SPÉCIALE POUR LE SYSTÈME PILEUX
1° Teigne tondante à petites spores.
2° Trichophyties vraies.
3° Favus.
4° Piedra.
C. Dermatoses causées par des parasites végétaux qui affectent le derme et l’épiderme :
1° Actinomycose-
2° Mycétome ou Pied de Madura.
3° Blastomycose.
Classe III. — Dermatoses microbiennes1.
I. — Dermatoses reconnaissant des bacilles pour cause pathogène
A. L’agent pathogène est un bacille seul.
a) S on existence est au-dessus de toute contestation.
Lèpre.
part nous ne lui connaissons comme agent pathogène possible, mais dont l'action pathogène n'est d’ailleurs nullement démontrée, que la spore de Malassez : or celle-ci est probablement un cryptogame. On voit donc que ce n’est que très provisoirement, et parce que nous ne lui voyons pas d’autre place rationnelle possible à l’heure actuelle dans le cadre des dermatoses, que nous classifions ici le pityriasis simplex. Il ne nous paraît pas absolument démontré que le bacille bouteille soit son agent pathogène, et d’autre part la nature cryptogamique du bacille bouteille prête encore à la discussion.
1 Pour un certain nombre de dermatoses microbiennes l’agent pathogène est connu ; pour certaines autres on ne fait que soupçonner la nature réelle de cet agent, pour d’autres enfin on l'ignore totalement, et cependant l’on sait de par la clinique qu’elles sont certainement de nature microbienne.
On pourrait donc, partant de ce point de vue, classifier les dermatoses microbiennes en :
1 0 Affections dont l'agent pathogène est bien connu; 2° Affections dont V agent pathogène est douteux; 3° Affections dont l'agent pathogène est totalement inconnu.
On sait d’autre part qu'il y a plusieurs grands groupes de microbes pathogènes qui interviennent pour causer des dermatoses : 1° les cocci ; 2° les bacilles; 3° les vibrions , les spirilles, les spirochœtes et les treponemas. 11 est donc tout simple de songer à une classification naturelle des maladies cutanées qu'ils provoquent d’après la place qu’occupe l’agent pathogène dans l’échelle des êtres organisés (voir Généralités). Cependant, ce que nous pouvons dire à cet égard est sujet à révision, puisque, d’après Blanchard, les spirochœtes et les treponemas ne seraient pas des microbes, mais des protozoaires. Si cette opinion se confirme, cette partie de notre classification devra être réformée.
Quand on jette un coup d’œil d’ensemble sur tout ce groupe énorme de dermatoses microbiennes, on s’aperçoit que les unes reconnaissent pour cause directe des microbes bien nettement différenciés du moins à l’heure actuelle et de haute virulence spécifique, tels les bacilles de la tuberculose, de la lèpre, de la morve, du charbon, etc... tandis que d’autres semblent dépendre de microbes qui peuvent exister chez l'homme à l’état saprophytique, inoffensifs ou presque inoffensifs, et qui ne deviennent pathogènes que dans certaines conditions d’inoculation ou de modification du milieu.
Cette distinction est évidemment d’une importance capitale au point de vue clinique, et nous aurions une tendance naturelle à l’adopter comme principe de notre classification des dermatoses microbiennes, si elle ne nous paraissait trop peu précise pour être prise comme base.
Nous les diviserons donc d’après la nature de l’agent microbien pathogène, en :
1° Dermatoses causées par des bacilles ;
2° Dermatoses causées par des vibrions, des spirilles, des spirochœtes ou des treponemas ;
3° Dermatoses causées par des cocci.
Entre chacun de ces groupes il peut exister des groupes secondaires constitués par des symbioses de bacilles et de spirilles, de bacilles et de cocci , etc...
En outre, dans chacun des groupes principaux, il convient d'établir des subdivisions selon que
ENTITES MORBIDES VRAIES
Tuberculose R Morve.
Pustule maligne.
Chancre simple.
Diphthérie cutanée.
Fièvre typhoïde.
Maladie pyocyanique.
b) V existence d'un bacille comme agent pathogène est encore contestée. Gangrènes cutanées par infections microbiennes.
Verruga ou maladie de Carrion.
Boubas ou frambœsia brasiliana.
Rhinosclérome.
Lepothrix.
Séborrhée grasse2. (?)
l'agent pathogène est bien nettement connu et hors de toute contestation, et suivant au contraire que son existence en tant qu'agent pathogène réel soulève encore des discussions.
Il est remarquable de voir que la plupart des dermatoses microbiennes à microbes hautement spécifiques reconnaissent pour cause pathogène des bacilles ou des spirilles : il n’y a guère d’exception à faire que pour les gonococcides cutanées, et l'on sait combien elles ont peu d’importance.
D’autre part la plupart des dermatoses microbiennes à microbes banaux reconnaissent pour cause pathogène des cocci, à l’exception peut-être de la séborrhée et de l’acné qui, d’après Sabouraud, ont pour origine première son microbacille : les opinions de cet auteur sont d’ailleurs très controversées.
En somme on peut dire d’une manière générale que les dermatoses microbiennes à microbes hautement spécifiques correspondent approximativement aux dermatoses qui reconnaissent pour cause des bacilles, des vibrions, des spirilles, des spirocbœtes et des treponemas, que les dermatoses microbiennes à microbes banaux correspondent en grande partie aux dermatoses qui reconnaissent des cocci pour cause pathogène.
Quant aux dermatoses que nous croyons être de nature parasitaire ou microbienne et dont nous ne connaissons pas encore l'agent pathogène, elles constituent un quatrième groupe d’attente que nous rangeons provisoirement dans les affections microbiennes ; mais il est possible que certaines d’entre elles passent dans un avenir plus ou moins prochain dans notre classe II, c’est-à-dire dans les affections parasitaires à parasites animaux ou végétaux. En tous cas ce quatrième groupe de dermatoses microbiennes à microbes encore inconnus n’est qu'essentiellement artificiel, et il est destiné à disparaître peu à peu à mesure que la science progressera.
1 Voir au chapitre Tuberculose la discussion de la légitimité de la conception actuelle de la tuberculose cutanée, et surtout du groupe des tuberculides. Parmi les affections qu’on y range, il y en a certaines telles que le lupus érythémateux, l’érythème induré, etc., dont la nature tuberculeuse est mise en doute par de nombreux auteurs. La plupart des dermatologistes français et beaucoup d’étrangers considèrent le lupus érythémateux comme étant toujours une tuberculide. Depuis de longues années, nous appuyant sur des faits cliniques que nous avons observés, nous avons émis l'idée que cette lésion, si spéciale comme aspect, est une réaction cutanée proche des érythèmes, le plus souvent provoquée par l’infection tuberculeuse, mais pouvant parfois reconnaître d'autres origines. Cette opinion, longtemps méprisée, semble en ce moment trouver quelques partisans en Angleterre. Si nous ne consultions que nos préférences, nous rangerions donc le lupus érythémateux dans les réactions cutanées à côté des érythèmes, tout en mettant soigneusement en relief les liens étroits qui unissent certaines de ses formes à l’infection tuberculeuse. Mais la théorie du « Lupus érythémateux = tubercuiide » est tellement ancrée dans l’esprit des dermatologistes français, et l'on a depuis si longtemps l’habitude de décrire le lupus érythémateux à côté du lupus vulgaire, que nous croyons devoir provisoirement laisser cette dermatose dans la classe des alfections d’origine microbienne, dans le groupe des tuberculides.
2 La séborrhée grasse soulève un problème fort difficile à résoudre. — Nous ignorons encore quelle est la nature réelle du flux sébacé. Faut-il considérer avec Sabouraud la séborrhée grasse .comme une affection microbienne? Faut-il la rapprocher de l’hyperidrose et faire, ce que nous croyons exact, de ces deux syndromes des troubles sécrétoires d’origine vaso-motrice dans l’étiologie et la pathogénie desquels entrent en jeu des causes multiples, constitutionnelles, héréditaires ou acquises ? Toutes ces questions sont encore à l’étude. En effet, la preuve absolue de la nature microbienne de ces flux n’est pas faite. Ce que nous savons bien, c'est qu’ils seihblent se
Buocq. — Dermatologie. I. 4
CLASSIFICATION DES DERMATOSES
B. L'agent pathogène est un bacille associé a un spirille ou a un spirochoete. Affections cutanées dépendant de la symbiose fuso-spirillaire i.
IL — Dermatoses reconnaissant des vibrions, des spirilles, des spirociioetes,