chemise, caleçon, bas, gants; ce délai écoulé, il lave le corps dans le bain, ou avec une éponge, de l’eau chaude, du savon, puis, après avoir fait, ou non, une onction calmante de pommade à l’oxyde de zinc, de cold-cream, ou de vaseline, il poudre tout le corps avec de la poudre d’amidon. (E. Besnier. A. Doyon.)
On peut aussi se contenter de faire tous les soirs, pendant plusieurs jours, des frictions avec la mixture suivante :
Soufre précipité. . .
Glycérine .
Carbonate de potasse Eau de rose .
M. s. a. et agiter avant de s’en servir.
j âà 125 grammes.
On savonne le lendemain matin pour enlever pendant le jour la préparation soufrée.
La célèbre pommade de Bourguignon est ainsi composée :
Essence de lavande, de cannelle, de menthe, )
de girofle . j
Gomme adragante .
Carbonate de potasse .
Fleur de soufre .
Glycérine .
ââ 2 grammes.
Elle est fort agréable et peut être prescrite en ville. En Allemagne, on emploie la pommade de AVilkinson modifiée par Hébra :
Fleur de soufre Huile de cade .
Axonge. . . .
Savon noir . .
Craie .
J ââ 180 grammes.
> ‘Ai
ââ 500
Dans cette préparation, le savon noir est destiné à ramollir l’épiderme, la craie à déchirer les sillons, le soufre à tuer les acares. Quand on s’en sert, il est donc utile de faire des applications préalables destinées à ramollir l’épiderme.
A la campagne, et chez les gens peu fortunés, le traitement de choix consiste à enduire le malade pendant deux ou trois soirs de pétrole du commerce et à lui faire porter pendant toute la nuit une chemise, un caleçon, des gants et des bas enduits de ce même pétrole. Il est inutile de faire remarquer qu’il faut supprimer
DERMATOSES PARASITAIRES
toute lumière pendant ce traitement, car il ne faudrait pas que le malade prit feu. Quelques personnes ne peuvent supporter le contact du pétrole qui provoque des éruptions.
b) Les téguments du malade sont trop irrités pour que V on puisse faire d'emblée un traitement énergique. — C’est ce qui arrive lorsque le malade est couvert d’eczéma enflammé, de furoncles, d’ecthyma, de lymphangites et d’abcès, ou bien lorsqu’il présente un état morbide tel qu’une cardiopathie avancée, une bronchite aiguë ou chronique, de l’albuminurie, un état de grossesse, etc., qui contre-indique l’emploi des moyens rapides (E. Besnier, A. Doyon). Dans ces cas on soigne d’abord les diverses complications cutanées, et on calme la peau. Pour cela, on donne des bains d’amidon ; on applique des cataplasmes de fécule de pomme de terre, des pâtes à l’oxyde de zinc, du liniment oléo-calcaire, etc. Mais ces moyens sont bien inférieurs aux substances suivantes qui ont le grand avantage de calmer l’irritation des téguments et d’agir contre le parasite. Parmi elles nous en citerons surtout trois : l’onguent styrax, le baume du Pérou et le naphtol.
Quand il est toléré par les téguments, l’onguent styrax donne de bons résultats : on l’emploie mélangé à de l’huile dans la proportion de une partie d’onguent pour deux parties d’huile, additionné ou non de baume du Pérou et de naphtol. E. Vidal a préconisé le baume styrax pur dont il mélange deux parties à une partie d'huile. On fait avec une des préparations précédentes des frictions générales matin et soir ou seulement le soir. Ces applications ont l’avantage de calmer les démangeaisons, de permettre aux malades de dormir, d’améliorer peu à peu les lésions cutanées, de faire tomber les croûtes, de guérir les ulcérations, et d’engourdir si bien les acares qu’ils ne déterminent plus de lésions nouvelles. Il est prudent toutefois de traiter les malades d’après une des méthodes au soufre que nous avons indiquées dès que l’état de la peau le permet.
Chez les enfants à la mamelle dont la peau est fine et délicate, des frictions répétées au styrax peuvent suffire pour amener une guérison complète, et il vaut bien mieux les employer que de recourir aux préparations soufrées qui son t beaucoup trop irritantes pour leurs téguments.
Voici une excellente formule dont on peut se servir chez eux :
Huile de camomille camphrée . 100 grammes.
Baume styrax pur . 20 —
Si elle est irritante, on diminue la dose de baume, ou bien on l’incorpore à de l’huile d’amande douce au lieu d’employer l’huile de camomille camphrée.
Si cependant on veut avoir recours au soufre chez eux, il faut couper la pommade de Hardy de 2/3 d’axonge fraîche.
Le baume du Pérou pur ou dilué d’alcool est un antipsorique. Il a été très vivement recommandé par Jullien qui l’emploie pur en badigeons. Il est préférable de l’utiliser en pommades, incorporé à l’axonge aux doses de 30 grammes de baume pour 100 grammes d’axonge par exemple.
Il en est de même du naphtol B, qui a été vivement recommandé par Kaposi, et dont on se sert beaucoup en Allemagne sous la forme de pommades au vingtième et au dixième.
Nous employons fréquemment chez les personnes qui ont la peau irritée la pommade suivante jusqu’à ce que l’état des téguments permette une médication énergique :
DERMÀTOZOAIRES vrais.
GALE
Baume du Pérou . )
Soufre précipité . j
Oxyde de zinc . .
Lanoline pure .
Vaseline pure .
Parmi les autres préparations de soufre préconisées, citons le sulfure de potasse (Jadelot), l’iodure de soufre (Cazenave), l'hypo sulfite de soude (Comessati), que l’on emploie de la manière suivante : le soir en se couchant, on lotionne tout le corps avec une solution de 200 grammes d’hyposulfite de soude dans un litre d’eau ; le lendemain matin, on lotionne de nouveau tout le corps avec de l’eau renfermant 50 grammes d’acide chlorhydrique par litre.
Gomme antipsoriques, on a aussi employé les diverses préparations de mercure, et en particulier l'onguent citrin, l’acide phénique, le phénate de soude, l’iodoforme en pommade au dixième, la créoline, la térébenthine, les huiles essentielles de girofle, de romarin, de menthe, de lavande, de citron, la poudre de staphysaigre, de simples frictions savonneuses prolongées suivant la méthode de Pfeuffer.
IL Désinfection des vêtements. — Pendant qu’on applique la préparation antipsorique active, il faut faire désinfecter soigneusement à l’étuve ou chez le dégraisseur tout le linge de corps, les flanelles, les caleçons, les bas, les habits, les draps et même les couvertures de lit du malade. Les gants seront détruits.