‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 162 sur 252 · PUCE COMMUNE · texte numérisé non relu

PUCE COMMUNE

En Amérique, on se sert de lotions au chloroforme, et tout dernièrement on a proposé de remplacer cette substance par l’éther, qui est beaucoup moins irritant et qui a des effets presque aussi énergiques.

Pour enlever les œufs, on emploie le même procédé que pour les lentes des pediculi capitis. On imbibe les poils de vinaigre, puis on peigne avec un peigne très fin.

Quand on se sert de la solution de sublimé dans le vinaigre, on voit que l’on agit à la fois contre les insectes et contre leurs œufs. Il est encore plus pratique de couper tous les poils sur lesquels il y a des lentes. •

Lorsque les poux siègent aux paupières, on conseille de faire des lotions répétées avec une solution de sublimé, au deux millième, et d’appliquer des pommades à l’oxyde jaune d’hydrargyre au trentième ou au quarantième.

Demodex folliculorum. — Le demodex folliculorum est un animalcule de 0mm,36 à 0mm,40 de long sur 0mm,03 de large, de la famille des acariens : il habite les follicules sébacés dilatés, parfois les glandes de Meibomius de certaines personnes, mais surtout de celles qui sont sujettes à l’acné et à la séborrhée. Il suffit pour le découvrir de presser les follicules et d’en examiner le contenu au microscope. Il ne présente aucune indication thérapeutique spéciale (voir Acné).

Glycyphagus Ornâtes. — Labesse d’Angers a récemment fait connaître des éruptions prurigineuses urticariennes causées par le glycyphagus ornatus, insecte acarien de la famille des sarcoptides détriticoles (Mégnin), lequel pullule dans les parquets et le crin des meubles.

Punaise des lits ( Cimex lectularius). — La punaise des lits (cimex lectularius) est un insecte de l’ordre des hémiptères hétéroptères, de la famille des géocorises. Le plus souvent, la piqûre de la punaise cause des lésions urticariennes, puis du prurigo et des excoriations plus ou moins considérables.

Traitement. — Les lotions alcoolisées, vinaigrées, phéniquées, au sublimé, à l'ammoniaque, au borax, à l’éther, soulagent les malades. Quand ils sont couverts de piqûres, on peut leur prescrire des bains d’amidon, des lotions au vinaigre de toilette ou à l’eau de Cologne, puis des applications de poudre d’amidon.

Pour éloigner les punaises, on met dans les lits de la poudre de staphysaigre ou de pyrèthre, ou bien on se lave avec des solutions de sublimé ou d’acide phénique. Le passe-rage ( lepidium rurale ) les attire et les enivre; on peut ainsi les réunir et les détruire.

Puce commune. ( Pulex irritans) — La puce ■ commune ( pulex irritans) est un insecte de l’ordre des aphaniptères, de la tribu des pulicides. Elle détermine au niveau de chaque piqûre une petite hémorragie punctiforme qui simule tout à fait un élément de purpura miliaire (purpura pulic os a). Elle est souvent la cause occasionnelle d’une éruption d’urticaire ou d’une réaction érythémateuse qui se produit tout autour de la piqûre.

Un moyen assez pratique de se débarrasser de ces parasites consiste à s’oindre d’huile de laurier ou d’huile ordinaire à laquelle on mélange un peu de tabac en poudre. Douze heures après, on prend un bain savonneux. (Pour plus de détails, voir l’article Punaise.)

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Moustiques. Cousins. Culex pipiens. — Les piqûres des cousins (culex pipiens, famille des tipulaires, ordre des diptères) causent souvent de vives irritations cutanées, de l’urticaire, des démangeaisons et des sensations de brûlure. L’histoire pathologique de ces insectes s’est considérablement développée dans ces derniers temps depuis que l’on a démontré le rôle majeur qu’ils peuvent avoir dans la transmission de certaines maladies (les anophèles dans la malaria, etc...); mais tout cela sort de notre cadre.

Traitement. — Les douleurs causées par les piqûres des cousins sont calmées par l’eau de chaux, par l’ammoniaque fort étendue, par l’eau phéniquée, par l’eau de Cologne pure ou coupée d’eau, par le sublimé au millième.

Si les phénomènes inflammatoires sont trop intenses, on fait des lotions avec des infusions aromatiques de camomille, de mélilot, de petite sauge, de feuilles de noyer (Hardy).

Certains auteurs ont recommandé d’appliquer sur les piqûres soit du collodion salicylé au vingtième, soit du collodion au sublimé au millième.

L’odeur du phénol, du tabac, de la térébenthine et du pétrole éloigne ces parasites : il en est de même d’un mélange de pyrèthre et de sel de nitre que l’on fait brûler. On a conseillé dans un but identique de se poudrer la ligure et les mains avec de la poudre de riz parfumée, ou de la poudre de camphre, de se laver les parties découvertes avec de l’eau de Cologne, de l’eau phéniquée, etc... Glatard applique sur chaque piqûre une goutte d’iode acétone (4 d’iode pour 10 d’acétone) (mélange de Gallois pour la furonculose).

Abeilles. Guêpes. Frelons. — La piqûre de ces insectes est suivie d’une vive douleur avec tuméfaction rapide et rougeur de la région touchée. Lorsque les piqûres sont multiples, les phénomènes inflammatoires et douloureux peuvent être des plus intenses et provoquer des accidents généraux graves ; la mort en est même quelquefois la conséquence, surtout dans les pays chauds.

Le traitement est le même que celui que nous venons d’indiquer pour les cousins.

Maladie des pêcheurs d’éponge. — Skevos Zervos ( Semaine médicale , 24 juin 1903, p. 208) a décrit des accidents cutanés pouvant être très graves, caractérisés par des sensations de brûlure, de la rougeur, parfois de la gangrène, des abcès, etc... qui surviennent chez les pêcheurs d’éponge de la Méditerranée à la suite de la piqûre d’un petit cœlentéré venimeux, un actinium.

Erysipéloïde. — Maladie causée par des morsures de crabes. — Certains auteurs donnent le nom d ' Érysipèloïde à une affection qui semble être relation avec une intoxication causée par les crabes (voir Gilchrist : Journal of. Cut. Dis., nov. 1904). C’est l’affection que Morrant Baker a décrite en 1873 sous le nom d’Erythema serpens ; c’est liosenbach qui en 1884, 1887, lui a donné le nom d’érysipéloïde.

Cette éruption s’observe en Amérique en juin, juillet, et août. Elle dure de trois à quinze jours, en moyenne de sept à huit jours. Elle est d’ordinaire consécutive à la morsure d’un crabe ou à une blessure quelconque causée par un de ces animaux. Elle siège aux doigts et aux mains. Au bout d’un laps de temps très variable, mais qui dure d’ordinaire de vingt-quatre à quarante-huit heures, la blessure primitive devient douloureuse, se tuméfie ; on y éprouve des sensations

DERMATQZO AIRES VRAIS.

GALE

de battements; il s’y produit une rougeur qui gagne lentement tout le doigt, puis progressivement toute la main. La bordure d’extension est rouge, brillante, nettement arrêtée : parfois le membre supérieur tout entier est envahi. Il n’y a ni bulles, ni vésicules, ni pustules, ni desquamation consécutive.

On n’a pas trouvé de microorganismes : les cultures sont restées stériles ; et les inoculations ont été négatives. 11 semble donc que cette affection soit causée par un venin spécial provenant de l’animal.

On a conseillé de faire des injections sous-cutanées d’une solution d’acide phénique au trentième et de panser avec de l’iodoforme. 11 nous paraîtrait rationnel d’appliquer des pâtes de zinc ichthyolées.

B. — DERMATOZOAIRES VRAIS

GALE

On donne le nom de gale ( scabies ou psore ) h l’ensemble des lésions cutanées que provoque chez l’homme un animalcule parasite delà famille des sarcoptes, de la classe des arachnides, Vacants scabiei.

Quand on relit avec soin les anciens auteurs, on reste convaincu que le parasite de la gale a été connu depuis longtemps. Peut-être même Aristote et Avenzoar l’ontils soupçonné : mais ce qui est sur, c’est que Mouffet l’a signalé en 1634, que Cosimo Bonomo en a donné une description complète en 1687. Cependant l’origine parasitaire de la gale ne lut définitivement admise qu’en 1834, lorsqu’un étudiant en médecine corse, Renucci, fit connaître à la clinique d’Alibert comment les femmes de son pays guérissaient la gale en extrayant l’animal de son sillon. Bien que nous ne fassions pas d’historique dans cet ouvrage élémentaire, nous devons cependant citer les travaux de Bourguignon qui établirent définitivement les traits essentiels de cette maladie.

Description du parasite (pour plus de détails, voir Mégnin). —

Vacants scabiei ou sarcoptes hominis (<rap£ chair, xoittsiv couper) est un petit animal ovoïde, assez semblable à une tortue et d’un blanc brillant. La femelle a 30 centièmes de millimètre de long sur 26 centièmes de millimètre de large ; le mâle n’a que 20 centièmes de millimètre de long sur 16 de large.

Les téguments de l’acare sont sillonnés de stries ondulées à direction générale¬

Fig. 57.

Sarcoptes Scabiei. Acare de la gale humaine.

ment transversale. Le dos est hérissé de petites proéminences semblables à des

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dents de scie et de poils on soies. La tête forme une sorte de bourgeon arrondi situé à l’une des extrémités du grand axe de l’animal. Les pattes sont au nombre de huit, disposées par paires. Chez le mâle, elles sont toutes terminées par une ventouse, sauf la troisième paire, qui est terminée par une soie. Chez la femelle, les deux paires postérieures sont terminées par de longues soies. Dans le corps de la femelle ovigère, on voit d’ordinaire par transparence un œuf ovoïde allongé, d’un gris perle, de 15/100 de millimètre de long. A peine pondus, ces œufs se développent. Ils donnent lieu d’abord (premier âge) à des larves à trois paires de pattes qui subissent deux ou trois mues pendant lesquelles elles grossissent et acquièrent une quatrième paire de pattes. Elles deviennent alors (deuxième âge) les nymphes qui n’ont pas encore d’organes sexuels, mais qui déjà se divisent en deux catégories : les petites qui donneront les mâles, les grosses qui donneront les femelles. Elles subissent une mue nouvelle (troisième âge), et acquièrent leurs organes sexuels; les mâles peu nombreux fécondent les femelles. Enfin, dans une dernière

mue (quatrième âge exclusif aux femelles), l’organe de la ponte se développe chez les femelles fécondées.

C’est à ce moment que l’acarus femelle devient réellement nuisible ; elle doit pondre en effet; or, elle ne pond que dans la partie profonde de la couche cornée (Torôk), et nullement dans la couche muqueuse où elle serait immédiatement inondée. Elle se creuse donc une galerie. Pour cela, elle élève l’abdomen au moyen des longues soies des pattes postérieures, donne ainsi à son corps une inclinaison de 45°, met son rostre en contact direct avec la surface de la peau, déchire l’épiderme, forme une petite cavité superficielle qu’elle agrandit par des mouvements de latéralité, puis pénètre tout entière dans sa galerie. Une fois entrée, elle ne peut plus reculer à cause de la direction des épines du dos ; elle est forcée de progresser constamment. A mesure qu’elle avance, elle dépose ses œufs dans le sillon qu’elle creuse et au fond duquel elle finit par mourir.

Ces galeries ou sillons constituent donc le caractère pathognomonique de la gale. Ils ont de 2 ou 3 millimètres à 2 centimètres et même plus de longueur. Leur direction est rectiligne, curviligne, en S, en fer à cheval, etc... Ils apparaissent sous la forme d’une petite ligne grisâtre, parfois noirâtre, ponctuée de points plus foncés qui ne sont autre chose que de petits trous, orifices de sortie de jeunes larves écloses. On distingue au sillon deux extrémités : l’une, l’entrée ou la tête, est plus large, l’autre, la queue ou éminence acarienne de Bazin, est légèrement saillante, et l’on y aperçoit parfois à travers l’épiderme un petit point blanc, qui est l’acare. Il est alors relativement facile de l’enlever avec la pointe d’une épingle à laquelle il adhère. Parfois le sillon se trouve situé au-dessus d’une vésicule ou d’une vésico-pustule, mais jamais l’acare n’est en contact direct avec le liquide qu’elles contiennent. Le sillon renferme donc une femelle, des œufs en plus ou moins grand nombre à divers degrés d’évolution et des points noirs qui sont les fèces de l’animal.

Les mâles, les nymphes et les larves écloses, se promènent à la surface des téguments, les perforent pour vivre, et il en résulte des éruptions boutonneuses. Il est

Fig-. 58. — Sillon de gale (face antérieure du poignet droit).

DERMATOZOAIRES VRAIS. — GALE

possible que les principaux agents de transmission de la gale soient surtout les nymphes et les femelles pubères qui viennent d’être fécondées.

Étiologie. — La gale a pour cause unique la transmission de l’acare de l’homme malade à l’homme sain. Cette transmission se fait surtout la nuit, ce qui se comprend, étant données les mœurs du parasite qui n’est actif que pendant la nuit. La gale se prend donc surtout en couchant avec une personne contaminée, ou en couchant dans des draps qui viennent de servir à un galeux.

Elle est par conséquent surtout fréquente dans la basse classe, chez les jeunes ouvriers, dans les familles pauvres où plusieurs personnes partagent le même lit. La contagion est presque fatale entre mari et femme.

Symptômes. — Les symtômes de la gale découlent tout naturellement des mœurs du parasite qui en est la cause unique.

On a décrit une première période dite d 'incubation qui dure de deux jours à six semaines, sept jours en moyenne. Le malade ressent un prurit violent en certains points : il peut se faire des éruptions fugaces, telles que de l’érythème ou de l’urticaire.

Puis les symptômes se précisent. Les malades sont tourmentés par un prurit des plus intenses survenant surtout le soir dès qu’ils sont couchés, et le matin un peu avant qu’ils ne se lèvent. Ce prurit est très marqué chez les arthritiques nerveux, chez ctux 59 — Gale chez une jeune femme. Lésion de la main et

qui font des excès de bois- des seins.

sons ou qui ont une mauvaise hygiène alimentaire ; il est plus modéré chez les lymphatiques ; enfin il peut manquer totalement dans quelques cas fort rares ( gale non prurigineuse).

Le signe pathognomonique par excellence de la maladie est, ainsi que nous l’avons dit, le sillon. On le recherchera tout d’abord aux mains, à la face antérieure et interne des poignets, aux espaces interdigitaux, à la face latérale des doigts, à la paume des mains chez ceux qui ne les ont pas calleuses, à la partie antérieure des aisselles, aux faces dorsales, plantaires et latérales des pieds chez l’enfant et chez la femme, au mamelon chez la femme, et chez l’homme aux organes génitaux, a la verge et au gland, où il repose souvent sur des sortes de lésions papuleuses simulant des papules syphilitiques.

Outre le sillon, il y a d’autres éruptions dites accessoires ou secondaires qui sont fort nombreuses et des plus importantes. Ce sont des papules de prurigo excoriées pour la plupart, des vésicules transparentes et cristallines sans base inflammatoire qui siègent surtout aux doigts et aux mains, des vésico-pustuies, des pustules vraies, ecthymateuses le plus souvent (variété pustuleuse de l’affection), des traces de grattage, des excoriations.

Brocq. — Dermatologie. I.

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Enfin la gale peut se compliquer d’urticaire, d’impétigo, d’ccthyma, d’éruptions vésiculeuses, de bulles pemphigoïdes, d’eczéma simple ou lichénoïde (l’eczéma du mamelon chez la femme est un bon signe de gale, de lymphatisme et de grossesse), de furoncles, d’abcès, de poussées de lymphangites, d’adénites, etc.

Les deux grands caractères de la gale considérée dans son ensemble sont : 1° son polymorphisme ; 2° ses localisations aux poignets, aux espaces interdigitaux, aux avant-bras, aux plis des coudes, à la partie antérieure des aisselles (localisation des plus importantes pour le diagnostic), à la ceinture, à la partie inférieure des fesses, aux creux poplités, aux organes génitaux chez l’homme et au mamelon chez la femme. Jamais la face n’est envahie par l’éruption pure de la gale. Ces localisa-

i îli s p cl

Fig. 60. — Coupe d'un sillon de gale portant sur l'extrémité antérieure du sillon.

c, couche cornée de l’épiderme. — m , corps muqueux de Malpighi : stratum filamentosum presque normal. ■ — p , point où il existe un léger degré de parakcratose. — g, stratum granulosum. — s, sillon. — d, débris épidermiques et fèces de l’acare, peut-être débris de l’acare sectionné contenus dans le sillon.

lions sont, nous le répétons, tout à fait pathognomoniques ; elles suffisent pour imposer le diagnostic même en l’absence de tout sillon indiscutable.

Livrée à elle-même, la gale peut avoir des périodes successives d’amélioration et d’aggravation parfois inexplicables, mais qui sont fréquemment en relation avec le régime alimentaire, les soins de propreté et d’hygiène : dans la majorité des cas, elle ne guérit pas spontanément. Pendant les grandes pyrexies, elle sommeille en quelque sorte, puis elle reprend toute son activité quand la convalescence est arrivée.

Chez certains nerveux, elle laisse après elle des prurits persistants d’origine autotoxique ou nerveuse qti’il est parfois bien difficile de guérir.

Chez certains eczémateux, elle est la cause occasionnelle d’eczémas rebelles.

Chez des névropathes elle peut provoquer des crises d’acarophobie qui altèrent le moral et la santé générale.

Enfin la gale pustuleuse cause parfois des sortes de néphrites infectieuses avec albuminurie plus ou moins intense.

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- GALE

D’après l’aspect de l’éruption, on a décrit les variétés suivantes : 1° gale papuleuse ou papuliforme ; 2° gale lymphatique ou gale aqueuse ; 3° gale purulente ou pustuleuse ; h? gale cachectique (mal définie; chez des sujets débilités) ; 5° gale norvégienne , qui est caractérisée par des productions croûteuses énormes, et qui, pour Mégnin, serait causée parle sarcopte du loup. Nous en dirons plus loin quelques mots.

Anatomie pathologique. — Certains sillons sont situés au-dessus d’une grosse vésicule claire qui se présente sous la forme d’une cavité siégeant dans les couches

Fig. 61. — Vésicule de gale (on ne voit pas le sillon sur la coupe. La vésico-pustule ici figurée

n’a de rapport avec aucun poil).

c, couche cornée de l'épiderme. — p, points de parakératose avec noyaux visibles dans la couche cornée. — e, exsudats dans la couche cornée au niveau delà partie culminante de la vésicule. — </, stratum granuloSum un peu hypertrophié au voisinage de la vésicule. — m, corps muqueux de Malpighi. Stratum filamentosum en acanthose. — a, prolongements interpapillaires du corps muqueux en acanthose. — f , fond de la vésicule au niveau duquel la couche malpighienne semble être absente. — d , diapédèse abondante de lcucocjtes. — ■ v, cavité de la vésicule. — l , abondants leucocytes qui commencent à la remplir.

superficielles de l’épiderme. Son plafond est toujours constitué par la couche cornée. Au-dessus d’elle se trouve le sillon acarien avec l’acare et ses œufs. Son contenu est composé de liquide transparent, d’un fin réseau de fibrine coagulé, de quelques débris d’épithélium, et de quelques leucocytes le plus souvent mononucléaires.

Il existe en outre : 1° des vésicules tout à fait minuscules, semblables à celles de l’eczéma, situées dans les couches moyennes et profondes du corps muqueux, et qui semblent se former par spongiose ; 2° des papulo-vésicules plus ou moins nombreuses selon les cas, qui présentent une constitution histologique assez analogue à celle de l’eczéma papulo-vésiculeux (voir pour plus de détails Volk : Arch. f. Devinât., 1904, t. LXXII, p. 33).

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Diagnostic. — Ce qui précède rend le diagnostic presque toujours facile. Le sillon est le signe pathognomonique; la localisation des lésions et leur polymorphisme les distingueront à première vue des eczémas ordinaires, des prurigos non parasitaires, des éruptions de la phtiriase, qui sont autrement disposées, puisque leur siège d’élection est la partie supérieure des épaules, etc...

Cependant le praticien doit savoir qu’il est des cas, surtout lorsqu’il s’agit de sujets de la classe aisée, soigneux de leur personne, où l’éruption de la gale est des plus frustes, et où le diagnostic présente de grandes difficultés. Il faut alors procéder à un examen complet, à une enquête minutieuse, et parfois on en est réduit, malgré tous ses efforts, à de simples présomptions.

On a conseillé alors d’examiner au microscope les squames suspectes pour y rechercher l’acare ou ses œufs. H. Fagge a recueilli dans un cas croûtes et squames, les a fait bouillir dans de la soude, et a vu des sarcoptes dans le dépôt.

Parfois on peut trouver un sillon à la partie antérieure des aisselles, au pli du coude, à la partie inférieure des fesses : on sait que chez les enfants et chez les femmes ils sont relativement fréquents autour des chevilles.

Un des points les plus délicats du diagnostic de la gale est de savoir si un galeux qui a été traité est réellement guéri. Souvent, après le traitement que nous allons exposer, le malade présente pendant quelque temps des éruptions diverses et surtout un prurit des plus intenses. Un médecin non prévenu peut alors croire que le traitement n’a pas réussi et prescrire une nouvelle frotte de la gale, laquelle ne fera qu’exaspérer les phénomènes morbides. Dans ces cas, il faut savoir attendre et résister aux supplications du patient : il ne faut prescrire un nouveau traitement parasiticide que lorsqu’on se trouve en présence de lésions récentes, pathognomoniques de l’existence réelle de l’acare chez le galeux déjà frotté.

En effet, comme nous le disions plus haut, le malade peut être atteint d 'acarophobie (Thibierge). Cette acarophobie s’observe d’ordinaire chez des sujets qui ont eu la gale et qui s’imaginent encore en être atteints dès qu’ils voient la moindre rougeur des téguments, dès qu’ils éprouvent le moindre prurit. Mais elle peut aussi exister chez des suggestionnés qui n’ont jamais eu de gale : ces derniers, comme tous les obsédés, sont fort difficiles à guérir (Thibierge, Dubreuilh.)

Traitement. — Nous n’insisterons pas sur le traitement prophylactique. La gale est une affection éminemment contagieuse et qui se transmet soit par le contact direct d’un individu malade, le plus souvent en couchant avec lui, soit par l’intermédiaire d’un objet contaminé. D’autre part les acares des animaux peuvent causer des éruptions chez l’homme. Il est donc nécessaire de prendre toute sorte de mesures de préservation et de propreté quand on se trouve en relation avec des individus ou des animaux suspects. Les bains sulfureux rendent dans ces cas de grands services (voir plus loin gales animales) .

Le traitement curatif rationnel de la gale comprend trois indications principales : 1° détruire le parasite , cause de la maladie , et pour cela le soufre doit être considéré comme l’agent parasiticide par excellence; 2° prévenir les récidives par la désinfection des vêtements ; 3° guérir les lésions cutanées.

I. Détruire le parasite. — On doit bien évidemment commencer par détruire le parasite cause de l’affection; cependant il y a des cas dans lesquels les lésions cutanées sont trop importantes pour qu’on puisse d’emblée faire la médication

DERMATOZOAIRES VRAIS. — GALE

parasiticide qui, pour être efficace, doit être énergiquement appliquée. Nous allons examiner successivement ces deux hypothèses.

a) V état des téguments du malade permet de faire un traitement énergique. —

C’est là le cas de beaucoup le plus commun surtout chez les malades de la ville qui viennent consulter leur médecin dès qu’ils ont des démangeaisons ou la moindre éruption.

Le traitement classique de l’hôpital Saint-Louis, dit frotte de la gale, inauguré par Bazin, modifié par Hardy, est le suivant :

1° On fait d’abord subir au malade complètement nu une friction rude de vingt minutes à une demi-heure de durée avec du savon noir et de l’eau tiède;

2° On lui fait prendre ensuite un bain tiède d’une demi-heure à une heure pendant lequel il se frictionne et se savonne encore. Ces deux premières opérations ont pour but de nettoyer les téguments, de ramollir l’épiderme et de déchirer les sillons dans lesquels sont contenus les œufs, les larves et les animaux;

3° Pour arriver plus sûrement à ce résultat, on peut lui faire ensuite une friction avec un linge rude ;

-4° Enfin, on le frictionne pendant vingt minutes sur tout le corps avec la pommade d’Helmerich modifiée par Hardy.

Formule de la pommade d’Helmerich :

Soufre sublimé lavé .

Carbonate de potasse

Eau distillée .

Huile d’amande douce

Axonge .

Formule de la pommade d’Helmerich modifiée :

Fleur de soufre . . .

Carbonate de potasse.

Axonge .

Le malade doit garder cette pommade en contact permanent avec les téguments pendant vingt-quatre heures consécutives au moins; autrefois, on exigeait quarantehuit heures. On lui donne un peu de cette pommade qu’il applique le soir en se couchant sur les points les plus atteints.

Le lendemain, il prend un grand bain d’amidon dans lequel il enlève tout vestige de cette pommade soufrée. Au sortir du bain, si les téguments ne sont pas trop endommagés, il se poudre avec de la fine poudre d’amidon, sinon il met sur les points les plus malades, soit de l’axonge fraîche, soit du glycérolé d’amidon à la glycérine neutre, du cold-cream frais, de la pommade renfermant 5 grammes d’oxyde de zinc pour 10 grammes de vaseline, etc., et il poudre par-dessus avec de l’amidon. Il est bon qu’il prenne pendant huit ou quinze jours une série de bains d’amidon pour calmer les téguments.

Pendant qu’on lui fait la frotte, on met tous ses vêtements, chemises, flanelles, caleçons, pantalons, gilets, couvertures de laine, etc., qu’il a eu le soin d’apporter aveclui, dans l’étuve à désinfection de l’hôpital où ils sont soumis à une température de 120° suffisante pour détruire tout parasite. Il est nécessaire qu’il fasse brûler ses gants et désinfecter sa literie.

2 parties.

10 grammes.

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S’il est marié, s’il a des enfants, il doit les faire traiter le même jour et à la même heure que lui pour éviter des contaminations incessantes qui perpétueraient la maladie dans sa famille.

Tel est dans son ensemble le traitement dit de Saint-Louis.

Un autre traitement tout aussi bon est celui de Vleminckx qui est usité dans l’armée belge. On fait d’abord prendre au malade un bain dans lequel on le frictionne vigoureusement pendant une demi heure avec une flanelle grossière et du savon noir, après quoi on le laisse encore pendant une demi-heure dans le bain. Pendant la troisième demi-heure, on lui fait subir une friction générale énergique avec de la flanelle trempée dans la solution de Vleminckx qui est du sulfure de calcium liquide; onia prépare de la manière suivante :

Prendre :

Soufre sublimé. . 250 grammes.

Chaux vive . 150 —

Eau . 2.500 —

Faire bouillir en agitant avec une spatule de façon à mélanger et à faciliter la combinaison jusqu’à réduction à 1.500 grammes, puis laisser refroidir et enfermer dans des bouteilles bien bouchées.

Pendant la quatrième demi-heure, on donne un autre bain, puis on îotionne à l’eau froide pour enlever toute la préparation soufrée restée adhérente à la peau.

Si l’on a à traiter une gale en ville, il faut se conformer aux mêmes principes. Voici, par exemple, la méthode que A. Fournier recommande d’employer :

1° Faire sur tout le corps des lotions avec du savon de toilette ou de la poudre de savon ;

2° Prendre immédiatement après un bain ;

3° Faire sur tout le corps des frictions énergiques avec la mixture suivante :

Glycérine .

Gomme adragante.

Fleur de soufre . .

Carbonate de soude

Parfum .

200 grammes.

ad libitum.

4° Prendre un deuxième bain ;

5° Changer complètement de linge;

6° Les jours suivants prendre des bains émollients, et se poudrer avec de l’amidon.

Ce traitement mitigé de la gale n’est pas toujours suffisant; pour peu que la gale soit intense, il est bon de le faire deux ou trois fois à quarante-huit heures d’intervalle.

Voici une deuxième méthode également pratique et qu’E. Besnier recommande de faire exécuter devant le médecin qui doit en surveiller l’application.

1° Pendant dix minutes frictionner avec de l’eau chaude, du savon de potasse, et une brosse partout où il y a des lésions de gale ; on se contente d’un savonnage rapide sur les autres points du corps ;

2° Pendant les vingt minutes suivantes, on met le malade dans un bain tiède et on continue les frictions à la brosse et au savon;

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