I. Les méthodes sanglantes comprenant
a) L’ ablation ;
b) Le raclage, seul ou combiné avec l’emploi des caustiques ;
c) La scarification seule ou combinée avec l’emploi des antiseptiques.
IL Les métliodesnon sanglantes comprenant :
a) Les cautérisations ignées pratiquées soit avec le cautère actuel, soit avec le thermocautère, soit avec l’électrocautère ;
b) Les caustiques électifs , qui, appliqués sur une plaque de lupus, en attaquent le tissu morbide ;
c) Le massage.
III. Les méthodes le plus en honneur à V heure actuelle sont les méthodes dérivées de V électricité, et qui sont :
a) L’ électrolyse, mais surtout :
b) La photothérapie ;
c ) La radiothérapie.
L Méthodes sanglantes.
Ablation. — L’ablation avait été autrefois assez employée; puis on s’est aperçu qu’elle ne met pas toujours à l’abri d’une récidive, aussi l’avait-on abandonnée. On a actuellement de la tendance à y revenir, et à la combiner avec la transplantation épidermique d’après le procédé de Thiersch, ou avec l’autoplastie large. Nous croyons qu’on doit y avoir recours dans tous les cas de lupus minuscules que l’on peut enlever largement sans causer trop de difformité, et même dansles lupus assez étendus situés en des régions recouvertes de vêtements, ou pour lesquels une autoplastie convenable est possible. Pour nous c'est de beaucoup la méthode de choix toutes les fois qu'elle est possible.
Raclage.
instruments. — Pour pratiquer le raclage on peut se servir des curettes de Volkmann; ces instruments sont des sortes de cuillères tranchantes ovalaires dont le grand axe a de 1 centimètre à 1 centimètre et demi; leurs dimensions sont donc beaucoup trop considérables dans la majorité des cas: elles ne peuvent servir que lorsqu’il s’agit de dégrossir de vastes lésions papillomateuses, ou lorsque l’on veut agir. superficiellement sur de grandes étendues. On leur préfère les petites curettes ovalaires de Balmanno-Squire et surtout les modèles dus à E. Résilier et àE. Vidal.
Buocq. — Dermatologie. I.
DERMATOSES MICROBIENNES
L’instrument d’E. Besnier diffère de la curette ovalaire en ce qu’elle n’a pas de fond; il est donc essentiellement constitué par une sorte d’anneau abords tranchants : son grand avantage est de s’encrasser moins vite et de se nettoyer beaucoup plus facilement que la curette ordinaire. L’instrument d’E. Vidal consiste essentiellement en une sorte de lame aplatie, plate sur une de ses faces, légèrement convexe sur l’autre, et courbée en forme d’arc de cercle, de telle sorte que la face plate soit dans la concavité; les bords en sont tranchants : l’extrémité terminale également fort tranchante est arrondie : il est très commode, d’un emploi facile, et il est fort aisé à nettoyer.
Mode opératoire. — Pour opérer un raclage, quand il s’agit d’un lupus de peu d’étendue, on tient la curette comme une plume à écrire ; quand on a un peu d'habitude, on reconnaît fort bien aux différences de consistance les tissus morbides et les tissus sains : avec un peu de souplesse de main, on laisse l’instrument ressauter sur les derniers.
S’il s’agit au contraire de vastes surfaces scléreuses papillomateuses à abraser, on prend une large curette que l’on saisit solidement dans la main comme un couteau. La théorie indique que l’on doit agir sur les surfaces malades jusqu’à ce que l’on ait enlevé tout le tissu morbide : c’est parfois fort difficile, à moins de faire subir des délabrements considérables. Aussi, dans les cas où il existe des tubercules isolés visibles, infiltrant profondément les tissus, beaucoup d’auteurs conseillent-ils de les énucléer un à un avec de toutes petites curettes. D’autres opérateurs, pour rendre les délabrements moins considérables, au lieu de s’efforcer de tout enlever mécaniquement, respectent les travées de tissu sain qui séparent l’un de l’autre les prolongements que la néoplasie envoie dans les parties profondes du derme, et font suivre le raclage d’une application de caustiques pour arriver à détruire les racines du mal. C’est ainsi que G. Fox pratique après l’énucléation des tubercules une cautérisation soit avec du chlorure de zinc (ce qui est fort douloureux), soit avec une pommade à l’acide pyrogallique au vingtième, soit avec un mélange à parties égales d’acide arsénieux et de gomme arabique; mais la méthode qu'il préfère consiste surtout à introduire dans la cavité de chaque tubercule énucléé un crayon très fin de nitrate d’argent, de l’y tourner et de l’y retourner, liuhston Parker, qui se montre fort enthousiaste du raclage, emploie un procédé analogue, puisqu’il fait l’hémostase avec le nitrate d’argent. Dubois Havenith, après avoir fait une rugination aussi complète que possible, cautérise soit avec le fer rouge, soit avec le nitrate d’argent, soit avec le chlorure de zinc suivant les cas. Cet auteur insiste avec beaucoup de raison sur la nécessité qu’il y a à explorer avec le plus grand soin la néoplasie : certaines repullulations incessantes sont dues à ce qu’il existe de véritables décollements, des loges hypodermiques, correspondant extérieurement à un petit tubercule visible : il faut ouvrir largement ces loges, les ruginer et les cautériser pour arriver à guérir la maladie.
On doit faire l’anesthésie locale à la cocaïne ou à lastovaïne pour pouvoir opérer à son aise. Quand le mal est situé à un doigt, il est bon d’en refouler le sang avec la compression élastique, et d’appliquer une ligature à la base du doigt pour opérer à sec.
Si le lupus est trop étendu on endort le malade par un des procédés connus.
Les pansements ultérieurs sont faits surtout avec de l’iodoforme. Quelques auteurs ont conseillé de les faire soit avec de l’acide pyrogallique, soit avec de la créosote, soit avec du nitrate d’argent. Que l’on applique ou non des caustiques après l’opé-
LUPUS VULG-AIllE.