TOKELAU OU TI NE A 1 MB RI C ATA
il est fort rare avant dix ans. Il n’est jamais congénital. 11 paraît être transmissible, car il existe de petits foyers.
Symptômes. — L’élément éruptif typique du tokélau débute au point inoculé après une dizaine de jours d’incubation par une petite tache squameuse brunâtre qui gagne immédiatement par la périphérie en formant un cercle squameux extensif, tandis que le centre reprend progressivement l’aspect normal. Puis on voit se former au point même où le premier élément avait débuté un nouvel élément absolument identique au premier et qui évolue comme lui. Apparaît ensuite une troisième, une quatrième, une cinquième circulation squameuse identique aux précédentes, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’une vaste étendue des téguments, parfois même leur totalité, soit recouverte d’un ou de plusieurs de ces systèmes de vagues squameuses concentriques.
« Toutes les écailles d’un même système ont leur extrémité centrale libre et soulevée, tandis que leur bord périphérique adhère au tégument ; elles regardent ainsi par leur face profonde le centre du cercle auquel elles appartiennent. Ces squames sont diversement nuancées; parfois brillantes et d’un blanc éclatant, elles donnent aux placards de tokélau l’aspect d’éclaboussures de plâtre ou de chaux : elles sont d’ordinaire grisâtres, comme saupoudrées de cendre, ou bien elles prennent une teinte jaune sale... )) (Jeanselme).
Les auto inoculations, suites des grattages, créent d’ordinaire plusieurs foyers d’infection voisins les uns des autres ; dès lors les systèmes d’onde deviennent tangents, se coupent sous des incidences variables et s’embrouillent. L’aspect de la lésion est dans ce cas bien moins caractéristique. A un stade avancé, elle peut devenir méconnaissable, surtout dès qu'elle arrive à la généralisation. (Nous renvoyons pour la description minutieuse des aspects qu’elle prend à l’article de Jeanselme.)
Cependant il persiste toujours ce fait qu’entre les zones malades et la peau saine il existe une ligne de démarcation des plus nettes : en outre les limites des plaques sont toujours convexes du côté des régions indemnes. Toute la surface desquamante est dépigmentée, mais aussi érythémateuse.
Le parasite du tokélau n’envaliit pas les poils; il infiltre les ongles qui sont grisâtres, ternes, striés en long, friables, et soulevés par des masses épithéliales (Jeanselme).
« Le prurit est remarquable par sa constance, son intensité et sa continuité. Les placards peuvent s’eczématiser et se lichénifier. Il peut se développer des adénopathies » (Jeanselme).
Diagnostic. — On peut confondre le tokélau avec Vichthyose qui est plus diffuse et congénitale, avec la dermatite exfoliative qui est plus uniforme et généralisée, avec Y herpès circiné qui a beaucoup moins de tendance à gagner de vastes surfaces.
Traitement. — Bonnafy prescrit aux malades des bains chauds quotidiens suivis de frictions au savon noir pendant quatre jours ; puis il décape la peau à la pierre ponce; enfin il fait prendre des bains renfermant 20 grammes de sublimé par bain.
Il semble que l’acide chrysophanique soit un véritable spécifique de cette affection. On applique pendant plusieurs jours des pommades renfermant un quinzième de cette substance. Pour éviter les conjonctivites chrysophaniques, Jeanselme conseille d’employer la traumaticine chrysophanique au 1/10.
DERMATOSES PARASITAIRES
5° PITYRIASIS SIMPLEX
Il est bien difficile à l’heure actuelle de savoir dans quel groupe morbide il convient de ranger les dermatoses que nous désignons maintenant sous le nom de pityriasis simplex, que nous avions appelées il a quelque dix ans séborrliéides pityriasiques pour réagir contre les généralisations d’Unna. Ce sont les dartres furfuracées, les dartres volantes des anciens dermatologistes.
D’après Sabouraud (mais cette opinion ne peut encore être définitivement acceptée : elle réclame des recherches decontrôle), elles reconnaîtraient pour cause pathogène ce curieux microorganisme que l’on a dénommé spore de Malassez ou bacille bouteille d’Unna.
Mais on ne s’entend même pas sur la nature de ce parasite cutané, si fréquent que beaucoup d’auteurs le considèrent comme banal.
Sabouraud, après avoir longuement discuté les opinions en cours (voir son ouvrage sur les pityriasis, p. 300 et suiv.) croit pouvoir conclure que c’est un parasite cryptogamique, et c’est pour ce motif que nous classifions, timidement, le pityriasis simplex à cette place d’attente, dans les dermatoses qui reconnaissent des champignons pour cause pathogène.
Description du parasite. — « Il faut décrire à la spore de Malassez quatre formes principales : 1° des formes sphérulaires de diverses tailles qui ont comme caractère particulier de n’être jamais identiques entre elles. Il y en a de petites (2 g) et d’autres grandes (4, 7 g); leur protoplasma diffère. Chez les unes il est clairet chez d’autres un peu granuleux. Enfin beaucoup de ces sphérules montrent en quatre points placés comme les deux pôles et les extrémités d’une ligne équatoriale, des points prenant fortement la couleur et qui semblent le rudiment de deux plans s’intersectant normalement sans que jamais du reste ces deux plans soient reconnaissables.
« Ces formes, comme toutes celles du parasite de Malassez, ne montrent aucun mycélium qui les relie; elles sont libres une à une, et, quand elles sont agglomérées, elles le sont rarement en fdes, ordinairement sans aucun ordre.
«2° Des formes allongées, en banane qui sont fréquentes. Elles aussi sont de tailles diverses, mais ordinairement assez grosses (6 à 7 g sur 2 g ou 2 g 1/2). Elles sont légèrement incurvées, plus larges en leur milieu qu’aux deux extrémités qui sont mousses...
3° Des formes étranglées en gourde qui sont très fréquentes et caractéristiques. C’est une petite sphérule sur une plus grosse. Tune tenant à l’autre, non par un point, mais par une large surface d’adhérence, en sorte que la figure qui en résulte n’est pas celle d’un sablier, mais celle de la gourde traditionnelle du pèlerin. Il est probable que cette forme n’est que le développement de la suivante.
4° Des formes bourgeonnantes rappelant celles des levures et qui sont également des plus caractéristiques. Sur certaines sphérules qui ne sont ordinairement ni les plus petites, ni les plus grosses, et qui ont la structure que nous leur avons décrite, en un point, existe une saillie obtuse, plus ou moins bien formée, qui chez les unes est un petit bouton à peine saillant, et chez les autres un bourgeon presque pédiculé, rond, mais appendu à la cellule mère par un étranglement toujours peu serré.
PITYRIASIS SIMPLEX
« La spore de Malassez ne se cultive sur aucun milieu connu. » (Sabouraud : voir pour plus de détails le bel ouvrage de cet auteur sur les pityriasis, 1904, p. 296 et suivantes, — on y trouvera de forts intéressants renseignements, — le rapprochement du pityriasis simplex et des autres dermatoses à desquamation épidermique dues à des champignons tels que le pityriasis versicolor et l’érythrasma, etc.).
Symptômes. Les dermatoses que nous appelons maintenant pityriasis simplex siègent sur les parties glabres ou sur les parties velues.
Parties glabres. — On peut les observer en une région quelconque du corps, mais leurs localisations de prédilection sont la face et le cou. Elles y sont d’une extrême fréquence surtout chez les enfants, les jeunes gens et les jeunes femmes, en particulier au printemps et à l’automne. Chez les jeunes filles et les jeunes femmes du peuple elles existent environ chez les deux tiers des sujets.
Le pityriasis simplex se présente sous la forme de plaques d’une grandeur qui varie de celle d’une lentille à celle d’une pièce de 5 francs en argent. Elles sont arrondies ou ovalaires, à bords peu nets, grisâtres, ou à peine rosées. Elles sont recouvertes d’une desquamation farineuse, blanchâtre, d’une grande finesse, audessous de laquelle le derme paraît rosé quand on les enlève par le grattage. Elles sont le plus souvent indolentes : c’est à peine si elles sont parfois le siège d’une légère cuisson ou de quelques démangeaisons.
Ces éruptions se reproduisent presque toujours avec la plus grande ténacité en conservant leurs caractères de superficialité et de sécheresse. Parfois cependant elles rougissent, s’enflamment, se couvrent de vésicules, en un mot s’eczématisent, et deviennent le point de départ d’eczémas nummulaires secondaires des plus rebelles.
Elles constituent le type même de ce que les vieux auteurs ont appelé le pityriasis simplex, ou pityriasis blanc, ou encore les dartres furfuracées, farineuses, volantes.
Il y a entre ce type et les parakératoses psoriasiformes toute une gamme insensible de faits de passage au point de vue objectif; c’est pour cette raison qu’Unna l’a annexé h son eczéma séborrhéique, et que nous en avions fait nos séborrhéides pityriasiques. Il faut reconnaître que le terme de séborrhéide ne leur convient nullement : on pourrait leur laisser la dénomination de pityriasis simplex comme le proposent Audry et Sabouraud.
Ce dernier auteur croit qu’une grande quantité de ces lésions furfureuses du visage, surtout lorsqu’elles s’observent chez les enfants, doivent être rattachées à l’impétigo commun dont elles constituent une séquelle. Elles sont caractérisées dans ce cas par de petits placards uniquement desquamatifs, situés vers les orifices narinaires, vers les régions latérales du menton, un peu vers les joues ; on y trouve comme microbe le streptocoque, ce qui en constitue le caractère majeur ; et elles sont contagieuses.
Aux régions velues, cuir chevelu, barbe, moustache, sourcils, cils, pubis, etc..., le pityriasis simplex est d’une extrême fréquence. H y est constitué par des squames sèches, fines, furfuracées, quelquefois un peu grasses, plus ou moins adhérentes et abondantes, qui recouvrent les téguments, qui tombent et se reproduisent avec rapidité. Elles sont disposées en plaques plus ou moins nombreuses et étendues, qui peuvent devenir confluentes en certains points, vertex, régions postauriculaires, nuque, et former d’assez vastes plaques irrégulières de contours dont les limites sont presque toujours assez peu précises. Le derme sous-jacent paraît être sain ; il a d’ordinaire sa coloration normale; parfois il est un peu grisâtre, un Brocq. — Dermatologie. I. 30
DERMATOSES PARASITAIRES
peu bleuâtre : parfois il semble être comme œdématié et être moins mobile sur le péricrâne.
Sabouraud décrit trois variétés objectives de ces pityriasis simples : 1° le pityriasis sec à squames poudreuses ; 2° le pityriasis à squames lamelleuses ; 3° le pityriasis à squames furfureuses. D’après lui ces pityriasis à leur origine sont figurés, et ils ne deviennent diffus et amorphes qu’à lalongue. Au débutils affectent Informe d’un point rond recouvert d’une squame, ou celle d’un disque assez large recouvert aussi d’une squame craquelée, ou celle d’une eircination dont le bord seul reste squameux, le centre paraissant guéri.
Gomme l’a soutenu Audry, le pityriasis simplex du cuir chevelu peut exister fort longtemps sans qu’il y ait la moindre calvitie ; cependant, dans la majorité des cas, il finit par s’accompagner au bout d’un laps de temps qui varie d’une à plusieurs années d’une chute abondante de cheveux.
n y a des démangeaisons dans presque tous les cas, mais elles sont très variables d’intensité : d’ordinaire elles sont intermittentes. Le malade se gratte, fait tomber sur ses vêtements des parcelles d’épiderme blanchâtre analogue à du son très fin, d’où le nom ancien delà maladie. Ces squamules sont immédiatement remplacées. Il n’y a d’ordinaire aucun vestige d’inflammation dermique sous-jacente : cependant dans quelques cas il se produit de petites excoriations et de fines croûtelles : dans d’autres cas très rares, le prurit devient des plus intenses; les grattages sont fréquents, et le cuir chevelu se lichénifie en un ou plusieurs points circonscrits. Enfin il est assez fréquent de voir s’eczématiser les pityriasis simples du cuir chevelu et de la barbe. La peau rougit, devient prurigineuse, donne des sensations de tension, se couvre de vésicules ; il survient du suintement qui agglutine les cheveux, les colle au cuir chevelu, et donne lieu en se desséchant à l’aspect décrit sous le nom de teigne amiantacée (voir article parakératoses psoriasiformes du cuir chevelu).
Anatomie pathologique. — Voici, d’après Audry, quels sont les caractères histologiques de ces lésions :
L’épiderme de recouvrement est aminci, comme atrophié. Les papilles ont en quelque sorte dispara. Au-dessus de la couche génératrice cubique, on trouve 3 ou 4 couches de cellules épineuses avec un stratum granuleux à peine indiqué. Audessus, brusquement, se trouvent les couches cornées desquamantes dans lesquelles il n’y a ni noyaux, ni diapédèse, ni abcès miliaires. Il n’y a donc pas de parakératose.
Au niveau de ces lésions les poils ont leur infundibulum normal ou dilaté et rempli de couches concentriques d’épiderme desquamé traversé par un poil normal ou par des follets.
On ne peut, avec certitude, décrire des lésions du derme.
Dans les squames on trouve desmicrobes extrêmement nombreux parmi lesquels dominent la spore de Malassez ou Flaschenbacillen d’Unna. Sabouraud considère cette spore comme l’expression microbienne constante du pityriasis simplex; d’après lui cette affection est « une mycose externe, analogue au pityriasis versicolor ».
Ces formes morbides ont soulevé beaucoup de discussions. Hebra les a décrites sous le nom de séborrhée sèche, théorie qui ne peut être admise, puisqu’il n’y a pas de séborrhée vraie dans les cas purs. Mais assez souvent ces éruptions coïncident avec de la séborrhée vraie du cuir chevelu, et dans ce cas l’alopécie se produit avec rapidité.
PITYRIASIS SIMPLEX
Le pityriasis simplex complique en effet souvent l’alopécie prématurée idiopathique et les autres alopécies. Pincus en a fait son alopécie pityrode.
E. Vidal et après lui Unna l’ont considéré comme une variété sèche d’eczéma : c’est la première variété ou variété squameuse de l’eczéma séborrhéique d’Unna.
Audry croit qu’il est la manifestation d’une malformation originelle du cuir chevelu, malformation qui est habituellement associée à un développement excessif des glandes sébacées et sudoripares.
Pronostic. — Par lui-même, le pityriasis simplex n’est qu’un ennui : il ne présente aucune gravité. Mais, au cuir chevelu, il peut faire pressentir des alopécies futures. En un point quelconque du corps, il peut constituer un locus minoris résistentiæ point d’appel de dermatoses plus sérieuses telles surtout que l’eczéma et les parakératoses psoriasiformes. Envisagé à ce point de vue, son importance est considérable, et son pronostic assez réservé.
Diagnostic. — Le pityriasis simplex des parties glabres diffère des parakératoses psoriasifomnes auxquelles le relie au point de vue objectif une gamme insensible de faits de passage, par l’absence de rougeur nette et d’infiltration du derme : tel est le grand caractère distinctif. En outre les squames sont plus fines, moins stratifiées, le prurit moins intense, la tendance à l’eczématisation un peu moins grande.
Il diffère des parapsoriasis en plaques par l’absence de rougeur, par l’existence un peu plus fréquente du prurit, par son évolution saisonnière, par ses localisations : on sait en effet que le parapsoriasis se développe surtout sur le tronc et sur les membres.
Nous n’avons pas à insister sur les caractères de superficialité et de sécheresse qui le distinguent d'emblée du psoriasis vrai et de V eczéma vrai.
Il diffère de Yiclithyose par ses localisations, sa circonscription, son évolution.
Au cuir chevelu le diagnostic présente parfois de sérieuses difficultés.
La teigne tondante Gruby-Sabouraud diffère du pityriasis simplex par une alopécie circonscrite, parles caractères spéciaux des cheveux qui sont cassés, par une coloration d’un gris bleuâtre du cuir chevelu tout à fait spéciale, enfin par l’existence du champignon qu’il faut rechercher dans tous les cas douteux.
Le favus miliaire peut prendre l’aspect de la teigne amiantacée et simuler tout à fait les pityriasis simplex qui ont été eczématisés. Le diagnostic se fait par la ténacité du mal, sa résistance aux médications ordinaires, l’infiltration du cuir chevelu qui est d’un rouge bleuâtre, enfin et surtout par l’examen microscopique qui permet de découvrir fachorion.
Les parakératoses psoricisif ormes en diffèrent par la coloration du cuir chevelu, par son infiltration, par l’existence presque constante de plaques rouges, squameuses, en bordure du cuir chevelu, par la plus grande épaisseur des squames. Mais il y a toute une série de faits intermédiaires au point de vue objectif entre ces deux types morbides.
Il est inutile d’insister sur le diagnostic différentiel avec le psoriasis, puisque les symptômes de cette affection sont une accentuation de ceux des parakératoses psoriasiformes.
Les séborrhéides circinées ou figurées en diffèrent par leur disposition très nette en anneaux ou cercles incomplets qui se croisent pour former des circulations, par la limitation nette des éléments, la coloration rosée du cuir chevelu au niveau des bordures, par la consistance graisseuse des squames.
\d eczéma vésiculeux vrai peut exister d’emblée au cuir chevelu : il s’y caracté-
DERMATOSES PARASITAIRES
rise par ses symptômes habituels, vésiculation, rougeur, inflammation des téguments, suintement, agglutination des cheveux par la sérosité, concrétion en croûtes disposées le long des cheveux et collant les cheveux au cuir chevelu. Mais, comme nous l’avons déjà dit, cet eczéma vésiculeux vrai est au cuir chevelu fréquemment surajouté à un pityriasis simplex ou à une parakératose psoriasiforme, et il sera presque toujours possible de retrouver en un point quelconque du cuir chevelu des éléments de l’éruption primitive à l’état pur permettant d’établir le diagnostic complet.
Traitement. — Pour le traitement général qu’il est bon d’instituer, même dans les cas les plus légers, nous renvoyons aux articles Eczéma et Parakératoses psoriasi formes.
Traitement local. — Parties glabres. — On ne doit pas trop s’exposer la figure nue au vent, au froid, au soleil, aux in tempéries, à tout contact irritant de quelque nature qu’il soit.
On se servira pour faire sa toilette d’eau que l’on aura fait bouillir avec des têtes de camomille ou avec des fleurs de sureau, ou avec une pincée de gros sel de cuisine par litre, ou avec de 2 à 10 grammes par litre de borate de soude ou de bicarbonate de soude, ou bien encore d’eau de Vichy naturelle tiède.
On emploiera comme savons le savon au borate de soude, le savon au goudron boraté, le savon à l’acide salicylique, ou bien même d’excellent savon de parfumeur au benjoin. On se trouvera bien parfois d’ajouter à l’eau de toilettequelques gouttes de teinture de benjoin, ou de lotionner deux ou trois fois par jour le visage avec un mélange d’un litre d’eau de rose, de 50 grammes de glycérine neutre de Price, et de 10 grammes de borate de soude.
Chez les enfants il suffit souvent de laver le visage avec de l’eau salée pour voir tout disparaître.
Gomme pommade on prescrira tout d’abord une simple pommade à l’oxyde de zinc au dixième, additionnée ou non d’un peu de teinture de benjoin, de borate de soude, ou d’acide salicylique; par exemple :
Rorate de soude .
Teinture de benjoin .
Oxyde de zinc .
Gérât frais sans eau ou cold-cream frais sans
odeur .
Si elle ne produit pas d’effet utile, on peut prescrire la pommade à l’oxyde de zinc additionnée d’un quarantième ou d’un vingtième de calomel, ou bien une pommade contenant un gramme de précipité blanc pour 20 grammes d’axonge fraîche, ou bien le glyeérolé au tannin et au calomel d’E. Vidal (voir article Eczéma ) .
Gomme pommade soufrée, on pourrait prescrire :
Soufre précipité . de 1 à 2 grammes.
Oxyde de zinc . 2 —
Lanoline . 10 —
Huile d’amande douce . 7 —
Essence de violette . Q. s.
50 centigrammes.
XV gouttes.
2 grammes.
PITYRIASIS SIMPLEX
Enfin, en dernière analyse, on a recours aux pommades au naphtol, à l’acide salicylique, à la résorcine, aux pommades à l’huile de cade et à l’oxyde jaune d’hydrargyre (voir l’article Parakératoses psoriasi formes). Mais il est rare que l’on soit obligé d’en venir à des préparations aussi énergiques.
Régions velues. Cuir chevelu. — Enfants. — Sabouraud recommande défaire chez les enfant atteints de pityriasis furfureux diffus des lotions avec des alcools faibles, faiblement iodés :
Alcoolat de lavande . 20 grammes.
Alcool à 60° . 275 —
Teinture d'iode fraîche . 5 —
Chez les adolescents atteints de pityriasis furfureux diffus, et surtout chez les filles, il conseille d’employer des émulsions cadiques faibles, auxquelles il ajoute un peu de teinture d’iode :
Alcool à 60° . 180 grammes.
Teinture de quillaja . 20 —
Huile de cade . 2 —
Teinture d’iode . XX gouttes.
ou, s’il y a tendance à l’eczéma :
Teinture de quillaja .
Huile de cade. . . .
Eau chaude .
20 grammes.
Il recommande lui aussi, comme nous l’avons toujours fait, de continuer pendant de longs mois, après disparition apparente des lésions, l’usage de lotions alcooliques légères à intervalles plus ou moins distants et réguliers : par exemple :
Résorcine . 1 gramme.
Acide salicylique . 1
Sublimé . 0sr,30
Alcool à 60° . 250 grammes.
Alcoolat de mélisse . 20 —
ou bien, si le cuir chevelu est graisseux :
Liqueur d'Hoffmann . 200 grammes.
Eau distillée . 50
Nitrate de potasse . 0,50 centigrammes.
Coaltar saponiné . .
Alcoolat de lavande
grammes.
Adultes. — S' il s' agit d'un homme :
1° Lui faire tenir les cheveux coupés aussi courts que possible, et les lui faire porter dans leur direction naturelle.
2° Quand il n'a pas de démangeaisons, lui faire faire une ou deux fois par semaine une friction du cuir chevelu avec de la liqueur d’Hoffmann, ou de l’acétone ou de l’éther de pétrole (pétrole à 0,70) (se défier de cette substance qui est d’ordinaire fort efficace contre la chute des cheveux, mais qui parfois détermine de l’irritation du cuir chevelu), et lui faire nettoyer la tête également une ou deux
DERMATOSES PARASITAIRES
fois par semaine avec des jaunes d’œuf battus dans de l’eau, ou bien avec de la décoction de bois de Panama ou de saponaire additionnée d’un peu de savon au goudron et au Panama de Vigier.
3° Si le malade éprouve des démangeaisons, lui faire faire tous les soirs ou tous les deux soirs une lotion du cuir chevelu avec un mélange contenant pour un quart de verre d’eau chaude de X à LX gouttes (suivant les susceptibilités individuelles) de polysulfure de potassium liquide. Si le polysulfure de potassium ne réussit pas ou est mal toléré, ce qui est rare, le remplacer par des lotions au coaltar saponiné coupé de quatre à six fois son volume d’eau, des lotions au sublimé au 1/400 ou au 1/600, des lotions à l’ammoniaque (ammoniaque liquide 3 grammes, alcoolat de romarin, 25 grammes, eau de rose, quantité suffisante pour faire 100 grammes de mélange, des lotions au naphtol (t/100) ou à la résorcine (1/200).
4° Ces moyens peuvent fort bien ne pas faire disparaître les pellicules : chez les sujets atteints de parakératoses psoriasiformes avec sécheresse du cuir chevelu, ils peuvent même (surtout l’éther de pétrole) exagérer la production incessante du pityriasis. Il faut alors employer les pommades. Quand c’est possible, on essaie de nettoyer le cuir chevelu avec la pommade que l’on a choisie et dont on fait fondre une petite partie au bain-marie : pour cela on la passe à plusieurs reprises sur les points malades en allant toujours dans le sens des cheveux, puis on enlève soigneusement l’excès de pommade avec un morceau de flanelle propre ou avec un tampon d’ouate hydrophile. Le lendemain du jour où l’on a fait cette application, si le cuir chevelu est trop graisseux, on le savonne.
On peut employer pour cela deux variétés de pommades : les pommades soufrées : par exemple : naphtol p, résorcine ââ de 25 à 50 centigrammes, soufre précipité de 2 à 4 grammes, huile de ricin 14 grammes, beurre de cacao 5 grammes, baume du Pérou q. s. pour aromatiser; ou bien les pommades mercurielles, par exemple : oxyde jaune d’hydrargyre, 1 gramme ; vaseline pure 20 grammes.
Les préparations de goudron et d’huile de cade sont préférées par quelques auteurs. Dans ces derniers temps les pommades nouvelles, succédanés de l’ichthyol, et qu’on appelle pétrolan, sapolan, naftalan, ont été préconisées.
5° Quand on s’en tient aux lotions, si les cheveux deviennent trop secs, y mettre de temps en temps un peu du mélange suivant : teinture de romarin, de jaborandi ââ 15 grammes, huile de ricin 25 grammes, agiter violemment avant de s’en servir.
S'il s'agit d'une femme :
1° Une fois par semaine faire une friction douce du cuir chevelu, en écartant les cheveux suivant des raies, avec un petit tampon d’ouate hydrophile roulé au bout d’un bâton pointu (on change ce tampon dès qu’il est sale) et imbibé d’éther de pétrole.
2° Une autre fois par semaine faire une friction analogue avec une solution de sublimé au 1/300 ou au 1/500, ou bien avec la préparation d’ammoniaque ci-dessus mentionnée, ou bien, si la malade n’a pas de répugnance, avec les mélanges de coaltar saponiné ou de polysulfure dont nous avons parlé, ou avec une lotion cadique.
3° En cas de chute considérable des cheveux, faire une troisième friction par semaine avec le mélange excitant suivant: acide acétique 3 grammes, teinture de romarin, de jaborandi, ââ 30 grammes, rhum de 100 à 150 grammes, suivant la tolérance du cuir chevelu.
4° Ne recourir chez elle aux pommades soufrées, résorcinées, naphtolées, qu’en
LES TRICH0PHYT1ES
cas de besoin, à cause de la difficulté qu’il y a à lui laver la tête sans trop mouiller les cheveux. Mais si les pellicules se reproduisent chez elle avec persistance, et si le cuir chevelu est sec, le nettoyer comme nous venons de l’indiquer plus haut avec des pommades soufrées ou mercurielles liquéfiées au bain-marie : on se sert pour cela de petits tampons d’ouate hydrophile roulés au bout d’allumettes en bois et que l’on change incessamment: quand avec des tampons imbibés de pommade on a enlevé toutes les pellicules d’une raie, on passe sur cette raie et sur les cheveux voisins des tampons d’ouate hydrophile secs de manière à enlever l’excès de pommade et à ne pas encrasser trop rapidement la tête.
Quand au contraire le cuir chevelu est trop graisseux, le nettoyer avec le mélange ammoniacal ou avec de la liqueur d’Hoffmann ou de l’acétone.
Pour le reste du traitement, agir comme chez l’homme.
Barbe, Sourcils, etc. — Pour les autres régions pileuses, le traitement est à peu près analogue : mais il faut en ces points se servir toujours de pommades soufrées ou mercurielles que l’on passe le soir entre les poils sur les téguments, puis que l’on essuie légèrement. Le lendemain on fait une lotion avec du coaltar saponiné de Lehœuf coupé de cinq à dix fois son volume d'eau chaude, et, quand la peau est trop encrassée, on la dégraisse avec une solution de borate de soude ou de bicarbonate de soude dans laquelle on ajoute la quantité d’alcool et d’éther nécessaire et tolérée par les téguments du sujet. Il est bon de savoir que la figure et le pubis supportent d’ordinaire moins bien les préparations énergiques que le cuir chevelu : aussi ne doit-on employer au début en ces régions que des topiques relativement assez faibles ; par exemple: une pommade à l’oxyde jaune d’hydrargyre au 1/40 pour la barbe et les sourcils, au 1/100 pour les cils.