FIÈVRES ÉRUPTIVES, VACCINE
Marfan (Soc. de Pédiatrie , 20 mars 1906) a décrit, en outre des cicatrices déprimées post-varicelleuses généralement connues, des taches blanches consécutives à cette affection et qui pour lui sont pathognomoniques. Il y en aurait trois variétés :
10 Les plus fréquentes sont arrondies) de 2 à 6 millimètres de diamètre, d’un blanc mat, ou d’un blanc laiteux, uniforme: elles sont de niveau avec les téguments voisins, ne sont ni déprimées, ni surélevées, sont lisses et ne présentent ni état chagriné, ni état gaufré ; elles se voient surtout sur le tronc et sont plus rares sut les membres ; 2° dans la deuxième variété les taches blanches sont saillantes et leur surface est très finement grenue ou très finement striée; elles ressemblent au premier abord à certaines cicatrices de vaccine qui ne sont pas déprimées ; 3° la troisième variété n’est que le premier stade, inconstant d'ailleurs, de la première ou de la seconde : elle est constituée par des taches blanches entourées d’une aréole pigmentée : cette aréole disparaît peu à peu et on se trouve alors en présence de
taches de la première ou de la deuxième variété.
Tout autres sont les cicatrices vraiment vicieuses de la varicelle : ce sont des dépressions cupuliformes, de 3 à 6 millimètres de diamètre, au niveau desquelles
le derme semble avoir été détruit à l’emporte-pièce.
D’après les résultats obtenus dans la variole par Belin et Salomon (Soc. med. des hôpitaux de Paris, 20 oct. 1905), par l’administration du xylol à l’intérieur a des doses variant, suivant les sujets, de vingt gouttes à cent gouttes par jour en quatre ou cinq fois dans du lait (enfants) ou de l'eau rougie (adultes), nous croyons qu on doit donner ce médicament dans la varicelle pour essayer d’atténuer 1 éruption.
Il faut conseiller aux malades d’ouvrir les vésicules, dès qu’elles se forment, avec une aiguille passée à la flamme de la lampe à alcool, puis on les lave a l’eau bouillie boriquée, on les touche légèrement avec de l’eau-de-vie camphrée, et on les panse avec de la pommade à l’oxyde de zinc boriquée ou camphrée; par exemple : camphre pulvérisé 20 centigrammes, acide borique porphyrisé l gramme, oxyce de zinc 4 grammes, lanoline pure 6 grammes, vaseline pure blonde 8 grammes.
Les cicatrices consécutives aux éléments éruptifs de varicelle qui ont creusé et qui ont suppuré sont à peu près indélébiles. On peut essayer d’en abattre les bords avec des scarifications linéaires quadrillées, ou avec des piqûres .électrolytiques négatives. 11 vaut mieux se borner à prescrire des applications d’emplâtre rouge d’E. Vidal ou d’emplâtre à l’ichtyol au 1/10. (Voir cicatrices.)
Fièvres éruptives papulo-pustuleuses.
Les deux grandes fièvres éruptives papulo-pustuleuses sont la vaccine et la variole.
Vaccine.
Il est rare que le dermatologiste soit consulté pour l’inoculation vaccinale ellemême. Il l’est au contraire assez fréquemment pour les éruptions diverses que la
vaccine peut provoquer (Vaccinides de Dauchez). , •
Celles-ci sont innombrables : en outre le public est disposé à rattacher a cette
infection nombre d’accidents cutanés qui certainement n’ont aucune relation direc e
avec elle. ,
Voici, d’après Morris et R. Crocker, un tableau résumé des véritables éruptions
vaccinales :
DERMATOSES MICROBIENNES
Premier groupe. — Éruptions résultant directement de V inoculation
vaccinale .
A. Inoculations locales secondaires du virus. — Elles s’observent surtout à la suite d’inoculations accidentelles du virus sur d’autres affections cutanées concomitantes, eczéma, impétigo, herpès, etc...
Elles peuvent se produire au moment même de la vaccination, ce qui est rare, plus souvent pendant les jours qui suivent, surtout jusqu’au huitième jour, parfois jusqu’au dixième, et même jusqu’au dix-septième jour. Quand les pustules vaccinales secondaires sont très nombreuses, certains auteurs donnent a ces faits le nom de vaccine généralisée par auto-inoculation . Presque toujours elles sont consécutives au grattage, ce que démontre l’existence de lésions des doigts, de sortes de tournioles vaccinales. On les a observées aux organes génitaux de la femme. (Lôwenbach et Brand weiner.)
B. Eruptions se produisant pendant les trois premiers jours qui suivent la vaccination, avant l’apparition des vésicules vaccinales. ' — On peut observer de l’urticaire, de l’érythème polymorphe, des éruptions vésiculeuses et bulleuses.
C. Éruptions consécutives a l’apparition des vésico-pustules vaccinales. — On peut observer des érythèmes morbilliformes (roséole vaccinale), scarlatiniformes, diffus, des érythèmes polymorphes, des érythèmes papuleux (vaccine-lichen des anglais), papulo-vésiculeux, pustuleux, vésiculeux (miliaire vaccinale), rarement bulleux, noueux (Courtellemont), hémorragiques.
La vaccine généralisée est de tous ces accidents le plus grave : elle peut se produire d’emblée, sans inoculation secondaire du virus, par suite d’une intoxication générale de l’économie.
1). Eruptions qui surviennent comme des conséquences plus ou moins éloignées de la vaccination. — Citons parmi elles l’eczéma, le psoriasis, l’urticaire, etc...
Deuxième groupe. — Éruptions consécutives à V inoculation d'un autre virus
que le virus vaccinal.
A. Le virus surajouté est inoculé en même temps que le virus vaccinal.
a) Infections localisées : impétigo contagiosa, pyodermites.
b) Virus produisant une infection de l'économie tout entière :
Syphilis ;
Lèpre ;
Tuberculose.
B. Le virus surajouté est inoculé après le développement des vésico-pustules vaccinales — Erysipèle, pyodermites diverses, gangrène, etc...
R. Crocker fait observer que les éruptions du premier groupe dépendent uniquement ou presque uniquement des idiosyncrasies du sujet, tandis que celles des autres groupes peuvent être évitées, si Ton prend les précautions et les soins voulus.