VÉGÉTAUX QUI HABITENT EXCLUSIVEMENT L’ÉPIDERME
1° ÉRYTHRASMA
On donne le nom cYéryl/irasma à « une épidermophytie ordinairement érythématoïde, intertrigineuse presque toujours, mais susceptible de s’étendre des plis aux surfaces libres, avec un certain degré d’épaississement de’l’épiderme qui s’exfolie en squames très petites. L’agent pathogène est un parasite très ténu, le microsporon minutissimum. » (Balzer, Pratique Dermat., p. 540, t. II).
C’est à Burchardt (1859; que l’on doit la découverte du microsporon minutissimum. Bœrensprung (1862) créa le mot d’érythrasma. Kôbner en 1866 étudia expérimentalement cette affection. Balzer en établit définitivement l’histoire en
Description du parasite. — Pour préparer le microsporon minutissimum, on lave les squames dans l’éther ou l’alcool, puis on les met dans la potasse à 40 p. 100. Qand on veut observer les détails des parasites, on colore les squames avec l’éosine à l’alcool ; on les décolore pendant quelques instants avec une solution d’acide chlorhydrique au tiers ; on lave à l’eau distillée, à l’alcool absolu, à l’essence de girofle, et on monte dans le baume du Canada.
« Dans les squames non dissociées, le microsporon minutissimum montre des groupes de spores serrées, très petites, semblables à des microcoques. Autour de ces spores serpentent de nombreux mycéliums, très minces, tantôt groupés en faisceaux serrés, tantôt formant un réseau serré inextricable.
« La grande richesse du parasite se reconnaît sur les squames isolées par la dissociation. On voit là des sporules petites, rondes, constituées par un petit noyau et une enveloppe homogène ; les tubes sont très fins, mais de dimensions variables, quelquefois droits, souvent noueux, serpentins en S ou en U, contournant les cellules cornées. Ils sont composés d’articles placés bout à bout. Quelques tubes sont pleins, d’autres contiennent des sporules; celles-ci forment aussi des chaînettes. Les tubes les plus volumineux ont 0,6 g d’après Weyl et pourraient aller jusqu’à 1 g, 50 suivant Sabouraud. » (Balzer).
Le parasite habite la couche cornée de l’épiderme ; il pénètre jusqu’au voisinage du corps muqueux : il n’intéresse pas les poils.
Étiologie. — L’érvthrasma est relativement fréquent : il s’observe dans toutes les classes de la société. Il est beaucoup plus commun chez l’homme que chez la femme. Ses sièges d’élection sont la région inguino-crurale, puis l’aisselle.
Nous avons observé des cas qui nous paraissent assez nets de transmission de l’érythrasma de l’homme à la femme.
Symptômes. — Dans la grande majorité des cas, l’érythrasma passe complètement inaperçu, surtout au début; il y a des sujets qui peuvent en être atteints
DERMATOSES PARASITAIRES
depuis de longues années sans l’avoir même remarqué. Presque toujours leur attention n’est éveillée que par un léger prurit qu’ils ressentent vers le scrotum ou vers la partie supérieure et interne des cuisses.
Dans ces variétés torpides, la lésion se présente sous la forme d’une plaque d’un rouge brunâtre clair à bords nettement arrêtés et un peu saillants, festonnés, ou diffus ; sa coloration peut varier du brun au jaune sale ou au café au lait ; elle peut même s’accompagner de pigmentation dans les cas anciens. Son étendue varie de celle d'une pièce de 5 francs à celle de la paume de la main et davantage ;
sa surface est comme chagrinée, terne, un peu rugueuse; elle desquame assez difficilement par le grattage : ses localisations sont la partie supérieure et interne des cuisses, le pli de l’aine, les creux axillaires.
Parfois l’érythrasma présente un autre aspect; il prend une marche plus aiguë, s’étend avec plus de rapidité, a une coloration d’un rouge plus vif, des bords circinés et marginés nets, et gagne les régions voisines. C’est ainsi qu’on le voit envahir les cuisses, l’abdomen, la rainure interfessière, la poitrine, les grands plis articulaires. Le diagnostic en est alors quelque peu difficile.
En somme, le plus souvent l’érythrasma est limité au pli de l’aine ou à son voisinage; il y est journellement confondu avec l’intertrigo. Il en diffère par sa rougeur moins vive, sa limitation moins exacte aux surfaces en contact, sa sécheresse habituelle, le peu de troubles fonctionnels auxquels il donne lieu.
Dans les formes un peu inflammatoires et extensives on peut le confondre avec la trichophytie cutanée dont les cercles réguliers sont cependant bien caractéristiques, avec le pityriasis versicolor que fera reconnaître un rapide examen microscopique, et surtout avec les parakératoses psoriasiformes.
Traitement. — Comme pour le pityriasis versicolor (voir ce mot), le traitement consiste essentiellement à faire tomber la couche d’épiderme où siège le parasite.
On emploiera pour cela les lotions savonneuses seules, ou combinées soit avec des parasiticides, soit avec des caustiques légers. Au premier rang parmi les agents actifs, nous placerons la teinture d’iode fraîche avec laquelle on fait un badigeonnage par jour pendant trois jours de suite quand la peau le tolère: si la teinture d’iode est trop irritante, on la coupe de deux à trois fois son volume d’alcool à 66°. Si la guérison complète n’est pas obtenue par ce procédé, on recommence une nouvelle série de badigeonnages. Parmi les autres topiques préconisés, citons : le sublimé en lotions, le calomel, le turbith minéral, l’oxyde jaune d’hydrargyre seul ou associé à l’huile de cade en pommades, le soufre sous toutes ses formes (bains sulfureux, savon au soufre, pommades soufrées, etc...) (voir Pityriasis versicolor).
Dans les formes inflammatoires on suivra la même ligne de conduite que dans les parakératoses psoriasiformes eczématisées (voir ce mot).
11 est bon de continuer pendant quelque temps le traitement local après que la guérison apparente a été obtenue, afin de prévenir les récidives qui se produisent
Fig. 64. — Érythrasma du pli inguinal.
PITYRIASIS VERSICOLORE
avec la plus déplorable facilité. Le malade devra continuer à se laver régulièrement au savon et à l’eau chaude ; il lotionnera les surfaces qui ont été atteintes avec de l’eau-de-vie camphrée ; il les tiendra constamment poudrées avec une poudre inerte dans laquelle on pourra incorporer un cinquantième de camphre ou de soufre.
2° PITYRIASIS VERSICOLORE
On donne le nom de pityriasis versicolore à l’affection cutanée que produit le microsporon far fur, champignon parasite de l’homme.
Description du parasite. — Le microsporon furfur a été découvert par Eichstedt en 1846. Il est constitué : 1° par un mycélium composé de nombreux tubes minces, courts, peu ramifiés, souvent isolés et placés bout à bout, de 15 à 40 millièmes de millimètre de diamètre, qui s’entre-croisent en tous sens de manière à former une sorte de feutrage irrégulier à mailles plus ou moins grandes, et qui ont eux-mêmes
Sp.Sp.
rn
Fig. 65. — Pityriasis versicolore (préparation montrant l’aspect du microsporon furfur).
m, mycélium ramifié. Sp ., nids de spores.
toutes les formes et toutes les directions; 2° par des spores de 23 à 80 millièmes de millimètre de diamètre, arrondies ou ovalaires, très réfringentes, qui sont surtout remarquables par leur tendance constante à se disposer par groupes ou amas de 10 à 20 et même davantage au milieu du feutrage mycélial. Cet aspect est tout à fait caractéristique. Ce champignon est fort difficile à cultiver : cependant quelques auteurs, en particulier Gaston, y seraient arrivés en employant l’agar additionné d’extrait placentaire.
Le microsporon furfur siège dans la couche cornée de l’épiderme, jamais plus profondément. Il ne détermine ni lésion des poils ou des ongles, ni réaction inflammatoire. Parfois cependant la peau sous-jacente s’irrite et rougit facilement. Il est donc tout à fait superficiel et inoffensif; mais il récidive souvent chez la personne qui y est prédisposée.
Étiologie. — Le microsporon furfur est transmissible de l’homme à l’homme, soit directement, soit indirectement par les vêtements, en particulier par le gilet de
DERMATOSES PARASITAIRES
flanelle (ITublé) ; mais cette transmission qui est indiscutable est cependant limitée, en ce sens qu’il semble que le champignon ne fructifie bien que chez certains sujets. Ceux qui y sont le plus prédisposés sont ceux qui ont d’abondantes transpirations, de la tendance aux sécrétions séborrhéiques; les tuberculeux sont fréquemment atteints : la flanelle favorise le développement du parasite.
Symptômes. — Le pityriasis versicolore est facile à reconnaître : il est caracté-
Fig. 66. — Pityriasis versicolore type.
On remarquera que le haut du bras est également envahi.
risé objectivement par des taches café au lait ou d’un jaune grisâtre qui couvrent les téguments. Son aspect lui a valu le nom de crasse parasitaire. Parfois la colo-
Fig. 67. — Pityriasis versicolore du dos, simulant la dermatose figurée médio-thoracique.
ration de ces plaques est un peu jaunâtre, parfois au contraire elle tire sur le brun : c’est cette variabilité dans leur teinte qui a valu à cette affection l’épithète de versicolore. Dans quelques cas, elles semblent faire une légère saillie. Le malade
PITYRIASIS VERSICOLORE
peut ne porter que quelques petites taches irrégulières, disséminées ça et là sur le thorax; il peut avoir le tronc dans sa totalité et même une partie des membres revêtus d'une sorte d’enduit non interrompu.
Les symptômes subjectifs sont également fort variables. Certains sujets n’éprouvent rien, et ont du pityriasis versicolore sans s’en douter; d’autres souffrent de démangeaisons fort vives, par moment intolérables.
Le grattage permet d’enlever une couche de squames épidermiques grisâtres, adhérentes, au-dessous desquelles on voit les couches sous-jacentes lisses, brillantes, comme vernissées : c’est là le signe du coup d’ongle, lequel est à peu près pathognomonique de cette affection, car les autres dyschromatoses des téguments ne desquament pas.
Ces squames étalées sur une lamelle de verre et dissociées dans un peu d’ammoniaque ou de potasse, permettent de voir avec la plus grande facilité au microscope le champignon caractéristique.
Sabouraud a décrit chez un enfant de six semaines une forme aiguë du pityriasis versicolore : elle était caractérisée par des éléments érythémato-papuleux circulaires ou polycycliques à périphérie d'un rouge vif, à centre d’un gris cendré, à évolution rapide.
Diagnostic. — Il peut presque toujours être posé avec certitude. Cependant il est des cas sur lesquels E. Besnier et A. Doyon ont insisté et dans lesquels la couche cornée peut ne pas desquamer sous l’action du coup d’ongle. On est alors parfois embarrassé pour distinguer le pityriasis versicolore des diverses dyschromies, dont il diffère d’ailleurs par la coloration foncée qu'il prend quand on le badigeonne avec la teinture d’iode, du pityriasis rosé de Gibert, des parakératoses psoriasiformes, de l’érythrasma, etc...
Traitement. — Dans le traitement du pityriasis versicolore on doit se proposer pour but de faire tomber les couches épidermiques qui contiennent le champignon parasite. Malgré l’apparente facilité avec laquelle on fait disparaître cette affection, il est en réalité malaisé d’en débarrasser complètement les malades. Comme i’ont fort bien montré E. Besnier et A. Doyon, les récidives ont deux sources : 1° une guérison incomplète, et dans ce cas la repullulation se fait autour des infundibulas pilaires qui sont restés envahis; 2° une réinfection par les linges de corps. Il faut donc continuer l’emploi des moyens thérapeutiques jusqu’à ce que la guérison réelle, histologique, et non seulement la guérison apparente , soit obtenue (E. Besnier et A. Doyon).
Lorsque les plaques sont très limitées, on fait des badigeons de teinture d'iode que l’on répète jusqu’à ce que les couches superficielles de l’épiderme se détachent. Lorsqu’elles sont très vastes, on peut encore employer le même procédé, mais en fractionnant les points d’application de la teinture. Sabouraud recommande de diluer la teinture d’iode : il donne comme formule.
Teinture d’iode . 10 grammes.
Alcool à 60° . 70
Alcoolat de lavande . 20
Tilbury Fox prescrivait le procédé suivant : il faisait prendre un bain chaud; lorsque l’épiderme était suffisamment macéré il frictionnait vigoureusement avec le savon ordinaire du commerce ou le savon noir; puis il rinçait la peau à l’eau
DERMATOSES PARASITAIRES
chaude; il imprégnait ensuite la partie malade de vinaigre et d’eau ou d’acide acétique dilué ; enfin il épongeait avec une solution d’hyposulfite de soude au huitième. D’ordinaire, au bout du troisième bain, tout vestige de l’affection avait disparu.
Dans les cas de pityriasis versicolore fort étendu, nous conseillons d’opérer de la manière suivante. Tous les soirs avant de se coucher, ou tous les matins en se levant, on frictionne les points malades avec de l’eau chaude et du savon noir de cuisine; on laisse la mousse sécher sur les téguments, puis on lave à grande eau. On prend de plus tous les jours ou tous les deux jours un bain sulfureux, et dans le bain on frictionne les parties malades avec du savon noir. Au lieu de savon noir ordinaire, on peut se servir de savon au goudron, au naphtol, au soufre, à l’acide salicylique, de savon ponce, ou d’un mélange de 250 grammes de pierre ponce pulvérisée pour 500 grammes de savon noir. Lorsque la peau est trop irritée, on suspend le traitement pendant quelques jours; puis, si la guérison n’est pas parfaite, on le reprend jusqu’à complète disparition du parasite.
Les pommades qui ont été préconisées contre le pityriasis versicolore sont des plus nombreuses : ci tons les pommades mercurielles, au calomel au vingtième, au précipité jaune et au turbith minéral au. vingtième et au trentième (on en combine d’ordinaire l’emploi avec des lotions au sublimé au trois centième, au cinq centième ou au millième) ; les pommades soufrées salicylées, résorcinées dont on gradue la force suivant la tolérance des téguments : par exemple :
Acide salicylique et résorcine . ââ de 1 à 3 grammes.
Soufre précipité . 10 à 15 —
Lanoline . 30
Vaseline . 60
Pour les rendre plus efficaces, on peuty ajouter de 1 a 5 grammes de savon noir: les pommades à l’anthrarobine, à la chrysarobine, à l’acide chrysophanique, au naphtol, à l’huile de cade, au goudron et à l’icbthyol, etc...
P. Gallois a recommandé de faire des lotions avec de l’eau oxygénée; il les formule de la manière suivante :
Eau oxygénée à 12 vol . 200 grammes.
Borate de soude . 4 —
Il est indispensable de désinfecter les vêtements du malade avec le plus grand soin à cause de la facilité des récidives.
Dans les cas où ces récidives se produisent malgré tous les soins locaux que l’on a pu prendre, on doit instituer un traitement général tonique approprié, et au besoin envoyer le malade à des eaux sulfureuses fortes telles que Barèges ou Luchon.
3° LES GARATES
On donne le nom de carctté à des dermatoses exotiques caractérisées par l’apparition sur la peau de taches de colorations variées, auxquelles succèdent des surfaces pseudo-vitiligineuses (Barbe, article Caraté de la Pratique Dermat.).
Nous serons des plus brefs sur cette affection qu’on n’observe qu’en Colombie :
LES CARATÉS 46 i
on se reportera pour plus de détails à l’article pre'cité de Barbe et aux travaux de Montoya y Florez.
Description «lu parasite. — Il est probable qu’il y a plusieurs variétés de champignons à forme aspergilloïde qui peuvent produire des caratés.« Ils sont caractérisés par de longs fdaments dichotomiques très fins, lisses, cylindriques, quelquefois granuleux et en chapelet. Dans quelques points, ces filaments forment un réticulum serré; de ce réseau sortent d’autres filaments plus gros composés de Q2, 3 ou 4 fins mycéliums réunis côte à côte. Ailleurs émergera par dichotomie d’un filament mince, une branche courte et d’une épaisseur double. Cette branche se termine en général par un fruit d’une forme spéciale, caractéristique de l’espèce de caraté. D’après Montoya, les tiges courtes fructifères semblent se terminer par un renflement piriforme ou triangulaire, couronné par une seule rangée de 5 ou 6 stérigmates qui soutiennent chacune un chapelet de 3, -4 ou 5 spores. •» (Barbe)
Ces champignons sont cultivables et inoculables aux animaux et à l’homme.
ïhioiogïe. — Les caratés s’observent dans les deux sexes, chez les enfants et chez les adultes. Il semble que les métis des races blanche, nègre et cuivrée y soient particulièrement prédisposés. Les champignons des Caratés existent dans les eaux stagnantes, sur les cailloux et la terre des bords des mares, sur les graines de certaines céréales et sur beaucoup de plantes. Ces particularités expliquent la facilité de la propagation de ces maladies.
Elles seraient en outre parfois inoculées par des moustiques du genre simulium, par des culex et des punaises du genre acanthia.
Symptômes. — Le début se fait d'ordinaire parles joues, le nez, la partie inférieure du front, les oreilles, la nuque, puis les taches envahissent les avant-bras, les poignets, les jambes et la poitrine.
Dans une première phase de leur évolution ou phase hyperchromique, les taches primitives, d’abord minuscules, s’étendent : il se forme tout autour d’elles de petites taches filles qui se réunissent aux taches mères de manière à former des plaques plus ou moins vastes et à contours irréguliers. Chez les Européens elles sont d’abord rouges et squameuses; chez les gens de couleur elles sont d’abord d’un jaune clair, ou rougeâtres, grisâtres, puis peu à peu violacées ou bleuâtres. D’après la nuance définitive qu’elles prennent après une évolution de deux ou trois ans, on a décrit un caraté violet, qui peut tirer sur le violet pur, ou sur le rouge, ou sur le bleuâtre, ou sur le cendré, ou sur le brun, un caraté noir violacé ou noir cendré, un caraté rouge, un caraté bleu, un car até j aune , un caraté blanc. Parfois le même malade peut présenter plusieurs nuances, ce qui tient à ce que plusieurs variétés de champignons évoluent simultanément chez lui. Ces plaques sont couvertes de squames furfuracées ou lamelleuses presque toujours d’un blanc sale.
Dans certains cas rebelles les muqueuses buccale, balano-préputiale et vulvaire peuvent être envahies.
Les démangeaisons sont parfois intenses,
Il peut se développer de l’hyperkératose palmaire et plantaire, des ulcérations vers les plis de llexion.
Dans une deuxième phase ou phase achromique ou pseudo-vitiligineuse , le caraté évolue vers la guérison, par disparition graduelle de la coloration caractéristique, apparition d’une plaque de mélanodermie, au centre de laquelle se forme peu à peu une tache achromique, laquelle gagne lentement vers les bords.
DERMATOSES PARASITAIRES
Traitement. — La guérison du caraté est relativement facile quand il n’y a que de jeunes plaques : les badigeons de teinture d’iode fraîche les font disparaître rapidement. Il est au contraire fort difficile de guérir un caraté ancien. Ce qui semble alors le mieux réussir, c’est de donner des bains au savon noir ou au sublimé, puis de faire faire des applications d’acide chrysophanique, soit en pommade, soit incorporé à de la traumaticine.
En Colombie on emploie aussi beaucoup l’onguent citrin.
On doit avant tout prendre de sérieuses mesures de prophylaxie : il faut soigneusement nettoyer les téguments et les protéger contre tous les traumatismes. On doit désinfecter ou détruire les linges et les vêtements des malades.
Autres affections exotiques voisines des garâtes. — Sur un malade venu de la République de l’Équateur, Darier a observé une éruption de taches rouges, psoriasiformes, bordées par un bourrelet squameux peu saillant, lesquelles ont peu à peu gagné tout le corps, et pris l’aspect d’un psoriasis généralisé. Dans les squames existait un champignon formant un lacis de filaments mycéliens extrêmement serré que Bodin a cultivé et qu’il a classifié tout à côté du Lophophyton Gallinæ, parasite du favus de la poule, assez près des trichophytons et des microsporons. (Soc. de Dermat., 20 avril 1903.)
On a décrit sous le nom de Pinta du Mexique ou Mal del Pinto une dermatose contagieuse, dont la variété blanche est à marche fort rapide, dont la variété noire s’observe chez les enfants en bas âge, et qui serait très voisine des caratés. Son parasite, que Blanchard a dénommé trichophyton pictor, est formé de spores et d’un mycélium (Jeanselme, Cours de Dermatologie exotique , p. 277).
La maladie des taches du Mexique serait une autre dermatose parasitaire caractérisée par des taches bleu foncé siégeant aux régions inguino-crurales, et qui s’observerait chez les enfants de quatre à cinq ans.
Le cativi de l’Amérique Centrale n’est peut être qu’un Pinta (Jeanselme).
4° TOKELAU OU UNE A IMBRICATA
« La tinea imbricata , encore appelée tokélau , parce qu’elle règne à l’état endémique dans les lies de ce nom, situées au milieu du Pacifique, est une mycose très prurigineuse qui dessine sur toute la surface cutanée des médaillons ou cocardes à. cercles concentriques, d’une absolue régularité. » (Jeanselme, Cours de Dermatologie exotique, p. 249).
!>esei*i[»sioBB du parasite. — Le champignon du tokélau est composé de filaments ramifiés si nombreux qu’ils forment un réseau très touffu. Chacun d’eux est constitué par des articles cubiques ou rectangulaires, de longueur inégale. Aux points où se détachent les ramifications, les éléments mycéliens présentent une pièce d’union en T ou en Y. Un pigment jaune verdâtre imprègne le mycélium. Ce parasite est donc très voisin des trichophytons dont il diffère surtout par sa grande profusion dans l’épiderme (Jeanselme).
Étiologie. — Ce champignon ne peut germer sur la peau humaine que dans un climat chaud et humide comme celui des îles du Pacifique. On le trouve aussi en Indo-Chine et dans les pays voisins (Jeanselme). Il s’observe à tous les âges: mais