‹ Traité élémentaire de dermatologie pratique comprendant les syphilides cutanées. Tome premiere. Généralités et entité morbides vraiesChapitre 252 sur 252 · MOLLUSCUM C ONT AGIO SUM · texte numérisé non relu

MOLLUSCUM C ONT AGIO SUM

de molluscum, sur la nature desquels on a tant discuté, sont probablement dus à une dégénérescence cornée spéciale des cellules épidermiques : on a voulu à tort en faire des parasites de l’ordre des grégarines.

Mais il n’en est pas moins certain que le molluscum contagiosum est contagieux et inoculable. Son inoculabilité a été déjà démontrée par des expériences irréfutables, et nous l’avons constatée sur nous-même. On a observé de véritables épidémies de molluscum contagiosum créées autour de lui par un premier malade.

Juliusberg a établi que le virus du molluscum contagiosum est filtrable. (. Deutsche med. Wochens., 5 oct. 1905.)

Traitement. — Le traitement par excellence du molluscum contagiosum consiste à le détruire mécaniquement : pour cela on peut l’enlever avec la curette tranchante, en tendant la peau et en donnant un coup sec à la base de la tumeur : on peut aussi l’exciser avec des ciseaux courbes, s’il est pédiculé, ou bien encore le volatiliser avec l’électrocautère. Mais il est bien plus simple de le vider par expression, en le serrant vigoureusement soit entre les mors d’une pince à épiler, soit entre les ongles des deux pouces préalablement désinfectés, et que l’on désinfecte ensuite pour ne pas se contagionner. Il est bon que la pression soit assez forte pour qu’il se fasse un petit épanchement de sang dans la poche. Pour plus de sûreté, on peut cautériser ensuite les parois du sac avec un bout pointu de crayon de nitrate d’argent, mais on peut se contenter de lotionner avec de l’alcool camphré. On a aussi proposé de se servir d’acide nitrique ou de nitrate acide de mercure.

Quand la peau est très fine et très délicate, il suffit parfois de faire des applications d’alcool camphré ou de savon noir ou d’autres agents produisant une inflammation superficielle exfoliante du derme et de l’épiderme, comme la teinture d’iode, les pommades mercurielles, soufrées ou naphtolées, pour- voir disparaître les petites tumeurs en partie ou en totalité.

Quand les éléments éruptifs sont nombreux et volumineux, on peut essayer des lotions astringentes, telles que les solutions d’alun, de sulfate de zinc, de sulfate de fer, ou des lotions irritantes, telles que les préparations de sublimé, d’ammoniaque, d’huile de cade, la teinture d’iode, etc... mais la lotion de choix nous a paru être l’alcool camphré qui possède certainement une action élective contre le molluscum contagiosum: on l’emploie en lotions biquotidiennes chezles sujets qui sont atteints, en lotion quotidienne chez ceux qui ont à craindre le développement de cette affection.

4° GRANULOME ULCÉREUX DES ORGANES GÉNITAUX

On a décrit sous les noms de « Ulcerating granuloma; — Groin ulcération-, — Sclerositing granuloma » une affection assez mystérieuse, observée en Guyane anglaise et en Polynésie, et qui se' caractérise par un placard granuleux, exulcéré, suintant qui gagne lentement par la périphérie, tandis qu’il se cicatrise au centre : elle finit ainsi, après plusieurs années, par envahir toute la région génitale.

Ce serait une maladie vénérienne, transmissible par le coït, et qui serait distincte de la syphilis et du chancre simple. Elle serait auto-inoculable. Elle ressemblerait surtout au lupus papillomateux. (Jeanselme, Pathol, eut. exotique, p. 229. ) Nous renvoyons pour plus de détails sur ce point si obscur et qui réclame de nou-

DERMATOSES MICROBIENNES

vaux travaux aux mémoires de Galloway, de Manson, et à l’article de II. Crocker : ( loc . cit. p. 1009 :) (voir en outre l’article Esthiomène).

5° BÀLANO-POSTIIITE PUSTULO-ULCÉREUSE

Du Castel a décrit sous ce nom une affection qu’il considère comme bien définie, contagieuse, mais non auto-inoculable. Elle est caractérisée par l’apparition, dans le sillon balano-préputial, quelques jours après un rapport suspect, d’une ulcération grisâtre, recouverte d’un enduit pultacé, diphtéroïde, limitée par un liséré d’un rouge éclatant, à bords polycycliques et microcycliques comme ceux des lésions herpétiques, mais assez profonde et intéressant le derme que l’on voit granuleux là où il n’est pas recouvert de l’enduit diphtéroïde. Elle est douloureuse aux frottements. Bientôt surviennent d’autres éléments éruptifs consistant toujours en pustules d’emblée, du volume d’un gros grain de millet, jaunes, opalines, qui s’ouvrent et laissent le derme à nu : elles forment par confluence des ulcérations irrégulières et assez étendues dans le sillon balano-préputial : on peut voir aussi quelques éléments isolés sur le gland et la muqueuse préputiale. Ces nouvelle pustules apparaissent successivement tandis que les premières se cicatrisent, de telle sorte que l’affection peut persister pendant plusieurs semaines.

Il est évident que cette maladie a été jusqu’ici confondue avec V herpès. D’après Du Castel elle diffère de cette dermatose en ce que l’éruption est plus abondante, pustuleuse d’emblée et essentiellement suppurative, en ce qu’elle atteint le derme, pullule incessamment, et ne vient qu’après un coït suspect.

Elle diffère du chancre simple en ce qu’elle est beaucoup moins profonde, en ce que ses bords sont polycycliques, microcycliques et non décollés, en ce qu’elle n’est pas inoculable au porteur.

Du Castel pense qu’on pourrait peut-être la considérer comme une sorte d’impetigo contagiosa de la verge.

Traitemeut. — Du Castel recommande de toucher les ulcérations avec une solution alcoolique d’acide phénique au dixième, puis de poudrer avec de la poudre d’oxyde de zinc ou de salol. (Nous laissons à cet auteur toute la responsabilité de cette description et de cette médication.)

Page 1